Publicité

Kite Optics

 (En savoir plus ?)

S'inscrire
Mot de passe oublié ?

Accueil > Magazine > Voyages > Voyage ornithologique dans les îles Moluques du Sud (Indonésie)

Voyages

Retour à la liste des articles de Voyages

Voyage ornithologique dans les îles Moluques du Sud (Indonésie)

Les participants à ce voyage organisé du 4 au 26 novembre 2016 ont visité les îles de Buru, Ambon, Haruku, Yamdena, Kaï Kecil et Besar et Seram et ont observé 265 espèces d'oiseaux, dont de nombreux endémiques.

| Validé par le comité de lecture

Partager
Translate

Voyage ornithologique dans les îles Moluques du Sud (Indonésie)

Forêt montagnarde le long de la route Trans-Seram, île de Seram (Indonésie), novembre 2016.
Photographie : Craig Robson

L'archipel indonésien des Moluques (ou Maluku) est situé entre les îles de Sulawesi (Célèbes), de Nouvelle-Guinée et de Timor. Le groupe des Moluques du Sud est composé de 632 îles dont les plus importantes sont Seram (ou Céram), Buru, Yamdena (dans l'archipel des Tanimbar) et Wetar. Elles font partie de la Wallacea, une région biogéographique intermédiaire entre les écozones indo-malaise et australasienne : leur avifaune, au fort taux d'endémisme, est donc composée de groupes d'espèces provenant à la fois d'Asie et d'Océanie et cette destination, encore peu connue des observateurs européens, est donc passionnante. La société Birdquest Tours a organisé du 4 au 26 novembre 2016 un voyage guidé par Craig Robson dans les îles Buru, Ambon, Haruku, Yamdena, Kaï Kecil et Besar et Seram, au cours duquel 265 espèces d'oiseaux ont été observées ou entendues, dont de nombreux endémiques, y compris l'Effraie d'Alma ou de Seram (Tyto almae), récemment décrite et au statut taxonomique encore incertain. Nous vous proposons une version française du rapport original rédigé par Craig Robson.

Abstract

The Indonesian archipelago of the Moluccas (Maluku) is composed of nearly a thousand islands scattered between Sulawesi in the west, New Guinea in the east, the Republic of East Timor and Australia to the south. The southern Moluccas are made up of 632 islands, the largest being Seram (or Ceram), Buru, Yamdena (Tanimbar Archipelago) and Wetar. They are part of the Wallacea, an intermediate biogeographic region extending between the Indo-Malaysian and Australasian ecozones: their avifauna, with a high rate of endemism, is therefore composed of asian and oceanian groups of birds. These lands, which are still little known to European birders, are therefore exciting, and some trips are proposed by specialized birding companies.
The Birdquest Tours company organized a Craig Robson-guided trip to Buru, Ambon, Haruku, Yamdena, Kai Kecil and Besar and Seram islands from the 4th to the 26th of November 2016, during which 265 species of birds were observed, including many endemic such as the Seram masked owl Tyto almae, a recently described bird with a still uncertain taxonomic status. We propose you a French version of the original report written by Craig Robson.

L'arrivée sur l'île d'Ambon

Carte des îles Moluques du Sud et emplacements (en rouge) des sites visités en novembre 2016

Carte des îles Moluques du Sud et emplacements (en rouge) des sites visités en novembre 2016 (cliquez sur la carte pour l'agrandir).
Carte : Ornithomedia.com

Nous sommes arrivés à midi à l'aéroport de Pattimura, sur l'île d'Ambon. Nous avons passé le reste de l'après-midi dans une zone de parcelles boisées et de jardins cultivés à Ewang Tulehu. Notre principal objectif était de voir le Zostérops d'Ambon (Zosterops kuehni), et nous en avons rapidement trouvé un. Nous avons ensuite observé d'autres "spécialités" de l'île comme les Monarques à lunettes (Symposiachrus trivirgatus) et des Moluques (Myiagra galeata), le Bulbul d'Ambon (Thapsinillas affinis lavicaudus) (peut-être une espèce distincte) et le Dicée cendré (Dicaeum vulneratum).
Dans une zone humide proche d'Ewang Tulehu, nous avons ajouté à notre liste le Pluvier oriental (Charadrius veredus), le Jacana à crête (Irediparra gallinacea), le Bécasseau à queue pointue (Calidris acuminata) et la Glaréole orientale (Glareola maldivarum).

L'île de Buru

Après un dîner en ville, nous nous sommes installés dans un ferry relativement confortable pour rejoindre l'île de Buru, la troisième plus grande île des Moluques, avec une superficie de 9 505 km². Il subsiste encore de belles forêts tropicales dans les montagnes, tandis que la plaine a été en grande partie déboisée. La présence de nombreux chercheurs d'or constitue d'autre part une menace pour l'environnement.
La traversée entre les îles d'Ambon et de Buru a été calme, et certains d'entre nous ont pu dormir un peu dans leur cabine. À notre arrivée sur l'île de Buru, nous nous sommes dirigés vers un ensemble de vestiges de forêt de plaine proches de Waslabi. Dès que le soleil s'est levé, les sons sifflés familiers du Monarque de Buru (Symposiachrus loricatus) ont retenti dans le sous-bois et nous avons rapidement pu voir cet endémique. Une promenade le long d'une route en mauvais état nous a permis de voir un intéressant cortège d'espèces incluant la Phasianelle d'Amboine (Macropygia amboinensis), le Colombar de Buru (Treron aromaticus), le Loriquet à tête bleue (Trichoglossus haematodus), le Polochion des Moluques (Philemon moluccensis), l'Échenilleur pâle (Coracina Céramensis), le Siffleur terne (Pachycephala griseonota), le Loriot de Buru (Oriolus bouroensis), le Drongo de Buru (Dicrurus buruensis), le Rhipidure de Buru (Rhipidura buruensis), le Monarque à nuque blanche (Carterornis pileatus), le Bulbul de Buru (Thapsinillas mysticalis), le Pouillot boréal (Phylloscopus borealis) (hivernant) et le Dicée à gorge blanche (Dicaeum erythrothorax). 

Brève de Buru (Erythropitta rubrinucha rubrinucha)

Brève de Buru (Erythropitta rubrinucha rubrinucha), île de Buru (Indonésie), novembre 2016.
Photographie : Keith Betton

Après un déjeuner à Namlea, nous nous sommes dirigés vers le Buru Island Resort, situé à Waspait, sur la côte nord. Les jours suivants ont été consacrés à l'exploration de la jungle le long des routes forestières de Wamlana et de Danau. C'est aux environs de 1 420 mètres d'altitude que avons observé la plupart des oiseaux espérés comme le Carpophage du Mada (Gymnophaps mada), la Ninoxe de Buru (Ninox hantu), la Palette du Buru (Prioniturus mada), la Brève de Buru (Erythropitta rubrinucha rubrinucha) (lire La Brève à ventre rouge devrait être divisée en 12 ou 13 espèces distinctes), le Myzomèle de Buru (Myzomela wakoloensis) le rare Méliphage de Buru (Lichmera deningeri), l'Échenilleur de Buru (Coracina fortis), le Siffleur de Banda (Pachycephala macrorhyncha), le Rhidipure de Buru (Rhipidura superflua), le Pouillot de Buru (Phylloscopus maforensis everetti), la Bouscarle de Buru (Locustella disturbans), le Zostérops de Buru (Zosterops buruensis), le Gobemouche à gorge rayée (Eumyias additus), ainsi qu'un inattendu Diamant de Kittlitz (Erythrura trichroa). La discrète Perruche de Buru (Tanygnathus gramineus) a été vue à trois reprises, mais uniquement en vol. Nous avons aussi observé un jeune Coucou de Heinrich (Cacomantis aeruginosus) nourri par un Pouillot de Buru.
Deux ans plus tôt, avec l'aide de notre guide local Vinno, nous avions emprunté un sentier conduisant au sommet d'une colline dominant la route forestière de Danau, à 1 660 mètres d'altitude, pour essayer (sans succès) de trouver le Zostérops à gorge rousse (Madanga ruficollis). Nous avons refait une tentative cette année.

Danau Road

Panorama depuis la route forestière de Donau, île de Buru (Indonésie), novembre 2016.
Photographie : Craig Robson

Après la montée, nous avons fait une pause dans un secteur riche en mousses et en épiphytes pour écouter les oiseaux, mais la forêt était silencieuse. Je me suis dirigé vers le bas de la colline et j'ai repéré un Rhidipure de Buru et un Pouillot de Buru. Soudain, quelque chose s'est posé sur un tronc d'arbre moussu : un couple de Zostérops à gorge rousse ! J'ai appelé les autres membres du groupe qui sont descendus rapidement et de façon désordonnée, essayant de s'agripper aux lianes enchevêtrées... Finalement, tout le monde a pu voir cette espèce qui n'avait été observée que par quatre ornithologues jusqu'à présent ! Elle se nourrissait sur les troncs comme une sittelle. Ce n'était pas le seul oiseau intéressant dans le secteur, car plus bas, nous avons eu la chance de localiser une Grive de Dumas (Geokichla dumasi) couvant.
Nous avons ensuite exploré des vestiges forestiers des basses terres près de Bara, au nord-ouest de l'île, et nous avons observé plusieurs espèces intéressantes dont la plus remarquable était l'Effraie des Tanimbar (Tyto sororcula), que nous avons très bien vue. Le Colombar de Buru (Treron aromaticus) a été difficile à trouver cette année, mais nous avons finalement repéré un couple sur son nid durant notre dernière matinée sur l'île. Ce secteur était d'ailleurs très riche en pigeons et en perroquets : nous avons en effet observé le Carpophage à queue bleue (Ducula concinna), les Ptilopes superbe (Ptilinopus superbus), de Rivoli (Ptilinopus rivoli) et turvert (Ptilinopus viridis), la Perruche à bec de sang (Tanygnathus megalorynchos), le Grand Éclectus (Eclectus roratus) et les Loris écarlate (Eos histrio) et à tête bleue (Trichoglossus haematodus).

Zostérops à gorge rousse (Madanga ruficollis)

Zostérops à gorge rousse (Madanga ruficollis), île de Buru (Indonésie), novembre 2016.
Photographie : Charles Davies
Zostérops de Buru (Zosterops buruensis)

Zostérops de Buru (Zosterops buruensis), île de Buru, novembre 2016.
Photographie : Craig Robson
Colombar de Buru (Treron aromaticus)

Colombar de Buru (Treron aromaticus), île de Buru, novembre 2016.
Photographie : Craig Robson
Effraie des Tanimbar (Tyto sororcula)

Effraie des Tanimbar (Tyto sororcula), île de Buru, novembre 2016.
Photographie : Rainer Kopa

Retour sur l'île d'Ambon

Pluvier oriental (Charadrius veredus)

Pluvier oriental (Charadrius veredus), île d'Ambon (Indonésie), novembre 2016.
Photographie : Craig Robson

Nous sommes ensuite retournés à Namlea et nous avons pris le ferry de nuit vers l'île d'Ambon. Le lendemain matin, nous avons revisité le site d'Ewang Tulehu, en explorant de façon plus approfondie que la première fois les collines boisées. Nous avons observé la sous-espèce endémique de l'Autour variable (Accipiter hiogaster), le Carpophage de Céram (Ducula neglecta) et le Zostérops d'Ambon, et nous avons entendu au loin le chant du Pouillot de Céram (Phylloscopus poliocephalus ceramensis) à 300 mètres d'altitude. Dans l'après-midi, nous avons visité à nouveau le seul lac d'eau douce de l'île, situé à Ewang Suli : ce site réserve toujours des surprises, et nous avons observé un Grèbe australasien (Tachybaptus novaehollandiae), dix Pluviers orientaux, un Bécasseau à col roux (Calidris ruficollis) et une Bergeronette de Béringie (Motacilla tschutschensis) de la sous-espèce taivana.

L'île de Yamdena (archipel des Tanimbar)

Le lendemain matin, nous nous sommes envolés vers l'île de Yamdena, la plus grande de l'archipel de Tanimbar. Nous avons passé trois jours et demi à explorer la forêt au nord et au nord-ouest de Saumlaki. L'intérieur de l'île encore riche en forêts primaires et secondaires de plaine, mais aussi en clairières, en prairies et en zones buissonneuses, et donc son avifaune est riche. Le long d'anciennes routes forestières et de sentiers, nous avons rapidement observé la majorité des oiseaux endémiques recherchés comme le Mégapode des Tanimbar (Megapodius tenimberensis) (rapidement trouvé), la Phasianelle des Tanimbar (Macropygia timorlaoensis), les Ptilopes de Wallace (Ptilinopus wallacii) et à diadème (Ptilinopus regina), les Carpophages à queue bleue (Ducula mullerii) et à tête rose (Ducula rosacea), le Coucou de Salvadori (Chrysococcyx crassirostris), le Martin-chasseur couronné (Todiramphus australasia), le Cacatoès de Goffin (Cacatua goffiniana), le Lori réticulé (Eos reticulata), la Brève élégante (Pitta elegans), le Myzomèle de Banda (Myzomela boiei), le Méliphage à plumier blanc (Lichmera squamata), le Miro des Tanimbar (Microeca hemixantha), le Polochion des Tanimbar (Philemon plumigenis), la Gérygone à flancs roux (Gerygone dorsalis), l'Échenilleur des Tanimbar (Lalage moesta), le Siffleur de Wallace (Pachycephala arctitorquis), le Loriot des Tanimbar (Oriolus decipiens), les Rhidipures brun-roux (Rhipidura fuscorufa), des Tanimbar (Rhipidura opistherythra) et dryade (Rhipidura dryas), les Monarques à menton noir (Symposiachrus mundus) et des Tanimbar (Carterornis pileatus castus), la Bouscarle des Tanimbar (Horornis carolinae), le Stourne des Tanimbar (Aplonis crassa), la Grive schistacée (Geokichla schistacea), le Gobemouche des Tanimbar (Ficedula riedeli), le Dicée à croupion jaune (Prionochilus xanthopygius), le Diamant azuvert (Erythrura tricolor) et le Capucin coloré (Lonchura quinticolor).

Ninoxe des Tanimbar (Ninox forbesi)

Ninoxe des Tanimbar (Ninox forbesi), île de Yamdena (Indonésie), novembre 2016.
Photographie : Craig Robson

La Ninoxe des Tanimbar (Ninox forbesi) a chanté jusqu'à la tombée de la nuit, et nous avons vu un couple avec ses jeunes. Nous avons aussi eu la chance de trouver en plein jour une Effraie des Tanimbar (Tyto sororcula). La Grive à poitrine rousse (Zoothera machik) n’a pas été facile à trouver. La rare Corneille des Tanimbar (Corvus orru latirostris) a été aperçue brièvement, et l'Échenilleur des Kaï (Coracina dispar) n'a été vu qu'une seule fois. Nous avons admiré plusieurs Stournes à capuchon pourpre (Aplonis circumscripta) et nous avons trouvé un couple de Drongos des Tanimbar (Dicrurus densus), une espèce calme et secrète, installé sur son nid construit dans la forêt primaire.
Le petit lac et la zone humide formés suite à la construction du nouvel aéroport de l'île de Yamdena à Saumlaki sont d'un grand intérêt ornithologique, l’île étant pauvre en marais d’eau douce. La variété des oiseaux aquatiques était incroyable, avec entre autres les Dendrocygnes tacheté (Dendrocygna guttata) et à lunules (Dendrocygna arcuata), le Tadorne radjah (Tadorna radjah), l'Anserelle élégante (Nettapus pulchellus), le Grèbe australasien (nicheur), l'Ibis à cou noir (Threskiornis molucca), la Spatule royale (Platalea regia), l'Aigrette pie (Ardea picata), le Râle toklin (Gallirallus philippensis), la Marouette grise (Amaurornis cinerea), le Pukeko (Porphyrio melanotus), le Jacana à crête (Irediparra gallinacea) et la Bécassine de Swinhoe (Gallinago megal).
Une visite des vasières nous a ensuite permis de voir le Héron typhon (Ardea sumatrana), le Pélican à lunettes (Pelecanus conspicillatus) et quelques Courlis de Sibérie (Numenius madagascariensis), tandis qu’un terrain de football appartenant à l’armée indonésienne, situé le long d'une des routes principales, accueillait un groupe de Courlis nains (Numenius minutus) et de Pluviers fauves (Pluvialis fulva).

Anserelles élégantes (Nettapus pulchellus)

Anserelles élégantes (Nettapus pulchellus), marais près de l'aéroport de Saumlaki, île de Yamdena (Indonésie), novembre 2016.
Photographie : Craig Robson
Aigrette pie (Ardea picata)

Aigrette pie (Ardea picata), Saumlaki, île de Yamdena (Indonésie), novembre 2016.
Photographie : Craig Robson

L'île de Kaï Kecil (archipel des Kaï)

Depuis l’île de Yamdena, nous avons pris un avion via Ambon vers l’île de Kaï Kecil, située dans l’archipel des Kaï. À l'arrivée à l'aéroport de Langgur Dumatubun, nous sommes montés à bord de véhicules et nous avons observé les oiseaux le long de la route de l'aéroport. Cette zone est une des plus intéressantes de Kaï Kecil, et  nous avons notamment observé le Mégapode de Reinwardt (Megapodius reinwardt), la forme locale très pâle de l'Autour variable (Accipiter hiogaster), la Colombine d'Étienne (Chalcophaps stephani), le Coucal des Kaï (Centropus phasianinus spilopterus), la Micropsitte pygmée (Micropsitta keiensis), la Brève papou (Erythropitta mackloti), l'Échenilleur wallacéen (Coracina personata), les Siffleurs sobre (Pachycephala simplex) et terne (Pachycephala griseonota), le Sphécothère de Vieillot (Sphecotheres vieilloti), le Drongo des Tanimbar, le Rhipidure des Kaï (Rhidipura assimilis), les Monarques des Kaï (Symposiachrus leucurus) et des îles (Monarcha cinerascens), le Zostérops de la Petite Kaï (Zosterops uropygialis) et le Capucin jacobin (Lonchura molucca). Nous avons ensuite exploré la forêt côtière et avons trouvé deux espèces intéressantes, le Siffleur des Moluques (Pachycephala phaionota) et le rare et endémique Rhipidure dryade.

L'île de Kaï Besar (archipel des Kaï)

À l'aube, nous avons effectué une traversée en bateau d'une demi-journée vers la longue et étroite île de Kaï Besar, encore en grande partie boisée. Près de la jetée, nous avons été accueillis par le chauffeur de notre mini bus et nous avons roulé sur la petite route principale jusqu'à la mission de Bukit Indah, entourée de collines boisées. En marchant le long de la route d'accès, nous avons rapidement localisé le Zostérops de la Grande Kaï (Zosterops grayi), l'endémique le plus connu de l'archipel. Dans la mission, nous avons suivi un étroit sentier forestier pour chercher le Pouillot des Kaï (Phylloscopus [maforensis] avicola), l'autre endémique insulaire, qui vit dans les forêts de colline, et nous avons bien observé un chanteur à environ 420 mètres d'altitude. La traversée de retour fut assez tranquille et nous avons fait de belles observations de Puffins leucomèles (Calonectris leucomelas).

L'île d'Haruku

Depuis l'île de Kaï Besar, nous avons pris un avion vers Ambon. Depuis l'aéroport de cette île, nous nous sommes dirigés vers l'autre côté de l'île et sommes montés à bord d'une petite embarcation pour effectuer une traversée en bateau de 20 minutes vers l'île d'Haruku. Nous avons visité le village de Kaïlolo, situé près de l'un des sites de reproduction les plus connus du Mégapode de Wallace (Eulipoa wallacei). Avant la tombée de la nuit, nous avons eu la chance de repérer deux Mégapodes de Forsten se nourrissant tranquillement dans une forêt côtière. Nous avons ensuite rapidement dîné et nous nous sommes préparés pour faire une sortie nocturne. Dès la nuit tombée, un Mégapode de Wallace s'est avancé dans une petite zone sablonneuse et il a commencé à creuser. 

Pouillot des Kaï (Phylloscopus [maforensis] avicola)

Pouillot des Kaï (Phylloscopus [maforensis] avicola), île de Kaï Besar (Indonésie), novembre 2016.
Photographie : Craig Robson
Mégapode de Wallace (Eulipoa wallacei)

Mégapode de Wallace (Eulipoa wallacei), île d'Haruku, novembre 2016.
Photographie : Charles Davies

L'île de Seram

Cacatoès à huppe rouge (Cacatua moluccensis)

Cacatoès à huppe rouge (Cacatua moluccensis), île de Seram (Indonésie), novembre 2016.
Photographie : Craig Robson

Une traversée en ferry durant l'heure du déjeuner nous a permis d'atteindre le village de Masohi, situé sur la côte sud de Seram. Nous avons ensuite traversé l'île jusqu'à notre maison d'hôtes près de Sawai. La petite route secondaire arrivant au village a finalement été bitumée, rendant l'accès plus rapide et plus facile. Nous avons observé la plupart des endémiques de Seram le long de la route Trans-Seram qui traverse les hauteurs du parc national de Manusela, puis dans les vestiges de forêt de plaine à l'est du village de Sawai. Le temps est souvent nuageux le matin en altitude, et il pleut régulièrement l'après-midi, mais lors de notre séjour, les précipitations ont été rares. L'un des symboles du parc national est le Cacatoès à huppe rouge (Cacatua moluccensis) : nous avons vu plusieurs de ces oiseaux magnifiques et bruyants le long de la route.
Nous avons passé plusieurs matinées autour de 1 270 mètres d'altitude pour essayer de trouver le Lori masqué (Eos semilarvata), plus rare et plus localisé que les Loris écarlate (Eos bornea) et à tête bleue (Trichoglossus haematodus). La floraison abondante de certains arbres a attiré de nombreux Myzomèles sobres (Myzomela blasii), Méliphages de Céram (Lichmera monticola), Zostérops de Céram (Zosterops stalkeri) et à froc gris (Lophozosterops pinaiae). Les Loris masqués étaient aussi là, et nous en avons vu plusieurs posés. Nous avons repéré une Brève de Seram (Erythropitta [erythrogaster] piroensis) dans le sous-bois, et dans les troupes mixtes parcourant la forêt, nous avons repéré le Siffleur de Banda (Pachycephala macrorhyncha), le Rhidipure de Céram (Rhipidura dedemi), le Pouillot de Céram (Phylloscopus ceramensis) et le Zostérops montagnard (Zosterops montanus).
Plus bas, nous avons vu le Gobemouche de Buru (Ficedula buruensis) et le Lori des dames (Lorius domicella), relativement facile à observer cette année, deux couples ayant même répondu à nos imitations sifflées. Nous avons repéré un couple de Zostérops de Stalker (Tephrozosterops stalkeri) dans une troupe mixte d'oiseaux, puis notre premier Loriot de Céram (Oriolus forsteni) et un couple de Basilornes de Céram (Basilornis corythaix). Dans les secteurs ouverts le long de la route, nous avons vu le Carpophage de Stalker (Gymnophaps stalkeri) et l'Aigle de Weike (Hieraaetus weiskei).
Nous nous sommes dirigés vers les basses terres au nord des montagnes : les grands arbres morts espacés accueillaient une grande variété d'espèces, dont le Martin-chasseur lazuli (Todiramphus lazuli) et la Corneille violacée (Corvus violaceus). Certains participants ont aperçu en forêt un Casoar à casque (Casuarius casuarius), une espèce spectaculaire qui aurait été introduite à Seram il y a plusieurs siècles pour la chasse.
Plusieurs sorties nocturnes nous ont permis de voir la Ninoxe des Moluques (Ninox squamipila) et le Petit-duc mystérieux (Otus magicus) près de notre hébergement. Nous avons même entendu l'Effraie des de Seram (Tyto almae) (lire Description d'une nouvelle espèce de chouette en Indonésie, l'Effraie d'Alma ou de Seram), sans malheureusement l'apercevoir.

Lori masqué (Eos semilarvata)

Lori masqué (Eos semilarvata), île de Seram (Indonésie), novembre 2016.
Photographie : Charles Davies
Casoar à casque (Casuarius casuarius)

Casoar à casque (Casuarius casuarius), île de Seram (Indonésie), novembre 2016.
Photographie : Charles Davies

L'îlot de Pulau Lusaolate

Le matin suivant, nous avons pris un bateau pour effectuer une courte traversée vers le petit îlot de Pulau Lusaolate. Avant même de débarquer, nous avons entendu l'oiseau que nous voulions voir, le Méliphage à joues d'argent (Lichmera argentauris), et nous en avons vu au moins dix. On ne sait pas trop comment cette petite population parvient à survivre sur cet îlot, mais elle est là depuis au moins 1912. Au fur et à mesure que la marée montait, des Sternes huppées (Thalasseus bergii) se sont posées sur un banc de sable, et nous avons également repéré une Sterne d'Orient (Thalasseus bernsteini), une espèce en danger critique que nous avions déjà vue six ans plus tôt. Nous sommes retournés dans nos bateaux pour nous rapprocher de l'îlot et après avoir inspecté le site pour vérifier qu'il n'y avait pas d'autres oiseaux particuliers, nous nous sommes dirigés vers l'îlot de Pulau Sawai, au large du village de Sawai.

Sternes huppées (Thalasseus bergii)

Sternes huppées (Thalasseus bergii), îlot de Pulau Lusaolate (Indonésie), novembre 2016.
Photographie : Craig Robson
Sterne d'Orient (Thalasseus bernsteini)

Sterne d'Orient (Thalasseus bernsteini), îlot de Pulau Lusaolate (Indonésie), novembre 2016.
Photographie : Craig Robson

L'îlot de Pulau Sawai

Sur Pulau Sawai, les Mégapodes de Forsten (Megapodius forsteni) étaient bruyants mais nous ne les avons pourtant vus que brièvement. Nous avons eu plus de chance avec les oiseaux aquatiques, avec entre autres le Héron typhon, le Pluvier argenté (Pluvialis squatarola), le Courlis de Sibérie, la Barge à queue noire (Limosa limosa), et le Chevalier bargette (Xenus cinereus). L'observation d'un Ptilope superbe (Ptilinopus superbus) a été une surprise.

Retour sur l'île de Seram et visite l'île de Boano

Depuis le village de Sawai, nous nous sommes dirigés vers l'extrémité ouest de l'île de Seram et nous avons passé la nuit dans un petit hôtel à Piru.Tôt le lendemain matin, nous avons emprunté une petite route en mauvais état vers Masika, où deux petites embarcations rapides étaient prêtes à nous transporter vers l'île de Boano. Nous y avons immédiatement localisé le Monarque de Boano (Symposiachrus boanensis) : cet oiseau est menacé, mais son habitat est bien conservé sur cette île accidentée et peu accessible. Le Martin-chasseur à longs brins (Tanysiptera galatea) et le Rhipidure à ventre chamois (Rhipidura rufiventris) ont également été vus.
Après avoir pris un ferry vers Ambon, nous avons passé une dernière nuit confortable dans la ville d'Ambon avant de nous séparer.

Monarque de Boano (Symposiachrus boanensis)

Monarque de Boano (Symposiachrus boanensis) juvénile, île de Boano (Indonésie), novembre 2016.
Photographie : Charles Davies
Martin-chasseur à longs brins (Tanysiptera galatea)

Martin-chasseur à longs brins (Tanysiptera galatea), île de Boano (Indonésie), novembre 2016.
Photographie : Rainer Kopa


Liste commentée des oiseaux et des mammifères vus durant le séjour

Vous pouvez télécharger au format PDF la liste commentée des espèces d'oiseaux et de mammifères vues durant le séjour.

À lire aussi sur Ornithomedia.com

À lire sur le web

Le site web de la compagnie Birdquest Tours : www.birdquest-tours.com

Ouvrages recommandés

Source

Craig Robson (2016). Indonesia'as Southern Moluccas. Birdquest : 4-26 novembrer 2016. www.birdquest-tours.com

Vos commentaires sur :
"Voyage ornithologique dans les îles Moluques du Sud (Indonésie) "

Vous devez être identifié(e)/connecté(e) pour accéder à cette page ! Si vous êtes déjà inscrit(e), rentrez votre email et votre mot de passe dans la zone "S'identifier/Devenir membre ".

Vous devrez alors revenir sur l'article actuellement consulté pour pouvoir réagir dans la boite de commentaires.


Les Archives d'Ornithomedia.com

Pour 6 € pour 6 mois ou 10 € pour un an, consultez tous les articles parus
sur Ornithomedia.com depuis plus d'un an. Abonnez-vous !

Actualités : Brèves | Agenda | Spécial

Magazine : Études | Interviews | Analyses | Observer en France | Voyages |

Pratique : Débuter | Conseils | Équipement | Identification |

Communauté : Observations | Galerie | Forums | Blog

Achat & Vente : Boutique | Annonces

Découvrez chaque jour sur Ornithomedia.com, les dernières infos sur les oiseaux en France, en Europe et dans le monde : des conseils (reconnaître les oiseaux du jardin, fabriquer un nichoir, nourrir un oisillon) et des carnets de voyage ornithologiques dans les parcs et réserves naturelles, des observations et des photos d'oiseaux. Notre boutique propose également des jumelles, des longues-vues, des trépieds et des guides ornithos.



L'actualité sur l'observation des oiseaux sur notre page facebook   L'actualité sur l'observation des oiseaux sur notre compte Twitter   L'actualité sur l'observation des oiseaux sur notre page Google+   L'actualité ornithologique épinglée sur notre page Pinterest