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Favoriser la nidification du Faucon crécerelle sur sa maison : un exemple réussi

Un couple niche depuis plusieurs années sur la maison de Marc Fasol, et six jeunes sont nés au printemps 2019.

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Favoriser la nidification du Faucon crécerelle sur sa maison : un exemple réussi

Faucon crécerelle (Falco tinnunculus) mâle nourrissant ses petits nés au printemps 2019 dans un nichoir installé sur le perron d'une maison à Sart-Dames Avelines (Belgique) : notez le campagnol en train de tomber !
Photographie : Marc Fasol

S'il est relativement "classique" d'inciter les passereaux (hirondelles, moineaux, rougequeues...) à nicher sur sa maison en posant un ou plusieurs nichoirs, il est plus inhabituel d'accueillir un couple de rapaces. En Europe de l'Ouest, c'est le Faucon crécerelle (Falco tinnunculus) qui est le plus susceptible de venir s'installer : en effet, ce petit rapace diurne et répandu se reproduit dans les zones agricoles et urbaines sur des bâtiments (immeubles, maisons individuelles, granges, fermes, ruines, usines…), des pylônes, des parois rocheuses ou des arbres (dans d'anciens nids de corvidés).
La pose d'un nichoir adapté (semi-ouvert ou ouvert) ne signifie pas forcément qu'il sera occupé par ce rapace, en tout cas dans un premier temps. Marc Fasol, journaliste et photographe, en a installé un il y a plusieurs années sur le pignon de sa maison près de Bruxelles (Belgique), et il n'a été utilisé que trois ans plus tard par un couple qui y niche désormais depuis cinq ans. Leur succès de reproduction varie d'une saison à l'autre : six jeunes se sont envolés ce printemps 2019, un nombre record probablement lié à une forte densité de rongeurs dans les champs et les prairies des environs.
Après plusieurs conseils pour la pose d'un nichoir pour faucons sur un bâtiment, nous vous présentons cet exemple réussi.

Abstract

If it is relatively common to encourage some passerines (swallows, sparrows ...) to breed by installing one or more nest boxes, it is more unusual to host a couple of raptors on his house. In Western Europe, the Common Kestrel (Falco tinnunculus) is the more regular species that will use a nest box placed on a wall: indeed, this small diurnal and widespread falcon breeds in agricultural and urban areas on different types of buildings (buildings, houses, barns, farms, ruins, factories ...), on pylons, on rock walls or on trees (in old corvid nests). 
However, the installation of a suitable nest box (semi-open or open) does not necessarily mean that it will be occupied by this bird of prey, at least initially. Marc Fasol,journalist and photographer, installed one several years ago on the gable of his house near Brussels (Belgium), and it was only used three years later by a couple who have been breeding there for five years now. Their reproductive success varies from one season to another: six young people flew this spring 2019, a high number probably related to a high density of rodents in the fields and meadows of the area. After several tips for installing a nest box on a building, we present this successful example.

Le Faucon crécerelle (Falco tinnunculus

Faucon crécerelle (Falco tinnunculus) mâle quittant le nichoir  
Faucon crécerelle (Falco tinnunculus) mâle quittant le nichoir installé sur le pignon de la maison de Marc Fasol à Sart-Dames Avelines (Belgique) le 14/06/2019. On aperçoit un petit déjà grand (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Marc Fasol

Envergure : 65 à 82 cm.

Description : le Faucon crécerelle est un petit rapace répandu en Europe. Il a des ailes étroites et une longue queue. Le dos et le dessus des ailes sont bruns, le bout des ailes est noirâtre et le dessous est ocre tacheté de noir. Le mâle a la tête, la nuque et les côtés du cou gris bleuté, des moustaches noires et le croupion et la queue gris avec une extrémité noire, tandis que la femelle, qui est plus grande, a la tête et la nuque châtain rayées de brun foncé, des moustaches sombres moins nettes, le dos et le dessus des ailes tachetés de noir, et le croupion et la queue bruns finement barrés. L'immature ressemble beaucoup à la femelle, mais il est plus fortement barré dessus.

Quelques étapes de la nidification 

La parade nuptiale du Faucon crécerelle commence dès le mois de février pour les oiseaux sédentaires, mais elle atteint son intensité maximale en mars pour décroître progressivement ensuite. Lors de la parade nuptiale, les adultes s’adonnent à des poursuites aériennes qui peuvent être très bruyantes.
Les accouplements ont lieu environ un mois avant la ponte. La femelle sollicite le mâle par des cris, se penche en avant, les ailes baissées et la queue levée. Elle place sa queue sur le côté, pendant que le mâle se pose sur elle. La femelle passe ensuite de plus en plus de temps, près ou dans la cavité, environ une dizaine de jours avant la ponte.
La ponte a généralement lieu en avril ou en mai. La femelle, brièvement relayée par le mâle qui la nourrit (les allers-retours d'un mâle apportant des proies constituent un bon indice d'une couvaison en cours), couve un à sept œufs pendant environ un mois.
Les poussins ont un duvet blanc, puis grisâtre. La femelle reste avec eux une quinzaine de jours pour les protéger des intempéries et des prédateurs : elle est alors seule à les nourrir avec les proies apportées par le mâle, puis elle se met également à chasser, surtout quand les poussins ont entre 20 et 30 jours et qu’ils peuvent déchiqueter eux-mêmes les proies.
Les jeunes s'envolent au bout de 30 à 35 jours. À la sortie du nid, ils sont encore nourris par les parents pendant 15 à 30 jours. Ils vont ensuite peu à peu cesser de les approvisionner pour qu'ils apprennent à chasser par eux-mêmes et se dispersent plus ou moins loin. Les secondes pontes sont peu courantes. Comme c'est le cas de beaucoup de rapaces, le nombre de jeunes élevés avec succès dépend de la disponibilité et de l'abondance des proies, principalement des petits rongeurs pour le Faucon crécerelle. On constate une certaine fidélité au site de nidification.

Des sites de nidification variés

Le Faucon crécerelle vit dans une grande variété d'habitats, y compris dans les zones urbaines. Il ne construit pas son nid et niche dans de vieux nids de pies ou de corneilles dans des arbres, dans les anfractuosités des murs des bâtiments neufs ou anciens ou de parois rocheuses, dans des greniers, sur des pylônes et dans des endroits inattendus (lire Le Faucon crécerelle peut nicher dans une jardinière sur un balcon), et il peut aussi utiliser des nichoirs adaptés disposés à son intention.

Nichoir pour Faucons crécerelles : quelques conseils

Jeunes Faucons crécerelles (Falco tinnunculus) 
Jeunes Faucons crécerelles (Falco tinnunculus) dans le nichoir installé sur le pignon de la maison de Marc Fasol à Sart-Dames Avelines (Belgique) le 14/06/2019 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Marc Fasol

Les nichoirs pour Faucons crécerelles (qui pourront aussi convenir à des rapaces diurnes similaires) sont du type semi-ouvert ou ouvert (lire Les différents types de nichoirs). Sa forme est généralement rectangulaire et ses dimensions classiques sont une hauteur de 45 à 50 cm, une profondeur de 45 cm et une longueur de 60 cm. Ses parois ont au moins 20 mm d’épaisseur. Il doit être étanche, et le bois utilisé devra être traité contre les intempéries. Un nichoir ouvert devra disposer d'un rebord pour que les œufs et les poussins ne risquent pas de tomber.
Un perchoir extérieur sera un plus car il constituera un poste de surveillance pour les parents et d'envol pour les jeunes.
Une fine couche de graviers, de sciure, de copeaux de bois ou de sable sera déposée sur le fond, et sera changée en hiver après trois ou quatre nidifications.
Le nichoir sera installé sur un poteau ou un mur, à au moins cinq mètres de haut, à l'abri des vents dominants et de la pluie. L’emplacement aura une vue dégagée pour faciliter les envols, et sera idéalement orienté vers une zone agricole ouverte, et les silos, les arbres fruitiers, les pylônes ou les autres installations des environs pourront servir de perchoirs.
Le lieu choisi sera tranquille : les adultes ne sont pas incommodés par la présence humaine et continuent de nourrir les jeunes si une distance minimum de sécurité est respectée (une trentaine de mètres environ, parfois moins). L’espèce niche régulièrement dans les granges des fermes en activité.
Si possible, le bâtiment devrait présenter d'autres ouvertures ou offrir des cachettes (poutres, coins protégés sous le toit…), qui pourront servir d’abris.
Installez de préférence le nichoir durant l'automne ou l'hiver. Pour faciliter son nettoyage, une ouverture à bascule sera idéalement prévue sur un côté.

La "maison aux oiseaux"

La maison aux oiseaux 
La maison de Marc Fasol à Sart-Dames Avelines (Belgique)  accueille plusieurs espèces d'oiseaux : Rougequeue noir (Phoenicurus ochruros), Étourneau sansonnet (Sturnus vulgaris), Hirondelles rustique (Hirundo rustica) et de fenêtre (Delichon urbicum), Martinet noir (Apus apus) et Faucon crécerelle (Falco tinnunculus). Un haut-parleur diffuse fin mai des cris d'une colonie d'Hirondelles de fenêtre pour les inciter à nicher (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Marc Fasol

Marc Fasol est un photographe professionnel (voir sa galerie de photos) et un journaliste spécialisé dans l'environnement. Sa maison est située à Sart-Dames Avelines près de Bruxelles (Belgique).
Son jardin est situé en lisière de forêt et se prolonge par des haies denses, un vieux verger, une mare naturelle et un plateau agricole cultivé de façon biologique.
Il a creusé une petite mare (lire Sylvain Lefebvre nous parle de son "Jardin Sauvage") et construit un affût photographique (lire Construire une cabane d'affût pour photographier les oiseaux), et il a déjà pu prendre des clichés d'une quarantaine d'espèces, dont le Faisan de Colchide (Phasianus colchicus), le Pic mar (Dendrocopos medius), les Mésanges noire (Periparus ater), nonnette (Poecile palustris) et huppée (Lophophanes cristatus), la Sittelle torchepot (Sitta europaea), la Grive litorne (Turdus pilaris), les Bruants jaune (Emberiza citrinella) et des roseaux (Emberiza schoeniclus) et le Pinson du Nord (Fringilla montifringilla).
La Vigne vierge (Parthenocissus spp.qui recouvre le pignon et la façade arrière, a plusieurs avantages : grâce à sa fonction isolante, elle réduit la température de quelques degrés quand il fait chaud, et ses baies en automne nourrissent les oiseaux (étourneaux...). 
Un couple de Rougequeues noirs (Phoenicurus ochruros) niche sous le toit et des Martinets noirs (Apus apus) sous la corniche, la porte du garage est laissée ouverte au printemps et en été pour les Hirondelles rustiques (Hirundo rustica), et des nichoirs ont été posés pour le Faucon crécerelle et les Hirondelles de fenêtre (Delichon urbicum) (un haut-parleur diffuse fin mai les cris d'une colonie pour les inciter à nicher).

Un nichoir occupé par des faucons depuis plusieurs années

Faucon crécerelle (Falco tinnunculus) mâle nourrissant ses jeunes 
Faucon crécerelle (Falco tinnunculus) mâle nourrissant ses jeunes encore dans le nichoir à Sart-Dames Avelines (Belgique) le 14/06/2019 : un campagnol est en train de tomber (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Marc Fasol

En 2011, Marc avait remarqué qu'un Faucon crécerelle venait parfois passer la nuit sous la corniche de sa maison, dans le haut du pignon. Peu après, il a installé une simple caisse derrière la lucarne, du côté du grenier, espérant l’attirer et peut-être l’inciter à s’installer, ce qui n’était pas garanti car ce rapace niche assez rarement sur des maisons individuelles. Les conditions favorables étant réunies, il a posé un nichoir Schwegler en bois-béton, isothermique et résistant, sur le pignon, à plus de huit mètres de haut. L’emplacement choisi est dégagé (vue sur un plateau agricole), et le voisin est un maraîcher pratiquant la culture biologique. Du fait du poids élevé de ce nichoir, il a eu besoin de l’aide des bénévoles de l’association GEPOP, qui ont utilisé une poulie. C’est le plus grand modèle disponible de la marque : la chambre d'incubation mesure 30 cm (largeur) x 30 cm (longueur) x 34 cm (hauteur), et son ouverture mesure 17 cm x 24 cm. 
Au mois d’avril 2014, soit trois ans plus tard, un couple s’est posé sur le rebord d’une lucarne, et Marc a pu observer une parade suivie d'un accouplement sur un appui de fenêtre. 
Les faucons nichent donc depuis cinq ans sur sa maison, mais en 2018, la couvaison n’avait pas été menée à terme faute de proies et/ou en raison de conditions climatiques défavorables. Au printemps 2019, six jeunes sont nés et se sont envolés, ce qui est vraiment exceptionnel et est certainement lié à l’abondance des proies (micro-mammifères).
Au départ, Marc avait placé un peu de sciure de bois dans le fond du nichoir, mais le nichoir n'a jamais été nettoyé depuis, les parents s’en chargeant eux-mêmes. 
Ils sont peu perturbés par les activités des habitants de la maison, même si Marc et sa famille évitent au maximum de les déranger. Les fenêtres de son bureau sont pourvues de stores vénitiens, qui permettent de les observer discrètement. Par contre, quand le chat est assis sur le rebord de la fenêtre, ils font mine de l'attaquer.
Ce nid commence à être connu des habitants du village, et lors des visites organisées par la section locale de l’association Natagora, le guide fait un arrêt et le montre aux participants.

Contact  

Marc Fasol - Courriel : marc.fasol@icloud.com - Sa galerie de photos : www.oiseaux.net/photos/marc.fasol/

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