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Une sortie au large de la péninsule du Cap (Afrique du Sud) en septembre 2018

La région du Cap est l'un des meilleurs secteurs du monde pour observer les albatros : R. Balestra a rédigé un rapport illustré.

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Une sortie au large de la péninsule du Cap (Afrique du Sud) en septembre 2018

Lors de la sortie pélagique du 15 septembre 2018, le bateau est passé devant Cape Point, à l'extrémité de la péninsule du Cap (Afrique du Sud).
Photographie : Robert Balestra

Plusieurs zones marines sont réputées pour leur diversité en oiseaux et en mammifères marins, comme le golfe de Gascogne (France-Espagne), la baie de Monterey (États-Unis), le golfe d'Hauraki (Nouvelle-Zélande) ou la péninsule du Cap (Afrique du Sud). Ce dernier secteur doit sa richesse au courant froid de Benguela, qui naît dans les eaux glacées de l'Antarctique et qui longe la côte occidentale de l'Afrique australe en faisant remonter de grandes quantités de nutriments en bordure du plateau continental. Les oiseaux marins visibles varient d'une saison à l'autre, mais l'hiver austral (de mai à septembre) est la période la plus passionnante pour participer à l'une des sorties en mer (pélagiques) organisées par les compagnies basées dans les environs de la ville du Cap.
Lors d'un voyage en 2013, sur un quai du port de Simon’s Town, au sud de la ville du Cap, Robert Balestra (site web : "Photographies d'oiseaux") était tombé par hasard sur des publicités proposant des sorties pélagiques pour observer les oiseaux en haute mer, et il avait alors décidé d'y participer s'il revenait un jour dans le pays.
En septembre 2018, lors d'un séjour avec sa compagne dans l'ouest du pays, il a pu monter à bord d'un bateau de la compagnie Cape Town Pelagics, qui reverse une partie de ses profits pour la recherche sur les albatros et qui a fait ses preuves depuis de nombreuses années. Il nous a transmis son rapport de voyage illustré, que nous avons complété par une présentation de l'avifaune de la région du Cap.

Abstract

Several marine areas are famous for their diversity of seabirds and marine mammals, such as the Bay of Biscay (France-Spain), the Monterey Bay (United States), the Gulf of Hauraki (New Zealand) or the Cape Peninsula (South Africa). This last area owes its richness to the Benguela cold current, which is born in the icy waters of Antarctica and reaches the western coast of southern Africa, bringing large amount of nutrients at the edge of the continental shelf. The seabirds which can be watched vary from season to season, but the southern winter (May to September) is the most exciting time to participate in one of the many (pelagic) sea trips organized by in the vicinity of Cape Town.
During a trip in 2013, on a wharf at Simon's Town Harbor, south of Cape Town, Robert Balestra (website: "Photographies d'oiseaux") saw commercials presenting pelagic trips, and he decided to participate if he returns one day in the country. In September 2018, during a trip with his wife in western South Africa, he participated in a pelagic cruise organized by Cape Town Pelagics, a renown company which donates a part of its profits for albatross research. He sent us his illustrated travel report, which we completed with a presentation of the birdlife of the Cape region.

Une diversité remarquable durant l'hiver austral

Situation de la ville du Cap (Afrique du Sud)

Situation de la ville du Cap (Afrique du Sud).
Carte : Ornithomedia.com

Les eaux qui baignent la péninsule du Cap en Afrique du Sud sont l'un des meilleurs secteurs marins du monde pour observer les oiseaux marins et les cétacés, avec entre autres le golfe de Gascogne en Europe (lire Observer et identifier les oiseaux en haute mer), le golfe d'Hauraki en Nouvelle-Zélande (lire Matt Rayner et l’Océanite de Nouvelle-Zélande, un oiseau retrouvé) ou la mer de Tasman entre l'Australie et la Nouvelle-Zélande (lire Croisière ornithologique mouvementée sur la mer de Tasman).
L'abondance et la diversité étonnante des oiseaux marins de cette zone sont liées au courant de Benguela, qui naît près de l'Antarctique, passe au large de l'Afrique du Sud, longe les côtes de Namibie et d’Angola, puis rejoint finalement le courant tropical des Aiguilles. La rencontre au large du cap de Bonne Espérance d'eaux froides et chaudes, ainsi que la remontée ("upwelling") d'eaux profondes chargées en matières organiques, expliquent la grande richesse en plancton et en poissons. L'activité de pêche y est importante, et des milliers d'oiseaux se rassemblent autour des chalutiers, ce qui facilite leur observation.
L'hiver austral (de mai à septembre) est la période la plus favorable pour effectuer une sortie pélagique ou pour faire du "seawatch" depuis la côte. En effet, à cette période de l'année, de nombreux albatros et autres oiseaux marins ont quitté leurs sites de reproduction de l'océan Austral et séjournent au large du Cap pour échapper au rude hiver polaire. Les Albatros à cape blanche (Diomedea cauta) et à sourcils noirs (D. melanophrys) sont les plus nombreux. L'Albatros à nez jaune (Thalassarche chlororhynchos) est moins commun, même si la région du Cap est l'une des plus faciles du monde pour observer la sous-espèce nominale chlororhynchos.
L'observateur aura aussi une chance de voir les Albatros royal (D. epomophora) et à tête grise (D. chrysostoma), mais l'Albatros hurleur (D. exulans) est devenu exceptionnel, à cause de la forte mortalité causée par les lignes de pêche (lire Le Hookpod, une invention intelligente pour sauver des albatros).
À cette période de l'année, les Puffins à menton blanc (Procellaria aequinoctialis) et fuligineux (Ardenna grisea) et le Fou du Cap (Morus capensis) sont rejoints par un nombre impressionnant de Damiers du Cap (Daption capense), de Prions de Forster (Pachyptila vittata) (surtout de la sous-espèce desolata) et d'Océanites de Wilson (Oceanites oceanicus). Les Pétrels de Hall (Macronectes halli) et géant (M. giganteus) sont visibles en petit nombre, et le Fulmar argenté (Fulmarus glacialoides) fait parfois une apparition. Le rare Pétrel à lunettes (Procellaria conspicillata) peut être noté, malgré l'hécatombe provoquée par les lignes de pêche au large du Brésil. Le Pétrel soyeux (Pterodroma mollis), au vol rapide et qui s'approche peu des bateaux, est assez difficile à repérer.
De petits groupes de sternes, dont la Sterne couronnée (Sterna vittata), ainsi que le Labbe antarctique (Catharacta antarctica), sont vus à chaque sortie en mer, y compris dans la False Bay, à l'est de la péninsule du Cap.

Albatros à cape blanche (Diomedea cauta) et à sourcils noirs (D. melanophrys)

Albatros à cape blanche (Diomedea cauta) et à sourcils noirs (D. melanophrys), croisière au large de la péninsule du Cap (Afrique du Sud), le 15/09/2018 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Robert Balestra
Albatros à sourcils noirs (D. melanophrys) et Puffin à menton blanc (Procellaria aequinoctialis)

Albatros à sourcils noirs (D. melanophrys) et Puffin à menton blanc (Procellaria aequinoctialis), croisière au large de la péninsule du Cap (Afrique du Sud), le 15/09/2018 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Robert Balestra

Le printemps et l'été australs : moins d'espèces, mais différentes

D'octobre à avril, les espèces pélagiques nichant dans l'Atlantique Nord migrent vers le Sud pour profiter des richesses des eaux au large du Cap : même si le nombre d'oiseaux est plus faible que durant l'hiver austral, il est possible d'observer des espèces différentes, comme les Puffins de Scopoli (Calonectris diomedea) et majeur (Ardenna gravis) (lire Le Puffin majeur : peu connu et pourtant abondant en août dans l'Atlantique Nord), le Pétrel noir (Pterodroma macroptera) et les Océanites tempête (Hydrobates pelagicus) et à ventre blanc (Fregetta grallaria) (rare). L'Océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoa), que l'on croyait n'être qu'un migrateur estival, a été découvert en 1997 comme nicheur (une vingtaine de couples) sur la petite île de Dyer, au large du Cap.
Les Labbes parasite (Stercorarius parasiticus) et pomarin (S. pomarinus), plus rarement le Labbe à longue queue (S. longicaudus), patrouillent le long des côtes. La Sterne arctique (Sterna paradisaea) est une migratrice rare, et la Mouette de Sabine (Xema sabini) et le Phalarope à bec large (Phalaropus fulicarius) sont visibles en petit nombre.

Observer les oiseaux marins le long des côtes de la péninsule du Cap

Carte de la péninsule du Cap et trajet de la croisière

Carte de la péninsule du Cap (Afrique du Sud), plusieurs bons sites d'observation et trajet de la croisière (en bleu) du 15 septembre 2018.
Carte : Ornithomedia.com

Si une sortie à bord d'un bateau est le meilleur moyen de voir beaucoup d'espèces, on peut aussi observer les oiseaux marins depuis la côte de la péninsule du Cap. L'ouest et le sud de celle-ci, en particulier le village de Kommetjie, le cap de Bonne Espérance et Cape Point, constituent les meilleurs secteurs d'observation en hiver, surtout quand soufflent les vents du nord-ouest. Même si les conditions ne sont pas favorables, il est généralement possible de voir au moins le Cormoran du Cap (Phalacrocorax capensis), le Fou du Cap et les Puffins à menton blanc et fuligineux. Les Albatros à cape blanche, à sourcils noirs et à nez jaune, le Labbe antarctique, les Pétrels de Hall et géant, l'Océanite de Wilson et le Prion de Forster peuvent être vus dès que le vent se lève.
Le reste de l'année, surtout durant le printemps austral (octobre) et à la fin de l'été austral (février-mars) et quand les vents soufflent du sud-est, la ville de Glencairn et Cape Point deviennent les meilleurs sites d'observation : le Fou du Cap, le Labbe parasite et les Puffins fuligineux et à menton blanc sont les plus réguliers, tandis que le Labbe pomarin, le Puffin cendré, le Pétrel soyeux, le Puffin majeur et le Labbe à longue queue sont plus rares (mais réguliers).
En été, le phare de Mouille Point constitue un bon site pour repérer des groupes de Mouettes de Sabine, de Puffins à menton blanc, de Labbes parasites et de Sternes huppées (Thalasseus bergii).
Les Cormorans du Cap, couronné (Phalacrocorax coronatus) et des bancs (P. neglectus) nichent sur le littoral rocheux de la péninsule du Cap et peuvent être vus par exemple depuis le village de Kommetjie. L'Huîtrier de Moquin (Haematopus moquini), un limicole menacé, est localement assez commun. La colonie de Manchots du Cap (Spheniscus demersus) de Boulders Beach, près de Simon's Town, est célèbre. La Sterne des baleiniers (Sterna balaenarum), une espèce endémique d'Afrique australe, niche dans la Mond Nature Reserve, près du cap Agulhas.
Un petit groupe de Sternes couronnées hiverne (d'avril à octobre) près de Kommetjie. À cette période, on peut "tomber" sur un Chionis blanc (Chionis albus), une espèce antarctique, qui pourrait traverser l'océan autral en se posant sur des bateaux (lire Ces oiseaux qui voyagent à bord des bateaux).

Mammifères marins et requins

Outre les oiseaux marins, une sortie pélagique au large de la péninsule du Cap sera l'occasion de voir des mammifères marins comme le Dauphin obscur (Lagenorhynchus obscurus), les Baleines franche australe (Eubalaena australis) et à bosse (Megaptera novaeangliae) (entre juin et novembre surtout) ou le Rorqual de Bryde (Balaenoptera edeni).
Le Grand Requin blanc (Carcharodon carcharia) est une "vedette" du secteur : on peut parfois le voir chasser des Otaries à fourrure d'Afrique du Sud (Arctocephalus pusillus) dans la False Bay en juin et en juillet.

Le rapport de la sortie en mer de Robert Balestra le 15 septembre 2018

Le bateau amarré sur un quai de Simon's Town 
Le bateau de la compagnie Cape Town Pelagics amarré sur un quai de Simon's Town le 15/09/2018 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Robert Balestra

Le bateau de la compagnie Cape Town Pelagics n’est pas très grand, ce qui implique qu’il faille réserver dès que vous connaissez vos dates de voyage. Les sorties ne se font que le samedi, et l’organisateur peut repousser la sortie au dimanche dans le cas où les conditions météorologiques seraient défavorables. Il faut donc prévoir un jour de plus dans votre agenda. Dans mon cas, j’avais réservé ma place dans la croisière du samedi 15 septembre 2018 dès le mois de janvier.
D’après le livre "Southern African Birdfinder: Where to Find 1400 Bird Species in Southern Africa and Madagascar" de Callan Cohen, Claire Spottiswoode et Jonathan Rossouw, on peut espérer voir huit espèces d'albatros à cette période de l’année, mais seuls les Albatros à sourcils noirs et à cape blanche sont notés pratiquement à chaque fois (avec une probabilité d'observation de 75 à 100 %) : c'était donc une excellente période pour espérer voir et photographier mon premier albatros.
Le point de départ des sorties est le quai du port de Simon’s Town ou l'aire de stationnement de la capitainerie, à côté. En fonction des conditions météorologiques, les embarquements peuvent aussi se faire (plus rarement) depuis le port de Hout Bay, sur la côte ouest de la péninsule, à 30 minutes de Simon’s Town. Un courriel est normalement envoyé deux ou trois jours avant pour confirmer le lieu du rendez-vous, mais je ne l'ai jamais reçu. Malgré cette déconvenue et l'incertitude qui l'accompagnait, j’étais à l’heure sur le quai, et très vite, cinq participants étaient rassemblés devant le bateau.
Nous étions huit à bord : le pilote Allan, le guide Rob Leslie, et six passagers (dont moi). Après une courte présentation du déroulement de la sortie et des règles de sécurité, le bateau a quitté à 7 h les eaux calmes du port. Le ciel était très nuageux, mais d’après Allan, il ne devait pas pleuvoir.

Dauphin obscur (Lagenorhynchus obscurus)  
Dauphin obscur (Lagenorhynchus obscurus), croisière au large de la péninsule du Cap (Afrique du Sud), le 15/09/2018 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Robert Balestra

Il nous a fallu moins d’une heure pour dépasser la péninsule du Cap et le fameux cap de Bonne Espérance. Nous sommes passés devant Cape Point, la seconde pointe de l'extrémité de l'Afrique.
Durant cette petite heure de navigation, nous avons pu observer plusieurs espèces côtières comme le Goéland dominicain (Larus dominicanus), la Mouette de Hartlaub (Chroicocephalus hartlaubii), le Manchot du Cap, les Cormorans du Cap, couronné, des bancs et à poitrine blanche, l'Huîtrier de Moquin et la Sterne huppée. Quelques Babouin chacmas (Papio ursinus) déambulaient sur les falaises.
Allan a contacté par radio la surveillance maritime pour vérifier s'il y avait des bateaux de pêche dans la zone, et deux chalutiers opéraient en effet au-dessus du canyon du Cap, à la limite du plateau continental, à environ 34 km (18,5 milles marins) de notre situation.
Changement de rythme : le pilote a poussé les deux moteurs de 140 chevaux chacun pour rejoindre la zone au plus vite, mais nous nous sommes tout de même arrêtés pour admirer un ballet de plusieurs centaines de Dauphin obscurs ou de Gray qui chassaient les anchois : Rob Leslie en a compté 1 500.
J'ai profité de ce premier arrêt pour faire mes premières photos, mais les conditions étaient très difficiles à cause de la houle qui rendait impossible la station debout. Il n'était pas simple par ailleurs d’utiliser un monopode ou un trépied, et il fallait tout faire à main levée et assis. Heureusement, le pilote faisait des prouesses avec son bateau pour que les conditions soient les plus confortables possible et que les approches soient discrètes, avec un moteur à très bas régime, voire arrêté.

Fou du Cap (Morus capensis)  
Fou du Cap (Morus capensis), croisière au large de la péninsule du Cap (Afrique du Sud), le 15/09/2018 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Robert Balestra

J'ai fait mes premières photos de Dauphins obscurs, de Fous du Cap, d’albatros et de puffins, mais j'étais inquiet sur la qualité de mes photos car il m'était impossible de les vérifier du fait de la houle et des reflets sur l’écran de contrôle de mon boîtier. Je ne suis pas particulièrement sujet au mal de mer, mais je devais tout de même fixer régulièrement la ligne d’horizon, sous peine de changer assez rapidement de couleur...
Nous avons repris notre trajet vers le Sud, et le ciel s'est finalement peu à peu dégagé. Après plus d’une heure de navigation ponctuée de quelques arrêts photographiques, nous avons repéré le premier navire de pêche. Nous étions arrivés à la limite du plateau continental, où la profondeur passe brusquement de 180 à 3 600 mètres de profondeur. Les eaux froides riches en nutriments remontent ici grâce au courant de Benguela et sont à l'origine de la richesse de l'écosystème marin.
Le spectacle était hallucinant : des centaines d’oiseaux suivaient le sillage du chalutier, accompagnés par des dizaines d'Otaries à fourrure d'Afrique du Sud. La vie foisonnait et était d’une incroyable richesse. Nous ne savions plus où donner de la tête car les oiseaux nous survolaient dans tous les sens. Le ciel était en outre complètement dégagé et la houle avait diminué.
Tout en observant et en prenant nos photos, Rob nous a signalé les espèces au fur et à mesure qu'il les repérait : Pétrel de Hall, Océanite de Wilson, Puffins fuligineux et majeur, Albatros à cape blanche, Damier du Cap, Puffin à menton blanc, Albatros à sourcils noirs….. Je n’avais jamais vu autant d’oiseaux dans un endroit aussi restreint.

Chalutier suivi par des milliers d'oiseaux marins

Chalutier suivi par des milliers d'oiseaux marins (puffins, albatros, damiers..), croisière au large de la péninsule du Cap (Afrique du Sud), le 15/09/2018 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Robert Balestra
Pétrel de Hall et albatros

Pétrel de Hall (Macronectes halli), Albatros à cape blanche (Diomedea melanophrys) et Puffins à menton blanc (Procellaria aequinoctialis), croisière au large de la péninsule du Cap (Afrique du Sud), le 15/09/2018 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Robert Balestra

Labbe antarctique (Stercorarius antarcticus) 
Labbe antarctique (Stercorarius antarcticus), croisière au large de la péninsule du Cap (Afrique du Sud), le 15/09/2018 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Robert Balestra

Après ce spectacle incroyable, nous nous sommes dirigés vers le second bateau et nous avons assisté aux mêmes scènes de curée et de disputes, toujours orchestrées par les Labbes antarctiques.
Alors que l'océan était devenu étrangement calme et que les chalutiers s'étaient éloignés, une trentaine d’Océanites de Wilson sont venus picorer de la nourriture à quelques mètres de notre bateau, dont les moteurs avaient été arrêtés. Il y avait également sur l'eau de nombreux petits groupes d’oiseaux composés de puffins, de damiers et d’albatros : ils semblaient digérer la nourriture ingérée, ou tout simplement se reposer. Tout en prenant des dizaines, voire des centaines de photos, nous avons apprécié la quiétude et le spectacle. Après la cacophonie des cris des oiseaux se disputant les restes et le bruit des moteurs surpuissants des chalutiers, c’était très reposant : un grand moment !
Allan a finalement sonné l’heure du retour. En rejoignant la côte, nous avons croisé un Rorqual de Bryde (Balaenoptera edeni) et une Baleine à bosse (Megaptera novaeangliae), qui a effectué quelques sauts.
Nous avons atteint l'anse abritée de False Bay où nous avons joyeusement mangé pour célébrer nos observations. Il était 15 h quand j'ai posé le pied sur le quai, et je dois l’avouer, mes jambes étaient "en coton"....
Nous nous sommes quittés après de sincères remerciements et des échanges de photos souvenirs. Pas de doute, le montagnard que je suis venait de vivre une journée mémorable.

Océanite de Wilson (Oceanites oceanicus)

Océanite de Wilson (Oceanites oceanicus), croisière au large de la péninsule du Cap (Afrique du Sud), le 15/09/2018 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Robert Balestra
Océanites de Wilson (Oceanites oceanicus)

Océanites de Wilson (Oceanites oceanicus), croisière au large de la péninsule du Cap (Afrique du Sud), le 15/09/2018 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Robert Balestra


Liste des oiseaux et des mammifères observés lors de la sortie du 15 septembre 2018

  • Albatros à cape blanche (Thalassarche cauta) 
    Albatros à cape blanche (Thalassarche cauta), croisière au large de la péninsule du Cap (Afrique du Sud), le 15/09/2018 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
    Photographie : Robert Balestra
    Albatros à cape blanche (Thalassarche cauta) : 200
  • Albatros à sourcils noirs (Thalassarche melanophris) : 50
  • Pétrel de Hall (Macronectes halli) : 3
  • Damier du Cap (Daption capense) :10
  • Puffin à menton blanc (Procellaria aequinoctialis) : près de 1 000
  • Puffin fuligineux (Ardenna grisea): 200
  • Puffin majeur (Ardenna gravis) : 2
  • Océanite de Wilson (Oceanites oceanicus) : 100
  • Labbe antarctique (Stercorarius antarcticus): 3
  • Labbe parasite (Stercorarius parasiticus) : 2
  • Sterne arctique (Sterna paradisaea) : 6
  • Goéland dominicain (Larus dominicanus vetula) : 10
  • Fou du Cap (Morus capensis) : 100
  • Manchot du Cap (Spheniscus demersus) : 50
  • Sterne huppée (Thalasseus bergii)
  • Mouette de Hartlaub (Chroicocephalus hartlaubii)
  • Cormoran du Cap (Phalacrocorax capensis)
  • Cormoran des bancs (Phalacrocorax neglectus)
  • Cormoran à poitrine blanche (Phalacrocorax lucidus)
  • Cormoran couronné (Microcarbo coronatus)
  • Huîtrier de Moquin (Haematopus moquini)
  • Dauphin obscur (Lagenorhynchus obscurus) : 1 500
  • Rorqual de Bryde (Balaenoptera edeni) : 1
  • Baleine à bosse (Megaptera novaeangliae) : 5
  • Otarie à fourrure d'Afrique du Sud (Arctocephalus pusillus)
  • Babouin chacma (Papio ursinus) : 3.
Damier du Cap (Daption capense)

Damier du Cap (Daption capense), croisière au large de la péninsule du Cap (Afrique du Sud), le 15/09/2018 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Robert Balestra
Damiers du Cap (Daption capense) et Puffins à menton blanc (Procellaria aequinoctialis)

Damiers du Cap (Daption capense) et Puffins à menton blanc (Procellaria aequinoctialis), croisière au large de la péninsule du Cap (Afrique du Sud), le 15/09/2018 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Robert Balestra


Quelques conseils pour participer à une sortie pélagique

Albatros à sourcils noirs (Thalassarche melanophris) 
Albatros à sourcils noirs (Thalassarche melanophris), croisière au large de la péninsule du Cap (Afrique du Sud), le 15/09/2018 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Robert Balestra

Il faut prévoir des vêtements chauds et imperméables. Sous ces latitudes, le mauvais temps peut en effet être de la partie, sans compter les embruns soulevés par le bateau.
Il peut également faire très chaud : il est donc judicieux d’adopter une tenue vestimentaire composée de plusieurs couches (en "pelures d’oignon"). Un chapeau, un tube d'écran total et des lunettes de soleil sont conseillés.
Attention aux embruns qui peuvent atteindre votre équipement photographique et vos jumelles.
J’avais pris un cachet de Mercalm une demi-heure avant l’embarquement pour ne pas être malade : je ne suis pas du tout un marin et de fait je voulais mettre toutes les chances de mon côté, et cela a été efficace.
J'avais emporté mon téléobjectif Canon USM 500mm f/4 pour prendre des photos, mais je ne suis pas sûr que c'était la meilleure option, car le poids de l'équipement était un sérieux handicap. Il y avait en outre toujours des oiseaux qui passaient à proximité du bateau, parfois à moins d’un mètre, et je pense qu’un petit 300 mm f/4 ou un 400mm f/5,6 auraient amplement suffi. Les autres participants à la croisière avaient des 300 mm f/4 et des zooms plus légers et plus maniables que le mien, et je suis sûr qu’ils ont fait de superbes photos.
Rien ne vous empêche d'emporter deux objectifs et d'en changer pendant la sortie en fonction des conditions.
Les oiseaux étaient très peu farouches et ne semblaient guère prêter attention à notre embarcation. Il a toutefois été difficile d'approcher le Pétrel de Hall, malgré les tentatives d'Allan.
Il n'y a parfois aucun bateau de pêche dans la zone, et les observations sont alors plus difficiles : une longue focale peut alors être préférable, mais ce n’est même pas certain.
Il y avait une cabine dans le bateau pour se mettre au sec, mais il est facile d'avoir des nausées dans les endroits clos. La sortie est à déconseiller pour les personnes qui sont sujettes au mal de mer, parce que la houle est souvent forte. Mais d’après notre guide, il y a moins d'oiseaux quand la mer est trop calme...
Le prix par personne était de 150 euros : ce n’est pas donné, mais je n’ai pas regretté mon investissement, bien au contraire.
En résumé, il faut avoir un peu de chance pour que les conditions soient réunies afin qu’une sortie soit couronnée de succès, mais d'après les nombreux comptes-rendus disponibles sur www.capetownpelagics.com, cela semble souvent le cas : encore une bonne raison pour s'inscrire.

Observer les oiseaux endémiques du fynbos

En plus d'une séance d'observation en mer, il faut aussi se promener dans le fameux fynbos, une formation végétale naturelle arbustive caractéristique de la côte et des montagnes du sud de l'Afrique du Sud, pour découvrir les oiseaux endémiques de cet habitat comme le Turnix hottentot (Turnix hottentottus), la Bouscarle de Knysna (Bradypterus sylvaticus) ou le Serin totta (Crithagra totta). Le Kirstenbosch National Botanical Garden est l'un des sites les plus connus pour se familiariser avec l'avifaune du fynbos (lire Séjour ornithologique en Afrique du Sud en février 2013).
Plus au nord, une promenade dans le parc national de Tankwa Karoo sera l'occasion d'observer plusieurs oiseaux des milieux semi-désertiques, comme la Camaroptère cannelle (Euryptila subcinnamomea) ou l'Érémomèle du Karroo (Eremomela gregalis).
Un parcours dans la région de Langebaan, sur la côte ouest de la province du Cap-Occidental, vous permettra de visiter des habitats variés (zones buissonneuses et humides...).
À l'est de la ville du Cap, les forêts, les falaises et les prairies du district de l'Overberg accueillent entre autres le Trogon narina (Apaloderma narina), l'Aigle couronné (Stephanoaetus coronatus), l'Échenilleur gris (Coracina caesia), la Grue de paradis (Grus paradisea), l'Outarde de Denham (Neotis denhami), le Vautour chassefiente (Gyps coprotheres), le Tchagra du Cap (Tchagra tchagra) et l'Alouette de l'Agulhas (Certhilauda brevirostris).

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Sources

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Commentaires postés :

Francois31

Félicitations pour ce rapport sur cette sortie mémorable au large du Cap

29/12/2018

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