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 Ethologie : attaque d'un Aigle ... | La réintroduction dans les Alpes

La réintroduction dans les Alpes

Sources : www.gypaete-barbu.com, perso.wanadoo.fr/marie-christine.dehayes, www.wild.unizh.ch, www.lpo.fr.

Une espèce rare en France

Aire de répartion ancienne (en rouge) et actuelle (en jaune) du Gypaète barbu en Europe et Afrique du Nord. En orange, territoire recolonisé dans les Alpes après la réintroduction.
Sites des quatre lâchers points noirs) : 1) Mercantour (France), 2) Haute-Savoie (France), 3) Engadine (Suisse) et Stelvio (Italie), 4) Rauris (Autriche)
Schéma : Ornithomedia.com
Aire de répartion ancienne et actuelle du Gypaète barbu

Le Gypaète barbu a fait l'objet en France (et dans d'autres régions du monde) d'une campagne de destruction massive, qui l'a fait disparaître de nombreuses montagnes d'Europe depuis le début de 19ème siècle. L'usage d'appâts empoisonnés, le dénichage et le tir pour alimenter les collections zoologiques sont les principales causes de ce déclin.
Au XIXème et jusqu'au début du XXème siècle, le Gypaète barbu nichait en France dans les Alpes, les Pyrénées et la Corse.
Dans les Alpes, l'espèce était signalée comme étant devenue extrêmement rare en 1936, mais il semble en fait qu'elle ait disparu du massif alpin vers 1920, et peut-être dès 1885.
Dans les Pyrénées, l'espèce était présente au XIXème siècle de l'ouest du pays Basque aux Pyrénées centrales. Sa présence ancienne à l'est est vraisemblable. Actuellement, l'espèce est présente principalement dans la partie occidentale du massif pyrénéen.
En 1993, la population pyrénéenne de l'espèce était au minimum de 15 couples adultes sur le versant français, pour un total de 73 couples (France et Espagne). Elle est en légère progression depuis une vingtaine d'années.
En Corse, le Gypaète barbu semble n'avoir jamais été très abondant, en raison de la faible surface d'habitat favorable. En 1981, la population corse était estimée à 13-18 couples, ce qui semble nettement surestimé. Depuis une dizaine d'année, la population est stabilisée à 10 couples adultes, mais le très faible taux de reproduction ne permet peut-être pas le renouvellement des adultes.
L'espèce a fait l'objet d'un programme de réintroduction à la fin de années 80 dans les Alpes (voir chapitres ci-dessous).
La France comptait au printemps 2001, 37 couples (10 en Corse, deux dans les Alpes et 25 dans les Pyrénées) qui ont donné naissance à 7 poussins.
L'effectif européen s'élève actuellement à 130 couples environ.

Le programme de réintroduction

Le succès de la reproduction d'un couple de gypaètes dans le zoo d'Innsbruck (Autriche) a été à l'origine d'un programme de réintroduction dans le massif alpin.
Le programme de réacclimatation du gypaète barbu n'a pu être lancé qu'avec la collaboration d'établissements zoologiques de toute l'Europe. Certains zoos en sont déjà à la troisième génération de reproducteurs. Pour l'ensemble du projet, l'élevage porte maintenant sur une centaine d'individus.
Depuis 1986, 114 Gypaètes ont été réintroduits dans les Alpes françaises et italiennes, en Autriche et en Haute-Savoie, 18 d'entre eux sont morts ou ont disparu. Les naissances de six jeunes gypaètes nous prouvent la réussite de cette réintroduction aujourd'hui.
Distants les uns des autres de 200 à 300 km, les quatre sites de mise en liberté des gypaètes sont en majorité situés dans des réserves ou des parcs nationaux, dans des régions autrefois occupées par l'oiseau et aux conditions actuelles encore idéales pour l'espèce. Dans les quatre sites, de jeunes gypaètes sont lâchés chaque année sur une aire bien protégée. Leur nombre varie en fonction des résultats de la reproduction dans les stations d'élevage. Depuis 1986, plus de 100 jeunes ont pu être ainsi remis en liberté.
Dans les régions concernées, de vastes campagnes d'information ont orienté la population sur le programme de réacclimatation de l'espèce. Les jeunes oiseaux sont suivis par des collaborateurs expérimentés qui initient volontiers les intéressés au monde des gypaètes.
En France, 14 oiseaux ont été lâchés en Haute-Savoie de 1987 à 1992. L'opération a été un plein succès, et des observations de plus en plus régulières sont effectuées actuellement dans le nord des Alpes. Deux couples nichaient en 2001 en Haute-Savoie (source : L.P.O.).
Aujourd'hui, en Europe, le Gypaète barbu survit dans les Pyrénées, en Corse et en Crète, et il recolonise les Alpes depuis 1986 grâce aux reintroductions. L'effectif européen s'élève actuellement à 130 couples environ.

La méthode de réintroduction

La reproduction des gypaètes en captivité avait longtemps semblé impossible. Avant les premiers succès du zoo alpin d'Innsbruck, seul le zoo de Sofia (Bulgarie) avait réussi à quelques reprises l'élevage de l'espèce dans les années 1920. La formation aléatoire des couples due à la très difficile distinction des sexes représentait l'un des principaux obstacles. En effet, si l'on réunit deux mâles dans une volière, ils se comportent comme un couple, mais ne pondent évidemment pas d'œufs. Les nouvelles techniques de détermination du sexe ont permis de surmonter cet obstacle. Tous les jeunes sont élevés par des gypaètes adultes, l'élevage par des humains conduisant à des troubles irréversibles du comportement.
La femelle effectuant une ponte de remplacement lorsque les oeufs disparaissent au début de l'incubation, les vrais oeufs ont été placés dans des incubateurs, pendant que plusieurs parents couvaient des oeufs en plâtre dans plusieurs sites en Europe.
Les poussins ont été nourris pendant une semaine par l'homme. Pour ne pas habituer les poussins à l'homme, ils ont été replacés dans des nids et confiés à des parents adoptifs. C'est un moment délicat car le poussin peut être rejeté.
Mais les rapaces sont incapables de reconnaître leur propre progéniture. Ils prennent soin des poussins qui se tiennent dans leur aire "sans se poser de questions", c'est une des clé de la réussite de tous les programmes de réintroduction.
A l'âge de 3 mois, les jeunes, capables de se nourrir seuls, ont été libérés sur une aire de nidification dans les Alpes après avoir été marqués (décoloration des rectrices ou des rémiges primaires ou secondaires).
Approvisionnés pendant la nuit, les jeunes devaient s'habituer à leur nouvel environnement avant de prendre leur envol.
A l'âge de 117 à 126 jours, ils quittèrent le nid un à un. A six mois, ils cherchaient eux-mêmes leur nourriture.

Où chercher le Gypaète barbu en Haute-Savoie ?

Bons spots pour chercher le Gypaète barbu dans les Alpes françaises : 1) Massif du Bargy, 2) Massif des Aravis, 3) Massif de l'Arve-Giffre, 4) Mont-Blanc,
5) Val-d'Isère - Champagny, 6) Modane-Termignon, 7) Parc des Ecrins, 8) Col de Mallemort.
En vert, parcs nationaux (A : Vanoise, B : Ecrins, C : Mercantour)
Schéma : Ornithomedia.com
Bons spots pour chercher le Gypaète barbu dans les Alpes

Les premières observations de gypaètes dans les Alpes françaises datent de 1989 (deux ans après les premiers lâchers effectués en Haute-Savoie) réparties sur les secteurs de Val d'Isère-Champagny (Tarentaise) et de Modane-Termignon (Maurienne). Entre 1993 et 1994, le nombre de ces observations s'est fortement accru, passant de quelques 80 à plus de 350.
En 2000, 13 individus différents ont survolé le Parc de la Vanoise. En 2001, 569 fiches de contact ont été rapportées par les gardes-moniteurs et, rien que pour le mois de décembre 2001, 11 individus différents ont été observés sur l'espace du parc.
Enfin, six individus marqués ont pu être contactés sur l'ensemble de l'année 2001.
Sur les communes de Tignes et Val-d'Isère, les gardes-moniteurs ont pu observer l'installation d'un trio en 1998, puis suivre des tentatives de
reproduction chaque année depuis 1999. Sur la commune de Termignon, le couple s'est formé à l'automne 2001. En 2002, deux couples de Gypaètes barbus nichaient dans la Vanoise (le trio et un couple). Le trio se trouve, depuis 1998, en Haute-Tarentaise, dans le secteur de Tignes-Val d'Isère. Le deuxième couple est cantonné depuis l'automne 2001 en Haute-Maurienne, au dessus de Termignon (ce secteur est d'ailleurs l'un des meilleurs pour espérer voir le gypaète dans le parc).

Mont-Blanc
Les observations de Gypaètes barbus se sont multipliées dans le secteur du Mont-Blanc
Photo : Ornithomedia.com

Autres bons secteurs :
- la commune de Reposoir
- l
e massif du Bargy, où un couple se reproduit depuis 1997 et où de nombreux autres individus sont observés
- le massif des Aravis, notamment sur la commune de Sallanches, où se trouve un site de réintroduction
- le massif de l'Arve-Giffre, entre les Réserves Naturelles de Sixt-Fer-à-Cheval et de Passy
- des gypaètes de tous âges (juvéniles, immatures, sub-adultes et adultes) sont également observés dans lemassif du Mont-Blanc, ainsi que sur des massifs de moyenne montagne (Bauges, Chablais ..).

En Isère

En Isère, les premiers gypaètes ont été observés en 1988 dans le Parc National des Ecrins. Une femelle, Nina, s'était même sédentarisée depuis 1988, en Oisans, avant d'être lâchement abattue sur la commune de Mont-de-Lans en 1993. Cependant des jeunes sont régulièrement observés dans le Parc National des Ecrins.
Des sous-prospections sont possibles comme dans la chaîne de la Belledonne.

Ailleurs

Enfin, de plus en plus d'observations ont été réalisées entre la Drôme et l'Isère, dans les secteurs du Diois et du Vercors, depuis les lâchers de Vautours fauves réalisés dans les Baronnies : une première observation a été réalisée dans le massif de Saou (Drôme) en 1994 (individu lâché dans le Mercantour).
En 1997 et 2002, deux observations ont été effectuées aux confins du Diois et du Vercors. Enfin, le 10 mai 2002, un immature est observé aux Barraques-en-Vercors (Grands Goulets), à l'ouest du Parc Naturel Régional du Vercors, en Isère. (Source : "Les vautours dans les Préalpes françaises du Sud - Bilan à la fin de l'été 2002" par J.-P. Choisy, Christian Tessier et Sylvain Henriquet).



  Suite de l'article
 
Le Gypaète barbu (Gypaetus barbatus)
La réintroduction dans les Alpes

Les photos de l'attaque



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