Formes et dimensions
Les formes
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Différentes
formes de l'oeuf :
1 - Grève huppé (Podiceps cristatus) : allongé
2 - Canard souchet (Anas clypaeta) : ovoïde
3 - Macareux moine(Fratercula arctica) : ovoïde
4 - Pingouin torda (Alca torda) : piriforme
La plupart des oeufs ont un bout plus pointu que l'autre.
Dessin : Ornithomedia.com |
Pour offrir le maximum de
résistance aux pressions venues de l'extérieur, l'uf devrait
être parfaitement sphérique; mais cela restreindrait sa capacité
et entraverait le développement de l'embryon. En fait, le diamètre
de l'uf est limité par celui de l'oviducte dans lequel il passe avant
d'être pondu (voir Le
développement de l'oeuf avant la ponte).
On a dit que l'oeuf a d'abord une apparence arrondie quand il pénètre
dans l'oviducte et et qu'ensuite sa forme change sous l'effet des contractions
musculaires. La pression serait maximale à sa partie antérieure,
et cela expliquerait pourquoi la plupart des ufs ont une extrémité
plus pointue que l'autre. Pourtant, certains oiseaux pondent des ufs de
forme très particulière : ceux des petits échassiers et du
Guillemot de Troïl (Uria aalge) sont nettement piriformes (triangulaires);
ceux des grèbes, du Cormoran huppé (Phalacrocorax aristotelis) et
des plongeons tendent vers la forme cylindrique; les rapaces nocturnes et d'autres
oiseaux de proie pondent des ufs des martinets ont les extrémités
aplaties.
Les causes de ces variations ne sont pas toujours connues, mais dans quelques
cas, il semble y avoir une raison précise à ce phénomène.
Ainsi la forme en toupie de l'uf du guillemot limite les risques de chute,
car il a tendance à tourner sur lui-même au lieu de rouler au loin.
Comme cet oiseau pond sur les corniches très étroites des falaises
maritimes et que l'uf ne se trouve pas dans un nid, cette forme a une très
grande importance pour la survie de l'espèce. Dans d'autres cas, le profil
de l'uf ressemble à celui du corps de l'oiseau; les oiseaux plongeurs,
qui ont un corps étroit et allongé, pondent des ufs également
oblongs.
Les dimensions
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Taille
des oeuf (les proprotions respectives sont respectées) :
1 - Corneille noire (Corvus corone)
2 - Roitelet huppé (Regulus regulus)
3 - Cygne tuberculé (Cygnus olor)
Les grands oiseaux produisent les oeufs les plus volumineux, mais ceux des plus
petits sont relativement plus gros.
Dessin : Ornithomedia.com. |
En gros, la taille des ufs
correspond à celle de l'oiseau qui les a pondu. Le Cygne tuberculé
(Cygnus olor), le plus lourd oiseau de France, pond des ufs mesurant en
moyenne 11,4 cm sur 7,3 cm, et les ufs du Roitelet huppé (Regulus
regulus), qui ne mesure que 9 cm de long, ont seulement 1,3 cm de long et à
peine 1 cm de large. Toutefois cette règle générale souffre
de nombreuses exceptions : ainsi l'uf du Roitelet huppé pèse-t-il
un peu plus du septième du poids de l'oiseau, tandis que cette proportion
ne dépasse pas 1/25 ème dans le cas des ufs des cormorans.
Pourquoi donc les petits oiseaux pondent-ils des ufs relativement volumineux
? Sans doute parce que plus un uf est petit, plus grande est, par rapport
à son volume, la surface par laquelle il peut perdre de la chaleur et de
l'humidité. Au-dessous d'un certain volume, ces déperditions deviendraient
catastrophiques pour l'embryon.
Enfin, les petits oiseaux ont tendance à pondre des ufs proportionnellement
plus gros que ceux des espèces plus grandes, et aussi plus nombreux. Il
arrive ainsi que le Roitelet huppé ponde plus de 10 ufs, dont le
poids total équivaut à une fois et demie celui de l'oiseau.
Des oiseaux de même taille peuvent pondre des ufs très différents.
Ainsi le Merle noir (Turdus merula) et la Bécassine des marais (Gallinago
gallinago) pèsent aussi lourd l'un que l'autre. De même, la Grive
draine (Turdus viscivorus) et le Râle d'eau (Rallus aquaticus) sont identiques
sous ce rapport, mais la bécassine et le râle ont des oeufs beaucoup
plus gros que ceux des passereaux. Cette différence provient du fait que
leurs petits sont nidifuges, c'est-à-dire qu'ils peuvent se déplacer
dès l'éclosion; ils ont donc besoin de davantage de nourriture pour
bénéficier de cette faculté.
Cependant, cette relation ne se vérifie pas toujours : ainsi la Caille
des blés (Coturnix coturnix) et d'autres gallinacés ont des poussins
nidifuges, et pourtant leurs ufs ne sont pas d'une dimension extraordinaire.
Cela explique peut-être que ces oiseaux pondent beaucoup d'ufs : s'ils
étaient plus gros, ils ne pourraient être aussi plus nombreux.