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 La grippe aviaire | La grippe aviaire ... chez les oiseaux

La grippe aviaire ... chez les oiseaux

Qu'est-ce qu'une pandémie ?

Dans le cas de la grippe aviaire de type A notée en Asie depuis décembre 2003, on parle plutôt de pandémie que d'épidémie : il s'agît d'un événement épidémiologique au cours duquel l'infection se propage dans de nombreux pays en quelques mois

Les oiseaux sauvages, principaux réservoirs du virus

Canards pilets (Anas acuta)
Les oiseaux aquatiques, comme les Canards pilets (Anas acuta) sont les principaux porteurs du virus de la grippe aviaire
Photo : Joël Bruezière / www.eyesonsky.com

On trouve chez les oiseaux de très nombreuses espèces sauvages tous les sous-types des virus A, dont la souche H5N1, la plus virulente. Certaines espèces, en particulier des milieux aquatiques, servent d'hôtes en portant le virus dans leurs intestins et en le diffusant. Les oiseaux infectés le diffuse par la salive, les sécrétions nasales, et les excréments.
Les oiseaux sont susceptibles d'être infectés quand ils sont en
contact avec des secrétions nasales, respiratoires ou fécales souillées.
La transmission fécale-orale est le mode de contamination le plus commun entre les oiseaux.
Le plus souvent, les oiseaux sauvages qui servent d'hôtes au virus ne tombent pas malades, mais ils peuvent transmettre la grippe à d'autres oiseaux.
Un oiseau migrateur atteint du virus de la grippe aviaire peut donc potentiellement contaminer d'autres oiseaux sauvages puis domestiques sur des milliers de km.
L'état actuel de la contamination des oiseaux sauvages depuis 2003 en Asie par le sous-type H5N1 n'est pas très bien connu : la distinction dans les communiqués n'est en effet souvent pas nette entre oiseaux sauvages et oiseaux d'élevage.
La virulence de H5N1 chez les oiseaux sauvages n'est pas non plus très claire; pour certains scientifiques, la souche serait bénigne et ne deviendrait mortelle que lorsqu'elle est transmise aux oiseaux d'élevage. Dans ce cas, une contamination par des oiseaux migrateurs venus de Sibérie serait possible en Europe. Mais pour d'autres chercheurs, H5N1 serait très pathogène est provoquerait de nombreux décès chez les oiseaux contaminés, diminuant ainsi les risques de dissémination.

Une arrivée en Europe au cours de l'hiver 2005-2006 peu vraisemblable

En août 2005, des cas de grippes aviaires ont été notés dans plusieurs régions de Russie (Novossibirsk, Altaï, Omsk, Tyumen, Kurgan, Chelyabinsk). L'arrivée de la grippe aviaire en Europe par les oiseaux migrateurs au cours de l'hiver 2005 est peu vraisemblable, car relativement peu d'oiseaux effectuent à la mauvaise saison des déplacements depuis la Sibérie orientale et l'Asie centrale vers l'Europe. La plupart des oiseaux migrateurs qui quitteront en automne les régions à l'est de l'Oural rejoindront des zones d'hivernages en Asie du sud, au Moyen-Orient et principalement en Afrique de l'Est.
Une étude va toutefois débuter en Camargue dès septembre 2005 sur les canards. Le delta accueille en hiver des milliers d'oiseaux venus de Sibérie, où la grippe aviaire a été récemment identifiée. Réalisés par une équipe de cinq personnes, des prélèvements de fientes vont être effectués sur des canards sauvages vivants, capturés dans des nasses ainsi que sur des canards morts abattus par les chasseurs.


Dans les élevages

Batterie d'élevage
Les élevages de volaille sont très facilement infectés par le virus de la grippe aviaire, notamment quand les conditions d"hygiène sont mauvaises
Source : www.all-creatures.org

Si les populations d'oiseaux sauvages constituent un réservoir du virus, il convient de signaler que la transmission s'effectue plutôt entre élevages.
Les oiseaux d'élevage (volaille) peuvent être infectés avec le virus de la grippe aviaire par contact direct avec toute autre volaille infectée, avec des surfaces souillées ou par une nourriture (eau ou alimentation) contaminée apar le virus.
Lorsqu'elle est transmise à des oiseaux domestiques élevés en batterie dans des conditions stressantes, la souche H5N1 est particulièrement pathogène.
Les manifestations de grippe aviaire dans les élevages de volaille ont été notées plusieurs fois dans le monde entier : depuis 1997, par exemple, plus de 16 épidémies des types H5 et H7 sont apparues.
Toutefois, généralement ce sont des types faiblement pathogènes qui sont responsables de la plupart des manifestations grippales dans les élevages de volaille. De telles manifestations ne provoquent habituellement aucune maladie, ou alors avec des symptômes faibles (par exemple, des poulets produisant moins d'œufs ou pas d'œufs du tout, ou de faibles niveaux de mortalité constatés). Mais quand les virus fortement pathogènes H5 ou H7 sont concernés, comme c'est le cas en Asie depuis décembre 2003 au moins, entre 90% et 100% de la volaille peut mourir de l'infection.


Les mesures à prendre

Chaque foyer de grippe aviaire animale nouvellement identifié nécessite que soient mises en œuvre par les autorités sanitaires des pays affectés des mesures ayant pour objectifs d'éviter toute exposition au virus et d'éradiquer la maladie.
Les stratégies de lutte contre l'influenza aviaire reposent essentiellement sur le diagnostic, l'hygiène, l'éducation, la quarantaine et la réduction de la taille des élevages (politique d'abattage massif).
Des recherches récentes ont prouvé que les virus faiblement pathogènes pouvaient, après avoir circulé pendant des périodes parfois courtes dans les élevages, subir une mutation et se transformer en virus mortels. Ainsi, pendant l'épidémie de grippe de 1983-1984 aux Etats-Unis, le virus H5N2 a au départ causé une faible mortalité, mais en six mois il est devenu fortement
pathogène, avec une mortalité chez les oiseaux proche de 90%. Le contrôle de la maladie a nécessité l'abattage de plus de 17 millions d'oiseaux pour un coût de presque 65 millions de dollars.
La mise en quarantaine des fermes infectées et la destruction des élevages touchés ou potentiellement exposés constituent les mesures standard pour empêcher l'extension de la grippe aux autres élevages et aux autres pays.
Le virus de la grippe aviaire est fortement contagieux et est facilement transmis d'une ferme à une autre.
Les virus fortement pathogènes peuvent survivre longtemps dans l'environnement, particulièrement quand les températures sont basses.
En l'absence des mesures de contrôle rapides, les épidémies peuvent durer pendant des années. Par exemple, une épidémie de la grippe H5N2 commencée au Mexique en 1992 n'a été contrôlée qu'en 1995.

 

  Suite de l'article
 
Le virus de la grippe aviaire
La grippe aviaire ... chez les oiseaux
La transmission à l'homme
La situation actuelle et les mesures à prendre



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