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Le dessin des oiseaux
Par Jean-Yves Barnagaud

Robin à flancs roux (Tarsiger cyanurus) juvénile
Robin à flancs roux (Tarsiger cyanurus) juvénile, Stang Ar Stiff, Ouessant (Finistère), le 28/10/03.
Dessin : Jean-Yves Barnagaud.

Ornithomedia veut vous aider dans tous les aspects de l'ornithologie, dont celui très utile et important du dessin de terrain.
Jean-Yves Barnagaud, jeune naturaliste amateur, nous propose ainsi de nous faire profiter de son expérience.
Jean-Yves n'est pas un artiste "pro" ou très expérimenté, mais un observateur qui, un peu par hasard, a découvert le dessin il y a quelques années. Il le précise lui-même : n'attendez donc aucune "vérité", ni même aucune règle "académique", mais plutôt quelques conseils pour commencer à dessiner les oiseaux, conseils basés sur une pratique assidue du terrain et des remarques de certains dessinateurs animaliers connus.



Introduction

Pourquoi dessiner ?

Le dessin peut avoir plusieurs buts, qui dépendent quasi-uniquement du lien que l'on entretient avec les oiseaux : la démarche "scientifique" amènera inévitablement un dessin détaillé visant à une identification précise, la démarche "artiste" montrera une rencontre, un sentiment éprouvé au passage d'un oiseau, la démarche "promeneur" restituera plutôt une impression générale… Il existe donc presque autant de types de dessins que d'ornithologues ! Je parlerai, de mon côté, d'un mélange de toutes ces démarches, c'est à dire ce qui se produit généralement chez les débutants qui n'ont pas encore défini leur style, ma priorité restant de fournir des éléments de base plutôt que d' établir une critique de chaque type de démarche (c'est d'ailleurs pour cela que j'éviterai de parler de "dessin ornithologique" qui implique principalement une démarche scientifique).
Enfin, j'insisterai surtout sur le dessin de terrain, qui me semble être le meilleur moyen de se plonger complètement dans l'étude d'un oiseau.

Matériel : conseils de base

Question vaste et dangereuse… puisque aucun artiste n'est d'accord avec les autres ! Ceci dit, quelques outils sont absolument indispensables pour le dessin de terrain :
- Le carnet : en théorie, n'importe quel bout de papier suffit. En pratique, c'est plus compliqué : il vaut mieux choisir un papier non quadrillé (les carreaux peuvent causer une gène visuelle) et de format relativement grand : à mon sens, le 21*29,7 convient parfaitement car il peut rentrer dans un grand nombre de sacs tout en évitant un dessin étriqué.
Evitez les papiers trop légers style bloc de dactylo, ainsi que les papiers trop lourds : ils résistent peu aux nombreuses retouches et aux chocs.
Un bon compromis : entre 120 et 170 g/m². Cependant, pour le travail en atelier, choisissez des papiers plus spécialisés.
- Du crayon à papier au stylo bic, tout convient ! Ma préférence se porte cependant sur le crayon à papier 2B, tendre et attaquant peu le papier, pourvu qu'on n'appuie pas trop ! Les crayons plus durs sont moins faciles à gommer. Pour les crayons de couleur, prenez la taille minimale, qui leur donne un caractère "passe-partout".
- La gomme est un sujet fréquent de polémique. L' abus entraîne un manque de vie du dessin, disent les uns. Les autres mettent en valeur les effets qu'elle peut permettre. A mon avis, elle peut éviter de gaspiller du papier, mais doit être consommée avec modération : abus rime avec dépendance…
- La peinture : acrylique et aquarelle sont les deux sortes de peinture les mieux appropriées au dessin des animaux : peu épaisses, elles donnent de la légèreté au sujet. L'aquarelle est cependant plus transportable et plus maniable. Elle permet de plus de nombreuses retouches nécessaires lors du dessin sur le terrain. L'acrylique est plus appropriée au travail de précision en atelier, mais est moins facile à reprendre après coup. -autres techniques : l'encre est très "casse-cou" car absolument impossible à retoucher. Cependant, avec beaucoup d'entraînement, l'encre se révèle être un excellent moyen de faire revivre des oiseaux, surtout en mouvements.
Le stylo tubulaire, utilisant des cartouches d'encre de Chine, est très apprécié pour les dessins nécessitant de nombreux détails. La plume, pour un usage comparable, ne doit être utilisée qu'avec une bonne habitude du détail, car elle est de loin bien plus difficile à manier. Les pastels et les fusains me paraissent surtout utiles pour affiner des dessins de terrain…
- La paire de jumelles :pas incontournable mais pouvant être très utiles dans de nombreux cas. Tous les modèles du 8*30 au 10*50 conviennent parfaitement, pourvu qu'ils soient très maniables, ce qui permet de faciliter les alternances dessin/observation. Le télescope est peut-être préférable car il donne une plus grande liberté de mouvement.

Carnet et crayons

Les ornithologues ont souvent tendance à n'emporter avec eux qu'un carnet de petit format pour noter leurs observations. Bien entendu, on peut toujours dessiner dessus : ceci étant, le très petit format (parfois 9*13) est loin d'être un avantage. Il vaut en effet mieux chercher à dessiner sur le plus grand format possible, car il est plus facile, si cela est nécessaire, de dessiner en petit lorsqu'on a l'habitude de dessiner grand que l'inverse. Cela est du au fait que le dessinateur est souvent très attentif et même stressé lorsqu'il dessine petit, alors qu'il a plus tendance à se relâcher sur les grands dessins (pour effectuer une mauvaise comparaison, on pourrait éventuellement dire que la "résolution" du dessin est conditionnée par la taille du carnet , tout comme la résolution d'une photo numérique est conditionnée par le format et la compression utilisées). Bref, quitte à s'encombrer un peu plus qu'à l'habitude, il vaut mieux se munir d'un carnet 21*29.7 ou de quelques feuilles de photocopieur : les carnets de dessin sont exposés aux aléas de l'observation, à savoir pluie, chute dans la boue, etc… Il est totalement inutile d'acheter le meilleur papier. Sur le terrain, on préfèrera le crayon 2B, tendre, qui ne creuse pas le papier et est donc facile à gommer. Contrairement à nombre d'artistes, je recommande de toujours avoir une gomme sur soi, ce qui permet d'éviter de gâcher du papier pour rien (au début, il arrive souvent de faire 20 à 30 dessins avant d'arriver au résultat voulu) : comme cet outil n'est pas une baguette magique non plus, il faudra s'entraîner à faire des traits légers, faute de quoi le papier, rayé, est définitivement perdu.
Enfin, il est sage de préférer le taille-crayon au canif, car la mine 2B est extrêmement fragile donc difficile à tailler. Le moindre choc peut la fissurer, ce qui rend le crayon inutilisable.

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