Identification
Pluviers guignard et
doré
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Pluvier guignard
(Charadrius morinellus) en plumage nuptial: aucun problème d'identification!
Photo: Aurélien Audevard |
Le Pluvier guignard est un
"pluvier typique". Il est cependant plus petit que les Pluviers dorés
et argentés, et bien plus effilé. Dans nos régions, en période
post-nuptiale (après la saison de reproduction, à la fin de l'été),
il passe habituellement en plumage internuptial.
On retiendra avant tout les critères suivants, qui permettent d'identifier
le plus sûrement l'oiseau :
- le critère
le plus fiable est sans aucun doute le grand sourcil blanc (ou chamois) présent
dans tous les plumages, et bien visible de loin. Pour éviter toute confusion,
on retiendra que les deux sourcils du guignard se rejoignent derrière la
tête, également en tous plumages.
- Habituellement, le guignard possède un collier blanc ou blanc sale sur
la poitrine : lorsque l'oiseau est debout, ce critère lève toute
ambiguïté. Cependant, le collier peut être assez flou, voire
absent chez certains adultes, et parfaitement invisible lorsque l'oiseau est couché
- Les couvertures sont brunes, tirant vers le doré, parfois plutôt
grises. Les ailes sont assez écaillées de noir. Le ventre est pâle,
plus que chez le Pluvier doré internuptial.
- Il est a priori impossible de distinguer un mâle d'une femelle en plumage
internuptial. Les juvéniles ont une poitrine finement striée, et
un plumage globalement plus marqué que les adultes (dont les "écailles"
sont assez floues).
- En vol, le Pluvier
guignard est quasi-indissociable du Pluvier doré à vue, sauf s'il
passe de très près (ou si l'on connaît parfaitement les deux
espèces). Théoriquement, le guignard apparaît plus clair,
plus petit et plus effilé que le doré : ces critères sont
parfaitement invisibles sur ciel nuageux ou trop clair. De près, la silhouette
du guignard en vol évoque plutôt un Gravelot qu'un Pluvier, mais
ce critère est assez subjectif.
- En revanche, le cri
est un bon critère d'identification, en vol comme posé. Le cri migratoire
est indiscutablement très différent de celui du Pluvier doré
: ce dernier émet un sifflement aigu et assez strident, alors que le guignard
a un cri doux, grave et un peu roulé (tout en restant typique d'un limicole)
: la confusion est manifestement impossible.
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Pluvier
guignard (Charadrius morinellus) juvénile.
Notez :
1 - Grand sourcil blanc bien net. Les deux sourcils se rejoignent derrière
la tête.
2 - Collier blanchâtre sur la poitrine.
3 - Ailes écaillées de noir.
Photo : Aurélien Audevard |
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Pluvier
doré (Pluvialis apricaria) juvénile, l'autre espèce qui peut
poser un problème de confusion dans les plaines agricoles.
Notez :
1 - Sourcil moins net.
2 - Dos jaunâtre finement marqué de noir.
Photo : Aurélien Audevard |
Contact de l'oiseau
: comportement
Les contacts que nous avons
pu effectuer en Beauce se sont tous produits de la même manière :
l'oiseau arrive seul en vol du Nord-Est, se dirigeant vers le Sud-Ouest, à
altitude moyenne, en criant beaucoup. Il a un vol hésitant, cherche à
se poser, éventuellement tourne un peu, sans doute en recherche de compagnons.
Bien que les oiseaux volants ont toujours été contacté seuls,
nous avons pu observer un groupe posé totalisant 8 oiseaux : à ce
sujet, E. Roy (Ornithos 9-4) signale que souvent, les groupes se forment petit
à petit, avec des arrivées successives de 2-3 oiseaux sur un point
donné. Selon Legendre (Ornithos 9-4 et comm. pers.), les guignards adultes
connaissent des sites favorables auxquels ils reviennent régulièrement
chaque année : d'où l'intérêt de suivre consciencieusement
les sites où des oiseaux ont déjà été observés.
Il se peut également que les Pluviers recherchent en vol des sites favorables
et s'y posent en attendant d'être rejoints par d'autres oiseaux.Lorsque
l'oiseau est debout, il se repère assez facilement : sa silhouette se détache
bien des mottes de terre ; de plus, il est très mobile et assez nerveux.
Au contraire, couché, un Pluvier guignard est une motte de terre parmi
bien d'autres, presque indiscernable : on ne voit guère que le sourcil
blanc qui dépasse.
Contact de l'oiseau
: conduite à tenir
Le Pluvier guignard ne
craint pas l'Homme. Mieux, il n'est pas farouche, selon ce qu'en dit la "tradition".
Ceci étant, E. Roy (Ornithos 9-4) mentionne aussi bien des cas d'oiseaux
que l'on peut presque toucher que des groupes s'envolant à la moindre approche
humaine. De plus, à force de se faire approcher, les oiseaux deviennent
méfiants (fide E. Roy). Le but des prospections étant d'observer
les oiseaux et non de les déranger, on s'abstiendra au maximum de s'approcher
: une distance de 50 mètres permet d'excellentes observations
Il
faut bien avoir en tête que les oiseaux, arrivés en France, ont déjà
parcouru plusieurs milliers de kilomètres et en ont encore autant à
couvrir : inutile de les épuiser pour un caprice de photographe, d'autant
que la digiscopie donne de nos jours de très bons résultats !
Lorsque l'oiseau est contacté en vol, il est essentiel de ne pas le perdre
de vue. Une fois repéré aux jumelles, il ne faut pas le lâcher
même s'il s'éloigne : en effet, le Pluvier fait parfois un détour
de plusieurs centaines de mètres avant de revenir se poser près
de l'observateur
A propos des guides
d'identification
On l'a dit, la prospection
nécessite une étude préalable de différents guides
:
- Le Svensson propose
d'excellentes planches pour l'oiseau posé. En revanche, le dessin en vol
est un peu exagéré pour ce qui est de la silhouette (trop effilée
par rapport à l'impression de terrain). Le texte est complet et propose
une bonne description du cri migratoire.
- Le Jonsson, en revanche,
propose une bonne planche comparative Pluvier doré/guignard en vol, proche
de ce qu'on voit sur le terrain. Le texte est complet mais assez quelconque.
- Le Harris a un texte très complet, et les planches sont également
assez justes.
- Le guide sonore en
4 CD de J. Roché est certes d'excellente qualité, mais la plage
du Pluvier guignard ne comporte aucun cri migratoire : il est totalement inutile
de s'y fier lors des prospections post-nuptiales.
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