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 Le développement embyonnaire ... | La couvaison et l'éclosion

La couvaison et l'éclosion

L'importance de la chaleur
Le germe commence à se développer avant la ponte, mais, dès que l'oeuf est pondu, cette croissance s'arrête si celui-ci n'est pas maintenu à une température assez élevée. Pour qu'un œuf se développe normalement, il doit être exposé pendant une longue durée à une température légèrement inférieure à 40 degrés, la température du corps des oiseaux. La température idéale d'incubation pour les œufs de beaucoup d'oiseaux est proche de celle du corps humain, soit environ 37°C.
Les oiseaux entretiennent cette chaleur en couvant l'œuf. Cette activité commence généralement après la ponte du dernier œuf. La majorité des petits oiseaux pondent un œuf par jour, et des oisillons à peu près simultanément , puisque l'incubation débute seulement quand les œufs sont tous déposés. De cette façon, les parent peuvent se consacrer totalement à leur élevage au moment où la nourriture est la plus abondante. Chez les espèces dont les petits sont nidifuges, la simultanéité des éclosions est également favorable, car elle limite la période pendant laquelle les jeunes oiseaux sont le plus vulnérables. En revanche, les éclosions sont échelonnées chez les rapaces diurnes et nocturnes, les hérons, les martinets, les corbeaux , les grèbes et les plongeons. Les poussins éclosent à un jour ou deux d'intervalle , et il y donc entre eux des différences d'âge bien nettes. Ainsi, en cas de disette, les plus âgés et les plus forts pourront quand même survivre, et les derniers seront sacrifiés. Les jeunes rapaces peuvent même dévorer leurs frères et sœurs plus faibles.

Les méthodes de couvaison

Nid de mégapodes
Nid souterrain de mégapodes : la chaleur de couvaison est assurée par la décomposition de la végétaion
Source : www.worldtrip.de
Nous avons vu que l'œuf doit être maintenu à une température assez proche de celle du corps de l'oiseau adulte, mais comme les plumes sont douées de remarquables propriété isolantes, des plaques incubatrices se développent sur la face ventrale du corps de la plupart des oiseaux couveurs. Ce sont des zones de peau dénudée qui se gonflent à la suite d'un afflux de sang.
Les canards, les cormorans et les fous n'ont pas de plaques incubatrices:dans les deux premiers groupes, les femelles arrachent le duvet de leur poitrine pour embourrer le nid où les œufs seront bien au chaud. Le fou couve avec ses pattes palmées.
La famille des mégapodes en Océanie a "inventé" une forme unique d'incubation : leurs œufs sont maintenus au chaud en les déposant dans un grand monticule de végétaux en décomposition que les deux oiseaux du couple ont édifié et qui remplace la chaleur parentale. En augmentant ou en diminuant l'épaisseur du monticule, ils règlent soigneusement la température du nid.
Durant l'incubation, les œufs doivent être tournés une fois ou deux fois par jour de sorte que la chaleur soit également répartie et pour que les membranes de l'embryon n'adhèrent pas à la coquille. Quelques oiseaux comme la poule le font avec le bec, et d'autres avec leurs pattes. Les embryons sont généralement capables de résister à des légers refroidissements, et quand le couveur s'absente pour manger, ils n 'en souffrent pas outre mesure.
Mais ils sont très sensibles aux températures extrêmes, de sorte que dans certains
certaines situations les œufs doivent être protégés contre le soleil. Si le temps est chaud, les canards par exemple déposent des plumes duveteuses sur leurs œufs quand ils quittent leurs nids souvent exposés. Certains limicoles comme les gravelots humidifient leur bas ventre pour refroidir leurs œufs.
Les embryons sont moins sensibles au froid qu'à la chaleur, en particulier avant que l'incubation n'ait commencé. Les œufs se refroidissent quand l'incubation est interrompue, mais ce n'est pas habituellement létal, et peu
d'oiseaux incubent sans interruption. Les périodes de couvaison sont réglées en fonction des changements de température : ainsi, on a noté que la femelle de Troglodyte mignon (Troglodytes troglodytes) couvait en moyenne pendant 14 minutes avant une interruption quand température était de 15 degrés, mais seulement 7 minutes 30 quand il faisait 30 degrés.

La répartition des rôles

Généralement, les deux sexes se partagent les soins de l'incubation, mais c'est la femelle qui se charge de la majeure partie de cette charge. Chez le Pluvier guignard (Charadrius morinellus), le mâle s'occupe à lui seul de l'incubation. Chez les grèbes, mâle et femelle se répartissent également le travail, et chacun dispose donc de temps libre pour chercher de la nourriture. Quand la femelle est seule à couver, le mâle lui apporte de la nourriture et la défend : c'est le cas des rapaces. Parfois , le mâle ne s'occupe ni de l'incubation ne de l'alimentation de son conjoint, et cela se produit surtout chez les espèces monogames comme le Combattant varié (Phylomachus pugnax). Chez ces derniers, il existe une différence de coloration entre le mâle et le femelle : cette dernière a une livrée modeste qui la rend moins visible, mais la nécessité d'un camouflage est moins grande chez le mâle.
Quand l'incubation est assurée par un seul des deux conjoints, l'oiseau passe de 60 à 80% de la journée sur les œufs, mais chez le Corneille noire (Corvus corone) ce pourcentage atteint 95%.

Une durée d'incubation variable

La durée de l'incubation varient en fonction de celle de l'élevage proprement dit, car toutes deux correspondent à la vitesse de croissance de l'oiseau.
Elle varie de de 10 jours chez le Vacher (Molothrus sp.) à 80 jours chez l'Albatros royal et de 70 à 80 jours chez l'Emeu. Les bruants ont besoin de de 11 à 13 jours; les grives, de 13 à 14 jours; les poulets domestiques, 21 jours;
les canards, selon la taille, de 21 à 30 jours; les oies, de 30 à 35 jours; et de 50 à 60 jours pour l'autruche. La durée semble dépendre de la taille de
l'œuf, des parents, du type de jeunes (nidifuges ou nidicoles) et, peut-être de la température du corps du parent.
Parmi les autres facteurs qui agissent aussi sur la durée de l'incubation, il faut noter la situation du nid. Chez de nombreux oiseaux qui niche dans les trous, l'incubation dure plus longtemps que ceux dont le nid se trouve à l'extérieur, car ils jouissent d'une plus grande sécurité. En France, le Fulmar boréal (Fulmarus glacialis) et le Vautour fauve (Gyps fulvus) ont l'incubation la plus longue : 52-53 jours. A l'opposé, de petits passereaux comme les fauvettes couvent pendant 11 à 14 jours seulement.
La plupart des oiseaux qui nichent au sol ont des œufs relativement grands et une longue période d'incubation. Leurs jeunes, une fois éclos, doivent rapidement pouvoir suivre leurs parents et s'alimenter. La plupart des espèces qui nichent dans les arbres ou des trous ont de petits œufs, une courte période d'incubation, et les jeunes sont aveugles, nus ou presque, et délaissés une fois éclos.

Des facteurs génétiques en cause ?

Martin triste (Acridotheres tristis)
Martin triste (Acridotheres tristis)
Photo : Suppalak Klabdee / www.kttr.in.th
La durée de l'incubation serait génétiquement commandée et adaptée à l'habitat de l'espèce. Elle peut avoir un effet profond sur la capacité des espèces à coloniser de nouveaux secteurs. Ainsi, deux espèces proches, l'Étourneau sansonnet (Sturnus vulgaris) et le Martin triste (Acridotheres tristis) ont été toutes deux introduites en l'Amérique du Nord dans la fin des années 1800. Ces deux espèces avaient des méthodes de reproductions très semblables, mais l'Étourneau sansonnet s'est répandu sur pratiquement le continent entier, tandis que le Martin triste est resté confiné à la région de Vancouver au Canada. On suppose que le martin a conservé génétiquement une méthode d'incubation adaptée à son aire d'origine asiatique au climat subtropicale : il ne couve ses œufs que durant environ la moitié de la journée, alors que l'étourneau couvre presque preque durant les trois quarts du jour. Bien que tous les deux pondent en général 5 œufs, l'étourneau parvient à élever avec succès une moyenne de 3,5 jeunes par couvée, alors que le martin n'élève que deux petits. Ce taux reproducteur relativement bas peut expliquer le succès limité de l'installation de l'espèce à Vancouver, tandis que la progression de l'étourneau a été fulgurante sur tout le continent.

L'éclosion

Diamant
Diamant (extrémité blanche) d'un poussin de perroquet
Source : www.feathersongaviary.com
L'oisillon dispose de deux structures qui l'aident à sortir de l'œuf et qui ont une existence éphémère, car elles disparaissent vite après l'éclosion; il s'agit du diamant, situé à l'extrémité de la mandibule supérieure, et d'un muscle puissant qui se trouve au niveau de la nuque. La plupart des passereaux ne mettent que quelques heures pour briser la coquille, mais il faut davantage de temps pour les grands oiseaux. Le poussin commence à crier avant même d'être complètement sorti de la coquille, et ces appels établissent un premier contact avec ses parents. En général, ceux-ci ne l'aident pas à se dégager, mais parmi les exceptions, on note le Râle d'eau (Rallus aquaticus). Toutefois dans la plupart des cas, les adultes enlèvent des morceaux de coquille une fois l'éclosion terminée. Cette précaution revêt une grande importance pour les oiseaux qui nichent au sol, car l'intérieur très clair de la coquille pourrait attirer l'attention des prédateurs.

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Trois annexes pour aider l'embryon
De la ponte à l'éclosion
La couvaison et l'éclosion



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