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Séjour ornithologique dans les Ghâts occidentaux (Inde) en mars 2017

Peregrine Rowse a participé du 10 au 17 mars 2017 à un voyage ornithologique guidé dans les états du Kerala et du Tamil Nadu pour observer le maximum d'oiseaux endémiques.

| Validé par le comité de lecture

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Séjour ornithologique dans les Ghâts occidentaux (Inde) en mars 2017

Vue des collines boisées près de Munnar, dans les Ghâts occidentaux (Inde), en mars 2017.
Photographie : Peregrine Rowse

Les Ghâts (ou Ghats) occidentaux sont une chaîne de montagnes anciennes s'étendant sur 1 600 km au sud-ouest de l’Inde, le long de la mer d’Arabie. Sur leur versant occidental, le climat est tropical et humide, tandis que le versant oriental, à l'abri des vents et de pluies de la mousson, est plus aride. Du fait de la diversité des microclimats et du relief, la végétation est variée, des forêts tropicales à feuilles caduques aux zones broussailleuses sèches en passant par les forêts montagnardes et les prairies d'altitude au-delà de 1 500 mètres. Plus de 6 000 espèces de plantes vasculaires ont été recensées, dont 3 000 sont endémiques. L'avifaune est aussi remarquable, avec près de 500 espèces recensées, dont environ 25 sont uniques au monde. 
Peregrine Rowse a participé du 10 au 17 mars 2017 à un voyage organisé par la compagnie locale Birds Kerala et guidé par Jijo Mathew : différents secteurs des états du Kerala et du Tamil Nadu ont été visités (plus de 1 000 km parcourus au total) à la recherche du maximum d'espèces d'oiseaux endémiques, et nous vous proposons une version française de son rapport illustré.

Abstract

The Western Ghats are a 1,600-kilometers long mountain range situated in southwestern India along the Arabian Sea. On their western slope, the climate is tropical and humid, while the eastern slope, which is sheltered from the winds and rain of the monsoon, is more arid. Due to the diversity of microclimates and relief, the vegetation is varied, from tropical deciduous forests to dry scrubland areas and mountainous forests and meadows (beyond 1,500 meters above sea level). More than 6,000 vascular plant species have been identified in the area, of which 3,000 are endemic. The birdlife is also remarkable, with nearly 500 species listed, of which about 25 are unique.
Peregrine Rowse
participated from the 10th to the 17th of March 2017 in a trip organized by the Birds Kerala company and guided by Jijo Mathew: different sectors of the states of Kerala and Tamil Nadu were visited to find the maximum of endemic bird species. We propose you a French version of his illustrated report.

Des dates inhabituelles pour un séjour dans les Ghâts occidentaux

Situation des Ghâts occidentaux (Inde)

Situation des Ghâts (Ghats) occidentaux (Inde).
Carte : Ornithomedia.com

Les dates de ce voyage ont été choisies en fonction de mes contraintes professionnelles, la plupart des ornithologues visitant cette partie de l'Inde entre novembre et février. En dehors du Gobemouche du Cachemire (Ficedula subrubra) et du Pipit de Godlewski (Anthus godlewskii), j'ai observé durant mon séjour tous les hivernants potentiellement présents. J'ai vu de nombreux notodèles (Sholicola sp.) en plumage nuptial, ce qui est étonnant à cette période de l'année, et certaines espèces sédentaires commençaient même à se reproduire. J'ai pris un vol entre Bombay (Mumbai) et Cochin (Kochi) à l'aller, et entre Coimbatore et Bombay au retour.
Ce voyage était organisé par la société Birds Kerala, dirigée par Thomas Zacharias (Kalypso Adventures), un professionnel rapide et efficace qui sait répondre aux attentes des observateurs et que je recommande sans hésitation. Le séjour était guidé par Jijo Mathew, un passionné reconnu qui sait où sont les espèces-clés et comment les trouver. Nous avons parcouru au total plus de 1 000 km.

Vendredi 10 mars 2017 : de Bombay au Hornbill Camp

J'ai pris un avion d'Air India à 5 h 30 du matin à Kochi pour un vol qui a duré 1 h 50. Il a décollé à l'heure prévue et j'ai été accueilli à l'arrivée par mon chauffeur Joji, qui a quitté l'aéroport en vingt minutes. Nous avons roulé durant deux heures vers le village de Thattekkad, en traversant un pays luxuriant mais très peuplé et très cultivé (principalement des cultures d'hévéas et d'ananas). Nous avons rencontré notre guide Jijo dans le village et nous avons rejoint le Hornbill Camp situé tout près : c'est dans un endroit charmant situé le long de la rivière Periyar et surplombant le Salim Ali Bird Sanctuary. Les chambres étaient installées sous des tentes permanentes. Il faisait environ 30 °C et l'air était très humide.

Carte d'une partie des Ghâts occidentaux (Inde) et secteurs visités en mars 2017

Carte d'une partie des Ghâts occidentaux (Inde) et secteurs visités en mars 2017 (cliquez sur la carte pour l'agrandir).
Carte : Ornithomedia.com

Nous sommes partis à 10 h du matin pour observer les oiseaux durant deux heures, avant le pic de chaleur de la journée, quand l'activité des oiseaux est alors très réduite. Nous avons d'abord exploré quelques massifs de bambous en bordure du terrain de football pour essayer (sans succès) d'observer le Petit-duc indien (Otus bakkamoena), mais nous avons tout de même bien vu un Coucou à queue fourchue (Surniculus dicruroides).
Nous nous sommes promenés dans une forêt secondaire dégradée près de l'hôtel (resort) Sparrow Valley et nous avons rapidement observé des Colombars des Ghâts (Treron affinis) et une jolie Grive à tête orange (Geokichla citrina). Jijo a découvert un nid de Chouettes leptogrammes (Strix leptogrammica) contenant un poussin bien développé. Nous avons trouvé également un Pouillot à gros bec (Phylloscopus magnirostris), un Gobemouche à menton bleu (Cyornis rubeculoides) et un Tchitrec de paradis (Terpsiphone paradisi). Nous avons bien observé deux Brèves du Bengale (Pitta brachyura) malgré la végétation dense. Un Étourneau de Malabar (Sturnia blythii) semblait nicher. Nous avons entendu le Pic canente (Hemicircus canente), la Galloperdrix rouge (Galloperdix spadicea) et le Coq de Sonnerat (Gallus sonneratii), ce qui était prometteur pour la suite du séjour.
Nous étions de retour au camp à midi, et la chaleur et l'humidité étaient alors importantes. À 15 h, un orage a éclaté et il s'est mis à pleuvoir énormément : nous étions au début de la période des pluies d'été, appelées aussi pluies des mangues, qui durent quelques semaines et qui avaient commencé depuis quelques jours. Cette période marque le début de la période de reproduction de beaucoup d'espèces.

Nous sommes repartis à 16 h sous une pluie battante qui ne s'est arrêtée que vers 4 h 30 du matin. Nous nous sommes arrêtés près d'une plantation d'hévéas où il était possible d'observer la Chouette ocellée (Strix ocellata), mais ces oiseaux étaient très timides et inquiets : nous ne nous sommes pas approchés trop près et je n'ai pas pu obtenir de photos.

Vue de la rivière Periyar (Inde)

Vue sur la rivière Periyar depuis le Hornbill Camp (Inde),
Photographie : Peregrine Rowse

Le mauvais temps avait forcé des centaines de martinets à voler près du sol, et le spectacle était impressionnant. Le long d'un canal, nous avons cherché les Pipits de Godlewski qui hivernent normalement ici mais qui étaient absents : Jijo pense qu'ils avaient changé d'emplacement à cause des pluies récentes. Nous avons observé un Pouillot de Hodgson (Tickellia hodgsoni), plusieurs Hypolaïs bottées (Iduna caligata), un Dendrocygne siffleur (Dendrocygna javanica) en vol et un Souimanga menu (Leptocoma minima). Dix Bécassines à queue pointue (Gallinago stenura) et quelques Chevaliers sylvains (Tringa glareola) se tenaient dans une zone marécageuse en contrebas de la digue du canal.
Au crépuscule, nous nous sommes placés sur le pont construit au-dessus de la rivière Periyar, et nous avons observé des Martinets des maisons (Apus affinis) chassant au-dessus de l'eau, ainsi qu'un petit groupe de Canards pilets (Anas acuta) passant en vol. Notre objectif était de voir le spectaculaire Engoulevent oreillard (Lyncornis macrotis), mais il a recommencé à pleuvoir et les conditions étaient donc loin d'être idéales. Nous avons cependant pu voir brièvement un oiseau en vol, et qui nous a semblé très grand. Nous avons également repéré un oiseau perché au sommet d’un grand arbre : ses énormes yeux orange ressemblaient à des phares ! Nous avons fait un dernier arrêt dans l'obscurité totale dans une zone buissonneuse pour essayer de voir l'Engoulevent de Jerdon (Caprimulgus atripennis), mais la pluie était forte et nous n’avons rien vu. Nous étions de retour au Hornbill Camp à 20 h.

Samedi 11 mars 2017 : environs du Hornbill Camp (Thattekkad)

Coq de Sonnerat (Gallus sonneratii)

Coq de Sonnerat (Gallus sonneratii), Thattekkad (Inde), mars 2017.
Photographie : Peregrine Rowse

Nous sommes partis à 6 h du matin en direction de la forêt d'Urulanthanni, qui n'est située qu'à 17 km du village Thattekkad à vol d'oiseau, mais à une heure de route. Nous avons commencé à observer dès 7 h 30 : il ne pleuvait pas, mais le temps était très brumeux, avec une lumière grisâtre qui rendait l'observation difficile, jusqu'à ce que la brume se dissipe vers 8 h 30. Nous nous sommes installés sur d'énormes affleurements rocheux dominant la forêt. De nombreux oiseaux on été vus, ainsi que deux mammifères intéressants : le Macaque à bonnet (Macaca radiata) et l'étonnant Écureuil géant de l'Inde (Ratufa Indica). Parmi les oiseaux endémiques vus, citons le Gobemouche à ventre blanc (Cyornis pallidipes), le superbe et commun Bulbul à gorge rubis (Pycnonotus gularis), le Dicée concolore (Dicaeum concolor), le Mainate religieux (Gracula religiosa), le Martinet indien (Zoonavena sylvatica) et le Barbu de Malabar (Megalaima malabarica). Après quelques recherches, nous avons repéré et bien vu un Pic canente. Nous avons pu comparer le Gobemouche muttui (Muscicapa muttui), avec sa grande tête et son cercle oculaire bien visible, avec le plus petit et plus grisâtre Gobemouche brun (Muscicapa dauurica). Nous n'avons pas réussi à observer de nouveau un Gobemouche à queue rousse (Ficedula ruficauda) repéré la veille. Une Irène vierge (Irena puella) nous a survolés, et nous avons aperçu le spectaculaire Pic à ventre blanc (Dryocopus javensis), à la couronne flamboyante. L'observation d'un couple de Podarges de Ceylan (Batrachostomus moniliger) au repos était remarquable.

Phodile de Ceylan (Phodilus assimilis)

Phodile de Ceylan (Phodilus assimilis), Thattekkad (Inde), mars 2017.
Photographie : Peregrine Rowse

Alors que nous partions, Jijo a reçu l'appel d'un guide qui encadrait un groupe de photographes indiens et qui avait localisé un Phodile de Ceylan (Phodilus assimilis). Nous nous sommes rendus sur place pour admirer cet oiseau fantastique, qui se reposait tranquillement. Les autres oiseaux intéressants étaient le Colombar des Ghâts, le Verdin à front d'or (Chloropsis aurifrons), l'Étourneau de Malabar, le Gobemouche à menton bleu (Cyornis rubeculoides), le Coucou à queue fourchue et le Guêpier de Leschenault (Merops leschenaulti). Nous avons également fait de belles observations de la Perruche de Malabar (Psittacula columboides), une belle espèce endémique, et de l'impressionnant Pic sultan (Chrysocolaptes lucidus). Dans l'ensemble, cette matinée a été très productive. La veille, Jijo avait trouvé un Martin-pêcheur méninting (Alcedo meninting) le long du cours d'eau, une espèce assez rare.
Nous sommes revenus au camp vers 11 h 30. Pendant le déjeuner, j'ai observé un Baza huppard (Aviceda leuphotes) et un Aigle huppé (Nisaetus cirrhatus). Nous nous sommes retrouvés à 15 h pour une séance d'observation dans la forêt secondaire proche du village de Thattekkad. Pour une raison obscure, le sanctuaire était fermé et nous avons dû nous promener à l'extérieur. Notre premier objectif était de voir la Galloperdrix rouge (Galloperdix spadicea), qui est incroyablement discrète : j'ai pu en apercevoir trois ensemble brièvement. Nous avons aussi observé la belle Témia à ventre blanc (Dendrocitta leucogastra), et de façon plus inattendue, un mâle immature de Trogon de Malabar (Harpactes fasciatus). Nous avons également noté plusieurs Coucous shikras (Hierococcyx varius) et Grives à tête orange. Parmi les autres espèces intéressantes, citons le Tchitrec azuré (Hypothymis azurea), des Langrayens bruns (Artamus fuscus) et une Pie-grièche brune (Lanius cristatus). Nous nous sommes ensuite rendus dans une zone rocheuse en bordure de route et nous avons bien vu un superbe Coq de Sonnerat.
Au crépuscule, nous avons rejoint le pont sur la rivière Periyar. La nuit était agréable, contrairement à la veille, et peu de temps après la tombée de la nuit, nous avons aperçu et entendu quelques Engoulevents oreillards. Nous avons roulé quelques instants vers la zone favorable aux Engoulevents de Jerdon, que nous avions ratés la veille, et nous avons bien vu quelques oiseaux perchés.

Dimanche 12 mars 2017 : environs du Hornbill Camp (Thattekkad)

Éléphants d'Asie (Elephas maximus)

Éléphants d'Asie (Elephas maximus), Thattekkad (Inde), mars 2017.
Photographie : Peregrine Rowse

Nous sommes partis un peu après 6 h du matin en direction de la vallée d'Idamalayar, située à environ 45 minutes (24 km) par la route. Celle-ci serpente à travers des collines boisées jusqu'à un barrage fermé au public, apparemment pour cacher l'incompétence du syndicat des eaux qui le gère... Il n'y avait pas de circulation et il était donc agréable de marcher le long de la route. Nous avons parcouru lentement quelques kilomètres et avons aperçu deux femelles d'Éléphants d'Asie (Elephas maximus) avec leurs petits se nourrissant dans les buissons, à environ 80 mètres de nous. Ils étaient si discrets que nous avons été surpris par leur présence, tandis qu'ils semblaient complètement indifférents à la nôtre. Apparemment, les éléphants ne sont pas aussi dangereux ici que dans le nord-est de l'Inde. Nous avons également vu des Macaques à bonnet et un Écureuil géant de l'Inde, et nous avons entendu un Semnopithèque du Nilgiri (Trachypithecus johnii). Nous avons également noté trois Écureuils palmés nordiques (Funambulus pennantii).
Dès que nous sommes sortis de la voiture, nous avons vu un Aigle de Legge (Nisaetus kelaarti) juvénile perché. J'ai également bien observé une Irène vierge et j'ai noté plusieurs Rousserolles à gros bec (Arundinax aedon), qui semblaient plus pâles qu'un oiseau trempé vu il y a deux jours. Nous avons repéré d'autres belles espèces, comme le Tchitrec azuré, le Coryllis vernal (Loriculus vernalis), la Perruche de Malabar, l'Étourneau de Malabar, la Chevêchette de jungle (Glaucidium radiatum), le Pic à calotte brune (Yungipicus nanus) (trois oiseaux) et un couple de Timalies à tête noire (Rhopocichla atriceps). Nous avons aperçu un Cratérope roussâtre (Turdoides subrufa) dans les branchages denses au bord de la route, mais nous n'avons pas observé le Bulbul colombar (Pycnonotus priocephalus) comme espéré. Près du barrage, nous avons observé l'Arrenga de Malabar (Myophonus horsfieldii), le Petit Arachnothère (Arachnothera longirostra), la Témia à ventre blanc (plusieurs), le Malcoha à bec jaune (Ceuthmochares aereus) et le Gobemouche à queue rousse. Nous avons également trouvé un couple de Téphrodornes de Malabar (Tephrodornis sylvicola), mais toujours pas de Bulbul colombar. Nous avons entamé notre retour vers 9 h 45. Un arrêt rapide au bord d'un étang non loin d'un barrage sur la rivière Periyar nous a permis d'observer une cinquantaine de Dendrocygnes siffleurs, une Gallinule poule-d'eau (Gallinula chloropus) et un Grèbe castagneux (Tachybaptus ruficollis). Nous avons traversé le barrage, mais nous n'avons rien vu de remarquable.

Gobemouche muttui (Muscicapa muttui)

Gobemouche muttui (Muscicapa muttui), Thattekkad (Inde), mars 2017.
Photographie : Peregrine Rowse

Nous étions de retour au camp à 10 h 50, à un moment où il faisait très chaud. Je suis sorti pour faire une promenade de quarante minutes mais j'ai vu peu de choses, sauf un Jacana bronzé (Metopidius indicus). Nous sommes repartis à 15 h 15, et nous avons roulé durant 45 minutes en direction d'un pont construit en amont sur la rivière Periyar, puis nous avons parcouru quelques kilomètres supplémentaires jusqu'à un ruisseau coulant dans une forêt non loin de la route, un bon site a priori pour le Bulbul colombar. Nous avons trouvé rapidement deux oiseaux, tranquillement posés dans la canopée. Nous avons vu aussi assez haut dans les arbres un Pouillot couronné (Phylloscopus occipitalis), au dessous blanc gris pâle, à la couronne faiblement striée et au bec pâle. Nous avons trouvé un autre Gobemouche muttui.
Nous sommes retournés sur le pont sur la rivière Periyar près de Thattekkad, et nous avons marché sur un kilomètre le long de la rive boisée, dans un endroit où un contact de Jijo avait vu un Bihoreau malais (Gorsachius melanolophus) il y a plusieurs années. C'était un endroit agréable surplombant la rivière, où un ancien camping avait été installé. Nous avons vu un Malcoha à bec vert (Phaenicophaeus viridirostris), un Coq de Sonnerat et des Carpophages pauline (Ducula aenea). Nous avons attendu une heure ou deux jusqu'au crépuscule, profitant de la tombée progressive de la nuit. Un petit héron de couleur cannelle est passé devant nous, et nous avons espéré qu'il s'agissait d'un Bihoreau malais mais ce "n'était qu'un" Blongios cannelle (Ixobrychus cinnamomeus), une espèce tout de même intéressante. Peu après, nous avons repéré un Blongios à cou jaune (Ixobrychus flavicollis) grâce à notre torche, un oiseau rarement vu dans le Kerala et à la répartition mal connue dans le sud de l'Inde. Alors que nous étions sur le point de partir, un peu de repasse nous a permis d'attirer un Petit-duc indien (Otus bakkamoena) qui nous a survolés. Nous étions de retour au Hornbill Camp à 19 h 50.

Lundi 13 mars 2017 : de Thattekkad à l'Abad Green Forest Hotel (Thekkady)

Lors du petit-déjeuner pris dans le Hornbill Camp, j'ai observé un magnifique Tchitrec de paradis (Terpsiphone paradisi) de forme blanche. Les Petits-ducs indiens ont appelé toute la nuit au-dessus de ma tente. Nous sommes partis à 7 h 30 et avons roulé plus de quatre heures à travers de belles collines boisées et des plantations de thé et de cardamome pour rejoindre le confortable Abad Green Forest Hotel situé à la périphérie de la ville de Kumily, près du point d'entrée au Periyar National Park de Thekkady. Nous nous sommes arrêtés pendant une demi-heure près d'un barrage érigé sur la rivière Periyar dans l'espoir de voir un Pygargue nain (Haliaeetus humilis), mais sans succès. Nous sommes arrivés à l'hôtel à midi, et j'ai profité d'un agréable buffet en compagnie d'un groupe de touristes français. La température était très agréable à près de 1 000 mètres d'altitude. À 14 h 30, nous nous sommes dirigés vers l'entrée du Periyar National Park, à quelques centaines de mètres de l'hôtel, et nous avons dû subir toutes les tracasseries administratives classiques préalables à la visite d'un parc national indien... Nous avons suivi le sentier "Green Walk" dans une vallée étroite dominée par des collines couvertes de bambous où le Garrulaxe de Delessert (Garrulax delesserti) est normalement présent : malheureusement, nous ne l'avons pas vu dans les arbres proches de l'entrée du parc, où il se pose pourtant fréquemment.

Semnopithèque du Nilgiri (Trachypithecus johnii)

Semnopithèque du Nilgiri (Trachypithecus johnii), Periyar National Park (Inde), mars 2017.
Photographie : Peregrine Rowse

Peu après le début de notre promenade, il a commencé à pleuvoir abondamment : heureusement, nous avions pris des parapluies et des chaussettes anti-sangsues.
Le parc couvre près de 800 km² et pourrait accueillir entre 40 et 45 tigres, mais nous ne nous sommes éloignés que de 200 mètres de l'entrée et nous avons scruté la colline proche couverte de bambous. Avec la pluie, les oiseaux étaient très peu actifs. Le temps s'est amélioré deux heures plus tard, mais les Garrulaxes de Delessert étaient toujours invisibles.
Nous sommes revenus à l'hôtel à 18 h après une journée extrêmement décevante : en effet, il n'est pas très amusant de regarder des heures un massif de bambous sous la pluie.... Les sangsues étaient aussi de la partie : on m'avait donné des chaussettes spéciales pour que mes jambes soient protégées, mais sans résultat. L'une d'entre elles s'était même glissée sous le bracelet de ma montre et une autre sur mon cou : ces deux plaies ont saigné abondamment et  ont causé des démangeaisons pendant plus d'une semaine.
Nous avons vu quelques Semnopithèques du Nilgiri (qui sont ici complètement noirs avec une face bordée de gris) dans la cime des arbres et un seul Sambar (Cervus unicolor). Nous devions nous promener le lendemain matin dans une autre partie du parc pour essayer d'observer entre autres le Calao bicorne (Buceros bicornis) et la Bergeronnette de forêt (Dendronanthus indicus), mais Jijo m'a appelé pour me dire qu'il avait réussi à échanger nos billets pour essayer à nouveau d'observer les garrulaxes. Nous avons observé un intéressant Tchitrec de paradis de forme rousse, mais avec les trois quarts de la queue blancs.

Mardi 14 mars 2017 : de Thekkady à l'Olive Grove Resort (Munnar)

Garrulaxe de Delessert (Garrulax delesserti)

Garrulaxe de Delessert (Garrulax delesserti), Periyar National Park (Inde), mars 2017.
Photographie : Peregrine Rowse

Nous étions rassemblés à l'entrée du Periyar National Park (et plus précisément dans la Periyar Tiger Reserve) à 7 h 15 : le temps était frais mais clair et nous avions bon espoir de voir les fameux Garrulaxes de Delessert tant espérés. Nous avons passé environ une heure et demie dans la même zone de bambous que la veille et les oiseaux étaient actifs, mais toujours pas de garrulaxes en vue. J'ai observé mon premier Alcippe à joues brunes (Alcippe poioicephala) du voyage.
Nous avons grimpé une pente abrupte jusqu'à une crête, puis nous sommes redescendus dans un ravin dégagé, où nous avons observé au moins cinq Garrulaxes de Delessert : ils étaient posés en évidence dans des buissons et de petits arbres mais étaient silencieux, et c'est certainement pour cela que nous avons eu tellement de mal à les trouver. J'ai pu faire des photos correctes. Nous sommes revenus à l'hôtel à 10 h 30 et nous avons appris que Joji avait perdu les clefs de voiture : il les a retrouvées 1 h 30 plus tard, elles étaient à côté du siège du conducteur...
Nous avons quitté Kumily à midi et nous avons passé la limite de l'état du Tamil Nadu. Nous sommes arrivés dans une plaine sans relief, chaude et sèche et couverte de cultures de fruits et de légumes. Nous nous sommes arrêtés dans un temple hindou au milieu des cultures et nous avons marché le long d'un canal d'irrigation alimenté par les eaux de la rivière Periyar. La falaise dominant le site accueillait il y a quelques années le Grand-duc Indien (Bubo bengalensis), mais Jijo ne l'avait pas cherché ici depuis longtemps. Nous n'avons pas vu ce rapace, mais nous avons noté un superbe couple de Kétoupas bruns (Ketupa zeylonensis). Il y avait aussi beaucoup d'Hypolaïs bottées et de Cratéropes affins (Turdoides affinis) dans cette zone sèche et broussailleuse.

Bulbul à menton jaune (Pycnonotus xantholaemus)

Bulbul à menton jaune (Pycnonotus xantholaemus), environs de Cumbum (Inde), mars 2017.
Photographie : Peregrine Rowse

Nous avons traversé la ville de Cumbum et nous avons emprunté une route raide en épingles sur le versant oriental aride des Ghâts occidentaux. Vers 16 h, à peu près au milieu de la montée, nous nous sommes arrêtés pour explorer la colline broussailleuse. Dans cet habitat assez banal, nous avons trouvé une espèce très localisée, le Bulbul à menton jaune (Pycnonotus xantholaemus) (plusieurs oiseaux vus et entendus). Nous avons également vu le Bulbul à sourcils blancs (Pycnonotus luteolus), le Monticole bleu (Monticola solitarius) et quelques Petits Ioras (Aegithina tiphia).
En retournant dans le bassin versant, nous sommes revenus dans l'état du Kerala, au climat plus humide et riche en plantations de cardamome et de thé. Vers 17 h, nous nous sommes arrêtés au niveau d'un point de vue spectaculaire sur les montagnes mais jonché de détritus jetés par les vendeurs de thé. Grâce peut-être aux innombrables mouches présentes, j'ai fait trois coches en trois minutes : un Pipit des Nilgiri (Anthus nilghiriensis) très confiant, cinq ou six jeunes Perdicules à bec rouge (Perdicula erythrorhyncha) au plumage très différent de celui du mâle adulte, et des Hirondelles des Nilgiri (Hirundo domicola) en chasse. On peut donc voir des espèces intéressantes même dans des endroits repoussants.
En nous dirigeant vers la ville de Munnar, nous avons traversé un barrage construit en 1944 et avons suivi une petite route menant à l'Olive Grove Resort (hôtel). Nous nous sommes arrêtés près d'une grotte avec un petit plan d'eau à son entrée. La lumière était en train de baisser, mais nous avons quand même vu un mâle de Notodèle à ventre blanc (Myiomela albiventris), un magnifique mâle de Rossignol indien (Larvivora brunnea) et plusieurs Gobemouches des Nilgiri (Eumyias albicaudatus). Des Salanganes de Malabar (Aerodramus unicolor) nichaient dans la caverne et passaient à quelques mètres de nos têtes.
L'Olive Brook Resort est un charmant petit hôtel installé dans une ancienne habitation de planteur. Ils servent même de la bière ! Avec une altitude de 1 500 mètres, il faisait froid le soir et j'ai dû enfiler un sweat-shirt pour manger mon souper sur la terrasse le soir.

Mercredi 15 mars 2017 : environs de l'Olive Grove Resort (Munnar)

Garrulaxe de Fairbank (Montecincla fairbanki)

Garrulaxe de Fairbank (Montecincla fairbanki), environs de Munnar (Inde), mars 2017.
Photographie : Peregrine Rowse

Nous sommes partis à 6 h 30 pour visiter les prairies d'altitude au-dessus de la ville de Munnar. Dans la forêt dominant l'hôtel, le long de la route étroite qui mène au Deshadan Resort, nous avons observé un Garrulaxe de Fairbank (Montecincla fairbanki). Au bout de la route, nous avons grimpé sur la pente raide couverte d'Herbes à éléphant (Miscanthus sp.), puis nous nous sommes installés sur un bloc rocheux et nous avons scruté la zone herbeuse pendant plus d'une heure pour espérer voir le Graminicole à queue large (Schoenicola platyurus). Jijo nous a dit que si cette espèce restait silencieuse, nous n'aurons que 5 % de chance de la voir, et après presque trois heures de recherche, nous ne l'avons en effet pas vue. Cet oiseau est très rare et discret ici. Nous avons quand même pu voir des Locustelles tachetées (Locustella naevia), des prinias (deux espèces) et des Timalies à ventre roux (Dumetia hyperythra) construisant leur nid. Nous avons aussi repéré une mystérieuse fauvette du genre Accrocephalus : j'ai pu prendre quelques photos correctes qui nous ont permis de confirmer qu'il s'agissait d'une Rousserolle isabelle (Acrocephalus agricola), inattendue sur le flanc d'une montagne. Nous avons aussi bien observé un Pigeon d'Elphinstone (Columba elphinstonii) en vol : ce colombidé est souvent posé tranquillement dans la cime des arbres et peu passer inaperçu.
Sur le chemin du retour, nous avons repéré deux Gobemouches orange et noir (Ficedula nigrorufa) construisant leur nid dans un ravin boisé (où j'ai aussi "récupéré" des sangsues au passage, cette fois-ci sur mes chevilles) : il s'agit vraiment d'un superbe passereau et c'est l'une des observations les plus remarquables de ce séjour. Nous étions de retour à l'hôtel à 9 h 30 pour le petit-déjeuner, durant lequel j'ai repéré plusieurs Mésanges jaunes (Machlolophus aplonotus) dans les arbres du jardin.

Rossignol indien (Larvivora brunnea) mâle

Rossignol indien (Larvivora brunnea) mâle, environs de Munnar (Inde), mars 2017.
Photographie : Peregrine Rowse

Nous sommes repartis à 11 h en direction de l'Eravikulum National Park, situé à environ 11 km de la ville de Munnar : c'est le seul endroit où le Tahr des Nilgiri (Hemitragus hylocrius) peut être trouvé. Le parc est fermé en février et en mars, durant la période de mise bas des femelles de ce mammifère endémique, et nous n'avions donc aucune chance de le voir. Nous nous sommes arrêtés dans un habitat très dégradé où la route traversait une rivière pour essayer d'observer la rare Grive de Nilghiri (Zoothera neilgherriensis) : nous nous demandions si notre guide ne se trompait pas car ce lieu nous semblait vraiment improbable. Nous avons parcouru l'endroit pendant une heure et nous n'avons rien vu de remarquable. Nous avons conduit quelques kilomètres vers l'entrée du parc, où passe un ruisseau au lit jonché d'ordures : j'y ai tout de même photographié une femelle de Rossignol indien, un Pouillot verdâtre (Phylloscopus trochiloides) et d'autres oiseaux. La plus haute montagne d'Inde du Sud, qui culmine à 2 700 mètres d'altitude, dominait le paysage.
Durant le déjeuner pris à l'hôtel Olive Grove, j'ai observé un mâle de Monticole à croupion roux (Monticola cinclorhyncha), un mâle de Rossignol indien et un Akalat à poitrine tachetée (Pellorneum ruficeps). Nous sommes partis à 15 h pour visiter les alentours. Nous sommes montés sur une colline boisée, puis nous nous sommes approchés de l'entrée d'une grotte, où j'ai essayé de photographier à nouveau certaines espèces.  J'ai vu deux magnifiques Monticoles à croupion roux, un couple de Notodèles à ventre blanc, un groupe de Garrulaxes de Fairbank dans les buissons proches de la route, des Rossignols indiens, un Pigeon d'Elphinstone et une troupe de Perdicules à bec rouge, dont un mâle. Nous étions de retour à l'hôtel à 17 h 30.

Pigeon d'Elphinstone (Columba elphinstonii)

Pigeon d'Elphinstone (Columba elphinstonii), environs de Munnar  (Inde), mars 2017.
Photographie : Peregrine Rowse
Perdicule à bec rouge (Perdicula erythrorhyncha)

Perdicule à bec rouge (Perdicula erythrorhyncha), environs de Munnar (Inde), mars 2017.
Photographie : Peregrine Rowse


Jeudi 16 mars 2017 : de Munnar à la Meadowview Residency (Ooty)

La route de Munnar au Chinnar Wildlife Sanctuary

La route de Munnar au Chinnar Wildlife Sanctuary (Inde), mars 2017.
Photographie : Peregrine Rowse

En attendant le groupe, j'ai entendu avant 7 h un Pigeon d'Elphinstone chantant sur la colline au-dessus de l'hôtel. Jijo a décidé que nous avions assez de temps pour essayer de le voir : nous avons roulé jusqu'au bout de la route, puis nous avons commencé à descendre lentement à pied. Rapidement, nous avons repéré un oiseau posé tranquillement dans la canopée. Nous avons également finalement réussi à bien voir un Pomatorhin de Horsfield (Pomatorhinus horsfieldii), une espèce que nous avions entendue les jours précédents sans réussir à la voir. Trois Galloperdrix rouges ont rapidement traversé la route et nous avons aussi vu un Monticole à croupion roux : une heure très productive !
Nous sommes passés devant l'entrée de l'Eravikulum National Park, nous avons traversé dans une belle et large vallée couverte de théiers et de jacarandas à fleurs mauves, puis une plantation de caféiers parsemée de santals et nous avons atteint une forêt sèche à feuilles caduques à l'entrée du Chinnar Wildlife Sanctuary. Nous avons pris un thé à 10 h 30 dans le bureau d'accueil, nous avons rempli les formalités administratives, puis nous sommes repartis avec deux gardes.
Nous avons aussi noté plus espèces d'oiseaux communes dans le nord de l'Inde, comme la Huppe fasciée (Upupa epops), le Téphrodorne de Pondichéry (Tephrodornis pondicerianus), le Rossignol indien (Larvivora brunnea) ou le Paon bleu (Pavo cristatus).

Grand-duc du Népal (Bubo nipalensis)

Grand-duc du Népal (Bubo nipalensis), Chinnar Wildlife Sanctuary (Inde), mars 2017.
Photographie : Peregrine Rowse

Nous avons aperçu une Brève du Bengale lors d'une promenade vers la forêt bordant la petite rivière Chinnar, où est présent le Grand-duc du Népal (Bubo nipalensis) : il ne dort pas dans le même arbre tous les jours, mais a environ dix perchoirs réguliers. L'un des gardes du sanctuaire a rapidement localisé un oiseau et nous l'avons bien observé. Il était en alerte et nous devions faire attention à ne pas le déranger. J'ai pu prendre des photos correctes, mais la lumière était mauvaise.
Nous avons longé la rivière sur environ un kilomètre, mais nous n'avons pas réussi à observer le Guêpier à barbe bleue (Nyctyornis athertoni). Nous avons tout de même vu quelques autres espèces intéressantes, comme le Martin-chasseur gurial (Pelargopsis capensis) et le Gobemouche de Tickell (Cyornis tickelliae). J'ai coché deux mammifères endémiques du sous-continent indien, l'Écureuil géant de Ceylan (Ratufa macroura), très rare et à l'aire de distribution limitée, et le Langur gris tuffé (Semnopithecus priam). J'ai également photographié des Macaques à bonnet se baignant dans la rivière, un spectacle inhabituel et pittoresque. Nous nous sommes promenés pendant deux heures et nous avons mangé notre panier-repas dans le bâtiment d'accueil du sanctuaire pour éviter d'être harcelés par les macaques en maraude.
Nous sommes retournés dans l'état du Tamil Nadu en passant par l'Anamalai Tiger Reserve, et nous sommes arrivés dans une plaine sèche et broussailleuse qui semblait avoir été abandonnée par les agriculteurs. Les déchets sur les côtés de la route étaient innombrables. Nous nous sommes arrêtés très brièvement pour observer une Alouette de Jerdon (Mirafra affinis) posée sur des fils le long de la route. Des centaines d'éoliennes, inactives ce jour, étaient visibles.
Après un certain temps, nous avons tourné à gauche et avons entamé une montée raide sur le versant oriental des Ghâts occidentaux. Nous étions au nord de la brèche (gap) de Palghat, qui isole les collines de Nilgiri du reste du massif et où l'on trouve plusieurs oiseaux endémiques comme le Brachyptère à flancs roux (Sholicola major) et le Garrulaxe des Nilgiri (Montecincla cachinnans). La forêt sèche bordant la route accueillait un grand nombre de Macaques à bonnet. Environ 1,5 km avant Ooty, alors que nous traversions à nouveau des plantations de théiers, Jijo a entendu des Garrulaxes des Nilgiri depuis la voiture : nous nous sommes arrêtés et nous les avons bien vus.
Ooty est une grande ville active et pauvre. Contrairement à son nom, la Meadows View Residency, où j'ai passé la nuit, avait une vue sur une station d'essence et sur un terrain vague utilisé comme décharge...

Vue du Chinnar Wildlife Sanctuary (Inde)

Vue de l'habitat du Grand-duc du Népal (Bubo nipalensis) dans le Chinnar Wildlife Sanctuary (Inde) en mars 2017.
Photographie : Peregrine Rowse
Garrulaxe des Nilgiri (Montecincla cachinnans)

Garrulaxe des Nilgiri (Montecincla cachinnans), environs d'Ooty (Inde), mars 2017.
Photographie : Peregrine Rowse


Vendredi 17 mars 2017 : d'Ooty à Coimbatore (et retour)

Gobemouche à tête grise (Culicicapa ceylonensis)

Gobemouche à tête grise (Culicicapa ceylonensis) se baignant, jardins botaniques d'Ooty (Inde), mars 2017.
Photographie : Peregrine Rowse

Nous sommes partis à 7 h30 en direction des jardins botaniques situés au centre de la ville. Nous avons observé quelques oiseaux nouveaux et intéressants comme la sous-espèce locale teintée de gris du Merle des Nilgiri (Turdus simillimus), la Mésange indienne (Parus cinereus), le Faucon pèlerin (Falco peregrinus) (transportant une proie) et le Gobemouche à tête grise (Culicicapa ceylonensis) (se baignant). Nous n'avons pas réussi à observer le mâle de Gobemouche du Cachemire (Ficedula subrubra) qui hiverne normalement ici : peut-être avait-il déjà migré vers le Nord ?
Après une heure et demie passée dans les jardins, nous sommes retournés au Meadows View Residency pour prendre notre petit-déjeuner, puis nous sommes repartis à 9 h 40 pour explorer à quelques kilomètres de la ville un ravin parcouru par un petit cours d'eau et aux pentes couvertes de buissons denses. Comme c'est le cas de beaucoup d'endroits du Tamil Nadu, c'était un vrai dépotoir, mais à seulement quelques centaines de mètres d'une plantation de théiers et d'une circulation intense, nous avons quand même trouvé un Brachyptère à flancs roux. Il était plutôt timide et restait caché dans la végétation, mais j'ai pu prendre quelques bons clichés avec une sensibilité de 16 000 ISO. Nous avons aussi repéré une Grive de Nilghiri extrêmement discrète, mais je n'ai pas pu prendre de photos.
Nous nous sommes ensuite promenés entre les cultures dans les environs, qui étaient parcourues par des troupeaux de vaches. Il n'a pas fallu longtemps pour que nous repérions des Rhidipures mouchetées (Rhipidura albogularis) qui agitaient leur grande queue blanche et qui bondissaient à quelques pas de nous. Le seul autre oiseau remarquable était un couple de Pies-grièches schach (Lanius schach).

Gobemouche orange et noir (Ficedula nigrorufa)

Gobemouche orange et noir (Ficedula nigrorufa), environs d'Ooty (Inde), mars 2017.
Photographie : Peregrine Rowse

Nous avons fait un arrêt au belvédère de Doddabetta, le point le plus élevé au-dessus d'Ooty, à environ 2 500 mètres d'altitude. Parmi les nombreux touristes et vendeurs ambulants, nous avons observé six oiseaux endémiques des Ghâts occidentaux : le Brachyptère à flancs roux, le Garrulaxe des Nilgiri (plusieurs), le Pigeon d'Elphinstone (quatre), et les Gobemouches orange et noir et des Nilgiri. Nous avons aussi vu un Coq de Sonnerat, une belle façon de finir notre séjour.
Nous sommes partis à 2 h 15 du matin vers l'aéroport de Coimbatore, et nous sommes arrivés peu avant 18 h, après un arrêt pour le déjeuner et quelques pauses. J'ai pris le vol de 21 h vers Bombay, puis un second à 2 h 30 vers London-Heathrow.

Un bon bilan

J'ai observé au total 201 espèces (plus deux entendues), mais nous n'avons pas passé beaucoup de temps à chercher des oiseaux communs de l'Inde du Nord. J'ai raté le Guêpier à barbe bleue, la Bergeronnette de forêt et le Calao bicorne, et nous aurions pu observer le Coucou à collier (Clamator coromandus) et le Martin-pêcheur méninting. Ce n'était enfin pas la bonne période de l'année pour observer le Graminicole à queue large.

Liste commentée des oiseaux observés

Vous pouvez télécharger la liste commentée des espèces d'oiseaux observées.

Quelques notes sur des oiseaux des Ghâts occidentaux non observés

  1. Bihoreau malais (Gorsachius melanolophus) : un hivernant discret et rare. La seule chance d'observer cette espèce est que votre guide connaisse un dortoir.
  2. Baza de Jerdon (Aviceda jerdoni) : un rapace très rare dans les Ghâts Occidentaux.
  3. Coucou à collier (Clamator coromandus) : un hivernant rare dans les Ghâts Occidentaux. On a une chance d'observer cette espèce dans les environs de Thattekkad ou dans le Periyar National Park.
  4. Petit-duc d'Orient (Otus sunia) : il y a régulièrement un dortoir dans le Thekkaddy Bird Sanctuary, mais il n'était pas occupé durant notre visite.
  5. Martin-pêcheur méninting (Alcedo meninting) : une espèce peu commune, visible par exemple le long du ruisseau d'Urulanthann dans le Thattekkad Wildlife Sanctuary.
  6. Guêpier à barbe bleue (Nyctyornis athertoni) : nous n'avons pas eu de chance de trouver cette espèce près de Thattekkad ou dans le Chinnar Wildlife Sanctuary.
  7. Calao bicorne (Buceros bicornis) : il est normalement présent dans le Periyar National Park, mais nous n'avons pas visité les bons secteurs.
  8. Pouillot de Tytler (Phylloscopus tytleri) : rare dans la région d'Ooty.
  9. Gobemouche du Cachemire (Ficedula subrubra) : un hivernant rare dans la région d'Ooty. Nous avons cherché activement mais sans succès un mâle qui avait hiverné dans les jardins botaniques mais qui était sûrement déjà parti.
  10. Graminicole à queue large (Schoenicola platyurus) : un endémique des Ghâts Occidentaux, présent dans les prairies au-dessus de Munnar. Il est difficile à trouver quand il ne chante pas, mais il est plus actif durant la mousson.
  11. Bergeronnette de forêt (Dendronanthus indicus) : un hivernant répandu mais en petit nombre. On a de meilleures chances de l'observer près de Thattekkad et dans le Periyar National Park.
  12. Pipit de Godlweski (Anthus godlewskii) : plusieurs hivernent dans le Thattekkad Wildlife Sanctuary, mais ils étaient partis avant notre visite.

Liste commentée des mammifères observés

  1. Écureuil géant de l'Inde (Ratufa indica)

    Écureuil géant de l'Inde (Ratufa indica), Thattekkad (Inde), mars 2017.
    Photographie : Peregrine Rowse
    Éléphant d'Asie (Elephas maximus) : deux femelles vues avec leurs petits près de Thattekkad.
  2. Macaque à bonnet (Macaca radiata) : très commun sur le versant dominant les plaines du Tamil Nadu. Un jeune d'environ une semaine a été vu dans le Chinnar Wildlife Sanctuary.
  3. Langur gris tuffé (Semnopithecus priam) : commun dans le Chinnar Wildlife Sanctuary, également vu près d'Ooty.
  4. Semnopithèque du Nilgiri (Trachypithecus johnii) : quelques-uns vus dans le Periyar National Park.
  5. Écureuil géant de l'Inde (Ratufa indica) : des individus appartenant à la sous-espèce à dos pourpré ont été vus près de Thattekkad, dans le Periyar National Park, près de Munnar et d'Ooty.
  6. Écureuil géant de Ceylan (Ratufa macroura) : un individu de la sous-espèce indienne dandolena a été vu dans le Chinnar Wildlife Sanctuary. Selon le Handbook of Mammals of the World, il resterait moins de 500 individus appartenant à cette sous-espèce.
  7. Écureuil palmiste d'Inde (Funambulus palmarum) : commun.
  8. Écureuil palmiste sombre (Funambulus sublineatus) : plusieurs vus dans le Periyar National Park et près d'Ooty.
  9. Écureuil palmé de la jungle (Funambulus tristriatus) : un probable vu dans le Periyar National Park.
  10. Cerf axis (Axis axis) : quelques-uns vus dans une plantation de caféiers près du Chinnar Wildlife Sanctuary.
  11. Sambar (Rusa unicolor) : un vu dans le Periyar National Park. 

Contact

Peregrine Rowse - E-mail : InholmesATinternet.com

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Source

Peregrine Rowse (2017). A short trip in search of the endemics of the Western Ghats of Kerala & Tamil Nadu. Fri 10th – Fri 17th March 2017. Cloud Birders. www.cloudbirders.com/tripreport/repository/ROWSE_India_03_2017.pdf

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"Séjour ornithologique dans les Ghâts occidentaux (Inde) en mars 2017"

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