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La péninsule de Varanger (Norvège) en février 2018 : eiders, hareldes et gerfaut

La fin de l'hiver est une période intéressante pour visiter cette région arctique, notamment pour observer des rassemblements d'Eiders de Steller et à tête grise.

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La péninsule de Varanger (Norvège) en février 2018 : eiders, hareldes et gerfaut

Le port de Båtsfjord (Norvège) en février 2018 : l'Eider à tête grise (Somateria spectabilis) et la Harelde boréale (Clangula hyemalis) y sont faciles à voir en hiver.
Photographie : Marc Fasol

Située au nord de la Norvège, près de la frontière russe, la péninsule de Varanger est une destination ornithologique réputée car on peut y observer assez facilement plusieurs espèces arctiques attirées par des habitats variés (toundra, tourbières, vasières, falaises, saulaies, bois de bouleaux...) et des eaux riches en nourriture ne gelant pas en hiver grâce  au Gulf Stream. Une visite au printemps et au début de l'été est idéale car les journées sont longues et l'on peut observer plusieurs oiseaux migrateurs (limicoles, passereaux et oiseaux marins) et nicheurs (Bécasseaux minute et de Temminck, Labbe à longue queue, Lagopède des saules, Buse pattue, Pygargue à queue blanche, Faucon gerfaut, Guillemot de Brünnich, Alouette haussecol, Linotte à bec jaune, Bruant lapon...).
La fin de l'hiver (février-mars) est également une période intéressante car les eaux abritées et libres de glace permettent le stationnement de troupes d'Eiders à duvet, à tête grise et de Steller et de Hareldes de Miquelon. Les grands rassemblements d'oiseaux marins, qui se rapprochent alors de leurs sites de nidification encore enneigés, peuvent d'autre part attirer le Faucon gerfaut.
Après un parcours en Finlande, Marc Fasol et sa compagne ont ensuite visité le Varanger en février 2018, et ils nous ont transmis plusieurs photos et informations.

Abstract

Situated in northern Norway, near the Russian border, the Varanger Peninsula is a well-known ornithological destination where one can watch a nice diversity of Arctic species attracted by the different habitats (tundra, peat bogs, mudflats, cliffs, willows, birch woods ...) and the waters rich in food and not frozen in winter thanks to the Gulf Stream. In spring and early summer, the days are long and you can find several migratory birds (waders, passerines and seabirds) and breeding birds (Temmink's and Little Sandpipers, Long-tailed Skua, Willow Ptarmigan, White-tailed Eagle, Gyrfalcon, Thick-billed Murre, Horned Lark, Twite Lapland Bunting ...).
The end of winter (February-March) is also an interesting time to visit the Varanger: the sheltered and ice-free waters allow the wintering of flocks of Common, King and Steller's Eiders and Long-tailed Ducks. Numerous seabirds gather near their breeding grounds still covered by snow, which may attract the Gyrfalcon.
After a short trip in Finland, Marc Fasol and his wife visited the Varanger in February 2018, and they sent us several photos and information.

Le séjour de février 2018

Les secteurs visités en février 2018

Les secteurs visités en Finlande et en Norvège en février 2018.
Carte : Ornithomedia.com

Marc Fasol et sa compagne sont partis de Bruxelles (Belgique) le 24 février 2018 : ils se sont envolés avec Finnair pour Helsinki, puis ont pris un vol intérieur vers Kuusamo (lire Observer les oiseaux dans le nord de la Finlande), une ville située près de la frontière russe. Après un court stage d'apprentissage de conduite de chiens de traîneau, ils ont loué une Volkswagen Polo (kilométrage illimité) auprès de la compagnie Avis et se sont dirigés vers le Finnmark (Norvège) (lire Observer les oiseaux dans le Finnmark).
À cette période de l'année, la densité des oiseaux est très faible dans la taïga et les tétras et les gélinottes bougent peu, mais les passereaux sédentaires se rapprochent des villages et fréquentent les mangeoires mises à leur disposition : Marc a ainsi photographié des Durbecs des sapins (Pinicola enucleator) et des Sizerins blanchâtres (Acanthis hornemmani) (lire Identifier le Sizerin blanchâtre) à Kaamanen, au nord d'Inari (Finlande), un site classique pour ces deux espèces, où l'on peut aussi voir le Mésangeai imitateur (Perisoreus infaustus), le Sizerin flammé (Acanthis flammea), les Mésanges lapone (Poecile cinctus) et boréale (P. montanus borealis) et le Jaseur boréal (Bombycilla garrulus).
Ils ont ensuite repris leur trajet vers la péninsule de Varanger, au nord de la Norvège, une région arctique connue pour ses fjords plongeant dans la mer de Barents.
Les limicoles de passage n'arrivent pas avant les mois d'avril-mai, mais cette période est idéale pour observer les troupes d'Eiders à duvet (Somateria mollissima), à tête grise (S. spectabilis) et de Steller (Polysticta stelleri) et de Hareldes boréales (Clangula hyemalis) qui se rassemblent dans les ports de pêche, comme celui de Båtsfjord, où plusieurs affûts flottants ont été installés pour les photographes.
Ils ont ensuite rejoint Vardø, où ils ont pu observer dans de très bonnes conditions un Faucon gerfaut (Falco rusticolus) adulte au plumage gris sombre (en Islande, les oiseaux sont gris clair et blanchâtres au Groenland) chassant sur la petite île d'Hornøya, en face du port. Il était probablement attiré par un grand (près de 80 000 oiseaux) rassemblement de Guillemots de Troïl (Uria aalge) en mer, parmi lesquels se trouvaient des Guillemots de Brünnich (Uria lomvia) (environ 500). Des Cormorans huppés (Phalacrocorax aristotelis) étaient posés sur un îlot rocheux.

Sizerin blanchâtre (Acanthis hornemmani)

Sizerin blanchâtre (Acanthis hornemmani), Kaamanen, (Finlande) en février 2018 (cliquez sur la photo pour l'agrandir)
Photographie : Marc Fasol
Affût dans le port de Båtsfjord (Norvège)

Affût dans le port de Båtsfjord (Norvège) en févier 2018 (cliquez sur la photo pour l'agrandir)
Photographie : Marc Fasol
Eiders à duvet (Somateria mollissima) et à tête grise (Somateria spectabilis)

Eiders à duvet (Somateria mollissima) et à tête grise (Somateria spectabilis) sous la neige, port de Båtsfjord (Norvège) en février 2018 (cliquez sur la photo pour l'agrandir)
Photographie : Marc Fasol
Hareldes boréales (Clangula hyemalis)

Hareldes boréales (Clangula hyemalis), port de Båtsfjord (Norvège) en février 2018 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Marc Fasol


Un contact et des ouvrages utiles

Il est conseillé de visiter les bureaux de la compagnie Biotope  à Vardø, juste à côté de l'embarcadère pour l'île d'Hornøya. En particulier, Tormod Amudsen, auteur du guide "Birding Varanger" (voir ci-dessous), répond aimablement (en anglais) à toutes vos interrogations sur les conditions locales d'observation. Courriel : tormod@biotope.no. - Téléphone : 0047.99.33.49.82.
Les livres ci-dessous sont par ailleurs utiles pour préparer son séjour dans le nord de la Finlande et dans la péninsule de Varanger :

  • "Birding Varanger", un excellent atlas, avec les cartes de tous les sites intéressants à visiter. Ce livre est en vente à la réception du "Vadsø Fjordhotell" à Vadsø et au bureau de la compagnie Biotope à Vardø.
  • "Birding across the Border", un guide des bons sites à visiter,  y compris ceux qui se trouvent du côté russe (dans la région de Mourmansk). Ce livre est en vente à la réception du Vadso Fjordhotell à Vadsø.
  • "Finding birds in Lapland" de david Gosney, avec tous les bons tuyaux pour trouver les "spécialités" ornithologiques du nord de la Finlande et de la Norvège.

Les Eiders de Steller et à tête grise dans le Varanger en hiver

Eider de Steller (Polysticta stelleri) mâle

Eider de Steller (Polysticta stelleri) mâle, Båtsfjord (Norvège) en février 2018.
Photographie : Marc Fasol

La péninsule de Varanger est l'un des rares secteurs d'Europe où il est possible d'observer dans de bonnes conditions deux canards marins peu communs, les Eiders de Steller et à tête grise. Ils arrivent en hiver, durant la longue nuit polaire, et ils restent jusqu'à la fin avril, voire la mi-mai pour les derniers Eiders de Steller, avant de rejoindre leurs sites de nidification en Sibérie. La meilleure période pour les observer est mars-avril, la luminosité étant trop faible en décembre et en janvier.  
L'Eider de Steller niche le long des côtes d'Alaska et de Russie (à l'est de la baie de la Khatanga). Sa population est comprise entre 110 000 et 125 000 oiseaux, alors qu'elle comptait près de 500 000 individus dans les années 1960. Les Eiders de Steller qui nichent en Alaska et dans le nord-est de la Sibérie hivernent dans le sud de la mer de Béring, tandis que ceux qui se reproduisent à l'ouest de la Russie passent la mauvaise saison dans la mer de Kola, le long des côtes norvégiennes et dans la mer Baltique (lire 750 Eiders de Steller comptés dans un seul site d'hivernage estonien le 9 janvier 2015) : des groupes pouvant compter plusieurs centaines d'oiseaux hivernent par exemple près de l'île de Saaremaa en Estonie (lire L’île de Saaremaa, une destination ornithologique hivernale intéressante).
De 2 000 à 3 000 Eiders de Steller hivernent dans le fjord de Varanger, alors que de 8 000 à 15 000 oiseaux étaient encore comptés il y a une vingtaine d'années. On peut très bien les observer dans les ports de Vardø, de Vadsø, de Båtsfjord ou de Kiberg par exemple. Cette espèce devient de plus en plus rare vers l'ouest, et les troupes ne dépassent pas les 100 individus au niveau du cap Nordkinn.

Eiders à duvet (Somateria mollissima) et à tête grise (Somateria spectabilis)

Eiders à duvet (Somateria mollissima) et à tête grise (Somateria spectabilis), Båtsfjord, février 2018 (cliquez sur la photo pour l'agrandir)
Photographie : Marc Fasol

L'Eider à tête grise est l'autre canard marin "vedette" visible dans la péninsule de Varanger lors d'un séjour entre février et avril. Il se reproduit le long des côtes russes à l'est du cap Kanin et de l'archipel de la Nouvelle-Zemble, et en particulier dans la toundra côtière à l'est de la mer Blanche. Il niche aussi dans l'archipel du Svalbard (entre 500 et 2 000 couples) (lire Observer les oiseaux au Svalbard), dans le nord-ouest du Canada et à l'est du Groenland.
Les oiseaux qui se reproduisent en Sibérie orientale hivernent dans la mer de Béring, tandis que ceux qui nichent dans le nord-ouest de la Russie et dans le Svalbard hivernent dans la mer de Kola et le long des côtes norvégiennes. Entre 100 000 et 130 000 Eiders à tête grise hivernent en Europe, dont 30 000 dans la région de Mourmansk (Russie) et entre 70 000 et 100 000 au large des côtes norvégiennes, dont plus de 30 000 le long de la péninsule de Varanger. Il stationne généralement plus au large et dans des eaux plus profondes que l'Eider de Steller.

Les sites visités

Le port de Båtsfjord

Båtsfjord est l'un des principaux ports du Finnmark, et c'est l'un des meilleurs sites pour observer les Eiders à tête grise et de Steller en hiver parmi les Eiders à duvet et les Hareldes de Miquelon : ils nagent tranquillement entre les bateaux à quai. Des affûts flottants permettent de les photographier dans de bonnes conditions. Les Goélands argenté (Larus argentatus) et marin (L. marinus) sont communs.

Le port de Vardø

La péninsule de Varanger (Norvège) : quelques bons sites d'observation

La péninsule de Varanger (Norvège) : quelques bons sites d'observation.
Carte : Ornithomedia.com

Le port de Vardø est un haut-lieu ornithologique car il est situé en face des grandes colonies d'oiseaux marins des îles d'Hornøya et de Reinøya. La ville est reliée au continent par un tunnel sous-marin qui descend à 88 mètres sous la terre.
Des dizaines de couples de Mouettes tridactyles (Rissa tridactyla) nichent sur les maisons du port. En hiver, une promenade le long des digues vous permettra d'observer des canards marins, notamment les trois espèces d'eiders (à duvet, à tête grise et de Steller), dont les effectifs culminent en février (jusqu'à 3 000 oiseaux). Le 17 février 2018, 3 500 Eiders à duvet ont été comptés entre l'île de Vardø et le port (source : Finmarkbirding). L'Harelde boréale est aussi présente en nombre. Le Plongeon à bec blanc (Gavia adamsii) a déjà été noté à plusieurs reprises (un signalé le 20 février 2018).
Hélas, les oiseaux marins sont parfois mazoutés : durant une semaine à la fin du mois de février 2018, 5 Mouettes tridactyles, 10 Eiders à duvet, 10 Eiders à tête grise, une Harelde boréale et un Guillemot de Brünnich souillés ont été observés (source : Finmarkbirding).
Les oiseaux marins se rapprochent de leurs sites de nidification dès la fin de l'hiver et se rassemblent en mer : plus de 35 000 Guillemots de Troïl et de Brünnich ont ainsi été comptés le 20 février 2018 au large de Vardø (source : Finmarkbirding). Le Faucon gerfaut est attiré par ces regroupements : un jeune est même resté durant l'hiver 2017-2018 dans le port de Vardø, chassant les pigeons et les mouettes (source : Finmarkbirding).
Quelques Goélands bourgmestres (Larus hyperboreus) estivent dans le port.
Il est toujours intéressant de jeter un coup d'oeil en mer : le 9 mars 2018, un groupe de 10 Orques épaulards (Orcinus orca) est ainsi passé au large de Vardø.

L'île d'Hornøya

Cormorans huppés (Phalacrocorax aristotelis)

Cormorans huppés (Phalacrocorax aristotelis), sur un îlot près de l'île d'Hornøya (Norvège) en février 2018.
Photographie : Marc Fasol

La petite (1 000 x 700 mètres) île d'Hornøya est située en face de Vardø et est facilement accessible en bateau (10 minutes de traversée). Cette île est réputée au printemps pour ses grandes colonies d'oiseaux marins (près de 150 000 oiseaux), dont les effectifs sont toutefois en baisse depuis plusieurs années. L'île voisine de Reinøya est aussi très riche, et l'ensemble est protégé par une réserve naturelle. L'accès à ces deux îles est limité pendant la saison de reproduction : pour plus d'informations, vous pouvez contacter l'office de tourisme de Vardø.
Près de 20 000 couples de Mouettes tridactyles, 8 000 couples de Guillemots de Troïl (en 2018, ils ont commencé à s'installer sur les falaises dès le 16 mars), dont une partie porte des "lunettes" blanches, et environ 500 couples de tordas (Alca torda) nichent sur les falaises d'Hornøya, tout comme le Guillemot de Brünnich (environ 400 couples), une espèce difficile à observer en dehors de l'Islande et de la Russie. Le Fulmar boréal (Fulmarus glacialis) et le Fou de Bassan (Morus bassanus) nichent dans la partie supérieure des falaises. Quelques milliers de couples de Macareux moine (Fratercula artica) creusent des terriers au sommet des falaises.  
Le Guillemot à miroir (Cepphus grylle) et l'Océanite tempête (Hydrobates pelagicus) nichent dans les éboulis rocheux, non loin des Grands Cormorans (Phalacrocorax carbo) et des Cormorans huppés. 
Plusieurs milliers de couples Goélands argentés et marins, ainsi que quelques couples d'Eiders à duvet, nichent sur l'île. Le Pygargue à queue blanche (Haliaeetus albicilla) et le Faucon gerfaut, nicheurs dans le secteur, font des incursions régulières.
En hiver, le Mergule nain (Alle alle) peut être vu en mer, tout comme les Eiders à tête grise et de Steller (également présents à la fin de l'été). Le Plongeon à bec blanc est régulier à cette période. D'autres espèces qui peuvent être vues pendant la mauvaise saison, comme le Hibou des marais, le Bruant lapon et le Bruant des neiges.

Faucon gerfaut (Falco rusticolus)

Faucon gerfaut (Falco rusticolus), île d'Hornøya (Norvège) en février 2018 (cliquez sur la photo pour l'agrandir)
Photographie : Marc Fasol
Guillemots et Faucon gerfaut

Faucon gerfaut (Falco rusticolus) survolant un groupe de Guillemots de Troïl (Uria aalge) et de Brünnich (Uria lomvia) près de l'île d'Hornøya en février 2018 (cliquez sur la photo pour l'agrandir)
Photographie : Marc Fasol


D'autres bons sites à visiter dans la péninsule de Varanger

Varanger Birdpark / Vestre Jakobselv

Pic épeichette (Dendrocops minor) femelle

Pic épeichette (Dendrocops minor) femelle en Finlande en mai 2014.
Photographie : Marc Fasol

Le Varanger Birdpark est un espace privé de 3,2 hectares situé dans une forêt de bouleaux près du hameau de Vestre Jakobselv. Des mangeoires ont été installées et permettent d'observer en hiver des passereaux arctiques assez difficiles à trouver dans la taïga, comme les Mésanges lapone et boréale (Poecile montanus), le Sizerin blanchâtre et le Pinson du Nord (Fringilla montifringilla). Le Bouvreuil pivoine (Pyrrhula pyrrhula), le Geai des chênes (Garrulus glandarius) et les Pics tridactyle (Picoides tridactylus) et épeichette (Dendrocops minor) sont aussi possibles.
Des nichoirs ont été installés dans la forêt de bouleaux, et la Chouette épervière (Surnia ulula) s'y installe parfois.
Plus d'informations sont disponibles sur Varanger.info.

La réserve naturelle de Nesseby  

La petite église de Nesseby, facilement accessible depuis Varangerbotn par la E75, est l'un des symboles de la péninsule de Varanger : sa forme caractéristique se reflète dans les eaux du Varangerfjord. Elle est située près de la réserve naturelle de Nesseby, dont la diversité ornithologique est l'une des plus importantes de la péninsule grâce à des habitats variés (saulaies, bosquets de saules, tourbières, étangs, pâtures, toundra, plages, vasières...). Il est particulièrement conseillé de la visiter entre mai et septembre. 
Durant la migration prénuptiale, on observe le long de la côte des groupes de Barges à queue noire (Limosa limosa), de Bécasseaux maubèches (Calidris canutus), de Bécasseaux variables (C. alpina) et de Grands Gravelots (Charadrius hiaticula). Les Bécasseaux minute (C. minuta) et cocorli (C. ferruginea) et le Tournepierre à collier (Arenaria interpres) sont moins nombreux. Au début du mois de juillet, des dizaines de Phalaropes à bec étroit (Phalaropus lobatus) stationnent sur le petit étang situé derrière l'église. Des passereaux migrateurs sont à rechercher près de l'église, comme le Bruant des neiges (Plectrophenax nivalis) à la fin de l'hiver.
Des canards, oies et Laridés se rassemblent en grand nombre dans les eaux peu profondes qui baignent la réserve. Le Pygargue à queue blanche est régulier et le Faucon gerfaut est possible. Le Hibou des marais (Asio flammeus) chasse parfois au-dessus des pâtures.
Quand les vents soufflent depuis l'Est, le cap proche de l'église de Nesseby constitue un très bon site pour voir des oiseaux marins parfois peu communs en Norvège comme le Puffin des Anglais (Puffinus puffinus) et les Mouettes pygmée (Hydrocoloeus minutus) et de Sabine (Xema sabini). Un Pétrel soyeux (Pterodroma mollis) a même été découvert le 6 juin 2009. 
Les tourbières et les bois en contrebas de la E75 accueillent au printemps des passereaux nicheurs : Gorgebleue à miroir (Luscinia svecica), Phragmite des joncs (Acrocephalus schoenobaenus) et Pipit à gorge rousse (Anthus cervinus). À la fin de l'été, des migrateurs sont de passage, comme le Bruant lapon, le Sizerin blanchâtre ou la Bergeronnette printanière (Motacilla flava).
Entre décembre et la mi-mai, de petits groupes d'Eiders de Steller fréquentent le port de Nesseby, et c'est aussi un bon site pour observer les oiseaux marins.
Situé à l'est du village, le petit delta du fleuve Bergeby est intéressant pour les Laridés et les limicoles.

Le port de Vadsø et l'île de Vadsøya

Eider à duvet (Somateria mollissima) mâle

Eider à duvet (Somateria mollissima) mâle, Båtsfjord (Norvège) en février 2018.
Photographie : Marc Fasol

Vadsø est la plus grande ville de la péninsule de Varanger, et comme Vardø, c'est une bonne base de découverte de la région. En hiver et au début du printemps, le port est idéal pour observer les canards marins et notamment l'Eider de Steller : durant l'été 2010, c'était le seul site du Varanger où cette espèce était visible. Un affût pour photographes a même été installé sur la digue.
Des raretés sont possibles, même en hiver : le 12 mars 2018, des observateurs allemands ont ainsi découvert une Grive à gorge noire (Turdus atrogularis) dans le port (source : Finmarkbirding).
Le Goéland bourgmestre (Larus hyberboreus) estive en petit nombre.
Lorsque l'on traverse le pont, on arrive sur l'île de Vadsøya, où nichent plusieurs limicoles comme les Bécasseaux variable, minute et de Temminck et le Chevalier gambette (Tringa totanus). La tour métallique, indiquant d'où Amudnsen s'était envolé pour explorer le Pôle Nord, est parfois une zone de parade pour les Bécasseaux minute et de Temminck.
La Sterne arctique (Sterna paradisaea), le Pipit à gorge rousse, le Gorgebleue à miroir et le Bruant lapon se reproduisent également sur l'île. Le petit plan d'eau situé dans la partie orientale constitue un véritable "aimant" à migrateurs, et plusieurs raretés y ont été vues. Des Combattants variés (Philomachus pugnax) y paradent en avril-mai, et le Bécasseau minute a déjà niché à proximité.
Le Faucon gerfaut chasse parfois les oiseaux le long des plages, provoquant les envols des canards et des limicoles.
Le Lièvre variable (Lepus timidus) est commun. L'extrémité sud de l'île est un bon point d'observation des mammifères marins comme le Petit Rorqual (Balaenoptera acutorostrata), le Rorqual commun (Balaenoptera physalus), la Baleine à bosse (Megaptera novaeangliae), l'Orque épaulard (Orcinus orca), le Marsouin commun (Phocoena phocoena), le Dauphin à nez blanc (Lagenorhynchus albirostris) et les Phoques gris (Halichoerus grypus) et veau-marin (Phoca vitulina).
Sur l'île, on peut séjourner dans l'hôtel Vadsø Fjordhotell, très apprécié des ornithologues.

La réserve naturelle d'Ekkeröy

Harelde boréale (Clangula hyemalis)

Harelde boréale (Clangula hyemalis), Båtsfjord (Norvège) en février 2018.
Photographie : Marc Fasol

La réserve naturelle d'Ekkeröy protège des falaises plus ou moins abruptes, des prairies, des plages de sable et des vasières. Un sentier de découverte permet de la parcourir. Pour y accéder depuis Vadsø (13 km), il faut suivre la E75 vers l'est et tourner à Ekkerøy.
Des oiseaux marins peuvent être observés le long de la côte abritée, notamment après les tempêtes, comme les Plongeons catmarin (Gavia stellata), arctique (G. arctica), imbrin (G. immer) et à bec blanc (rare mais annuel), la Macreuse noire (Melanitta nigra), la Harelde boréale, les Eiders à duvet et de Steller (en hiver) et les Harles bièvre (Mergus merganser) et huppé (M. serrator).
Durant les migrations, des groupes de limicoles se nourrissent sur les vasières et le long des plages : Bécasseaux minute (Calidris minuta), maubèche (troupes de 2 000 à 3 000 en mai), sanderling (C. alba) et de Temminck, Phalarope à bec étroit, Grand Gravelot, Huîtrier pie (Haematopus ostralegus), Barge à queue noire (Limosa limosa), Combattant varié (Philomachus pugnax)...
Les petits plans d'eau en contrebas de la route E75, entre Ekkerøy et Krampenes, sont aussi intéressants durant les migrations.
De nombreux couples de Sternes arctiques (Sterna paradisae) nichent dans la réserve, mais leur nombre varie d'une année à l'autre. Des dizaines de milliers de couples de Mouettes tridactyles s'installent sur les falaises au printemps, et il est facile de les approcher et de les photographier. Quelques couples de Guillemots à miroir sont visibles chaque année, tandis que le Guillemot de Troïl et le Pingouin torda sont des visiteurs sporadiques. Le Grand Corbeau niche aussi sur les falaises et pille parfois les nids des mouettes.
Les Pipits à gorge rousse et farlouse (Anthus pratensis), l'Alouette haussecol (Eremophila alpestris) et le Traquet motteux (Oenanthe oenanthe) sont d'autres nicheurs de la réserve.
Le Pygargue à queue blanche est régulier toute l'année, la Buse pattue et le Hibou des marais chassent les rongeurs lors des bonnes années, le Faucon gerfaut capture parfois des mouettes, tandis que le Faucon pèlerin (Falco peregrinus) s'intéresse plutôt aux limicoles. Le Harfang des neiges (Bubo scandiacus) visite parfois la réserve.
L'extrémité de la pointe d'Ekkeröy est très favorable pour l'observation des cétacés.

Le port de Krampenes

Tous les ports de la péninsule de Varanger sont intéressants pour observer ses canards et ses oiseaux marins  : le 18 mars 2018, un Eider à duvet de la sous-espèce du Pacifique (S. m. nigrum) (lire Identifier les sous-espèces de l'Eider à duvet), découvert la veille à Skallelv, a même été repéré parmi des Eiders à duvet au large de Krampenes (source : Finmarkbirding).

Le port de Kiberg

Situé entre Kramvik et Vardø, le port de Kiberg est l'un des meilleurs sites du Varanger pour observer de près l'Eider de Steller en février et en mars.

La route entre Kongsfjord et Berlevåg

Faucon gerfaut (Falco rusticolus)

Faucon gerfaut (Falco rusticolus), île d'Hornøya (Norvège) en février 2018 (cliquez sur la photo pour l'agrandir)
Photographie : Marc Fasol

La route côtière entre Kongsfjord et Berlevåg est sinueuse et traverse de superbes paysages sauvages. L'observation du Renne est quasiment garantie, et le Faucon gerfaut niche sur les falaises : avec un peu de chance, il sera possible de l'observer en chasse.

Le Syltefjordstauran

Située près de Batfjord, cette zone accidentée est réputée pour ses grandes colonies d'oiseaux marins, et notamment de Mouettes tridactyles (plus de 100 000 couples). Toutefois, on assiste depuis plusieurs années à un déclin des effectifs. La colonie de Fous de Bassan y est la plus nordique du monde. Le Grand Cormoran et le Cormoran huppé nichent à la base des parois rocheuses, accompagnés des Goélands argenté (Larus argentatus) et marin (Larus marinus). Plusieurs milliers de couples d'Alcidés appartenant à quatre espèces, dont le Guillemot de Brünnich, sont aussi présents.
Le Pygargue à queue blanche est assez facile à observer, et le Faucon gerfaut est possible.
Le vallon de Syltefjord accueille des oiseaux nicheurs typiques de la toundra, des tourbières et des saulaies : plusieurs limicoles, le Sizerin flammé (Acanthis flammae), la Gorgebleue à miroir roux, le Bruant lapon, le Grand Corbeau (Corvus corax), le Lagopède des saules (Lagopus lagopus), le Labbe à longue queue (Stercorarius longicaudus)...
L'observation en mer depuis les falaises peut être très productive en février et en mars, et des groupes d'eiders et de Fuligules milouinans (Aythya marila) sont présents. Durant les passages, le Labbe parasite (Stercorarius parasiticus) (entre autres) est régulier. Des cétacés peuvent aussi être vus.
Pour se rapprocher de la colonie d'oiseaux de mer de Syltefjørdstauran depuis Batfjord, il faut suivre la petite route côtière, se garer et suivre sur une dizaine de kilomètres un chemin traversant des pierriers (à éviter les jours de brouillard) : l'odeur de guano prévient de la proximité des oiseaux.
Le sentier traverse un vallon parcouru par plusieurs ruisseaux où sont visibles les ruines du village de Syltefjord : il est conseillé de le parcourir au printemps pour observer plusieurs limicoles et passereaux arctiques nicheurs.

La vallée de Pasvik 

Durbec des sapins (Pinicola enucleator)

Durbec des sapins (Pinicola enucleator) mâle, Kaamanen (Finlande), février 2018.
Photographie : Marc Fasol

Située au sud de la péninsule de Varanger (non visible sur notre carte), le long de la frontière russe, la vallée de Pasvik fait partie du parc national d'Øvre Pasvik. Il s'agit d'une belle zone de taïga ancienne et de tourbières où l'on peut voir des animaux rares ailleurs en Norvège. On y trouve notamment la plus grande population norvégienne d'Ours bruns (Ursus arctos).
En hiver et au début du printemps, des passereaux intéressants comme le Durbec des sapins, la Mésange lapone et le Méangeai imitateur visitent les mangeoires de Birk Husky (voir sa localisation) et des chalets ("cabins") d'Ellentjern près de Svanvik : 20 à 30 Durbecs des sapins, 15 à 20 Sizerins blanchâtres, 15 à 20 Mésanges lapones, 6 Mésangeais imitateurs et 6 Geais des chênes ont été par exemple comptés le 16 mars 2018 sur les mangeoires des chalets d'Ellentjern (source : Finmarkbirding). Plusieurs espèces de chouettes sont aussi visibles, dont la Chouette lapone (Strix nebulosa) (une vue le 4 mars 2018 par exemple).
Un centre d'accueil (voir sa localisation) offre aux visiteurs des informations sur les richesses naturelles et culturelles de la zone, ainsi que des conseils pratiques.
Accès : depuis Kirkenes, il faut prendre la E6 vers Hesseng, puis suivre la direction de Pasvikdalen (route 885) jusqu'à Nyrud.

Contact

Marc Fasol - Courriel : marc.fasol@icloud.com - Galerie : www.oiseaux.net/photos/marc.fasol/

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