La ponte
Plusieurs pontes annuelles
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| Le
Merle noir (Turdus merula) a plusieurs pontes par an. Photo : Jean-Paul Moulin. |
La ponte est l'ensemble
des ufs produits par un oiseau femelle et couvés simultanément.
La plupart des espèces pondent une seule fois par an, mais chez certaines,
il y a deux ou même trois pontes régulières. Il s'agit surtout
d'oiseaux sédentaires comme le Merle noir, les fringilles et les moineaux,
qui ne partent pas en migration et dont la saison de reproduction est nettement
plus longue que celle des oiseaux voyageurs. L'élevage d'une nichée
supplémentaire n'est possible que si l'époque, la quantité
de nourriture disponible et que les circonstances météorologiques
le permettent. Quand la saison est favorable, le merle se reproduit du mois de
mars au milieu de l'été et pond trois fois. L'incubation dure de
13 à 14 jours, ainsi que l'élevage de la nichée. Beaucoup
d'oiseaux qui ne font normalement qu'une seule ponte annuelle sont capables de
pondre de nouveau si leurs ufs ont été détruits au
milieu de l'incubation. Toutefois, les pétrels et les plongeons ne remplacent
pas le ou les ufs perdus, et la raison en est probablement le manque de
temps et de force.
Quand un prédateur dérange un oiseau couveur, celui-ci peut abandonner
ses ufs, mais au fur et à mesure que l'incubation progresse, il répugne
de plus en plus à les quitter, car l'instinct de couver est devenu très
puissant.
Taille de la ponte
On a émis toutes
sortes d'hypothèses pour tenter d'expliquer comment les oiseaux contrôlent
l'importance de leur ponte : est-elle limitée par la quantité de
nourriture que la femelle trouve quand elle couve ou par celle qui sera disponible
après l'éclosion des jeunes ? Ou encore correspond-elle au nombre
d'oeufs que l'oiseaux peut couver efficacement ? L'importance varie en fonction
du nombre de petits qui pourront être élevés avec succès,
mais ce n'est pas parce que la ponte est particulièrement forte que seront
très nombreux les jeunes qui s'envoleront. Si les parents ont du mal à
trouver à manger, certains oiseaux périront de faim, et le nombre
de ceux qui survivront sera finalement moins élevé que si la ponte
avait été plus faible. Cette relation a été démontrée
par une étude menée à Oxford en Angleterre sur le Martinet
noir (Apus apus) : quand le printemps était froid et pluvieux, le succès
des nichées de trois petits était inférieur à celui
des nichées comptant deux oisillons seulement.
Il ne semble pas que l'on puisse appliquer ces résultats à toutes
les espèces. On a prouvé que les rapaces nocturnes pondaient davantage
d'ufs les années où la nourriture abondait. Toutefois, le
nombre d'ufs pondus ne correspond pas au maximum possible, car ces oiseaux
sont capables de faire une ponte de remplacement si la première est détruite.
Il est probable que pour les espèces qui pondent un nombre d'ufs
bien déterminés la sensation produite par ceux-ci sur l'abdomen
incite l'oiseau à commencer l'incubation.
Chez la plupart des oiseaux pélagiques (ceux qui passent toute leur vie
en mer en dehors de la saison de reproduction), la ponte ne comprend qu'un seul
uf; on ignore pourquoi, mais c'est peut-être parce qu'ils ne peuvent
faire suffisamment de réserves pour en produire davantage ou parce qu'ils
ne peuvent s'alourdir exagérément.
361 oeufs par an !
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Ancêtre
de nos poulets domestiques, le Coq bankiva (Gallus gallus) pond 12 oeufs par an
au maximum.
Sooure : www.cursorius.com. |
Certains oiseaux continuent
de pondre si on enlève leurs ufs au fur et à mesure qu'ils
sont déposés. En faisant une expérience de ce genre, on a
réussi à provoquer une ponte de 48 ufs chez un Torcol fourmilier
(Jynx torquilla), dont la ponte normale n'excède guère 8 à
9 ufs, et de 51 ufs chez un Moineau domestique (Passer domesticus),
qui d'ordinaire, pond de 3 à 5 ufs.
L'exemple le plus frappant de ce genre est bien sûr donné par la
Poule domestique, dont le record de ponte est de 361 ufs en 365 jours. L'espèce
sauvage asiatique dont elle est issue, la Poule bankiva (Gallus gallus), pond
environ 6 ufs, 12 au maximum, après quoi elle commence à les
couver. Si on fait l'expérience inverse, c'est-à-dire que l'on ajoute
d'autres ufs à une ponte, l'oiseau ne réagit pas de la même
manière : les passereaux le plus communs pondent le nombre normal d'ufs
même si on met des ufs supplémentaires dans leur nid; en revanche,
les pigeons, qui pondent toujours deux ufs, n'en déposeront qu'un
seul si on met un uf étranger dans le nid.
Autrefois, les collectionneurs d'ufs s'efforçaient de justifier leur
hobby dangereux en argumentant que les oiseaux ne savent pas compter et que l'on
peut prendre tous les ufs d'un nid sauf un. En réalité, des
expériences ont montré que certains oiseaux peuvent compter (le
Grand Corbeau jusqu'à 8 par exemple).
C'est la présence du mâle qui incite l'oiseau femelle à pondre,
et la plupart des femelles ne pondent pas si elles n'ont pas de nid et si le mâle
n'est pas là. La Poule domestique fait exception, car elle pond régulièrement
des ufs infertiles en l'absence du Coq, mais cela est surtout dû à
la sélection dont elle a été l'objet pendant des siècles.
En captivité, des femelles de quelques anatidés, de la Perruche
ondulée (Melopsittacus undulatus), et de pigeons ont pondu des ufs
infertiles, mais cela était peut-être dû au fait qu'elles considéraient
leur maître comme un substitut de l'oiseau mâle ...