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  Rechercher le Pluvier guignard ... | Dates, météo, méthode, milieux
 
Dates, météo, méthode, milieux

Dates et horaires de prospection

Les différents guides (L. Jonsson, L. Svensson…) concordent pour affirmer que le Pluvier guignard migre entre la mi-août et début octobre. Cette période concerne une moyenne européenne. Pour la France, F. Legendre (Ornithos 9-4) signale deux pics, en gros vers la fin août et la mi-septembre. La prospection, pour être fiable et efficace, pourra donc en gros s'étendre du 15 août au 20 septembre, période où le passage est le plus soutenu. Cela n'empêche bien entendu pas d'observer hors de ces périodes…
Il est généralement conseillé (et l'expérience le confirme) de prospecter plutôt en matinée, à savoir du lever du jour à 11 heures. Passé ce moment, les brumes de chaleur sont trop intenses pour pouvoir détecter un oiseau au mimétisme déconcertant. De plus, il semble que le guignard soit préférentiellement un migrateur nocturne, consacrant la journée à se nourrir et à rechercher des congénères.
Dans l'après-midi, les Pluviers sont souvent immobiles, couchés sur le sol, ce qui les rend presque indétectables (E. Roy, Ornithos 9-4). Le soir, ils semblent montrer un regain d'activité : on pourra donc également prospecter entre 17 heures et la tombée de la nuit… Ceci étant, les oiseaux ne sont pas non plus des fonctionnaires, et ces périodes sont à prendre avec précautions.

Météorologie

Contrairement à ce qu'on pourrait espérer, il vaut mieux chercher le guignard par un temps couvert voire pluvieux (mais non bouché !!) que sous un magnifique ciel bleu sans nuages : en effet, les Pluviers auront plus tendance à s'attarder sur un site si le temps est mauvais, ne préférant pas prendre le risque de migrer sous la pluie. Encore une fois, inutile cependant de laisser tomber une journée de prospection pour cause de ciel trop ensoleillé ; par contre, comme pour tous les oiseaux de plaine, il n'est même pas nécessaire de sortir ses jumelles si l'on n'y voit pas à 100 mètres !

Méthode de prospection

Parcelle favorable au Pluvier guignard
Pour maximiser les chances, il convient de sélectionner les parcelles potentiellement favorables au Pluvier guignard (Charadrius morinellus), comme ici dans les Yvelines. Photo : Ornithomedia.

Les ornithologues de plaine ont souvent tendance à tourner en voiture sur leur secteur, en s'arrêtant de temps à autres de manière plus ou moins aléatoire. Dans le cas du Pluvier guignard, cette méthode n'apporte pas de bons résultats. Au contraire, il vaut mieux sélectionner quelques sites (entre 3 et 6) très favorables au passage et au rassemblement, et les fouiller à fond, en n'hésitant pas à y revenir plusieurs fois dans une matinée. Cela implique qu'il faut être particulièrement sélectif sur les parcelles à visiter, car, du moins en Beauce et dans de nombreuses régions, les bons milieux ne manquent pas !
Autre élément d'importance pour obtenir des résultats : il ne suffit pas de deux ou trois prospections dans l'année pour voir le guignard, qui, bien que régulier, reste un migrateur rare. L'idéal serait de sortir dès que le temps (et le patron ...) le permettent, ou, du moins, d'effectuer une ou deux sorties par semaine durant la période concernée.
Lors de la prospection proprement dite, on peut explorer les champs de deux manières :
- soit on balaye la parcelle aux jumelles, en sachant qu'un oiseau debout est aussi repérable qu'un oiseau couché est invisible,
- soit on balaye à la longue vue, ce qui peut être fatiguant et fastidieux mais, du fait du moindre champ, permet de mieux se concentrer sur les mottes de terre…

Milieux fréquentés par l'oiseau

La plaine de la Crau
La plaine de la Crau (en Provence) est un biotope très favorable au Pluvier guignard (Charadrius morinellus) en migration post-nuptiale. Photo : Ornithomedia.

Le Pluvier guignard niche principalement sur la toundra : une zone à végétation rase, au relief accidenté mais doux. En migration, c'est aussi ce type de milieu que le guignard recherche. Ceci étant, la toundra n'est pas vraiment le milieu le plus répandu en France : il faut donc trouver des équivalents.
L'idéal réside dans les zones de plateaux, comme les Causses, la Crau, la Beauce…
Les landes rases côtières en Bretagne, les zones dunaires, les prairies alpines dans les Pyrénées sont d'autres biotopes favorables.

Parcelle défavorable
Un exemple de parcelle défavorable au Pluvier guignard (Charadrius morinellus) : labours grossiers, avec des chaumes et beaucoup de végétation. Photo : Ornithomedia.

En Beauce, comme dans d'autres plaines agricoles, le milieu à prospecter semble devoir répondre aux critères suivants :
- on recherchera les parcelles labourées très finement, mais non roulées. Par " très finement ", on entend des parcelles dans lesquelles les mottes n'excèdent pas 5 cm de hauteur, c'est à dire des champs très "propres", caillouteux de préférence, où les chaumes sont peu denses et peu élevées.
- Les parcelles en hauteur sont à privilégier absolument : c'est de là que les oiseaux ont la meilleure visibilité, ce qui lui permet de voir ses congénères arriver de loin. En effet, les Pluviers guignards ont tendance à se rassembler pendant la journée pour se reposer et se nourrir (Legendre, comm. pers.).
- On choisira des parcelles de grande taille, assez éloignées de toute végétation haute (maïs, bois, etc…). Bien que les Pluviers ne soient pas spécialement farouches, il vaut mieux éviter les parcelles trop proches des zones habitées.
- Selon Legendre (Ornithos 9-4), les parcelles de pois sont très recherchées par les guignards. En 2003, les pousses de pois semblent être bien plus élevées que d'habitude, rendant impossible toute recherche de l'oiseau, et improbable sa présence dans de telles cultures.


Conclusion

La recherche du Pluvier guignard est aussi difficile que passionnante. Elle nécessite à la fois motivation, préparation, et assiduité sur le terrain. En effet, il apparaît clairement que certaines régions françaises ne possèdent aucune donnée récente de Pluvier guignard en passage post-nuptial plus par manque de pression d'observation que par absence de l'oiseau. Ainsi, en Eure-et-Loir, le guignard n'avait pas été contacté en migration post-nuptiale depuis 1968 ; l'année 2003, première année de prospections sérieuses, a apporté 4 données en à peine 3 semaines de prospection : cela ne peut être le fait du hasard !
Le guignard reste bel et bien un migrateur régulier, bien qu'étant rare. Il faut d'ailleurs signaler au passage que cette espèce fait l'objet d'un suivi par le tout récent Comité de Suivi des Migrateurs Rares, qui est preneur de toute donnée fiable.
La transmission des observations au niveau national permettra ainsi sans doute, à moyen terme, de se faire une véritable idée du passage migratoire du guignard. Pour peu que le ratissage à la longue vue de champs labourés ne rebute pas trop de monde : la récompense que constitue l'observation du Pluvier est telle que l'on peut bien consacrer 1 demi-journée par semaine à sa recherche, pendant la courte période de passage. D'autant que ce suivi permet également d'observer nombre d'autres espèces migratrices telles que le Traquet motteux, par exemple…



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Introduction
Identification
Dates, météo, méthode, milieux
L'approche du Pluvier guignard

 



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