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Voyage ornithologique dans le sud du Pérou du 21 juillet au 5 août 2016

Samuel Desbrosses et sa famille ont parcouru le sud du pays, du désert côtier de Paracas à la forêt tropicale montagnarde près du site de Machu Picchu.

| Validé par le comité de lecture

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Voyage ornithologique dans le sud du Pérou du 21 juillet au 5 août 2016

Vue du canyon de Colca, l'un des meilleurs sites péruviens pour observer le Condor des Andes (Vultur gryphus).
Photographie : Samuel Desbrosses

L’avifaune du Pérou est l’une des plus variées du monde, avec plus de 1 850 espèces d'oiseaux recensées, dont 107 endémiques. Cette richesse est notamment liée à la variété de ses habitats, des déserts et des semi-déserts le long du Pacifique aux forêts tropicales du bassin amazonien en passant par les forêts montagnardes sur les versants andins et à la végétation rase de l’Altiplano. Afin d’avoir un aperçu de cette diversité ornithologique tout en visitant plusieurs sites historiques et archéologiques (ruines incas), Samuel Desbrosses et sa famille ont séjourné dans le sud du pays du 21 juillet au 5 août 2016. Ils ont choisi un voyage organisé par la compagnie Nomade Aventure afin de ne pas avoir à s’occuper des hébergements, des transports et des réservations des entrées dans les sites touristiques. Bien que l’objectif de ce séjour n’était pas de voir le maximum d'espèces, ils ont tout de même visité deux sites ornithologiques réputés, les îles Ballestas et le canyon de Colca.
Samuel Desbrosses nous a transmis son rapport de voyage.

Abstract

The birdlife of Peru is one of the most varied in the world, with over 1,850 species, including 107 endemics. This richness is due to the variety of its habitats, from the coastal deserts and semi-deserts to the tropical forests of the Amazon basin through the mountain forests along the Andean slopes and the low vegetation of the Altiplano. Samuel Desbrosses and his family visited the south of the country from the 21th of July to the 5th of August 2016,to watch some species and visit several historical and archaeological sites. They choose a tour organized by the Nomade Aventure company, with all accommodations, transports and entrances included. Although the objective of this trip was not to get a very long list of twitches, they nevertheless visited two famous ornithological sites, the Ballestas Islands and the Colca Canyon. Samuel Desbrosses sent us his travel report illustrated by numerous photographs and maps.

Les principales étapes du séjour

Les principales étapes du séjour du 21 juillet au 5 août 2016.
Carte : Ornithomedia.com

Trajet du 21 juillet au 5 août 2016 et transports

  • Lima > Paracas
  • Paracas > Arequipa
  • Arequipa > Chivay
  • Chivay > Puno
  • Puno > Cuzco (Cusco)
  • Cuzco > Ollantaytambo
  • Ollantaytambo > Aguas Calientes
  • Puis retour par Cuzco avec vol intérieur jusqu’à Lima pour revenir en France.

Sur place, pour des raisons budgétaires, nous nous sommes déplacés en bus de ligne et non en voiture de location, ce qui est moins pratique pour rechercher spécifiquement certaines espèces d’oiseaux. Les distances entre les sites sont souvent très longues et les routes ne sont pas toujours en très bon état. Les durées de déplacements ne sont donc pas à négliger.

Régions naturelles du Pérou et contraintes

Il y a trois principales régions naturelles au Pérou :

  • la côte du Pacifique : il fait doux mais à cette époque de l’année, le temps est constamment couvert et il y a régulièrement de la bruine le matin.
  • L’Altiplano (hauts-plateaux andins): il fait toujours beau en hiver. Les températures ressenties sont de 15 à 20 °C en journée, mais dès que le soleil se couche, les températures descendent autour de 5°C pour parfois passer en dessous de 0°C la nuit. L’été en Europe correspond en effet à l’hiver et à la période sèche dans l’hémisphère sud. Il y a donc de la poussière partout, il faut donc faire attention au matériel optique.
  • L’Amazonie : le Machu Picchu se situe en limite de la forêt amazonienne, il peut donc y avoir beaucoup de nuages à cause de l’humidité ambiante. Il y fait assez chaud, entre 25 et 30 °C, mais l’humidité est supportable.

Dans les Andes, les fonds de vallées se situent vers 3 500 mètres d’altitude, les cols entre 4 000 et 5 000 mètres et les sommets peuvent dépasser les 6 000 mètres : attention donc aux possibles maux de tête. Essayez de noter l'altitude, cela peut aider à différencier des espèces proches.
Le Pérou est relativement proche de l’équateur, le jour se lève donc à 6 h 00 et se couche à 18 h 00. La nuit tombe rapidement en 30 minutes, il faut donc oublier les longues soirées d’observations.

Vue du désert côtier dans la réserve nationale de Paracas

Vue du désert côtier dans la réserve nationale de Paracas (Pérou).
Photographie : Samuel Desbrosses
Cité inca de Machu Picchu

Cité inca de Machu Picchu (Pérou).
Photographie : Samuel Desbrosses

Les guides utilisés

Le guide de terrain utilisé pendant notre voyage est l’incontournable "Birds of Peru" de Schulenberg, aux éditions Princeton Fieldguides. Un autre bon guide avec de très belles planches, mais couvrant une zone limitée est, le "Field Guide to the Birds of Machu Picchu and the Cusco Region, Peru: Includes a Bird Finding Guide to the Area" de Barry Walker, aux éditions Lynx.
Le rapport de voyage "Pérou 2006" d’Alexandre Renaudier, Marion Roder et Alain Thomas donne aussi de bonnes indications pour trouver certains bons secteurs. Vous pouvez aussi lire plusieurs rapports sur le Pérou dans notre rubrique Voyages

Le matériel optique et photographique

Sternes incas (Larosterna inca)

Sternes incas (Larosterna inca) près de Paracas.
Photographie : Samuel Desbrosses

Nous sommes partis uniquement avec une paire de jumelles chacun et un appareil photo reflex avec un téléobjectif 150-600 mm. Il faut penser à prendre de quoi laver régulièrement le matériel optique.

Les oiseaux

Plus de 1 850 espèces d’oiseaux ont été recensées au Pérou, avec un taux d’endémisme très élevé. La majorité des espèces vit dans le bassin amazonien. Un grand nombre d’espèces s’observent et s’identifient grâce à la repasse (lire La repasse et les oiseaux : utilisation, avantages, risques et conseils), mais nous n’avons pas utilisé cette méthode et nous nous sommes contentés de les observer aux jumelles. Globalement, la côte du Pacifique est très riche en oiseaux marins et les espèces s’y observent facilement.
L’Altiplano est assez aride et on peut parcourir plusieurs kilomètres sans détecter la moindre espèce d'oiseau. Les secteurs les plus humides sont souvent les plus intéressants.
Dans la forêt tropicale, il y a des oiseaux partout mais ils sont souvent difficiles à observer. Le feuillage empêche de voir à plus de dix mètres et les oiseaux sont souvent plus petits que les feuilles des arbres… Il est préférable de privilégier les bords de pistes, les bords de cours d’eau ou les sites archéologiques pour avoir une vue plus dégagée.

Liste commentée des espèces observées

Vous pouvez télécharger la liste commentée des espèces observées du 21 juillet au 5 août 2016.

Environs de la ville de Paracas

Secteurs visités dans les environs de Paracas

Secteurs visités dans les environs de Paracas (cliquez sur la carte pour l'agrandir).
Carte : Google Maps d'après Samuel Desbrosses

Nous avons logé dans la ville de Paracas, qui constitue un bon point de départ pour visiter le désert côtier et les îles Ballestas. Depuis le centre-ville, on peut longer la côte en marchant vers le sud (au nord se trouve la décharge de la ville). Un grand nombre d’espèces côtières sont visibles : Pélican thage (Pelecanus thagus), Fou varié (Sula variegata), Cormoran vigua (Phalacrocorax brasilianus), Aigrettes neigeuse (Egretta thula) et bleue (Egretta caerulea), Huîtrier d’Amérique (Haematopus palliatus), Goélands dominicain (Larus dominicus) et siméon (Larus belcheri), Mouette à tête grise (Chroicocephalus cirrocephalus), Sterne inca (Larosterna inca), Bec-en-ciseau noir (Rynchops niger) et Tourterelle mélodieuse (Zenaida meloda).
Cette balade vous conduira dans une baie au sud de Paracas où se reproduit une sterne devenue très rare et considérée par l’Union International pour la Conservation de la Nature comme étant en danger d’extinction, la Sterne du Pérou (Sternula lorata). Il existe seulement six colonies, qui totalisent une population mondiale de l’ordre de 2 500 individus. Paracas est le principal site refuge de cette espèce qui est rare dans le nord du Chili et qui hiverne occasionnellement dans le sud-ouest de l’Équateur. Elle est néanmoins assez facile à observer au sud de Paracas.
Nous sommes ensuite rentrés dans la ville où l’on a observé la Crécerelle d’Amérique (Falco sparverius), la Tourterelle mélodieuse (Zenaida meloda), le Moucherolle vermillon (Pyrocephalus rubinus), l’Hirondelle bleu et blanc (Notiochelidon cyanoleuca) et le Bruant chingolo (Zonotrichia capensis).
Revenus au centre-ville, nous sommes ensuite allés au nord de la ville de Paracas, en direction de la décharge. Et comme partout au monde, c’est ici que viennent se nourrir les goélands, y compris le Goéland gris (Leucophaeus modestus), le moins commun des goélands du secteur. L’Urubu à tête rouge (Cathartes aura) et le Gravelot kildir (Charadrius vociferus) sont aussi présents à proximité de la décharge.

Sterne du Pérou (Sternula lorata)

Sterne du Pérou (Sternula lorata), baie au sud de Paracas (Pérou).
Photographie : Samuel Desbrosses
Goéland gris (Leucophaeus modestus)

Goéland gris (Leucophaeus modestus), décharge de Paracas (Pérou).
Photographie : Samuel Desbrosses

Îles Ballestas

Vue des îles Ballestas (Pérou)

Vue des îles Ballestas (Pérou).
Photographie : Samuel Desbrosses

Le lendemain matin, nous avons visité les îles Ballestas (lire Les oiseaux des îles Ballestas). Il est préférable de privilégier les départs les plus tôt possible pour être présents durant le pic d’activité des oiseaux marins. La traversée de la côte aux îles est tout aussi intéressante que les îles elles-mêmes. Le bateau passe au pied du "chandelier", un géoglyphe géant gravé sur le flanc d'une colline. Les roches au pied de ce repère constituent un bon secteur pour observer l’Huîtrier noir (Haematopus ater).
Les îles Ballestas forment un archipel composé de trois îles connues pour l’exploitation du guano d’oiseaux marins comme engrais. Sur ces îles nichent plusieurs millions d’oiseaux, attention aux chutes de fientes ! Les espèces les plus intéressantes sont le Manchot de Humboldt (Spheniscus humboldti) et les Cormorans de Gaimard (Phalacrocorax gaimardi) et de Bougainville (Leucocarbo bougainvillii). Le Lion de mer austral (Otaria flavescens) se reproduit aussi sur ces îles.
Lors de la traversée, essayez de repérer un petit oiseau ressemblant à un Mergule nain, le Puffinure de Garnot (Pelecanoides garnotii), un endémique de la zone côtière baignée par le courant de Humboldt et ne nichant que sur quatre îles proches des côtes du Pérou et du Chili. Cette espèce est en danger d’extinction car elle niche dans la couche de guano sec produite par les colonies d’oiseaux marins, où elle creuse son terrier, mais l’exploitation intensive de cette matière, la surpêche et l’introduction de prédateurs constituent de sérieuses menaces pour cette espèce.
Espèces vues sur les îles et lors de la traversée : Puffinure de Garnot, Puffin fuligineux (Puffinus griseus), Océanites de Wilson (Oceanites oceanicus) et d’Elliot (Oceanites gracilis), Pélican thage, Sterne inca, Fou varié et Cormoran de Bougainville.

Cormorans de Gaimard (Phalacrocorax gaimardi)

Cormorans de Gaimard (Phalacrocorax gaimardi), îles Ballestas (Pérou).
Photographie : Samuel Desbrosses
Manchot de Humboldt (Spheniscus humboldti)

Manchot de Humboldt (Spheniscus humboldti), îles Ballestas (Pérou).
Photographie : Samuel Desbrosses

Désert de Paracas

Secteurs visités dans la réserve nationale de Paracas

Secteurs visités dans la réserve nationale de Paracas (cliquez sur la carte pour l'agrandir).
Carte : Google Maps d'après Samuel Desbrosses

L’après-midi, nous avons visité le désert de Paracas en bus collectif. En effet, après avoir parlé avec Edgardo Aguilar Huallpa, le guide du bateau qui nous avait accompagnés sur les îles Ballestas, il nous a proposé un tour ornithologique dans le désert. Le désert côtier de Paracas est principalement sablonneux, sans végétation.
Nous sommes donc partis en minibus dans le désert de Paracas (entrée payante). Le guide nous a conduits au bord de la lagune de Supay au sud de la péninsule. Il s’agit d’un lac d’eau saumâtre au milieu du désert à l'altitude de moins 10 mètres par rapport au niveau de la mer. Ce lac est très riche en oiseaux, et nous avons observé les espèces suivantes : Canard des Bahamas (Anas bahamensis), Grèbe aux belles joues (Podiceps occipitalis) (espèce de l’Altiplano, occasionnelle à cette altitude), Sterne du Pérou, Gravelot à collier interrompu (Charadrius alexandrinus), Pluvier argenté (Pluvialis apricaria), Chevalier criard (Tringa melanoleuca), Bécasseau semipalmé (Calidris pusilla), Phalarope de Wilson (Phalaropus tricolor) et Flamant du Chili (Phoenicopterus chilensis).
Dans les rochers proches de la lagune de Supay, il est possible de trouver un lézard endémique du désert côtier péruvien, le Microlophe de Thérèse (Microlophus theresiae).
Il est conseillé de longer la petite zone humide à l’ouest de ce lac, où il est possible d’observer le Gravelot de la puna (Charadrius alticola), occasionnel à cette altitude, et nous l'avons repéré parmi des Gravelots semipalmés (Charadrius semipalmatus).
Un secteur proche et intéressant est la baie de Lagunillas, qui s’étend au sud de la péninsule de Paracas, et où l’on trouve quelques zones rocheuses : c’est le biotope du Cinclode de Taczanowski (Cinclodes taczanowskii), un endémique des côtes péruviennes. Ce secteur est aussi le lieu de nidification de la Sterne hirundinacée (Sterna hirundinacea). D’autres espèces ont été observées comme le Bécasseau du ressac (Aphriza virgata) et la Sterne royale (Thalasseus maximus).
Un autre bon secteur à prospecter est le sud de la ville de Paracas, juste avant l’entrée de la réserve nationale de Paracas : on peut observer l’Ariane de Lesson (Amazilia amazilia), la Géositte du Pérou (Geositta peruviana), un endémique de la côte péruvienne, mais surtout la Chevêche des terriers (Athene cunicularia) et l’Oedicnème du Pérou (Burhinus superciliaris).
Après avoir passé cette journée avec lui, nous recommandons vivement Edgardo Aguilar Huallpa, un guide francophone qui a une connaissance parfaite des espèces et du secteur. Il nous a précisé qu’il pouvait organiser des séjours ornithologiques sur toute la côte ouest du Pérou, de Lima à Paracas.
Pour le contacter : edgardo.aguilarh@yahoo.com - Téléphone : 993079224.

Cinclode de Taczanowski (Cinclodes taczanowskii)

Cinclode de Taczanowski (Cinclodes taczanowskii), baie de Lagunillas, réserve nationale de Paracas (Pérou).
Photographie : Samuel Desbrosses
Gravelot de la puna (Charadrius alticola)

Gravelot de la puna (Charadrius alticola), réserve nationale de Paracas (Pérou).
Photographie : Samuel Desbrosses

Arequipa

Arequipa est l’une des plus grandes villes du sud du Pérou avec une population d’un million d’habitants. Elle est dominée par deux volcans. Assez touristique, cette ville est intéressante à visiter, notamment le musée de la momie Juanita, le marché couvert ou la place d’armes. Mais d’un point de vue ornithologique, elle est assez pauvre. La place d’armes permet toutefois de voir facilement le Bruant chingolo (Zonotrichia capensis), le Merle chiguanco (Zonotrichia capensis) et la Tourterelle oreillarde (Zenaida auriculata).
Un autre site assez intéressant est le monastère de Santa Catalina : ses jardins fleuris accueillent le Merle chiguanco, la Tourterelle oreillarde, la Colombe à bec jaune (Columbina cruziana), les Colibris vesper (Rhodopis vesper) et fanny (Myrtis fanny) et le Conirostre cendré (Conirostrum cinereum).

Merle chiguanco (Zonotrichia capensis)

Merle chiguanco (Zonotrichia capensis), Arequipa (Pérou).
Photographie : Samuel Desbrosses
Colibri fanny (Myrtis fanny)

Colibri fanny (Myrtis fanny), monastère de Santa Catalina, Arequipa (Pérou).
Photographie : Samuel Desbrosses

Chivay

Secteur visité depuis Chivay

Secteur visité depuis Chivay (cliquez sur la carte pour l'agrandir)
Carte : Google Maps d'après Samuel Desbrosses

Chivay est une petite ville d’altitude, qui est le point de départ pour les excursions dans le canyon de Colca. Depuis le centre-ville de Chivay, il faut partir au nord pour rejoindre la rivière Colca, puis longer la route qui part en direction des thermes. La route longe la rivière et est bordée de champs.
Nous avons observé les espèces suivantes : Sarcelle tachetée (Anas flavirostris), Bihoreau gris (Nycticorax nycticorax), Ibis de Ridgway (Plegadis ridgwayi), Buse aguia (Geranoaetus melanoleucus), Faucon aplomado (Falco femoralis), Vanneau des Andes (Vanellus resplendens), Ouette des Andes (Chloephaga melanoptera), Pigeon tigré (Patagioenas maculosa), Colombe à ailes noires (Metriopelia melanoptera), Martinet des Andes (Aeronautes andecolus), Colibri géant (Patagona gigas), Pitajo à sourcils blancs (Ochthoeca leucophrys), Tangara fourchu (Thraupis bonariensis), Conirostre cendré (Conirostrum cinereum), Phrygiles du Pérou (Phrygilus punensis) et petit-deuil (Phrygilus fruticeti) et Chardonneret de Magellan (Spinus magellanica).

Canyon de Colca

Le canyon de Colca est le site le plus réputé pour voir le Condor des Andes (Vultur gryphus) au Pérou. L’économie locale dépend en grande partie de la présence de cette espèce devenue rare. Les condors se reproduisent dans la vallée de la rivière Colca, à une quarantaine de kilomètres à l’ouest de Chivay. Le site est protégé et il faut payer l’équivalent de 9 euros pour pouvoir y entrer. Plusieurs observatoires ont  été installés juste au-dessus de l’endroit où les condors passent la nuit. Les oiseaux décollent vers 8 h 00 et quittent le site vers 9 h 30 du matin.
Pour s’y rendre, il faut prendre soit un bus de ligne qui part de la gare routière de Chivay (contraignant au niveau des horaires), ou prendre un minibus privé, très facile à trouver dans la gare routière. Le minibus privé est plus cher (35 euros pour six personnes pour la matinée), mais cela permet de s’arrêter en différents points du canyon et de diminuer la durée du trajet (1 h 30 pour 40 km de piste).

Secteur visité dans le canyon del Colca

Secteur visité dans le canyon del Colca (cliquez sur la carte pour l'agrandir)
Carte : Google Maps d'après Samuel Desbrosses

Une fois arrivé dans le canyon, il est préférable d’éviter de se rendre à l’observatoire le plus élevé nommé "Cruz del condor". Certes c’est de là que l’on peut voir les condors au plus près, mais il y a énormément de monde et il est difficile de trouver une place… L’observatoire en contrebas permet de voir la falaise et les condors posés et de profiter du spectacle sans jouer des coudes. Lors de notre visite, nous avons observé une vingtaine de condors pendant 1h 30, posés et en vol. Outre les condors, le site mérite vraiment une visite car beaucoup d’autres espèces sont présentes. Il est interdit de sortir des sentiers et des gardiens sont là pour surveiller l’application de cette règle, qui ne s’applique toutefois qu’à proximité immédiate des observatoires.
Depuis le parking où se garent les bus, il est possible d’emprunter un sentier utilisé par des bergers et longeant le canyon, loin de la foule et des gardes. Le sentier débute à l’opposé de la route par laquelle les bus arrivent sur le parking. Le long de ce sentier, nous avons observé les espèces suivantes : Caracara montagnard (Phalcoboenus megalopterus), Busard bariolé (Circus cinereus), Faucon pèlerin (Falco peregrinus), Colombes à ailes noires (Metriopelia melanoptera) et de Cécile (Metriopelia ceciliae), Martinet des Andes, Colibris géant (Patagona gigas), d’Anaïs (Colibri coruscans) et d’Estelle (Oreotrochilus estella), Géositte à bec grêle (Geositta tenuirostris), Synallaxe à ailes sombres (Asthenes arequipae), Dormilons à bec maculé (Muscisaxicola maculirostris) et à calotte rousse (Muscisaxicola rufivertex), Phrygiles petit-deuil (Phrygilus fruticeti) et plébéien (Phrygilus plebejus) et Cardinal à tête jaune (Pheucticus chrysogaster).

Conirostres cendrés (Conirostrum cinereum)

Conirostres cendrés (Conirostrum cinereum), Chivay (Pérou).
Photographie : Samuel Desbrosses
Condor des Andes (Vultur gryphus)

Condor des Andes (Vultur gryphus), canyon de Colca (Pérou).
Photographie : Samuel Desbrosses

Laguna Lagunillas

Le trajet entre Chivay et Puno traverse la réserve de la Laguna Blanca qui semble très intéressante à prospecter. Malheureusement, circuler en bus ne nous a pas permis d’y passer du temps. Les quelques rares arrêts nous ont tout de même permis d’observer de nombreuses Vigognes (Vicugna vicugna) et Géosittes mineuses (Geositta cunicularia).

Secteur visité sur les rives de la laguna Lagunillas

Secteur visité sur les rives de la laguna Lagunillas (cliquez sur la carte pour l'agrandir)
Carte : Google Maps d'après Samuel Desbrosses

La route menant à Puno, la Carretera Interoceanica 34A, passe au nord-ouest de la laguna Lagunillas : un pont traverse l’embouchure d'une rivière qui alimente ce lac. Il est facile de s’arrêter à proximité pour scruter les vasières qui attirent de nombreux oiseaux. Nous avons pu voir l’Ouette des Andes, le Flamant du Chili, la Sarcelle de la puna (Anas puna), le Canard huppé (Lophonetta specularioides), la Foulque ardoisée (Fulica ardesiaca), l'Avocette des Andes (Recurvirostra andina), le Cinclode brun (Cinclodes fuscus), la Lessonie des Andes (Lessonia oreas), l’Hirondelle des Andes (Haplochelidon andecola) et le Phrygile plébéien (Phrygilus plebejus).

Lac Titicaca

Notre voyage comprenait la visite durant deux jours des îles flottantes d’Uros et des îles Amantani et Taquile, sur le lac Titicaca (lire Observer les oiseaux du lac Titicaca).
Les îles flottantes d’Uros ont été créées par les hommes en liant de grandes quantités de roseaux entre eux. La visite en bateau est très touristique mais cela permet d'observer un certain nombre d’espèces non visibles depuis Puno, y compris l’emblématique Grèbe microptère (Rollandia microptera), endémique du lac Titicaca. Cette espèce aptère, en déclin continu, est extrêmement menacée par les filets de pêche, la chasse et la dégradation de son habitat. La population mondiale est estimée au maximum à 700 individus. Mais nous avons été étonnés d’en voir autant : cette espèce nous a paru commune et facile à trouver, avec un groupe de plus de 100 individus le long d'une vaste roselière du côté intérieur du lac, invisible depuis la berge.
Depuis le bateau et les îles Uros, nous avons aussi observé la Mouette des Andes (Chroicocephalus serranus), l’Érismature des Andes (Oxyura ferruginea), les Sarcelles de la puna, à bec jaune et cannelle (Anas cyanoptera), le Flamant du Chili, la Gallinule d'Amérique (Gallinula galeata), la Foulque ardoisée, les Grèbes de Rolland et aux belles joues, le Synallaxe des joncs, le Tyranneau omnicolore (Tachuris rubrigastra) et le Carouge galonné (Agelasticus thilius). D’un point de vue ornithologique, les îles Amantani et Taquile ne sont pas très intéressantes.
Il est aussi intéressant de visiter l’île d'Amantani et de se rendre à son sommet. Nous avons observé la Buse du puna (Geranoaetus peocilochrous), le Pic des rochers (Colaptes rupicola), le Troglodyte familier (Troglodytes aedon), le Cinclode brun, les Phrygiles du Pérou (Phrygilus punensis) et petit-deuil (Phrygilus fruticeti), le Percefleur à gorge noire (Diglossa brunneiventris) et le Chardonneret noir (Spinus barbatus).

Cinclode brun (Cinclodes fuscus)

Cinclode brun (Cinclodes fuscus), laguna Lagunillas (Pérou).
Photographie : Samuel Desbrosses
Grèbe microptère (Rollandia microptera)

Grèbe microptère (Rollandia microptera), lac Titicaca (Pérou).
Photographie : Samuel Desbrosses

Temple inca de Raqchi

Près de Cuzco, le temple inca de Raqchi et le petit lac artificiel bordé d’une roselière forment un site intéressant. Nous y avons observé les Sarcelles tachetée et cannelle, l'Ibis de Ridgway (Plegadis ridgwayi), le Râle à bec ensanglanté (Pardirallus sanguinolentus), la Gallinule d'Amérique, le Vanneau des Andes (Vanellus resplendens), la Crécerelle d’Amérique (Falco sparverius) et les Merles chiguanco et géant (Turdus fuscater).

Sarcelle tachetée (Anas flavirostris)

Sarcelle tachetée (Anas flavirostris), lac près du temple inca de Raqchi (Pérou).
Photographie : Samuel Desbrosses
Râle à bec ensanglanté (Pardirallus sanguinolentus)

Râle à bec ensanglanté (Pardirallus sanguinolentus), lac près du temple inca de Raqchi (Pérou).
Photographie : Samuel Desbrosses


Cuzco

Secteur visitéprès du centre de Cuzco

Secteur visité près du centre de Cuzco (cliquez sur la carte pour l'agrandir)
Carte : Google Maps d'après Samuel Desbrosses

Cuzco (ou Cusco) est une grande ville touristique riche en monuments. On peut aussi faire une balade ornithologique à pied depuis le centre historique et la place d’armes jusqu'au site archéologique inca de Sacsayhuaman, situé au nord-ouest de la ville. En partant tôt le matin, on aura une chance d’observer le Tinamou des Andes (Nothoprocta pentlandii) sur le coteau en contrebas de la route. Il est aussi possible d'arriver par l’entrée sud en suivant un petit vallon riche en buissons où vit le Synallaxe à front rouille (Asthenes ottonis), un oiseau endémique.
Autres espèces vues : Ibis de Ridgway, Vanneau des Andes, Crécerelle d’Amérique, Colibri géant, Pic des rochers, Merle chiguanco, Tangara fourchu (Thraupis bonariensis), Conirostre cendré (Conirostrum cinereum), Percefleur à gorge noire, Phrygiles du Pérou et plébéien, Cataménie maculée (Catamenia alpica), Sicale olivâtre (Sicalis olivascens), Saltator à bec orange (Saltator aurantiirostris), Chardonneret de Magellan (Spinus magellanica) et Bruant chingolo.

Randonnée entre Cuzco et Huchuy Qosqo

Il est possible, en passant par l’agence Terra Andina, d’effectuer une randonnée (trek) de deux jours jusqu'au site d'Huchuy Qosqo accompagnée par deux guides, avec une nuit chez l’habitant. Les guides s’occupent de tout (nourriture, transport du matériel avec des mules). Les deux journées de marche dans la montagne et les canyons durent dix heures chacune et permettent de belles observations dans des paysages totalement sauvages. On peut y observer deux endémiques, le Synallaxe de Junin (Asthenes virgata), dans les zones d’herbes hautes parsemées de buissons et le Chipiu césar (Poospiza caesar) dans les zones buissonneuses à proximité du site archéologique de Huchuy Qosqo.
Autres espèces observées : Buse aguia (Geranoaetus melanoleucus), Canard huppé, Cinclode brun, Colibri géant, Colombe de Cécile, Crécerelle d’Amérique, Dormilons à bec maculé (Muscisaxicola maculirostris) et à calotte rousse (Muscisaxicola rufivertex), Faucon aplomado, Géosittes à bec grêle et mineuse, Ouette des Andes, Pépoaza à ailes rousses (Polioxolmis rufipennis), Percefleur à gorge noire, Phrygiles du Pérou et gris-de-plomb, Pic des rochers, Pitajo d’Orbigny (Ochthoeca oenanthoides), Tangara fourchu (Thraupis bonariensis), Cataménie terne (Catamenia inornata) et Upucerthie de Jelski (Upucerthia jelskii).

Tinamou des Andes (Nothoprocta pentlandii)

Tinamou des Andes (Nothoprocta pentlandii), site archéologique inca de Sacsayhuaman (Pérou).
Photographie : Samuel Desbrosses
Synallaxe à front rouille (Asthenes ottonis)

Synallaxe à front rouille (Asthenes ottonis), site archéologique inca de Sacsayhuaman (Pérou).
Photographie : Samuel Desbrosses
Phrygile gris-de-plomb (Phrygilus unicolor)

Phrygile gris-de-plomb (Phrygilus unicolor) entre Cuzco et le site d'Huchuy Qosqo (Pérou).
Photographie : Samuel Desbrosses
Synallaxe de Junin (Asthenes virgata)

Synallaxe de Junin (Asthenes virgata) entre Cuzco et le site d'Huchuy Qosqo (Pérou).
Photographie : Samuel Desbrosses

Machu Picchu

Secteur visité entre Machu Picchu et Aguas Calientes

Secteur visité entre Machu Picchu et Aguas Calientes (cliquez sur la carte pour l'agrandir)
Carte : Google Maps d'après Samuel Desbrosses

Le site archéologique inca emblématique et incontournable de Machu Picchu se situe sur le versant oriental des Andes, au milieu de la forêt tropicale montagnarde, à 2 400 mètres d’altitude. Il est aussi intéressant d'un point de vue ornithologique. Pour y accéder, il faut dans un premier temps se rendre au village d’Aguas Calientes, à 2 000 mètres d’altitude, au bord du rio Urubamba. Afin de profiter au mieux de la journée de visite, nous avons pris le premier bus qui arrive à Machu Picchu à 5 h 30. Nous avons visité le site avec un guide durant deux heures, puis nous avons gravi la montagne qui surplombe les ruines (entrée payante en plus de l’entrée principale) qui font face au site de Huayna Picchu. La montée se fait par un escalier de 600 mètres de dénivelé, et le sommet culmine à plus de 3 000 mètres d’altitude. Cette ascension permet de traverser plusieurs strates de végétation entre 2 400 mètres et 3 000 mètres.
Un fois revenus à l’entrée du site de Machu Picchu, nous sommes retournés à Aguas Calientes par le sentier ("trail") de l’Inca pour observer les espèces d'oiseaux visibles entre 2 000 et 2 400 mètres d’altitude, puis nous avons longé le rio Urubamba jusqu’à l’entrée d’Aguas Calientes, l'un des meilleurs secteurs du Pérou pour observer la Merganette des torrents (Merganetta armata) (lire Rencontre avec la Merganette des torrents le long du rio Urubamba) et le Cincle à tête blanche (Cinclus leucocephalus).
Outre ces deux espèces, cette randonnée dans la forêt tropicale montagnarde nous a permis d’observer la Conure mitrée (Psittacara mitratus), le Martinet montagnard (Aeronautes montivagus), les Colibris porte-épée (Ensifera ensifera) et thalassin (Colibri thalassinus), l'Ariane du Pérou (Amazilia viridicauda), les Tyranneaux ventru (Phylloscartes ventralis) et des torrents (Serpophaga cinerea), les Élénies de Pallatanga (Elaenia pallatangae) et obscure (Elaenia obscura), les Moucherolles cannelle (Pyrrhomyias cinnamomeus) et noir (Sayornis nigricans), l'Ada à ailes blanches (Knipolegus aterrimus), les Tyrans à casque d’or (Myiodynastes chrysocephalus) et sociable (Myiozetetes similis), le Troglodyte inca (Pheugopedius eisenmanni), les Parulines à lunettes (Myioborus melanocephalus) et ardoisée (Myioborus miniatus) et le Cassique olivâtre (Psarocolius atrovirens).

Cassique olivâtre (Psarocolius atrovirens)

Cassique olivâtre (Psarocolius atrovirens), Machu Picchu (Pérou).
Photographie : Samuel Desbrosses
Merganette des torrents (Merganetta armata) et Cincle à tête blanche (Cinclus leucocephalus)

Merganette des torrents (Merganetta armata) et Cincle à tête blanche (Cinclus leucocephalus), rio Urubamba près d'Aguas Calientes (Pérou).
Photographie : Samuel Desbrosses
Élénie de Pallatanga (Elaenia pallatangae)

Élénie de Pallatanga (Elaenia pallatangae), forêt près d'Aguas Calientes (Pérou).
Photographie : Samuel Desbrosses
Troglodyte inca (Pheugopedius eisenmanni)

Troglodyte inca (Pheugopedius eisenmanni), forêt près d'Aguas Calientes (Pérou).
Photographie : Samuel Desbrosses

Contact

Samuel Desbrosses - Courriel : samuel.desbrosses@gmail.com

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"Voyage ornithologique dans le sud du Pérou du 21 juillet au 5 août 2016"

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