Comportements lors de la
nidification
Tout intrus est chassé
 |
| Vu d'un abri
en bois. Photo : Michel Beaud. |
Lors des nombreuses heures
dobservation depuis la butte dominant le radeau, nous avons pu observer
le comportement du couple et plus spécialement celui des jeunes.
Le seul couple nicheur que nous ayons observé jusquà ce jour,
attaque systématiquement tout intrus arrivant à proximité
du territoire: le Goéland leucophée (Larus cachinnans), le Milan
noir (Milvus migrans), le Milan royal (Mivus milvus), la Buse variable (Buteo
buteo), le Héron cendré (Ardea cinerea), le Grand Corbeau (Corvus
corax), la Corneille noire (Corvus corone), la Guifette noire (Chlidonidas niger)
et même dautres Sternes pierregarins de passage.
Lintolérance est de mise, parfois, nous lavons même vu
houspiller des Bergeronnettes grises (Motacilla alba) qui utilisaient le radeau
comme "prédortoir". Cette espèce niche toutefois chaque
année sur le radeau. A plusieurs reprises, la sterne a même piqué
sur lobservateur se trouvant sur la butte située à plus de
200 mètres du radeau, en criant et en adoptant un comportement coprolémique.
Elle avait identifié le bagueur de lannée précédente!
Au début de la nidification les attaques sont régulières
mais pas soutenues très longtemps, elles sont souvent le fait dun
seul individu, lautre assumant la couvaison. Dès la naissance des
jeunes, on remarque un regain dagressivité, ce phénomène
saccentue encore lorsque les poussins ne sont plus thermo-dépendants
et laissés seuls sur le radeau, les attaques sont alors menées par
le couple.
Lorsque "un intrus" arrive et quil est encore à bonne distance,
lalarme est donnée, les poussins simmobilisent et restent attentifs.
Lorsque lalerte retentit, signalée par des cris plus rapides et plus
perçants, quand le contact avec "lennemi" est imminent,
les petits disparaissent très rapidement derrière les chicanes;
ils quittent le plus souvent le centre du radeau pour se réfugier dans
les bords et dans les coins.
Prédations
 |
| Poussin de
Sterne pierregarin (Sterna hirundo). Photo : Michel Beaud. |
A la fin de lalarme,
les adultes informent les jeunes avec des cris dapaisement, ceux-ci rassurés
réapparaissent et les nourrissages continuent. Nous pensons que cest
grâce à ces comportements et aux installations mises à disposition
que ce couple niche avec succès depuis quatre années consécutives
avec une moyenne de 2,75 jeunes à lenvol (2/3/3/3).
Bien quun jeune manquait à lenvol en 1996, nous navons
jamais observé de prédation. Quest-il devenu du jeune? Nous
ne le saurons jamais, son cadavre ne se trouvait pas sur le radeau.
Lors de nos visites sur dautres sites de nidification, nous avons assisté
à des prédations, notamment sur les plates-formes bernoises du Fanel.
Nous avons constaté limpuissance totale et le fatalisme dune
soixantaine de Sternes à lencontre dun Milan noir. Celui-ci,
nullement impressionné par les cris dalerte et lenvol de la
colonie, venait se servir, la table était mise, les plates-formes ne bénéficiant
daucune protection. La plupart des poussins étaient agglutinés
dans les bordures et navaient aucun endroit pour se cacher. Ce genre dattaques,
mentionnées également sur les plates-formes de Verbois GE (D. Landenbergue,
communication personnelle) est souvent le fait dindividus spécialisés.
Parmi les autres prétateurs du Fanel, mentionnons la Chouette hulotte (Strix
aluco) qui est spécialisée également (J. Hassler, communication
personnelle), le Faucon pèlerin (Falco peregrinus) et lAutour des
palombes (Accipiter gentilis) étant des prédateurs plus occasionels.
Quant au Goéland leucophée dont la prédation sur les jeunes
sternes pierregarins a moultes fois été constatée, il entre
en compétition avec cette espèce pour les sites de nidification,
ceci a été démontré au Fanel en 1981 (B. Monnier).
|
 |