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  Le dessin des oiseaux | Techniques de base
 
Techniques de base

Se lancer

Cygne de Bewick (Cygnus columbianus)
Cygne de Bewick (Cygnus columbianus), crayon, 2001, dessin de terrain. Dessin : Jean-Yves Barnagaud

Il est difficile de se " lancer " dans le dessin des oiseaux, tout simplement parce que la meilleure manière de commencer n'est pas toujours évidente à trouver.
A mon avis, une bonne méthode consiste à démarrer avec des sujets statiques : les oiseaux ne l'étant pas dans la nature, on pourra commencer par " copier " des photographies ou même des dessins de référence, que l'on pourra trouver dans des guides d'identification par exemple.
Lorsqu'au bout de quelques mois, vous aurez pris l'habitude des formes et des silhouettes, vous pourrez commencer le dessin de terrain. La difficulté étant de loin supérieure, on commencera par des oiseaux assez placides, comme par exemple des vautours, des goélands ou des canards, voire même des pigeons. "Facilité" ne rimant pas avec "commun", on évitera l'erreur de dire que les petits passereaux du jardin sont de bons "sujets de départ" : une Mésange bleue ne reste jamais longtemps à une mangeoire !!!
Quelque soit la situation, la première chose à faire est de bien observer l'oiseau, et, si possible, de l'identifier : évaluez sa taille, sa forme et sa carrure : est-il plutôt "carré" ou "fin" ? N'oubliez surtout pas, sur le terrain, que l'oiseau peut partir n'importe quand et qu'il faudra peut-être terminer le dessin de mémoire, voire ne pas le terminer (ce qui est préférable) pour éviter d'inventer, ce qui est bien la dernière chose à faire surtout pour les dessins d'identification!

Le poulet de maman

Recette du "poulet de maman"
La recette du "poulet de maman" permet de mieux respecter les proportions. Dessin : Jean-Yves Barnagaud.

N'hésitez pas à quadriller votre feuille à l'aide de fines lignes au crayon, cela peut être très utile dans le respect des proportions.
Pour la forme de l'oiseau, pensez à la recette du "poulet de maman" : dessinez d'abord l'aspect général de l'oiseau à l'aide de formes géométriques, puis " remplissez "avec des courbes.
Les parties sombres du plumage pourront être figurées à l'aide d'un quadrillage plus ou moins serré, et les ombres avec des traits parallèles et assez serrés.
Vous pouvez aussi utiliser des points très serrés, mais cette technique est plus dure à manier.

Un dessin vivant

Epervier d'Europe (Accipiter nisus)
Epervier d'Europe (Accipiter nisus), stylo tubulaire, 2001 (d'après photo). Dessin : Jean-Yves Barnagaud.

Concentrez vous dans un premier temps sur la forme de l'oiseau ; évitez la surcharge de détails qui amène souvent des erreurs de proportions, ou même de forme. Il vaut mieux partir du principe qu'un bon dessin de terrain, aussi simple soit-il, est "vivant". Pour donner cette impression, il peut être utile de figurer l'œil de l'oiseau, et de faire apparaître quelques ombres. A ce sujet, on retiendra qu'un œil entièrement noir ne donne pas un oiseau vivant : pour cela, il est indispensable de faire apparaître une tache blanche à l'intérieur de l'œil.
Au sujet des ombres, faites particulièrement attention au côté où se trouve le soleil, de façon à éviter les incohérences !
Faites des dessins assez grands, c'est à dire remplissant au moins 2/3 d'une page A4 . Les petits croquis sont plus difficiles à exploiter par la suite !!! (d'où l'intérêt du carnet grand format).

Appliquer les couleurs

Sittelle torchepot (Sitta europaea)
Sittelle torchepot (Sitta europaea), aquarelle, 2001 (d'après photo). Dessin : Jean-Yves Barnagaud.

Ce n'est que lorsque toute la silhouette est établie que vous pouvez appliquer la couleur à très faible dose pour conserver toute la vie et la légèreté du dessin. Ne faites l'œil qu'à la fin, car le rater aurait des conséquences embêtantes pour le dessin entier.
Enfin, n'attachez pas trop d'importance aux détails inutiles, une plage alaire blanche pouvant être représentée par un simple cercle (les angles trop nets nuisent au dessin). N'attachez également pas trop d'importance au décor, qu'il suffit de figurer par quelques lignes. Si vous voulez vraiment le représenter, faites un dessin à part, puis mixez les deux croquis chez vous !
La fréquentation des cours de dessin ne me paraît pas la meilleure solution d'acquérir des bases solides en dessin animalier : on vous énoncera des
vérités incontournables" qui sont parfois en totale incohérence avec la réalité. Demandez plutôt des conseils à des dessinateurs confirmés lors de rencontres dans des salons, par exemple.
Malgré leur aspect parfois " fermé ", aucun ne refusera de vous aider à progresser ! Enfin, ne cherchez pas à réaliser des exploits, du genre dessiner un blaireau à l'aveuglette pendant une nuit noire ! Le résultat est trop aléatoire pour en valoir la peine.
Dans ce même ordre d'idée, n'essayez surtout pas de dessiner sous la pluie : le papier, trop humide, se déchirera au moindre coup de crayon .

Où dessiner ?

Héron cendré (Ardea cinerea)
Héron cendré (Ardea cinerea), crayon, décembre 2001, dessin de terrain. Dessin : Jean-Yves Barnagaud.

Partout ! Ceci étant dit, il vaut mieux choisir des lieux favorables à l'observation , c'est à dire des observatoires, des colonies d'oiseaux marins, des points d'hivernage ou de passage migratoire…ou même votre jardin, où vous aurez installé une mangeoire ! Autrement dit, pas besoin d'aller à l'autre bout du monde pour trouver des sujets.
Essayez de vous approcher le plus possible de l'oiseau, sans toutefois risquer de le déranger, ce qui pourrait avoir des conséquences catastrophiques pour la nichée ou même pour l'oiseau lui- même, qui, en s'enfuyant, serait une magnifique proie potentielle. Evitez, pour les mêmes raisons, de dessiner des nids occupés, même lorsque les parents sont absents…d'où l'utilité des jumelles !!!!!
Choisissez, au moins au début, un lieu "confortable" : il peut être utile de s'asseoir, car le manque de stabilité entraîne souvent un manque d'attention et donc de nombreux " ratés ".
De plus, évitez de dessiner des oiseaux en contre-jour : l'éblouissement rend plus difficile l'observation !
Enfin, un abri du vent et de la pluie peut être particulièrement utile, d'autant que le papier n'apprécie généralement pas l'eau : c'est alors l'échec assuré, car le papier, quelqu'il soit, partira en miettes dès le premier coup de crayon…
Le dessin en atelier est totalement différent, tout simplement parce qu'il est possible d'adapter l'atelier en fonction de ses besoins. Cet atelier peut-être constitué de n'importe quelle pièce de votre maison, du moment qu'elle puisse répondre à 3 conditions essentielles : le lieu doit être calme, assez spacieux et dont l'éclairage ne varie pas ou peu pendant la journée.
Certains artistes recherchent un éclairage naturel ; à mon avis il vaut plutôt mieux travailler avec un éclairage artificiel mais constant : en effet, cela permet de mieux s'habituer aux couleurs employées et donc de minimiser les risques d'erreurs dans les mélanges ou les nuances. Ces repères disparaissent sous une lumière non constante, ce qui fait alors également changer les couleurs de manière fréquentes.

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