Un cas chez le Vautour fauve
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Le premier cas documenté de polyandrie chez le Vautour fauve (Gyps fulvus) a été noté dans les Pyrénées
Photo : Thmas Krumenacker |
Jacques Carlon et Serge Raoult ont décrit en 2002 dans la revue La Marie-Blanque le premier cas documenté de polyandrie chez un Vautour fauve:
"Lors des nombreuses heures d'observation de l'installation d'un couple de Vautours percnoptères (Neophron percnopterus) dans un site très fréquenté par les Vautours fauves (Gyps fulvus), nous avons pu assister dans l'aire de l'un de ces derniers à une scène peu banale qui nous a révélé un cas de polyandrie. C'était un 10 avril. Vers 12h50, alors qu'une femelle était en position de couveuse, un mâle est venu s'accoupler avec elle, puis s'en est allé. Revenu à 13h10 avec des brindilles, il les a déposées autour de la couveuse. Entre temps, un autre mâle s'était posé sur la vire (corniche), puis est venu s'accoupler avec la femelle toujours en position de couveuse.
A 13h29, un troisième individu se pose sur la vire, s'avance vers l'aire, et devant les autres s'accouple à son tour avec la femelle;
Nous savons que la polygynie est l'union d'un mâle avec plusieurs femelles, ce qui constitue une configuration fréquente chez quelques espèces comme le Bruant proyer (Milaria calandra), chez certains Busards Saint-Martin (Circus cyaneus), Gobemouches noirs (Ficedula hypoleuca) ou autres Troglodytes mignons (Troglodytes trgoglodytes) ...
La polyandrie est l'union d'une femelle avec plusieurs mâles. Elle a été notée chez un certain nombre d'espèces d'Accipitriformes (Newton 1979), mais à notre connaissance nullement chez le Vautour fauve dans la littérature.
Elle se pratique chez certaines cailles, chez les phalaropes, chez le Pluvier guignard (Charadrius morinellus)...
Le plus souvent, elle n'est qu'occasionnelle et n'a été signalée que chez les rapaces qui présentent un dimorphisme net. Cependant, chez au moins deux espèces, des études ont montré que ce type d'association était courant et durable. C'est le cas de la Buse de Harris (Parabuteo incincinctus) et de la Buse des Galapagos (Buteo galapagoenesis), où le taux de femelles pratiquant la polyandrie est variable selon l'habitat, pouvant atteindre dans certains cas 73% (De Fries 1975).
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La polyandrie a déjà été notée chez le Vautour percnoptère (Neophron percnopterus)
Photo : Jean-Pierre Moulin |
La polyandrie a été observée chez le Vautour percnoptère (C. Perrennou/M. Fily/ D. Cantournet, Alauda. Vol 55, N°1, 1987), mais jamais par nos soins en un quart de siècle.
Vu l'explosion démographique de la population de Vautours fauves depuis deux décennies, tant sur le versant nord que sud des Pyrénées, il serait intéressant d'avoir connaissance du sexe-ration qu'elle a entraîné. En effet, les cas de polyandrie semblent résulter de la convergence de deux facteurs: un surplus de mâles et la difficulté d'obtenir de la nourriture en quantité suffisante durant l'élevage de la nichée.
Ainsi, l'association d'une femelle avec plusieurs mâles permettrait d'obtenir une plus grande quantité de nourriture en vue d'élever le jeune, et par conséquent de limiter la mortalité dans le cas d'une éventuelle sous-alimentation. Ce pourrait être le cas sur le versant nord des Pyrénées occidentales où l'augmentation importante de la population de Vautours fauves contraindrait les individus à augmenter sensiblement leur domaine vital, et a les transformer en d'éventuels prédateurs, comme des cas (NDLR: à confirmer) ont été tout récemment cités dans la presse quotidienne.
Bibliographie
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DONALD A. JENNI: "Evolution of Polyandry in Birds
', Department of Zoology, University of Montana Missoula, Montana 59801
American Zoologist 1974 14(1):129-144
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Ian P F Owens: "Biology
Male-only care and classical polyandry in birds: phylogeny, ecology and sex differences in remating opportunities",
Department of Biological Sciences and NERC Centre for Population Biology, Imperial College at Silwood Park, Ascot, Berkshire.
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Paul R. Ehrlich, David S. Dobkin et Darryl Wheye, Birds of Stanford and the Artist Registry for Ornithological Researchers, mars 2002.
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