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Séjour ornithologique dans le parc naturel du détroit de Gibraltar (Espagne) en octobre 2017

Entre le 19 et le 22/10, nous avons observé entre autres l'Aigle ibérique, le Vautour de Rüppell et l'Ibis chauve.

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Séjour ornithologique dans le parc naturel du détroit de Gibraltar (Espagne) en octobre 2017

Les côtes marocaines et le détroit de Gibraltar vus depuis le point d'observation d'El Cabrito, situé à l'ouest d'Algésiras (Espagne) en octobre 2017.
Photographie : Ornithomedia.com

Le détroit de Gibraltar est le passage maritime entre l'océan Atlantique et la mer Méditerranée. Il est situé entre le sud de l'Espagne et le nord du Maroc, et sa largeur minimum est de 14 km. Chaque année, c'est le lieu de passage privilégié de millions d'oiseaux migrateurs (notamment des rapaces, des cigognes et des passereaux) entre l'Europe et l'Afrique. Le parc naturel du Détroit (Parque natural del Estrecho) a été créé en 2003 et s'étend sur 18 910 hectares le long du littoral andalou et jusqu'à un mile au large. Il est composé de deux secteurs : la partie orientale, entre Algésiras et Tarifa, et la partie occidentale, de la plage de Los Lances au Cabo de Gracia (dans la sierra de la Plata). Le mois d'octobre est une bonne période pour visiter le parc naturel du Détroit : la migration des Vautours fauves bat en effet alors son plein, et l'on a de bonnes chances de repérer parmi eux un Vautour de Rüppell, tandis que des milliers de puffins passent le long de la côte.
Grâce à la mairie d'Algésiras et à la compagnie Birding Tarifa, nous avons visité plusieurs bons secteurs du parc naturel du Détroit (avec également une incursion dans le parc naturel de Los Alcornocales) du 19 au 22 octobre 2017, et nous avons observé une grande variété d'espèces, dont l'Aigle ibérique, le Vautour de Rüppell et l'Ibis chauve et même un possible Goéland à ailes blanches !
Nous remercions David Chandler (Sa page Facebook), Rachid El Khamlichi (GREPOM) et Manuel Morales (Birding Tarifa) pour leurs photos.

Abstract

The Strait of Gibraltar is the passage between the Atlantic Ocean and the Mediterranean Sea. It is located between southern Spain and northern Morocco, and its minimum width is 14 km. Each year, it is the privileged crossing point between Europe and Africa for millions of migratory birds (mainly raptors, storks and passerines) of nearly 400 species. The El Estrecho Natural Park was created in 2003: it covers an area of ​​18 910 hectares along the Andalusian coast, up to one mile offshore. It is divided in two sectors: the eastern part extends between Algeciras and Tarifa, while the western part extends between the beach of Los Lances and the Cabo de Gracia (Sierra de La Plata). The month of October is a good period to visit the El Estrecho Natural Park: the migration of the Griffon Vultures is in full swing, and there is a good chance to spot a Rüppell's Vulture among them, while at sea, thousands of Scopoli's and Balearic Puffins cross the strait.
Thanks to the Municipality of Algeciras (where we stayed) and to the company Birding Tarifa, we visited different good areas from the 19th to the 22nd of October 2017 (with also an incursion into the natural park of Los Alcornocales) and we watched an interesting variety of birds, including the Spanish Imperial Eagle, the Rüppell's Vulture and the Bald Ibis, as well as a possible second winter Iceland Gull.
We thank David Chandler (Sa page Facebook), Rachid El Khamlichi (GREPOM) and Manuel Morales (Birding Tarifa) for their photos.

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Jeudi 19 octobre 2017

Situations de Tarifa (Espagne) et du détroit de Gibraltar

Situations de Tarifa (Espagne) et du détroit de Gibraltar.
Carte : Ornithomedia.com

Départ de l'aéroport de Paris-Orly et atterrissage vers 16 h à l'aéroport de Malaga en Andalousie. Après environ une heure de route, nous sommes arrivés à l'hôtel Globales Reina Cristina à Algésiras : c'est un élégant bâtiment de la fin du 19e siècle (reconstruit dans les années 1930 après un incendie) de style victorien, avec des éléments espagnols et mauresques, et entouré d'un beau jardin. Il a notamment accueilli en 1906 les participants de la conférence d'Algésiras sur le partage du Maroc.
Nous avons rencontré sur place notre guide Manual Morales, le directeur de la société Birding Tarifa. Il nous a proposé de visiter quelques sites intéressants proches. Nous sommes arrivés vers 16 h 30 à El Cabrito, un point d'observation renommé situé à l'ouest d'Algésiras. Les côtes nord-africaines étaient visibles de l'autre côté du détroit : nous avons pu repérer l'enclave espagnole de Ceuta, le djebel Moussa et le nouveau port de Tanger. Trois ou quatre Circaètes Jean-le-Blanc (Circaetus gallicus) sont passés en vol, et nous avons très bien observé un jeune Aigle de Bonelli (Aquila fasciata), peut-être un oiseau local. Nous avons entendu plusieurs Pipits farlouses (Anthus pratensis) en migration et nous en avons aperçu deux ou trois.
Après une vingtaine de minutes, nous sommes remontés à bord de la camionnette de Birding Tarifa et nous nous sommes dirigés vers la ferme (cortijo) de La Hoya, située dans un beau paysage vallonné de pâtures et de bois de chênes et de pins.

Carte du parc naturel du Détroit et les sites visités en octobre 2017

Carte du parc naturel du Détroit (limites en vert) et emplacements des sites visités en octobre 2017 (seule la finca La Alquería, située plus au nord, n'y figure pas).
Carte : Ornithomedia.com

L'un des éléments particuliers de la végétation du sud de l'Andalousie est la présence de Palmiers nains (Chamaerops humilis), l'une des seules espèces indigènes de palmiers en Europe.
Un Tarier pâtre (Saxicola rubicola) était posé sur un poteau, et des Chardonnerets élégants (Carduelis carduelis) et des Bruants proyers (Emberiza calandra) se déplaçaient en groupe à la recherche de graines. Des dizaines de Vautours fauves (Gyps fulvus) semblaient se diriger vers un site précis au sommet d'une colline, peut-être attirés par une carcasse. En les observant, Manuel Morales a repéré un oiseau plus petit et plus sombre : un Vautour de Rüppell (Gyps rueppellii) (lire Identifier le Vautour de Rüppell et le rechercher dans la péninsule ibérique). D'après l'état de son plumage (rémiges en mue et manquantes), il s'agissait a priori d'un oiseau de deuxième année. Nous avons également noté un Aigle botté (Aquila pennata) de forme sombre  et un Épervier d'Europe (Accipiter nisus).
Nous avons repris notre véhicule et nous avons rejoint la côte près du phare de Camarinal. Le rocher de Gibraltar était bien visible, les Goélands leucophées (Larus michahellis) étaient communs, et une Hirondelle des rochers (Ptyonoprogne rupestris) est passée près de nous. Nous avons assisté à un phénomène intéressant : des milliers de libellules (du genre Anax ?) volaient un peu partout, et semblaient être en migration : peut-être se préparaient-elles à franchir le détroit ? Retour et dîner à l'hôtel Reina Cristina à Algésiras.

Paysage près de la ferme La Hoya (Espagne)

Paysage près de la ferme de La Hoya (Andalousie) en octobre 2017.
Photographie : Ornithomedia.com
La côte près du phare de Camarinal

La côte près du phare de Camarinal (Andalousie) en octobre 2017. Au fond à gauche, on aperçoit le rocher de Gibraltar, et au premier plan, un Palmier nain (Chamaerops humilis).
Photographie : Ornithomedia.com


Vendredi 20 octobre 2017

Observatoire sur la playa de Los Lances (Andalousie)

Observatoire sur la playa de Los Lances (Andalousie).
Photographie : Ornithomedia.com

Départ de l'hôtel à 8 h 30 en direction de la playa de Los lances, qui s'étend à l'ouest de Tarifa sur près de 7 km de long. Elle est très appréciée des amateurs de sports nautiques, d'où une certaine dégradation de l'environnement et un dérangement de la faune, malgré la protection dont elle bénéficie. Elle reste toutefois intéressante pour le stationnement des oiseaux grâce à la mosaïque de ses habitats : zones sablonneuses découvertes à marée basse, étendues de salicornes, dunes et prairies. Un sentier sur pilotis et un observatoire permettent une bonne découverte de l'avifaune.
Nous nous sommes garés près de la ferme (cortijo) El Pozuelo. Deux ou trois Cisticoles des joncs (Cisticola juncidis) chantaient dans les cannes de Provence, et quelques Chardonnerets élégants se déplaçaient entre les massifs de chardons.  En regardant côté mer, nous avons repéré plusieurs dizaines de Bécasseaux minutes (Calidris minuta) et variables (C. alpina) se nourrissant au loin, mais aussi une trentaine de Barges à queue noire (Limosa limosa), une dizaine de Sternes caugeks (Thalasseus sandvicensis) et une vingtaine de Goélands d'Audouin (Ichthyaetus audouinii) se reposant. Il est intéressant d'inspecter ici avec attention les groupes de sternes car la Sterne voyageuse (Thalasseus bengalensis) a été notée à plusieurs reprises. En mer, de probables Puffins cendrés (Calonectris diomedea)  (lire Distinguer les Puffins cendré (de Scopoli) et boréal) longeaient la côte. Quelques Hérons cendrés (Ardea cinerea) pêchaient dans les  grandes flaques laissées par la mer entre les bancs de sable. Au-dessus de la sansouire résonnaient les chants des Alouettes de champs (Alauda arvensis) et calandre (Melanocorypha calandra), mais aussi les cris des Pipits farlouses et des Bruants proyers en migration.

Vautours fauves et éoliennes

Vautours fauves (Gyps fulvus) et éoliennes à l'est de Tarifa (Andalousie) en octobre 2017.
Photographie : David Chandler

Nous avons repris notre véhicule et avons rejoint les collines à l'est de Tarifa et à l'ouest d'El Bujeo, dont plusieurs sont surmontées de grandes éoliennes qui, outre une certaine nuisance visuelle, constituent un danger pour les rapaces migrateurs. Nous nous sommes arrêtés au bord de la route pour observer un énorme groupe de Vautours fauves (plus de 3 000 oiseaux) qui se rassemblaient sûrement avant de traverser le détroit. Grâce à son habitude de l'espèce, l'un des participants de ce séjour, Rachid El Khamlichi, membre du Groupe de Recherche pour la Protection des Oiseaux au Maroc (GREPOM), a réussi à repérer un Vautour de Rüppell immature parmi les centaines de Vautours fauves. Nous avons aussi vu deux ou trois Aigles bottés. Au loin, un Monticole bleu (Monticola solitarius) était perché sur un rocher, tandis que les chants de plusieurs Fauvettes mélanocéphales (Sylvia melanocephala) montaient du maquis. Un détail plus étonnant dans cet habitat plutôt sec : nous avons entendu la ritournelle d'une Bouscarle de Cetti (Cettia cetti).
Nous nous sommes dirigés vers la Torre de Guadalmesi, le long de la côte, après avoir emprunté la route militaire numéro 4 (libre d'accès) et traversé une mosaïque de prairies, de fourrés de Palmiers nains et de bosquets de chênes. Nous avons repéré une Chevêche d'Athéna (Athene noctua) perchée au bord d'un ravin sec. Un Circaète Jean-le-Blanc, un Épervier d'Europe et des dizaines de Vautours fauves ont été vus en vol, et Rachid El Khamlichi a de nouveau réussi à repérer un Vautour de Rüppell immature aux rémiges très usées !

Paysage côtier près de la Torre de Guadalmesi

Paysage côtier près de la Torre de Guadalmesi (Andalousie) en octobre 2017.
Photographie : Ornithomedia.com
Vautour de Rüppell (Gyps rueppelli) immature

Vautour de Rüppell (Gyps rueppelli) immature près de la Torre de Guadalmesi (Andalousie) en octobre 2017.
Photographie : David Chandler

Le port et la forteresse de Tarifa (Andalousie)

Le port et la forteresse de Tarifa (Andalousie).
Photographie : Ornithomedia.com

Nous avons mangé dans un bon restaurant (même si le propriétaire est un amoureux de la corrida) non loin de Tarifa, le Los Ranchos, puis avons rejoint le port pour embarquer à 16 h à bord d'un bateau de taille moyenne de la compagnie Firmm pour une croisière pélagique dans le détroit : ce passage maritime est en effet l'un des meilleurs d'Europe entre mars et novembre pour l'observation des cétacés, principalement le Grand Dauphin  (Tursiops truncatus), les Dauphins commun (Delphinus delphis) et bleu et blanc (Stenella coeruleoalba), le Globicéphale noir (Globicephala melas), l'Orque épaulard (Orcinus orca), le Grand Cachalot (Physeter macrocephalus) et le Rorqual commun (Balaenoptera Physalus).
Lors de notre croisière qui a duré environ 1 h 30, le temps était beau mais la mer houleuse, et des passagers ont souffert du mal de mer. Nous avons vu assez peu d'oiseaux marins en dehors des Fous de Bassan (Morus bassanus), mais nous avons très bien observé quelques Globicéphales noirs, parfois près du bateau, et surtout des centaines de Dauphins communs et bleu et blanc, certains étant accompagnés de leurs petits. Ils sautaient et plongeaient et semblaient faire la course avec notre bateau : le spectacle était superbe. Nous avons également repéré un Môle ou Poisson-lune (Mola mola) nageant tout près de la coque.
Nous sommes revenus au port vers 17h30 : notre guide a peu après repéré et photographié un goéland très pâle qui ressemblait à un Goéland à ailes blanches (Larus glaucoides) de second hiver. Si cette identification était confirmée, , il s'agirait d'une donnée très rare dans le sud de l'Espagne ! Serait-il arrivé dans la région suite aux dépressions qui ont balayé l'Atlantique Nord en septembre et en octobre ? Nous avons essayé de le chercher ensuite autour de la forteresse de Tarifa, sans succès, mais nous avons pu observer de nombreux Goélands leucophées, un petit groupe de Tournepierres à collier (Arenaria interpres), quelques Chevaliers guignettes (Actitis hypoleucos), un Rougequeue noir (Phoenicurus ochrorus) de la sous-espèce gibraltarensis et une Bergeronnette des ruisseaux (Motacilla cinerea) semblant très intéressée par son reflet dans le rétroviseur des voitures (lire Pourquoi certains oiseaux attaquent-ils les vitres ?).
Retour à l'hôtel Reina Cristina à Algésiras pour le dîner.

Le bateau de la compagnie Firmm

Le bateau de la compagnie Firmm dans lequel nous avons fait une croisière pélagique dans le détroit de Gibraltar.
Photographie : Ornithomedia.com
Dauphins communs (Delphinus delphis)

Dauphins communs (Delphinus delphis), détroit de Gibraltar, octobre 2017.
Photographie : David Chandler


Samedi 21 octobre 2017

Ibis chauve (Geronticus eremetica) adulte

Ibis chauve (Geronticus eremetica) adulte bagué, parc naturel du Détroit (Andalousie).
Photographie : Manuel Morales

Nous avons quitté notre hôtel vers 8h30 pour rejoindre le secteur de Manzanete, fréquenté par l'Ibis chauve (Geronticus eremitica). Cet échassier très rare, qui avait disparu d'Europe, ne survivait plus à l'état sauvage qu'au Maroc, en Turquie (colonie en semi-liberté en fait) et en Syrie, mais un programme de réintroduction en Andalousie (le "proyecto Ibis Eremita") été lancé en 2003 par la Junta de Andalucía, le Zoobotánico de Jerez, l'Estación Biológica de Doñana et un groupe d'experts (lire Le Proyecto Eremita, la réintroduction de l'Ibis chauve en Andalousie). Des oiseaux ont été relâchés dans la sierra de Retin, près de Barbate, et un couple s'est reproduit avec succès dans la nature en 2008 sur une falaise côtière (lire L'unique colonie européenne "naturelle" d'Ibis chauves se porte bien). Ce site a été abandonné depuis, et l'espèce s'est installée près de Vejer de la Frontera : en 2017, 21 couples ont niché sur une falaise près de Vejer de la Frontera, et un autre sur une vieille tour à Conil de la Frontera. Nous nous sommes garés au bord de la route près d'une carrière de la société Ventedero Gaditano, et nous avons repéré cinq Ibis chauves se toilettant et se reposant dans un pré. Ils se sont ensuite envolés et se sont posés dans un champ proche, se nourrissant ensuite avec les Pigeons ramiers (Columba palumbus) et les Choucas des tours (Coloeus monedula).
Nous sommes remontés dans notre véhicule : dans un champ près de la zone industrielle de Cerrada Ancha, nous avons trouvé un jeune Vautour fauve affaibli posé dans un champ : nous avons averti une association pour qu'il vienne l'examiner et peut-être le soigner.

Ibis chauves (Geronticus eremitica)

Ibis chauves (Geronticus eremitica) près de Manzanete (Andalousie) en octobre 2017.
Photographie : David Chandler
Carrière près de Manzanete

Carrière près de Manzanete (Andalousie) : nous avons observé 4 à 5 Ibis chauves tout près de là.
Photographie : Ornithomedia.com

Vue de la finca La Alquería

Vue de la finca La Alquería (Andalousie) en octobre 2017.
Photographie : Ornithomedia.com

Manuel Morales nous a ensuite fait visiter dans une zone très intéressante située entre les villages de Medina-Sidonia et de Los Badalejos : la finca La Alquería (située au nord de notre carte). Il s'agit d'une vaste propriété privée parcourue par une petite route libre d'accès (voir la localisation sur Google Maps de l'entrée de la route). Quelques compagnies de Perdrix rouges (Alectroris rufa) sont passées devant notre véhicule, et dans un petit étang, dans lequel s'abreuvait un troupeau de vaches, s'ébattaient des dizaines de Canards colverts (Anas platyrhynchos) très bruyants. Mais ce sont surtout les rapaces qui faisaient tout l'intérêt de ce site : vers midi, sous une température atteignant facilement les 30 degrés, nous avons vu deux Aigles ibériques (Aquila adalberti) juvéniles, un Aigle royal (Aquila chrysaetos) immature, une Buse variable (Buteo buteo) et quatre Vautours fauves planant ensemble ! Un peu plus loin, nous avons observé deux Aigles ibériques adultes, un Milan royal (Milvus milvus) (avec une proie dans les serres) et un Aigle de Bonelli immature.
Après un bon repas dans un restaurant familial très fréquenté le week-end, nous nous sommes rendus à La Janda, une zone agricole autrefois occupée par un grand lac peu profond asséché dans les années 1960, sous le régime de Franco, où nichait entre autres la Grue cendrée (Grus grus) (lire Observer les oiseaux dans les zones humides côtières du détroit de Gibraltar). Malgré cette catastrophe écologique, cet ensemble de pâtures, de rizières, d'oliveraies et de canaux bordés de roseaux constitue encore aujourd'hui une zone très riche pour l'observation des oiseaux durant les migrations et en hiver car elle représente la dernière (ou la première) zone d'alimentation pour les migrateurs qui vont ou qui ont traversé le détroit.
Les Cochevis huppés (Galerida cristata) étaient communs dans les cultures, et des Cigognes blanches (Ciconia ciconia) se reposaient au milieu d'un champ. Le long du canal central qui traverse La Janda, des groupes de Moineaux espagnols (Passer hispaniolensis) s'abritaient de la chaleur dans des buissons. Nous avons fait un arrêt au bord d'une rizière inondée, où nous avons observé une vingtaine de chevaliers culblancs (Tringa ochropus), un Chevalier aboyeur (T. nebularia), cinq Échasses blanches (Himantopus himantopus) et une Bécassine des marais (Gallinago gallinago). Un Élanion blanc (Elanus caeruleus) a survolé le champ voisin, et de l'autre côté du canal, un Aigle de Bonelli s'est envolé avec un Vanneau huppé (Vanellus vanellus) dans les serres. Un Bihoreau gris (Nycticorax nycticorax) juvénile était tranquillement posé dans un buisson au bord du canal, et nous avons entendu le cri aigu d'un Martin-pêcheur d'Europe (Alcedo atthis).
Un beau papillon orangé s'est posé tout près du van : un Monarque (Danaus plexippus) ! Cette espèce nord-américaine se reproduit désormais en Espagne, après peut-être que des individus aient réussi à traverser naturellement l'océan Atlantique. Il est également possible que cette population soit originaire de lâchers lors des cérémonies (mariages...).
Retour à l'hôtel Reina Cristina.

Aigle ibérique (Aquila adalberti) juvénile

Aigle ibérique (Aquila adalberti) juvénile dans la finca La Alquería (Andalousie) en octobre 2017.
Photographie : Rachid El Khmalichi
Aigle ibérique (Aquila adalberti) adulte

Aigle ibérique (Aquila adalberti) adulte dans la finca La Alquería (Andalousie).
Photographie : Manuel Morales
Vue de La Janda

Vue de La Janda le long du canal central en octobre 2017.
Photographie : Ornithomedia.com
Parcelle inondée dans La Janda

Parcelle inondée dans plaine de La Janda (Andalousie) en octobre 2017.
Photographie : Ornithomedia.com


Dimanche 22 octobre 2017

Observatoire sur l'île de Tarifa (Isla de los Palomas)

Observatoire sur l'île de Tarifa (Isla de los Palomas).
Photographie : Ornithomedia.com

Ce matin, nous nous sommes rendus dans l'île de Tarifa (Isla de los Palomas), une petite île rocheuse reliée au continent par une route et occupée par un fort militaire. La visite de cette réserve est réglementée et nécessite l'obtention d'un permis auprès du parc naturel du Détroit et de la Guardia Civile d'Algésiras. C'est le point le plus méridional d'Espagne continentale, et une borne indique la limite géographique entre la Méditerranée et l'océan Atlantique. Certains bâtiments de l'île sont encore en partie occupés par l'armée espagnole, mais la plupart sont désormais abandonnés et utilisés par des centaines de Goélands leucophées.
Nous nous sommes rendus à l'extrémité de l'île pour observer les oiseaux marins (35 espèces déjà notées !) qui traversent à cette période de l'année le détroit de Gibraltar, et nous avons observé des dizaines de Fous de Bassan, de Puffins des Baléares (Puffinus mauretanicus) (lire Identifier les Puffins des Anglais, yelkouan et des Baléares) et de probables Puffins cendrés (la distinction sur le terrain entre les deux espèces n'est pas facile). Un Rougequeue noir mâle de la sous-espèce gibraltariensis était perché sur un mur et nous avons pu bien voir les caractéristiques de ce taxon : noir profond et grande zone blanche sur l'aile.
Après un café pris près de la plage de Los Lances, nous nous sommes rendus dans la Sierra de La Plata, un petit massif montagneux calcaire proche du village de Bolonia. C'est le premier site d'Espagne où la nidification du Martinet cafre (Apus caffer), une espèce africaine, a été prouvée (lire Le Martinet cafre poursuit son expansion en Espagne) : le site exact est une grotte appelée la Cueva del Moro, que nous avons pu voir. Un autre oiseau africain, le Martinet des maisons (Apus affinis), niche également désormais dans la Sierra de La Plata, mais en octobre, ces deux espèces sont absentes ou difficiles à voir.

Vue de la Cueva del Moro

Vue de la Cueva del Moro, dans la Sierra de La Plata (Andalousie).
Photographie : Ornithomedia.com
Cigogne noire (Ciconia nigra)

Cigogne noire (Ciconia nigra) vue près de la falaise de La Zarga, dans la Sierra de La Plata (Andalousie).
Photographie : David Chandler


Nous nous sommes garés au pied de la falaise de La Zarga, où est établie une grande colonie de Vautours fauves : ils ne nichent pas en automne, mais des dizaines d'oiseaux étaient présents. Une Cigogne noire (Ciconia nigra) est passée haut dans le ciel.
Sur la côte, la spectaculaire et vaste zone dunaire de Bolonia, que nous n'avons pas visitée, mérite également le détour. Non loin de là, vous pourrez également découvrir les ruines de la cité romaine de Baelo Claudia, fréquentées par le Lézard ocellé (Lacerta lepida)...

Arroyo San Carlos del Tiradero

Vue de l'arroyo San Carlos del Tiradero dans le parc naturel de Los Alcornocales (Andalousie).
Photographie : Ornithomedia.com

Nous avons longuement et copieusement mangé dans un restaurant à Facinas, la ville natale de notre guide Manuel Morales, puis nous avons fait une petite visite dans le parc naturel de Los Alcornocales, qui protège la plus vaste subéraie (forêt de chênes-lièges) d'Espagne. Durant les périodes de migration, c'est une zone de repos pour les rapaces et les cigognes qui s'apprêtent à traverser le détroit.
Nous sommes passés à côté du réservoir Almodovar, fréquentés par de nombreux Hérons garde-boeufs (Bulbucus ibis) qui accompagnaient les vaches s'abreuvant sur les rives. Dans les environs du lac, le Cochevis de Thékla (Galerida theklae) était commun, permettant de l'observer de près (lire Identifier les Cochevis huppé et de Thékla en photos).
Nous avons ensuite emprunté le sentier Arroyo San Carlos del Tiradero et nous avons pu visiter une belle subéraie où résonnaient les chants du Merle noir (Turdus merula), du Grimpereau des jardins (Certhia brachydactyla) et du Rougegorge familier (Erithacus rubecula), puis nous avons atteint un ruisseau coulant entre des blocs rocheux et bordé de fougères et d'aulnes un milieu frais et humide étonnant dans le sud de l'Andalousie.
Retour à l'hôtel Reina Cristina : le célèbre ornithologue espagnol Fernando Barrios Partida nous a dédicacé son livre "Nomads of the Strait of Gibraltar" et nous avons pu assister à un concert de Flamenco.
Le lendemain matin, départ très tôt pour rejoindre l'aéroport de Malaga et prendre un vol pour rejoindre celui de Paris-Orly.

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