Recherche sur Ornithomedia.com

  Débuter
   Livre recommandé

L'Avenir climatique : Quel temps ferons-nous?
de Jean-Marc Jancovici (Auteur)

15,68 euros
Commander sur Amazon

  Les impacts du réchauffement climatique sur les oiseaux

Date de mise en ligne : 21/05/07

Les oiseaux sont des indicateurs des changements climatiques en cours sur la Terre : ils migrent et pondent parfois plus tôt que dans le passé, leurs aires de répartition se modifient …
La plupart des spécialistes considèrent désorùais que la concentration accrue de gaz à effet de serre dans l'atmosphère du fait des activités humaines (combustion de charbon, de pétrole, et de gaz, incendies volontaires de forêts, …) est responsable d'une élévation rapide de la température moyenne de la terre (+0,6°C en 50 ans).
Ce réchauffement a de multiples impacts sur les oiseaux : sur leurs aires de distribution, sur leurs habitats, sur leurs migrations ... Même si les conséquences exactes de ces changements du climat sont encore difficiles à apprécier du fait d'un manque de recul, les premiers résultats des recherches semblent inquiétants et demandent des actions.
Dans cet article, nous vous proposons une synthèse des effets constatés et potentiels de ce bouleversement climatique.


Abstract

Publicité
The Earth's surface temperature has increased by about a degree F since 1860, and is expected to increase by as much as 10 degrees F more over the next century.
Already, climate change is affecting birds in many ways around the world: for instance, some migratory species in Europe are starting to breed earlier. Climate change could also affect the abundance and diversity of birds. The idea is that warmer winters could increase the survival of birds that live in an area year-round, which could give migratory birds more competition for resources such as food and nest sites when they return to breed in the spring and that in turn could decrease the total number of migratory birds as well as the number of species.
In this article, we propose you a synthesis about the different impacts the global warming has or could have on birds : concerning their distribution shifts, their habitats changes on lands and at sea, and their migrations.



L'impact sur les aires de distribution


Le réchauffement climatique a bien entendu un impact sur les répartitions de nombreuses espèces dans le monde.
On estime ainsi que la modification du climat a déjà impacté de façon importante la phénologie et la répartition de presque 500 espèces d'oiseaux.
Aux Etats-Unis, des résultats étonnants ont été constatés dans la répartition de certaines espèces.
Le cas du Troglodyte de Caroline (Thryothorus ludovicianus) est intéressant. Alors que cette espèce n'avait jamais notée lors des recensements nationaux annuels de Noël avant 1972, elle est devenue régulière depuis 1991, avec des effectifs en forte hausse entre 1999 à 2006, y compris dans des régions froides en hiver, comme la Nouvelle-Angleterre.
Guêpiers d'Europe (Merops apiaster)
Le réchauffement climatique favorise l'extension de l'aire de répartition du Guêpier d'Europe (Merops apiaster) dans le Nord de la France
Photo : André Boussard
Les hivers plus doux et le début précoce du printemps ont par ailleurs incité plusieurs espèces américaines à nicher de plus en plus au Nord, comme la Mésange bicolore (Parus bicolor), le Pic à ventre roux (Melanerpes carolinus) ou la Paruline tigrée (Dendroica tigrina).
En France ce phénomène a aussi été observé, avec par exemple une spectaculaire extension vers le Nord d'espèces plutôt méditerranéennes comme le Héron gardeboeufs (Bubulcus ibis) qui niche désormais en Picardie, ou le Guêpier d'Europe (Merops apiaster) qui a atteint la frontière belge.
Maligne Lake
Les forêts de conifères où vit le Mésangeai du Canada (Perisoreus canadensis) ssubissent aussi le réchauffement
Photo : Aymeric Bourgouin
Mais si ces changements semblent positifs pour certaines espèces, ce n'est pas le cas pour d'autres, comme le Mésangeai du Canada (Perisoreus canadensis). Cette espèce qui vit dans les forêts de montagnes et boréales des Etats-Unis et du Canada, voit ses réserves de nourriture qu'il cache pendant l' été et l'automne sous l'écorce des arbres pour pouvoir passer l'hiver pourrir de plus en plus fréquemment à cause des températures élevées dans son aire de nidification. Comme ces réserves servent également à nourrir les petits au début du printemps, l'impact de cette perte de nourriture est important. On estime ainsi que la population de Mésangeais gris dans le parc national de l'Algonquin (Ontario, Canada) a chuté de 60% au cours des dernières années.
Selon la lettre n°17 du Programme International Géosphère Biosphère-Programme Mondial de Recherches sur le Climat (PIGB-PMRC), le déclin marqué des espèces septentrionales reflèterait la redistribution actuelle des espèces vers les plus hautes latitudes. La conséquence d'une telle redistribution est que, à une échelle géographique donnée, on observera de plus en plus un déclin des espèces septentrionales (Mésange boréale, Sizerin flammé, voire même Linotte mélodieuse ..), et un avenir plus favorable pour les espèces méridionales (qui cependant peuvent décliner aussi, pour d'autres raisons).
Loxopse de Kauai (Loxops caeruleirostris)
Le Loxopse de Kauai (Loxops caeruleirostris) est menacé par la progression des moustiques dans son habitat de montagne, favorisée par la montée des températures
Source : American Bird Conservancy

Le cas du Loxopse de Kauai (Loxops caeruleirostris) est aussi édifiant. C'est un petit oiseau jaune et vert qui habite les forêts tropicales d'altitude de Kauaï dans l'archipel d'Hawai. Les biologistes sont inquiets sur son sort car l'élévation des températures pourrait permettre aux moustiques de se développer dans son habitat forestier de montagne, exposant les oiseaux à des maladies mortelles. Les chercheurs de l'U.S. Geological Survey ont conclu qu'une petite augmentation des températures supprimerait les zones d'où les moustiques étaient absents et entraînerait une progression du paludisme aviaire.
Des observations récentes confirment directement que la diminution de l'aire de répartition des espèces nordiques ou montagnardes serait bien due au réchauffement climatique : les passereaux dont l'abondance est le plus en déclin entre 1989 et 2002 sont les oiseaux qui ont été les plus affectés par le début de canicule de 2003 (Julliard et al. in press).

Phragmite des joncs (Acrocephalus  schoenobaenus)
Les migrateurs trans-sahariens comme le Phragmite des joncs (Acrocephalus schoenobaenus) souffrent davantage du réchauffement que les sédentaires
Photo : Bruno Tredez

Pour le démontrer, des chercheurs du CNRS et du Muséum national d'histoire naturelle de Paris ont ainsi analysé les données recueillies par 60 stations d'observation réparties dans toute la France sur plus de 50.000 oiseaux de 31 espèces non strictement paludicoles réparties en quatre groupes selon leur habitat ou leurs habitudes de vie : granivores (chardonneret, pinson, moineau, …), migrateurs trans-sahariens (rossignol, fauvette, …), sédentaires stricts (mésange, pic, grimpereau, …) et enfin migrateurs partiels (rouge-gorge, merle, grive, …). Ils ont comparé la "productivité" (ratio jeunes/adultes) en 2003 à celle des années antérieures.
Le résultat est intéressant : 26 espèces voient leur productivité améliorée en 2003 par rapport à la moyenne 1989-2002, de +23% chez les granivores à +13% chez les sédentaires. Seul le groupe des migrateurs trans-sahariens enregistre un recul de 4%.
Comparées aux données enregistrées depuis le début de la vague de réchauffement, en 1989, celles du printemps 2003 confirment une certitude : le taux de (re)productivité des oiseaux constitue un paramètre clé de leur susceptibilité aux variations climatiques. Les espèces qui anticipent le mieux une chaleur printanière précoce ont donc un taux de productivité supérieur, ce qui semble être le cas des espèces plutôt méridionales.


  Suite de l'article
 
L'impact sur les aires de distribution
L'impact sur les habitats terrestres et marins
L'impact sur les migrations, et que faire ?


  Pratique


   Débuter
   Identification
   Conseils
   Equipement
   Voyages ornitho
   Enfants
   Téléchargement
   Handi-spots

   Livre recommandé

Rapport secret du Pentagone sur le changement climatique de Peter Schwartz (Auteur), Doug Randall (Auteur), Arnaud Pouillot (Traduction)
5,80 euros
Commander
sur Amazon

  Publicité
  
    
   DVD recommandé
 
La Terre en danger (1DVD)
de Olivier Soury
14,73 euros
Commander
sur Amazon

   Newsletter

   Recevez chaque mois
   notre lettre d'infos
   gratuite.
    Inscription
   
Desinscription
        
         

   Livre recommandé

La Terre chauffe-t-elle? : le climat de la Terre en question
de Gérard Lambert

14,25 €
Commander
sur Amazon

ORNITHOMEDIA (c) 2000 Tous droits réservés