Les avantages
possibles
Des
siimilitudes entre adoptés et adoptants
Shy (1982)
rappelle d'abord qu'il existe souvent des similitudes entre les
parents adoptifs et les poussins adoptés en termes d'habitat,
de régime alimentaire, de type de nid, ce qui est le cas entre
la Sittelle torchepot et le petit Pic épeiche observés
par Daniel Magnin.
Le cas à part des couvées mixtes
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Dans des
conditions adéquates, les parents d'Hirondelles rustiques
(Hirundo rustica) nourriraient tout ce que l'on installerait
dans leurs nids!
Photo: J.-R. Legris |
Le nourrissage
interspécifique dans le cas de couvées mixtes est particulier:
Peek et al (1972) (in Shy 1982) ont montré que les Carouges à
épaulettes (Agelaius phoeniceus) ne reconnaissent pas leurs
petits avant qu'ils aient 10 jours. Chez deux espèces d'albatros,
les parents ne semblent pas identifier un faux poussin placé dans
leurs nids à la place de leur petit (Tickemm et Pindar 1972 in
Shy 1982). Comme les poussins quittent très rarement leur
nid, il ne semble en effet pas nécessaire que leurs parents
apprennent à les reconnaître avant un certain âge, peut-être
seulement au moment de leur envol. Cette hypothèse est
confirmée par une étude sur le calendrier de la reconnaissance entre
les parents et les poussins chez les hirondelles (Burtt 1977 in
Shy 1982): dans des conditions adéquates, les parents nourriraient
tout ce que l'on mettrait en place dans leurs nids!
Un avantage évolutif tout de même?
Il existe
de nombreux cas de nourrissage interspécifique: Shy (1982) a listé
65 espèces impliquées dans des cas de nourrissages
interspécifiques, et Riedman (1982) en a recensé
150. Il est donc possible qu'il existe tout de même un avantage
évolutif. Le fort instinct chez certains oiseaux qui les poussent
à nourrir n'importe quel poussin, y compris celui d'autres
espèces, constitue une assurance pour l'espèce qui compte ainsi
des individus qui sont des parents "modèles"
et très généreux.
Mais il faut noter qu'il est difficile de faire nourrir un poussin
d'une espèce par des parents d'une autre espèce, sauf si
le petit est placé dans leur nid. Dans le cas des hirondelles,
quand elles commencent à reconnaître leurs petits (à partir
de l'envol), elles deviennent même agressives envers les
poussins des autres espèces (Burtt 1977 in Shy 1982).
Un entraînement?
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Un Merle
noir (Turdus merula) adulte a aidé une Grive
musicienne a élever ses poussins
Photo: Joël Bruezière / www.eyesonsky.com |
Dawkins (1976)
(in Shy 1982) suggère que l'adoption serait une erreur rare, étant
donné qu'elle n'apporte aucun intérêt aux parents et qu'au contraire
elle constitue une perte de temps et d'énergie qui auraient pu
être consacrée à l'élevage de leur propre progéniture.
Il considère toutefois qu'elle permet aux parents de se perfectionner
dans l'art d'élever des petits. Selon cette hypothèse,
les jeunes parents seraient plus enclins à participer à
un nourrissage interspécifique que des parents plus âgés. Mais
dans la plupart des cas observés, l'âge des parents
adoptifs n'a pas été déterminé.
Plusieurs données relatent toutefois le cas d'adultes expérimentés
nourrissant des poussins d'autres espèces: par exemple, un mâle
de Merle noir qui avait aidé une Grive musicienne célibataire
qui était adulte (Moore 1973 in Shy 1982).
Il serait plus utile pour un jeune oiseau de nourrir des poussins
d'autres espèces plutôt que de ne pas en élever du tout,
ceci afin d'augmenter son expérience. Dans certains cas, c'est
particulièrement vrai quand le nid est tombé et qu'il est trop
tard pour le reconstruire, quand une partenaire est morte et qu'il
est trop tard pour en trouver une autre, ou quand un mâle inexpérimenté
peut s'entraîner à élever des poussins d'une autre
espèce pendant que sa partenaire couve.
Des inconvénients toutefois
D'autres hypothèses expliquant ce type de nourrissage sont concevables,
comme l'altruisme réciproque (Trivers 1971 in Shy 1982). Bien
qu'accepter de la nourriture, quelque soit le donneur, soit toujours
profitable, être élevé par des parents d'une autre espèce a des
inconvénients: un Goéland argenté (Larus argentatus) élevé
par un couple de Sternes pierregarins (Sterna hirundo)
ne se comportait pas comme un goéland normal (Kuhlemann 1939 in
Shy 1982).
Une Tourterelle triste est restée avec ses parents adoptifs, des
Tourterelles domestiques (Streptopelia risoria), au lieu
de rejoindre les individus de son espèce (Grewe 1959 in Shy 1982).
Contact
Daniel Magnin: danielmagnin@aliceadsl.fr
Références
- Shy, Marilyn
Muszalski (1982). "Interspecific feeding among birds: A review".
J. Field Ornithol. 53 (4): 370-393. http://elibrary.unm.edu/sora/JFO/v053n04/p0370-p0393.pdf
- Drozdz, R, M. Hromada, Pyotr Tryjanowski (2004). "Interspecific
feeding of a Great Grey Shrike (Lanius excubitor) fledgling
by adult Yellowhammers (Emberiza citrinella)". Biol. Lett.
41 (2): 185-187. http://80.57.161.240/artikelen/G/Geelgors1.pdf.
- Wikipedia (2009). Interspecific feeding. Date de mise à
jour: 29 mars 2009. http://en.wikipedia.org/wiki/Interspecific_feeding
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