Recherche sur Ornithomedia.com

  Débuter
   Livre recommandé

L'Avenir climatique : Quel temps ferons-nous?
de Jean-Marc Jancovici (Auteur)

15,68 euros
Commander sur Amazon

  Les impacts du ... | L'impact sur les migrations, et que faire ?

L'impact sur les migrations, et que faire ?

L'impact sur les migrations
Hirondelle rustique (Hirundo rustica)
Certaines Hirondelles rustiques (Hirundo rustica) hivernent désormais en France au lieu de partir en Afrique
Photo : Aurélien Audevard

Le réchauffement climatique a bien sûr également des effets sur les oiseaux voyagent entre plusieurs régions du monde, notamment sur de longs trajets.
Certains oiseaux migrateurs reviennent par exemple de plus en plus tôt et repartent parfois plus tard, voire changent complètement leurs habitudes : ils écourtent leur migration en faisant l'impasse sur la traversée du Sahara et hivernent sur le pourtour méditerranéen ou le long des côtes atlantiques.
Certains migrateurs trans-sahariens, comme la Cigogne blanche (Ciconia ciconia), le Milan noir (Milvus migrans), l'Echasse blanche (Himantopus himantopus), la Guifette moustac (Chlidonias hybridus) et même parfois les hirondelles, commencent à hiverner en petit nombre en France.
La synchronisation entre la disponibilité en nourriture et le retour de la migration de printemps est bien entendu essentielle pour le succès de la reproduction. Des ornithologues de la Champaign County Audubon Society ont étudié dans l'Illinois le cas de la Paruline bleue (Dendroica caerulescens) qui niche au nord-est des Etats-Unis et au sud-est du Canada, et qui hiverne dans les Caraïbes. Ils ont relevé annuellement les dates d'arrivée au printemps depuis 1903, et ils ont noté que cette date variait peu (toujours autour du 5 mai). Au cours de cette période par contre, entre 1912 et 2001, les températures de printemps ont augmenté, ce qui a diminué la quantité de chenilles disponibles, une partie de ces dernières s'étant déjà transformées en papillons.
U
n scientifique hollandais a aussi mis en évidence que les Gobemouches noirs (Ficedula hypoleuca) en Europe souffraient d'une diminution de la quantité de chenilles disponibles au printemps.
Il semble en fait que espèces sédentaires profiteront du réchauffement climatique au détriment des migrateurs; ils bénéficieront en effet d'hivers plus cléments, et pourront davantage profiter des sources de nourriture que les migrateurs, qui reviendront trop tard pour choisir les meilleurs sites de nidification, déjà occupés par des résidents, et pour capturer suffisamment d'insectes non volants pour nourrir leurs petits.
Ainsi, les espèces insectivores, et toutes celles qui ont une alimentation spécifique, comme les pies-grièches, seront beaucoup plus menacées que les espèces généralistes comme les corvidés.

Martinet noir (Apus apus)
Le Martinet noir (Apus apus) revient chaque année plus tôt en Europe
Photo : Aurélien Audevard

Mais si certaines espèce ne semblent pas avoir ajusté leur date de retour, ce n'est pas le cas pour d'autres, qui arrivent depuis quelques années quelques jours plus tôt. En Franche-Comté, la LPO a comparé les dates des retours printaniers de 25 espèces de migrateurs entre 1980 et 2003, mettant en évidence des avancées des dates de migration significatives. Ainsi le Martinet noir (Apus apus) revient-il d'Afrique du Sud une vingtaine de jours plus tôt qu'il y a 23 ans et le Coucou gris (Cuculus canorus) quinze jours plus tôt.
Voici quelques données précoces françaises récoltées dans notre base observations pour l'année 2007 :
- 25 / 02 / 07 : 6 Cigognes noires (Ciconia nigra) / Petite Camargue Alsacienne / Haut-Rhin (68) / Source : Georges-Charles Muller
- 24 / 02 / 07 : 10 Grues cendrées (Grus grus) / Sud Lorraine / Meurthe-et-Moselle (54) / Source : M. Vimbert
- 4 / 03 / 07 : 1 Milan noir (Milvus migrans) / Etang de Juigny / Deux-Sèvres (79) / Source : Luc Bianchini
- 4 / 03 /07 : 1 Tarier des prés (Saxicola rubetra) / Gravière de Bartenheim / Haut-Rhin (68) / Source : Georges-Charles Muller
- 3 / 03 / 07 : 1 Martinet à ventre blanc (Apus melba) / Petite Camargue Alsacienne / Haut-Rhin (68) / Source : Georges-Charles Muller
- 13 / 03 / 07 : 1 Coucou gris (Cuculus canorus) / Montemboeuf / Charente(16) / Source : Jean-Marie Lavoue
- 4 / 04 / 07 : 1 Martinet noir (Apus apus) / Etang Foucault / Brenne / Indre (36) / Source : Nicholas Ransdale
Mais comment ces espèces font-elles pour tenir compte des modifications des températures de printemps, alors qu'elles sont encore dans leurs zones d'hivernage ? Il existe plusieurs hypothèses plausibles, comme l'expérience acquise des années précédentes, des changements climatiques sur les sites d'hivernage, des conditions de trajet plus faciles et donc un voyage plus rapide...
Certaines espèces vont donc modifier leur comportement migratoire, ce qui peut se produire en quelques générations. Déjà, plusieurs populations de migrateurs sur des distances moyennes, comme l'Alouette des champs (Alauda arvensis), le Pouillot véloce (Phylloscopus collybita) ou la Fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla) ont cessé de migrer durant les 20 dernières années, pouvant provoquer chez elles des hécatombes lors de vagues de froids subites.

Grue cendrée (Grus grus)
De plsu en plus de Grues cendrées (Grus grus) hivernent désormais en Europe centrale
Photo : Fabrice Croset

Lahcen el Kabiri, responsable de la Convention on Migratory Species de l'O.N.U. a relevé que des Grues cendrées (Grus grus) hivernaient désormais en Allemagne au lieu de partir dans la péninsule ibérique, les mettant à la merci d'une vague de froid.
Afin de déterminer si le changement de climat affectait l'abondance et la diversité des oiseaux migrateurs, deux chercheurs de la Johannes Gutenberg University (Mainz, Allemagne), ont analysé les données du recensement des oiseaux existants et celles concernant le climat pour la région du Lac de Constance (Europe centrale), laquelle se répartit sur trois pays : l'Allemagne, l'Autriche et la Suisse.
Ils ont pris en considération 300 espèces qu'elles ont divisées en trois catégories : résidente, courte distance et longue distance. Il y avait respectivement 122, 80 et 108 espèces dans chaque catégorie.
Deux périodes récentes de recensement étaient considérées : 1980-81 et 1990-92. La conclusion était la suivante : l'évolution du climat d'une période à l'autre n'a pas affecté les deux premières catégories d'oiseaux migrateurs, ce qui n'était pas le cas de la troisième, celle des oiseaux voyageant sur de longues distances : les hivers sont devenus plus chauds et l'abondance des oiseaux migrant sur de longues distances a décru. En effet, entre les deux périodes de recensement, les hivers s'étaient réchauffés (la température du mois le plus froid avait en particulier augmenté de 4 degrés) et l'abondance des migrateurs lointains avait diminué de 20%.
Certaines recherches montrent aussi que des migrateurs ne parviennent plus à migrer, ou bien que leur instinct de migration est perturbé. Un cas intéressant est celui de centaines d'Aigles bottés (Aquila pennatus) vus en migration durant les octobre 2004 et 2005 dans le sud de la France, alors qu'à cette période ils étaient déjà censés avori atteint l'Afrique (lire Afflux sans précédent d'Aigles bottés en France en octobre 2004)...

Un phénomène nouveau, rapide

Ce changement climatique récent est différent de ceux que la Terre a déjà connu car il est plus rapide, et il a peu de chance d'être réversible naturellement. Il affecte toute la diversité biologique, de l'individu à l'écosystème.
Au niveau d'une espèce, il peut affecter sa distribution, son abondance, son comportement, sa phénologie (cycles migratoires), sa morphologie (taille et forme) et sa génétique en jouant sur la sélection..
Il peut agir directement et indirectement, en augmentant la compétition, la prédation, le parasitage, en favorisant les maladies et les perturbations (feux, orages). II aggrave d'autres phénomènes déjà perturbants comme les invasions d'espèces exotiques, l'urbanisation et les défrichements agricoles.

Que faire ?

La situation n'apparaît donc pas très réjouissante, en tout cas pour certaines espèces. Heureusement, une prise de conscience mondiale semble émerger de la part d'associations, de particuliers et même de gouvernements, le phénomène du réchauffement étant désormais reconnu par la quasi-totalité des scientifiques.
De nouvelles études sont réalisées sur la biologie des oiseaux, sur la protection des habitats, des campagnes de sensibilisation sur le réchauffement climatique sont menées (télévision, cinéma, journaux, ..), des mesures d'économie d'énergie sont encouragées, …
Vous pouvez vous-même participer aux efforts pour aider les oiseaux et notre planète : faire de votre jardin un lieu pour accueillant pour les oiseaux, participer comme volontaire aux recensements et aux comptages, réduire votre consommation d'énergie (chauffage, électricité), limiter vos trajets en avion sur des distances courtes, utiliser un véhicule plus "propre", …



Réagissez à cet article sur nos forums ou par e-mail à david.bismuth@ornithomedia.com.

  Suite de l'article
 
L'impact sur les aires de distribution
L'impact sur les habitats terrestres et marins
L'impact sur les migrations, et que faire ?


  Pratique


   Débuter
   Identification
   Conseils
   Equipement
   Voyages ornitho
   Enfants
   Téléchargement
   Handi-spots

   Livre recommandé

Rapport secret du Pentagone sur le changement climatique de Peter Schwartz (Auteur), Doug Randall (Auteur), Arnaud Pouillot (Traduction)
5,80 euros
Commander
sur Amazon

  Publicité
  
    
   DVD recommandé
 
La Terre en danger (1DVD)
de Olivier Soury
14,73 euros
Commander
sur Amazon

   Newsletter

   Recevez chaque mois
   notre lettre d'infos
   gratuite.
    Inscription
   
Desinscription
        
         

   Livre recommandé

La Terre chauffe-t-elle? : le climat de la Terre en question
de Gérard Lambert

14,25 €
Commander
sur Amazon

ORNITHOMEDIA (c) 2000 Tous droits réservés