Questions sur les animaux, la chasse et l'élevage
6- Comment se transmet le virus chez les animaux?
Le virus se transmet essentiellement soit par contact direct, notamment avec les sécrétions
respiratoires et les matières fécales des animaux malades, soit de façon indirecte par
l’exposition à des matières contaminées (par l’intermédiaire de la nourriture, de l’eau, du
matériel et de vêtements contaminés). Les espaces confinés favorisent la transmission du
virus.
7- Comment reconnaître la maladie dans un élevage de volailles ?
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Les symptomes de la grippe aviaire dans un élevage de volailles apparaissent après une période d'incubation de 3 à 5 jours
Source : www.vivavegie.org |
Après une période d’incubation de 3 à 5 jours, les signes suivants peuvent apparaître :
diminution de l'appétit, réduction considérable de la production d'œufs, puis évolution vers
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une mort subite des volailles (avec ou sans symptômes digestifs, respiratoires ou nerveux, la
mortalité pouvant atteindre de 90 à 100 %).
8- Existe-t-il des tests de diagnostic rapide de la maladie chez les animaux ?
Des tests à visée diagnostique existent ; ils permettent d’identifier le virus grippal sans
pouvoir en préciser le type.
9- Hormis les oiseaux, quelles autres espèces animales la grippe aviaire peut-elle
infecter ?
- le porc
- et de manière beaucoup plus rare, avec circonstances particulières :les félidés, les mustélidés
(ex : furets, hermine, etc.).
Mais en théorie d'autres espèces pourraient être sensibles comme les mammifères marins
(phoques baleines..) le vison, voire le cheval et sous certaines conditions tous les animaux de
laboratoire (souris, rat, furet, cobaye voire lapin). Sans compter une infection possible du
chien par un sous type H3N8.
10- Quelles seraient les mesures sanitaires prises en France en cas de survenue de cas de
virus influenza aviaire dans un élevage?
Les mesures prises par les autorités françaises seraient de deux types :
des mesures visant à limiter l’extension de la maladie dans les élevages touchés : elles
sont prises par les services de la Direction générale de l’alimentation (DGAl) du
Ministère chargé de l’agriculture. (voir le site Internet www.agriculture.gouv.fr), et des mesures visant à éviter les risques de transmission du virus influenza aviaire à
l’homme et ses conséquences possibles (voir la question sur les réassortiments), et
graduées en fonction de l’évolution de la situation épidémiologique en France.
Ces
dernières mesures sont de trois types et s’adressent aux personnes les plus exposées, c’est à dire
celles qui travaillent ou interviennent dans une zone contaminée :
-
mesures de protection et d’hygiène individuelle, visant à éviter tous risque de
transmission du virus influenza aviaire à l’homme dans l’exploitation affectée
(outre les recommandations émises par les services vétérinaires comme la mise
en place de pédiluve à la sortie des bâtiments contaminés, le port de
combinaison et de masques de protection…), notamment le lavage fréquent des mains à l'eau et au savon puis rinçage à l’eau, surtout
dès la sortie des exploitations,
le lavage puis la désinfection des bottes à la sortie des exploitations.
-
mesures de protection individuelle, visant à prévenir l’infection par le virus
Influenza aviaire chez l’homme : un traitement prophylactique antiviral serait
donné sur prescription médicale aux populations les plus exposées dans
l’exploitation affectée par la grippe aviaire.
-
mesures de protection collective, visant à limiter le risque de réassortiment
génétique : une vaccination contre le virus de la grippe humaine (vaccin
inactivé de la saison en cours) des populations les plus exposées serait décidée
par les autorités sanitaires.
11- Sera-t-il techniquement possible de confiner toutes les volailles ?
En France, la majeure partie des volailles sont élevées en bâtiments, seuls seraient concernés
les élevages dits plein air.
Confiner ces volailles à l’intérieur des bâtiments viserait à éviter leurs contacts entre les
oiseaux sauvages. Ce qui signifierait que le risque d’introduction du virus d’influenza aviaire
par l’avifaune est bien réel.
Or, après examen des couloirs de migration connus et des périodes de migration, de la
diversité des espèces, analyse des comportements notamment des oiseaux sauvages
aquatiques, les experts de l’Afssa soulignent que le risque de contamination est estimé :
- modéré pour les élevages de canard plein air
- faible pour les élevages plein air de poulets et poules pondeuses.
A ce stade, un confinement ne se justifie que dans les zones présentant un risque
particulier.
12- Existe-t-il un vaccin pour les volailles ?
Dans le monde des vaccins existent et sont utilisés. Actuellement, il n’y a, en France, ni
AMM (autorisation de mise sur le marché) ni ATU (autorisation temporaire d’utilisation)
pour des vaccins H5 ou H7 destinés aux volailles.
13- Ne faudrait-il pas dès maintenant vacciner toutes les volailles françaises ?
L’évaluation des risques ne justifie aucunement la généralisation de telles mesures qui
pourraient d’ailleurs avoir un impact négatif sur la prévention d’une épizootie : masquage
d’une infection précoce, protection clinique mais non épidémiologique…..
Jusqu’ici, l’approche communautaire de la lutte contre les virus Influenza est exclusivement
sanitaire c’est à dire l’abattage de tous les animaux dans les foyers, et l’interdiction de la
vaccination.
Compte tenu de l’évolution récente de la situation épidémiologique, l’opportunité d’envisager
la vaccination contre le virus H5N1 fait actuellement l’objet d’une saisine de l’Afssa. Des
éléments préliminaires sont disponibles dans l’avis rendu le 24 août 2005 mais les données
disponibles à ce jour, concernant l’efficacité des vaccins sur les différentes espèces aviaires
sont encore imprécises et incomplètes.
14- Les professionnels du secteur avicole bénéficieront-ils d’une aide financière, si des
millions de volailles devaient être abattus ou confinés?
L’influenza aviaire est une maladie réputée contagieuse selon le Code rural. A ce titre toute
suspicion clinique par les éleveurs doit être déclarée au vétérinaire sanitaire qui s’il la valide
en informe la direction départementale des services vétérinaires. La confirmation de la
maladie entraîne des mesures de police sanitaire dont l’abattage. Dans ce cas une
indemnisation des éleveurs est prévue par arrêté ministériel du 30 mars 2001.
15- Pourquoi est-il important de nourrir les volailles à l’intérieur des bâtiments ? Est-ce
vraiment efficace ?
Dans le cas où l’élevage des animaux est réalisé avec des parcours en plein air, la distribution
d’aliment peut attirer des oiseaux sauvages, la distribution d’aliment à l’intérieur minimise
donc la promiscuité entre oiseaux sauvages et domestiques, ce qui vise à restreindre le risque
(estimé très faible par l’AFSSA) de passage de virus entre les espèces sauvages et
domestiques.
16- Les eaux de surface provenant de plan d’eau et servant au nettoyage et à
l’abreuvement des volailles constituent-elles un risque ?
Certainement car l’excrétion des virus Influenza est importante par voie cloacale contaminant
ainsi les eaux de surface. La survie du virus dans les eaux douces de surface peut être de
plusieurs semaines.
17- Les filets de sécurité pour éviter les contacts avec les oiseaux sont-ils vraiment
efficace ?
Ils peuvent éviter un contact étroit entre oiseaux sauvages et oiseaux domestiques, ils ne
peuvent être considérés comme totalement efficaces, car ils peuvent aussi servir de perchoir à
la faune sauvage facilitant la retombée de fientes sur les parcours des oiseaux domestiques.
18- Les volailles peuvent-elles être contaminées sans présenter les critères d’alerte
objectifs telles que les chutes des pontes ou de consommation ?
Les volailles peuvent être infectées avec des symptômes frustres ou l’absence de signes
cliniques avec des souches faiblement pathogènes. Certaines espèces sont plus résistantes que
d’autres et les canards peuvent être infectés par des souches pathogènes en ne présentant que
des signes cliniques très discrets. La souche circulant actuellement en Asie provoque des
signes cliniques chez les volailles domestiques.
19- Quelles sont les différences entre la maladie de Newcastle et de la grippe aviaire ?
La symptomatologie est proche chez les oiseaux mais les virus sont totalement différents et le
laboratoire permet de différencier les pathologies sans ambiguïté.
20- Sur 60 élevages testés début 2005, 12 se sont révélés positifs au virus H5, la France est
donc une nation très vulnérable ?
Non ; on ne peut parler de nation très vulnérable. Il y a une situation particulière de portage
sain chez des canards notamment de souches faiblement pathogènes. Cette situation existe
sans doute depuis de nombreuses années. Néanmoins, du fait d’une probabilité non
quantifiable de mutation de ces souches de faiblement à hautement pathogènes après contacts
avec les poules ou dindes beaucoup plus sensibles que le canard, des précautions doivent être
prises par les éleveurs pour bien séparer au plan sanitaire les espèces les unes des autres dans
leurs élevages. L’enquête conduite en 2005-2006 a été étendue à l’ensemble des élevages de
canards et d’oies reproducteurs ou futurs reproducteurs afin de mieux comprendre les chiffres
obtenus début 2005.
21- Les chasseurs peuvent-ils être contaminés par le gibier ?
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Il existe une possibilité théorique de transmission de la grippe aviaire aux chasseurs par le gibier (ici, des Canards siffleurs (Anas penelope)).
Photo : Joël Bruezière / www.eyesonsky.com |
S'il s'agit du gibier à plume : la réponse est oui. L'ONCFS a d'ailleurs déjà prévu d'avertir les
chasseurs sur les protections à prendre dans le cadre du protocole de surveillance de l'avifaune
sauvage. Néanmoins, le contact se ferait avec des cadavres en plein air, un contexte différent
des atmosphères confinées qui serait propices aux contaminations par aérosol. Il faut en
revanche prévenir le risque de mains sales contaminées portées sur les muqueuses oculaires
ou à la bouche.
Le problème est en revanche différent pour des chasseurs qui utiliseraient la technique des
appelants lesquels pourraient être infectés de manière asymptomatique et avec lesquels les
chasseurs peuvent avoir des contacts plus étroits. Il est déjà prévu d'effectuer une surveillance
sérologique de ces appelants.
Concernant le gibier à poil rien n'est impossible mais, a priori, cela devrait d'abord se
manifester sur le gibier à plume.
22- Ne serait-il pas plus prudent d’interdire la chasse ? (Les chasseurs utilisent les
canards domestiques, « les appelants » qui attirent les canards sauvages.)
A la lumière de l’avis de l’Afssa une série de recommandations ont été mises en place pour
restreindre les possibilités de circulation des virus entre les espèces sauvages et les espèces
domestiques, cela passe par le respect de bonnes pratiques d’élevage qui nécessite la
séparation des espèces sauvages et domestiques.
L’Office national de la chasse et de la faune
sauvage, en lien avec le ministère de l’agriculture a recommandé aux détenteurs d’appelants
de ne pas les élever en contact avec des volailles domestiques. Dans le cadre de la
surveillance renforcée de la filière canards, ces appelants font l’objet de prélèvements
spécifiques pour détecter une possible circulation de souches de virus de l’IA. De plus le
programme de surveillance des oiseaux sauvages a été activé afin de réaliser des recherches
lors de toute mortalité anormale.
Interdire la chasse serait une mesure disproportionnée par rapport au risque tel qu’il est évalué
à ce jour.
23- Comment contrôler efficacement le commerce illégal d’oiseaux ? (perruches,
faisans…).
Pour être importés légalement sur le territoire communautaire les oiseaux doivent venir d’un
pays ou de zones indemnes notamment d’influenza aviaire, ils doivent être accompagnés de
certificat sanitaire et respecter les règles prévues par la convention de Washington qui vise à
protéger les espèces animales et végétales considérés comme menacées d’extinction..
Le respect de l’ensemble de ces mesures est vérifié d’une part par les services vétérinaires
dans les postes d’inspection frontaliers et d’autre part par les douanes.
L’importation en contrebande d’espèces protégées est considérée comme un délit douanier
entraînant la confiscation totale et une amende. De même l’importation d’oiseaux sans
respecter les règles sanitaires est passible de sanctions pénales.
24- Les oiseaux migrateurs constituent-ils une réelle menace pour les volailles
domestiques ?
Oui dans la mesure où ils sont porteurs de souches faiblement pathogènes qui, si elles se
multiplient chez les poules et les dindes, peuvent muter en souches hautement pathogènes. On
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ignore à l’heure actuelle le potentiel de migration d’un oiseau sauvage infecté par un virus
hautement pathogène.
25- Si, par définition, les oiseaux migrateurs sont incontrôlables : comment faire des
prédictions ?
Les dispositifs de contrôle d’autres sources éventuelles de contaminations,
présentent-ils, eux aussi, des failles ?
Les routes de migration des oiseaux sauvages sont relativement bien connues, des études
complémentaires sont en cours en lien avec les organisations internationales ( FAO, OIE).
Le 19 août dernier l’Afssa a été saisie par les ministères de l’agriculture et de la santé pour
évaluer le risque d’introduction par l’avifaune, et en particulier par les oiseaux migrateurs,
de virus influenza hautement pathogène pour les espèces domestiques et/ou pour l’homme
et ce à partir du foyer d’endémie asiatique.
Après examen des couloirs de migration connus et des périodes de migration, de la diversité
des espèces, analyse des comportements notamment des oiseaux sauvages aquatiques, les
experts soulignent que le risque d’introduction directe sur le territoire national à partir du
foyer asiatique, par l’avifaune, et en particulier par les oiseaux migrateurs, de virus influenza
hautement pathogènes pour les espèces domestiques et/ou pour l’homme, est nul à négligeable
et que le risque d’introduction indirecte sur le territoire national à partir de zones africaines de
migration communes est bien réel mais estimé modéré ; ce risque est néanmoins différé au
printemps 2006 lors du retour vers l’Europe des oiseaux ayant hiverné en Afrique.
Afin de disposer de données encore plus complètes le programme de surveillance de la faune
sauvage a été renforcé en France :
- la surveillance des mortalités avec l’aide des agents de l’Office National de la chasse
et de la faune sauvage et des fédérations de chasseurs, dont le réseau a été récemment et
spécifiquement sensibilisé au problème influenza
- l’augmentation du nombre de prélèvements qui seront faits dès l’arrivée des premiers
oiseaux migrateurs.
Un programme international, auquel la France participe, va aussi être mené par la FAO pour
la surveillance de la circulation des souches d’IA sur les différents sites de rassemblement d’oiseaux sur leurs routes de migration en Afrique et autour de la méditerranée.
A lire aussi
Un blog très riche sur le virus H5N1 : http://influenza.h5n1.over-blog.com/
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