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Foula, une île écossaise isolée riche en surprises ornithologiques

Les observateurs peu nombreux qui séjournent en automne sur cette île sont souvent récompensés : les Bruants à couronne blanche et à gorge blanche ont ainsi été trouvés en septembre 2018 !

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Foula, une île écossaise isolée riche en surprises ornithologiques

Vue de l'île de Foula, à l'ouest de l'archipel des Shetland, Écosse (Grande-Bretagne).
Photographie : Marc Fasol

Foula est la plus occidentale et la plus éloignée des îles Shetland, et c'est la terre peuplée (moins de 30 habitants) la plus isolée de l'archipel britannique. Elle est principalement couverte de tourbières et de landes et est bordée à l'ouest de hautes falaises qui accueillent au printemps d'importantes colonies de Fulmars boréaux, de Guillemots de Troïl, de Macareux moines et de Petits Pingouins. Sa "colonie" de Grands Labbes est la plus importante du monde, avec près de 3 000 couples.
Entre septembre et novembre, les arbres et arbustes proches des maisons et des petites fermes et les vallons abrités sont visités par des migrateurs parfois venus d'Amérique du Nord, d'Europe orientale ou d'Asie. Le Pipit de la Petchora est pratiquement annuel depuis plusieurs années, et des raretés variées ont déjà été observées, comme la Grive fauve, la Bartramie des champs, la Pie-grièche à poitrine rose, le Sizerin blanchâtre ou le Pipit d'Amérique. En septembre 2018, des passereaux nord-américains rarissimes en Europe ont même été vus sur Foula, un Bruant à gorge blanche et un Bruant à couronne blanche de première année. Fait étonnant, pour la seconde espèce, il s'agissait de la seconde donnée sur l'île en moins d'un an !
Afin de vous donner un aperçu la richesse ornithologique de cette île en automne et de vous donner envie de la visiter, nous vous proposons des traductions des rapports de Chris Turner, Michael McKee et Pete Forrest en septembre 2018, de Donna Atherton en octobre 2017, de Nick Crouch en septembre 2012 et de Hanna et Janne Aalto (site web : Caligata.com) en septembre-octobre 2009. Nous remercions Chris Turner et Hanna et Janne Aalto pour leurs photos.

Abstract

The small (12 km²) island of Foula is the westernmost of the Shetland archipelago, and it is the most isolated inhabited land of Great-Britain (less than 30 inhabitants). It is mainly covered with peat bogs and heaths, and it is bordered on the west by high cliffs, which in spring are home to important colonies of Northern Fulmars, Common Guillemots, Puffins and Little Penguins. Its "colony" of Great Skuas is the largest in the world, with nearly 3,000 pairs.
Between September and November, the bushes and trees near houses,  small farms and in sheltered small valleys are visited by migrants which sometimes come from North America, Eastern Europe or Asia. The Pechora Pipit has become almost annual in recent years, and several rarities have been watched, such as the Veery, the Upland Sandpiper, the Lesser Grey Shrike Shrike, the Artic Redpoll or the American Pipit. In September 2018, two North American "mega-rarities" were even discovered, a White-throated Sparrow and a first-year White-crowned Sparrow. Surprisingly, for the second species, it was the second record in less than one year!
To give you a glimpse of this island and make you want to visit it in the fall, we propose you a French version of the reports of Chris Turner, Michael McKee and Pete Forrest in September 2018, Donna Atherton in October 2017, Nick Crouch in September 2012 and Hanna and Janne Aalto (website: Caligata.com) in September-October 2009. We thank Chris Turner and Hanna and Janne Aalto for their photos.

Foula, une île isolée mais habitée

Situation de l'île de Foula (Royaume-Uni)

Situation de l'île de Foula (Royaume-Uni).
Carte : Ornithomedia.com

Foula est l'île habitée la plus reculée de Grande-Bretagne : elle est située dans l'océan Atlantique, à environ 30 km à l'ouest de Mainland, l'île principale de l'archipel des Shetland. Sa superficie est de 12 km². Elle est dominée à l'ouest par cinq hauteurs abruptes : Da Noup, Hamnafield, Da Kame (la plus haute falaise abrupte de Grande-Bretagne, avec 375 mètres), la Soberlie Tower et Da Sneug, le point culminant avec 418 mètres. Ce relief domine une plaine orientale ondulée couverte de prairies, de tourbières et de landes. L'essentiel de la végétation est composé de bruyères, de mousses et de lichens. Les arbres sont rares et de petite taille : ils poussent essentiellement près des maisons et des petites fermes (souvent abandonnées), à l'abri des murets de pierres, mais aussi dans les vallons, dont le plus important est le Hametoon Burn, dans le sud de l'île.
L'isolement explique plusieurs particularités : on y trouve la sous-espèce endémique thuleo du Mulot sylvestre (Apodemus sylvaticus), on y célèbre encore Noël et le Nouvel An selon l’ancien calendrier julien (Newerday le 13 décembre et Yule le 6 janvier), et c'était l'un des derniers endroits des Shetland où le Norn, une langue similaire au féroïen, était parlé. Foula a appartenu pendant près de cent ans à la famille Holbourn.
Environ 25 habitants y vivent actuellement, principalement de l'élevage des moutons (2 000 parcourent les landes et les prairies) et des poneys, mais un nombre grandissant (encore modeste) de personnes visitent chaque année cette terre pour profiter de sa tranquillité, de ses paysages et de plus en plus souvent, pour observer les oiseaux et les cétacés.

Falaise Da Sneck o da Smaallie

La falaise de Da Sneck o da Smaallie, sur l'île de Foula, septembre 2009.
Photographie : Hanna et Janne Aalto
Harrier

Paysage typique près du hameau de Harrier, sur l'île de Foula, septembre 2009.
Photographie : Hanna et Janne Aalto


De grandes colonies d'oiseaux marins

Grands Labbes (Stercorarius skua)

Grands Labbes (Stercorarius skua), île de Foula, septembre 2009.
Photographie : Hanna et Janne Aalto

Le nom de Foula provient du vieux dialecte norrois “Fuglaey” qui signifie "île des oiseaux" : en effet, chaque printemps, des milliers de couples d'oiseaux marins viennent nicher sur les falaises et dans les landes de l'île. Pendant de nombreuses années, elle a accueilli des zoologistes de l'université de Glasgow qui étudiaient son importante population (près de 3 000 couples) de Grands Labbes (Stercorarius skua). La Sterne arctique (Sterna paradisaea) partage le même habitat, tandis que les petits lochs de l'intérieur permettent la nidification du Plongeon catmarin (Gavia stellata). Les hautes falaises de la côte ouest accueillent des milliers de couples de Macareux moines (Fratercula arctica), de Fulmars boréaux (Fulmarus glacialis), de Guillemots des Troïl (Uria aalge), de Petits Pingouins (Alca torda) et de Fous de Bassan (Morus bassanus). La première nidification prouvée de cette dernière espèce sur l'île remonte à 1975, et elle est en expansion depuis (1 370 couples comptés en 2007). Il semble que cette progression se soit faite en partie au détriment du Guillemot de Troïl.
Par contre, le Cormoran huppé (Phalacrocorax aristotelis) a presque disparu en tant que nicheur, et la Mouette tridactyle (Rissa tridactyla) est aussi en très fort déclin. L'Océanite tempête (Hydrobates pelagicus) et le Puffin des Anglais (Puffinus puffinus) se reproduisent entre les rochers des éboulis au pied des falaises, mais le nombre de couples n'est pas bien connu.
Parmi les oiseaux nicheurs terrestres, citons la Linotte à bec jaune (Linaria flavirostris), le Grand Corbeau (Corvus corax), la Corneille mantelée (Corvus cornix) et les sous-espèces zetlandicus du Troglodyte mignon (Troglodytes troglodytes) et de l'Étourneau sansonnet (Sturnus vulgaris), pratiquement impossibles à distinguer de leurs congénères du reste de l'archipel britannique (lire Fair Isle, l'île mythique des ornithos).
Les Phoques gris (Halichoerus grypus) et veau-marin (Phoca vitulina) sont communs le long des côtes. Des groupes d'Orques épaulards (Orca orca) passent parfois près du rivage, et les Marsouins communs (Phocaena phocoena) suivent fréquemment le ferry qui dessert l'île.
L'automne est aussi une saison passionnante pour visiter Foula, quand des migrateurs variés, parfois très rares, font une halte plus ou moins longue dans les prairies, les ravins et les jardins abrités. Selon la plupart des observateurs, la meilleure période est comprise entre la mi-septembre et la mi-octobre.

Troglodyte mignon (Troglodytes troglodytes zetlandicus)

Troglodyte mignon des Shetland (Troglodytes troglodytes zetlandicus), île de Foula, septembre 2009.
Photographie : Hanna et Janne Aalto
Phoques veaux-marins (Phoca vitulina)

Phoques veaux-marins (Phoca vitulina), île de Foula, septembre 2009.
Photographie : Hanna et Janne Aalto


Accès

Carte de l'île de Foula et bons sites d'observation

Carte de l'île de Foula (Royaume-Uni) et emplacements de quelques bons sites d'observation.
Carte : Ornithomedia.com

L'accès à Foula peut se faire par voie maritime ou aérienne, mais il dépend entièrement de conditions météorologiques, et il n'y a pas de dessertes le dimanche. Le ferry "New Advance" débarque au Pier (port) de Ham à partir de Walls, sur l'île de Mainland, dans l'archipel des Shetland (en été, il y a aussi des traversées depuis Scalloway). La traversée dure 2 h 15 minutes, et la réservation est nécessaire à l'avance au 01595 840208 ou au 01595 743976 ou sur www.shetland.gov.uk/ferries. Il n'est pas possible de faire un aller-retour dans la journée en bateau.
La desserte aérienne est essentiellement assurée par la compagnie Airtask Group (téléphone : 01595 840246 et site web www.airtask.com) depuis l'aérodrome de Tingwall, à Lerwick, sur l'île de Mainland. 
Une carte détaillée de Foula est disponible en ligne.
Des informations pratiques sont disponibles sur www.bienvenueenecosse.com et sur www.shetland.org.

Hébergement et restauration

Un nombre croissant de touristes visitent Foula pour observer les colonies d'oiseaux marins nicheurs au printemps et chercher des raretés en automne (les habitants sont de moins en moins surpris de voir des personnes "roder" près de leur jardin avec des jumelles), mais les hébergements sont rares. Il y a quelques maisons d'hôtes et une seule chambre d'hôtes ou Bed and Breakfast (B&B), celui de Ristie (réservation : www.visitscotland.com et contact  : page Facebook "RistieSelfCatering"), situé dans le nord de l'île et qui appartient à Isobel Holbourn. Il est confortable et permet d'héberger plusieurs visiteurs, qui peuvent y cuisiner. On peut réserver en ligne, mais il vaut mieux s'y prendre à l'avance si on veut séjourner durant le "pic" de l'activité ornithologique, comprise entre la troisième semaine de septembre et la seconde d'octobre.
Il n'y a pas de magasins d'alimentation ni de restaurants sur Foula : on peut commander directement sa nourriture auprès des magasins de Walls, sur l'île de Mainland, ou passer par la propriétaire du B&B. Les marchandises seront livrées par le ferry.

Séjour du 21/09 au 5/10/2018 : deux bruants américains simultanément

Bruant à couronne blanche (Zonotrichia leucophrys) de premier hiver

Bruant à couronne blanche (Zonotrichia leucophrys) de premier hiver, île de Foula (Grande-Bretagne), septembre 2018 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Chris Turner

Chris Turner, Michael McKee et Pete Forrest ont séjourné sur Foula du 21 septembre au 5 octobre 2018. Durant cette période, les vents dominants soufflaient souvent de l'Ouest, ce qui a eu des conséquences sur les espèces vues. Parmi les oiseaux remarquables qu'ils ont observés, citons un Bruant à couronne blanche (Zonotrichia leucophrys) de premier hiver, un Bruant à gorge blanche (Zonotrichia albicollis) et un Bécasseau rousset (Calidris subruficollis), mais aussi un Loriot d'Europe (Oriolus oriolus), trois Sizerins flammés (Acanthis flammea) et une Tourterelle des bois (Streptopelia turtur). Un autre observateur a vu brièvement un Pipit d'Amérique ou farlousane (Anthus rubescens).
Voici ci-dessous un résumé du récit de leur découverte du jeune Bruant à couronne blanche en septembre 2018 :

nous visitons les îles Shetland chaque automne depuis 25 ans (lire Les îles Shetland, une destination ornithologique passionnante en automne), mais c'est la première fois que les vents soufflaient presque constamment de l'ouest. L'île est la plus occidentale de l'archipel écossais, il y avait donc une chance que ces conditions particulières favorisent les arrivées d'oiseaux accidentels nord-américains, d'autant plus que Geoff and Donna Atherton, les deux observateurs qui vivent toute l'année sur Foula, avaient découvert au cours des deux dernières semaines un Bruant à gorge blanche et un Bécasseau rousset. Le 29 septembre avait été très venteux et pluvieux, mais le 30 septembre était plus calme : nous avons donc quitté notre B&B Ristie et nous sommes allés faire notre tour quotidien de l'île. Michael avait repéré un possible Phalarope à bec large (Phalaropus fulicarius) qui s'était posé derrière un muret puis s'était rapidement envolé : nous sommes allés le chercher sur de petits plans d'eau peu profonds situés derrière la plage, où il aurait pu se poser. Alors que nous nous approchions d'une maison en ruines à l'est de Ristie, nous avons repéré un petit oiseau qui s'est posé sur un mur : un Bruant à couronne blanche de premier hiver ! Nous avons pu le photographier et l'observer pendant près d'une heure. Nous avons ensuite décidé de poursuivre notre promenade.
Le Bruant à gorge blanche découvert il y a plusieurs jours déjà était toujours présent près du hameau de Harrier : il y avait donc deux passereaux nord-américains très rares sur la même petite île. Geoff and Donna ont par la suite relocalisé le Bruant à couronne blanche sur une maison ruinée proche de Soberlie Hill, où il est resté trois jours, se nourrissant dans l'herbe et parmi les rochers. Il était très confiant. C'est la deuxième donnée de cette espèce sur Foula en moins d'un an, un autre jeune oiseau ayant séjourné du 8 au 11 octobre 2017.

Bruant à couronne blanche (Zonotrichia leucophrys) de premier hiver

Bruant à couronne blanche (Zonotrichia leucophrys) de premier hiver, île de Foula (Grande-Bretagne), septembre 2018 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Chris Turner
Bruant à gorge blanche (Zonotrichia albicollis)

Bruant à gorge blanche (Zonotrichia albicollis), île de Foula (Grande-Bretagne), septembre 2018 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Chris Turner
Bruant à gorge blanche (Zonotrichia albicollis)

Bruant à gorge blanche (Zonotrichia albicollis), île de Foula (Grande-Bretagne), septembre 2018 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Chris Turner
Bécasseau rousset (Calidris subruficollis)

Bécasseau rousset (Calidris subruficollis), île de Foula (Grande-Bretagne), septembre 2018 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Chris Turner


Séjour en octobre 2017 : un premier Bruant à couronne blanche

Donna Atherton avait publié sur Birdguides.com le récit de la découverte d'un Bruant à couronne blanche de première année le 8 octobre 2017 :

après une semaine de vents de nord-ouest et de pluies, parcourir de nouveau Foula à la recherche d'oiseaux rares demandait une certaine volonté. Toutefois, la présence depuis plusieurs jours d'une Pie-grièche isabelle (Lanius isabellinus), ainsi que les découvertes d'un Pipit à dos olive (Anthus hodgsoni) le 5 octobre et d'un Sizerin blanchâtre le 7 octobre avaient permis de maintenir le moral. Le dimanche 8 octobre était ensoleillé et calme, et nous avons décidé de faire un petit tour dans le secteur de Ham. Geoff avait repéré un oiseau posé à 30 mètres au pied d'une barre rocheuse souvent fréquentée par les Moineaux domestiques (Passer domesticus) sédentaires. Geoff avait noté ses barres alaires et ses sourcils blancs intrigants, ainsi que son petit bec conique orange. Nous avons pu prendre des photos que nous avons montrées à Paul Harvey et Roger Riddington : il s'agissait d'un passereau nord-américain ! Il fallait absolument le retrouver, et Geoff l'a repéré dans un buisson et il a été identifié : un Bruant à couronne blanche. Sa queue était longue et parfois relevée, et les ailes étaient souvent tenues basses.
Après cette belle découverte, nous sommes retournés à Ristie pour prendre un bon petit-déjeuner.

Séjour en septembre 2012

Vue de la maison d'hôtes (B&B) Ristie

Vue de la maison d'hôtes (B&B) Ristie, île de Foula, septembre 2010.
Photographie : Hanna et Janne Aalto

Nick Crouch a séjourné sur Foula en septembre 2012, et il avait publié sur son blog Notbirding un résumé de son séjour :

lors de mon séjour sur Foula, qui s'est déroulé durant la seconde partie de septembre 2012, j'ai résidé dans le B&B de Ristie. J'y ai passé deux jours et demi seul avant d'être rejoint par un autre observateur, Paul French. Entre temps, j'ai exploré l'île et j'ai rencontré les deux ornithologues locaux, Geoff et Donna, qui m'ont parlé des raretés qu’ils avaient découverts récemment, comme le Gobemouche à collier (Ficedula albicollis), l'Hypolaïs bottée (Iduna caligata) et la Bécassine double (Gallinago media).
Le 15/09, j'ai très bien observé un Bécasseau rousset à Kinglya : s'agissait-il du même individu que celui qui avait été signalé le 10 ?
Paul French est arrivé sur l'île le 17/09, mais il y avait peu d'oiseaux. Les effectifs de Pipits farlouses (Anthus pratensis) et de Traquets motteux (Oenanthe oenanthe) avaient considérablement diminué sûrement à cause des nuits claires favorables aux départs des migrateurs.
Nous avons tout de même vu beaucoup de Bruants lapons (Calcarius lapponicus) (maximum de 27 le 17), de Bruants des neiges (19 le 17) et de Linottes à bec jaune (28 le 19), un Gobemouche gris (Muscicipa striata) et un Faucon émerillon (Falco columbarius) le 19. Il n'y a avait que quelques Pouillots véloces (Phylloscopus collybita) et un Pouillot fitis (P. trochilus). Nous avons également trouvé une rousserolle, mais nous n'avons pas réussi à déterminer s'il s'agissait une Rousserolle effarvatte ou d'une verderolle (lire Différencier les Rousserolles effarvatte et verderolle), ce qui est très frustrant. Parmi les autres oiseaux observés, citons trois Cygnes chanteurs (Cygnus cygnus) sur le Mill Loch, quelques canards et limicoles dont des Bécasseaux violets (Calidris maritima) et beaucoup de Bécassines des marais (Gallinago gallinago) de la sous-espèce faeroeensis, des Grands Labbes, un grand nombre de Fulmars boréaux parfois très confiants, des Macareux moines et des Petits Pingouins.

Sizerin flammé (Acanthis flammea)

Sizerin flammé (Acanthis flammea), île de Foula (Grande-Bretagne), septembre 2018 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Chris Turner

Les Sizerins flammés (Acanthis flammea) avaient des plumages variés : certains étaient brun sombre, tandis que d'autres étaient striés de pâle et avaient un croupion blanchâtre (lire Distinguer les Sizerins cabaret et flammé). Quelques hirondelles ont été observées, dont cinq le 17, et sept Bergeronnettes grises (Motacilla alba) ont été comptées le 17. Nous avons bien observé le Troglodyte mignon et l'Étourneau sansonnet de la sous-espèce zetlandicus, très difficiles voire impossibles à différencier des oiseaux du reste de la Grande-Bretagne.
J'ai raté la Fauvette épervière (Sylvia nisoria) qui était déjà arrivée à Ham avant mon arrivée : je l'ai cherchée à plusieurs reprises, sans succès. On m'a montré par ailleurs quelques endroits où certaines raretés avaient été observées les années précédentes, comme la Grive fauve du port de Ham en octobre 2009 (voir plus bas).
Ma dernière journée était un peu frustrante car des oiseaux commençaient à arriver, comme un Roselin cramoisi (Carpodacus erythrinus) et une possible Fauvette babillarde (S. curruca) orientale, au dessus beige sable (lire Identifier les mystérieuses Fauvettes babillardes orientales) à Ham. Plusieurs espèces intéressantes ont été observées le lendemain de mon départ, dont 24 Pouillots à grands sourcils (Phylloscopus inornatus), une Grive à dos olive (Catharus ustulatus) et une Hypolaïs rama (Iduna rama) ! J'espère avoir plus de chance l'année prochaine ...

Séjour du 18 septembre au 2 octobre 2009

Hanna et Janne Aalto ont aussi séjourné sur Foula entre le 18 septembre et le 2 octobre 2009, et ils avaient alors pu observer plusieurs raretés, dont une Grive fauve (Catharus fuscescens). Voici ci-dessous la traduction de leur rapport de voyage publié initialement sur leur blog Caligata.

Le 18/09/2009

Séance d'observation des oiseaux de mer

Séance d'observation des oiseaux de mer près de Gaada Stack, île de Foula, septembre 20109.
Photographie : Hanna et Janne Aalto

Lors de cette première journée, le Grand Labbe était vraiment l'oiseau le plus visible, et les Fulmars boréaux étaient nombreux et parfois très curieux, y compris au centre de l'île. Le long des côtes, le Fou de Bassan, le Cormoran huppé, l'Eider à duvet (Somateria mollissima), les Guillemots de Troïl et à miroir (Cepphus grylle), le Tournepierre à collier (Arenaria interpres), les Goélands argenté (Larus argentatus) et marin (L. marinus) et le Pipit maritime (A. petrosus) ont été notés.
À l'intérieur des terres, des troupes de Linottes à bec jaune, de Pipits farlouses et d'Alouettes des champs (Alauda arvensis) se déplaçaient dans les landes et les prairies, et l'Étourneau sansonnet, le Traquet motteux (Oenanthe oenanthe), le Moineau domestique (Passer domesticus) (près des maisons) et le Merle noir (Turdus mearula) étaient communs. Il y avait beaucoup de Bécassines des marais (Gallinago gallinago) dans les zones humides. J'ai aussi observé un Grand Corbeau et une Corneille mantelée.
Un groupe de Pluviers dorés (Pluvialis apricaria) a été vu en vol au sud de l'île, et des Sarcelles d'hiver (Anas crecca) ont été repérées sur l'un des lacs. Au centre de l'île, plus d'une dizaine de Vanneaux huppés (Vanellus vanellus) et quelques Courlis cendrés (Numenius arquata) ont été vus près de l'élevage de poneys de la race Shetland.
Les secteurs les plus riches en oiseaux migrateurs étaient les zones de végétation arbustive s'étendant le long des fossés et dans les jardins abrités par des murets, par exemple à Ham. Bon nombre de ces jardins bordaient des maisons abandonnées, ces dernières étant nombreuses sur l'île, plus de 300 personnes l'ayant autrefois habité contre moins de 30 aujourd'hui. Dans ces jardins, nous avons observé quatre Fauvettes babillardes, deux Fauvettes des jardins (Sylvia borin), une Fauvette à tête noire (S. atricapilla) et quatre Pouillots véloces. L'espèce la plus intéressante trouvée dans un jardin de Ham était une jeune Fauvette épervière.
La partie sud de l'île est couverte d'étendues d'herbe rase et est coupée par le vallon de Hametoon Burn. Sur la pointe de South Ness où nous avons observé un couple de Bruants des neiges (Plectrophenax nivalis) avant de remonter vers le nord en longeant le littoral. Depuis une falaise, nous avons entendu un Bec-croisé des sapins (Loxia curvirostra) et nous avons vu une Bergeronnette grise (Motacilla alba). Après une longue marche, un Faucon pèlerin (Falco peregrinus) nous a survolé près de notre logement de Ristie.
A la fin de cette première journée, même si nous n’avions trouvé aucune rareté, nous étions très satisfaits : le temps était radieux et l'endroit semblait vraiment prometteur! Après le dîner, nous nous sommes couchés à 22 heures.

Le 19/09/2009

Vue de Ham

Vue de Ham, île de Foula, septembre 2009.
Photographie : Hanna et Janne Aalto

Ce 19 septembre, nous nous sommes réveillés très tôt et après le petit déjeuner, nous nous sommes dirigés vers la côte près du rocher de Gaada Stack et nous avons observé les oiseaux marins pendant une heure. Il y avait beaucoup de Fulmars boréaux et de Fous de Bassan, des Guillemots de Troïl et probablement quelques Macareux moines au loin. Cinq Mouettes tridactyles sont passées au large, et un Puffin fuligineux (Ardenna grisea) a été repéré parmi les Fulmars boréaux. Le temps était ensoleillé et le vent modéré.
Après avoir profité des paysages superbes de la côte nord, nous avons marché vers le hameau de Ham, au centre de l'île. Sur le trajet, nous avons trouvé un Étourneau sansonnet blessé : nous l'avons capturé mais finalement, il semblait plutôt en bon état et nous l'avons laissé sur place.
Dix Sarcelles d'hiver stationnaient sur le même petit lac repéré la veille, et nous avons aussi vu un Héron cendré. Nous avons passé beaucoup de temps autour des jardins de Ham et nous avons vu une Grive mauvis, des Becs-croisés des sapins, un Tarier des prés (Saxicola rubetra) et la même Fauvette épervière que la veille, dans un petit arbuste fleuri.
Nous avons ensuite marché le long de la côte pour remonter vers le nord. Le Tournepierre à collier était le limicole le plus commun, mais nous avons avons également vu des Chevaliers gambettes (Tringa totanus) et un Huîtrier pie (Haematopus ostralegus), un Cygne chanteur de deuxième année qui nageait sur un loch, trois Goélands cendrés (Larus canus) et des Bruants des neiges et lapon (Calcarius lapponicus).
Nous étions de retour dans notre hébergement dans l'après-midi. Nous avons découvert qu'il y avait un autre petit appartement attenant à la maison où un autre ornithologue amateur, Andrew Grieve, logeait depuis quelques jours. Au cours de la première semaine, nous ne l’avons presque pas vu : il semblait vraiment essayer de nous éviter !

Le 20/09/2009

Nous nous sommes réveillés à 7 heures du matin, avons pris un bon petit-déjeuner et sommes allés observer les oiseaux, comme la veille. Nous avons fait un long trajet jusqu'à South Ness. Dans les jardins de Ham, nous avons vu deux Pouillots véloces, un Rougegorge familier (Erithacus rubecula) et une Grive musicienne. Dans les petites zones humides proches, nous avons repéré l'une des Cailles des blés (Coturnix coturnix) trouvées la veille par d'autres observateurs. Nous avons repéré la première troupe d'Oies à bec court (Anser brachyrhynchus) de passage.
Nous avons ensuite fait une longue promenade à travers le Daal jusqu'à la côte ouest en passant par un ravin appelé Da Sneck o da Smaallie : le paysage était superbe. Nous sommes finalement revenus à Ristie à 18 heures, et le soleil se couchait déjà derrière les montagnes à l'ouest de notre logement.

Le 21/09/2009

Fauvette épervière (Sylvia nisoria) de première année

Fauvette épervière (Sylvia nisoria) de première année, Ham, île de Foula, le 21/09/20109.
Photographie : Hanna et Janne Aalto

Le vent avait radicalement changé de direction et soufflait très fort depuis l'Ouest. Il a plu jusqu'à la fin de la matinée. Nous avons effectué une courte séance d'observation des oiseaux marins et nous avons vu trois Puffins fuligineux.
Il s'est arrêté de pleuvoir et nous avons poursuivi notre randonnée. Un Canard colvert (Anas platyrhynchos) avait rejoint les Sarcelles d'hiver sur le lac. À Ham, l'oiseau le plus remarquable était encore la Fauvette épervière des jours précédents. Durant notre marche le long de la côte, nous avons compté 12 Bruants des neiges, un Bécasseau variable (Calidris alpina), un Bécasseau maubèche (C. canutus) et un Bécasseau violet (C. maritima). Il était amusant d'observer les Phoques gris et veau-marin d'âges différents, et ils étaient nombreux dans certains endroits. Ils étaient aussi parfois bruyants !
Nous sommes finalement rentrés à Ristie à 16 heures, et nous étions fatigués et mouillés. Dans la soirée, Garry nous avait préparé une tarte au chocolat, nous avons écouté de la musique pop britannique stockée sur son ordinateur portable et nous avons lu des magazines que nous avions apportés. Il était déjà très tard et nous allions nous coucher quand nous avons entendu un petit choc sur la fenêtre : un Bruant des neiges s'était perché sur le croisillon d'une fenêtre et semblait vouloir entrer.

Les 22 et 23/09/2009

Les 22 et 23 septembre, le temps était plutôt mauvais et venteux. Nous avons marché vers Ham le premier jour, puis nous avons poussé vers South Ness le deuxième jour. Un Pinson des arbres (Fringilla coelebs) était perché dans des rosiers proches de l'élevage de poneys, et nous avons compté cinq Canards colverts et un Canard pilet (Anas acuta) sur les lacs. La Fauvette épervière était toujours dans le même buisson et nous avons finalement réussi à prendre de bonnes photos de cet oiseau. Sur le rivage, nous avons observé cinq Bécasseaux violets et un Bécasseau variable.
Sur la pointe de South Ness, nous avons observé des groupes d'Oies cendrées (Anser anser) de passage, deux Mouettes rieuses et un jeune Goéland marin.
Le 23 septembre, alors que nous revenions à Ristie, nous avons observé un Sizerin flammé de la sous-espèce islandaise avant qu'il ne commence à pleuvoir à nouveau : nous étions complètement mouillés lorsque nous avons rejoint notre logement. Le soir, nous avons séché nos vêtements et avons regardé des photos d'oiseaux sur un ordinateur portable.

Le 24/09/2009

Rousserolle verderolle (Acrocephalus palustris)

Rousserolle verderolle (Acrocephalus palustris), Ham, île de Foula, le 21/09/2009.
Photographie : Hanna et Janne Aalto

Le temps était toujours nuageux mais le vent soufflait un peu moins, toutefois le ferry qui était censé livrer notre nourriture n'a pas pu débarquer. Le long de la côte, nous avons observé huit Bruants lapons, deux Bécasseaux violets et un Bécasseau maubèche. Nous avons appris qu'un groupe d'observateurs avait trouvé une Rousserolle verderolle : enfin un peu d'activité ! Elle se cachait dans des iris à l'ouest de Ham, et nous avons réussi à bien la voir et à la photographier. Nous avons également vu deux Fauvettes des jardins, mais il a commencé à pleuvoir fort et nous sommes rapidement retournés à Ristie.
Le soir, Isobel nous a donné de la viande de porc car il ne nous restait que des boîtes de macaronis et des paquets de spaghettis...

Les 25 et 26/09/2009

Les 25 et 26 septembre, le vent était à nouveau terrible et soufflait de l'Ouest. Il aurait peut-être été judicieux de rester à l'abri, mais nous avons décidé de marcher vers Ham, d'inspecter chaque buisson et chaque fossé sur le chemin, puis de revenir par la côte. Les oiseaux les plus remarquables observés étaient la même Fauvette épervière que les jours précédents, une Fauvette des jardins, des Bécasseaux maubèche et sanderling, un Canard pilet, neuf Canards siffleurs, un Harle huppé, un Héron cendré, une Bergeronnette grise, 25 Bruants des neiges, 100 Linottes à bec jaune et deux Tariers des prés.
Beaucoup d'oiseaux étaient partis : les Pipits des arbres, Alouettes des champs et Traquets motteux étaient ainsi beaucoup moins nombreux.

Le 27/09/2009

Sizerin blanchâtre (Acanthis hornemanni)

Sizerin blanchâtre (Acanthis hornemanni), Harrier, île de Foula, le 217/09/2009.
Photographie : Hanna et Janne Aalto

Ce 27 septembre, nous avons de nouveau observé en mer le matin et nous avons compté trois Puffins fuligineux, huit Mouettes tridactyles et quelques Guillemots de Troïl. Nous venions d'arriver à Ham lorsque Frenchy nous a appelés pour nous dire qu'il avait trouvé un Sizerin blanchâtre (Acanthis hornemanni) (lire Identifier le Sizerin blanchâtre) à Harrier : Hanna avait décidé de rester à Ham, mais je suis allé sur place et hélas l'oiseau venait de partir...
Après quelques recherches, je suis retourné à Ham puis nous avons commencé à marcher le long de la côte. J'étais assez fatigué, mais Hanna semblait toujours motivée et environ un kilomètre avant Ristie, elle a retrouvé le Sizerin blanchâtre perché avec cinq Linottes à bec jaune sur une clôture. Nous avons pris quelques photos et nous avons ensuite essayé de contacter les autres observateurs, mais il n'y avait pas de réseau. Heureusement, nous avons vite croisé Gav et nous avons réussi à lui faire comprendre que nous avions repéré le sizerin.
Nous avons marché jusqu'à Ristie, où nous pensions pouvoir retrouver le reste de notre groupe, mais ils étaient toujours sur le terrain. Garry et P. Eele avaient trouvé Gav et avaient revu le sizerin. Nous avons également observé trois Harles huppés, un Fuligule morillon (Aythya fuligula) et 200 Oies à bec court.

Le 28/09/2009

Vue de la côte sud de Foula

Vue de la côte sud de Foula, septembre 2009.
Photographie : Hanna et Janne Aalto

Il a plu toute la matinée, et nous avons donc surtout observé à travers les fenêtres. Un Mulot sylvestre de la sous-espèce endémique de Foula a visité notre petite mangeoire, mais les moutons avaient presque tout mangé, sauf les bananes.
La météo s'est améliorée vers 11 heures. Trois Bernaches nonnettes nous ont survolées et nous avons compté 130 Oies à bec court et 200 Oies cendrées en vol. Avec P. Eele, nous avons marché jusqu'à Harrier où nous avons trouvé un autre Sizerin blanchâtre, un groupe de Sizerins flammés, un Pouillot fitis et un Faucon émerillon (Falco columbarius), puis nous avons rejoint Ham. Nous avons marché jusqu'à South Ness où il n'y avait rien de nouveau. En revenant le long de la côte, nous avons compté 40 Bruants des neiges et des Bécasseaux maubèche et sanderling. Durant cette journée, nous avons observé 49 espèces, et nous avons fini avec une Fauvette à tête noire dans le jardin.

Le 29/09/2009

Le 29 septembre, nous étions trop fatigués pour marcher, mais nous avons quand même traversé Harrier et avons marché vers Ham et le Monument aux Morts ("War Memorial"), où nous pensions faire de bonnes observations, mais ce ne fut pas le cas. Les autres observateurs ont repéré un Râle des genêts (Crex crex) confiant dans le sud de l'île.

Pipit d'Amérique (Anthus rubescens)

Pipit d'Amérique ou farlousane (Anthus rubescens), île de Foula, le 30/09/2009.
Photographie : Hanna et Janne Aalto

Nous avons appris qu'un Pipit d'Amérique (Anthus rubescens) avait été observé par Kevin à l'extrémité du Daal, près de Da Sneck o da Smaallie ! Près de l'église, nous avons rencontré P. Eele et P. Wright, et nous avons rapidement traversé le Dall vers l'ouest. Nous avons trouvé Kevin qui était assis dans l'herbe, et ill nous a annoncé qu'un Pipit farlouse avait chassé le Pipit d'Amérique ! Nous avons décidé d'attendre que l'oiseau revienne et d'inspecter soigneusement tous les pipits, sans succès.
Le vent était redevenu fort. Nous avons néanmoins réussi à repérer un Sizerin blanchâtre en vol. Nous avions promis de rejoindre le port à 16 heures car des habitants avaient demandé de l'aide pour charger des déchets encombrants sur un navire qui passe tous les six mois. Hanna et moi sommes restés avec Kevin et Neil pendant une demi-heure pour essayer de retrouver le Pipit d'Amérique, mais il a commencé à pleuvoir abondamment, et nous avons repris notre marche jusqu'au port. Le navire venait d’arriver et nous  n'avons donc pas été en retard. Pendant une heure, nous avons porté des déchets et avons surveillé l'embarquement des voitures.
Une fois le navire complètement chargé, Isobel nous a ramenés à Ristie. L'atmosphère était un peu maussade car il ne nous restait que quelques jours sur l'île, la météo était toujours défavorable et nous venions de rater le Pipit d'Amérique. .. La seule chose positive est qu'Isobel nous a proposé d'utiliser sa vieille voiture pour le reste du séjour.

Le 30/09/2009

Pipit de la Petchora (Anthus gustavi)

Pipit de la Petchora (Anthus gustavi), Ham, île de Foula, le30/09/2009.
Photographie : Hanna et Janne Aalto

Le dernier jour de septembre ne semblait guère plus prometteur. Garry nous a emmenés avec Frenchy au sud de l'île, et nous avons recherché le Pipit d'Amérique à Da Sneck o da Smaallie. Nous avons vite abandonné et avons marché jusqu'au vallon de Hametoon Burn, où tous les autres observateurs étaient présents. Nous avons parcouru les zones humides et n'avons rien vu de nouveau, mais P. Wright nous a appelé pour nous dire qu'il était en train d'observer un probable Pipit d'Amérique sur la côte. Nous nous sommes rapidement rendus sur place et l’oiseau nous a survolés en lançant des "tsi-tsipp" ressemblant à ceux de la Bergeronnette grise. Nous l'avons observé posé, mais il s'est envolé au bout de 20 secondes environ et a lancé des "tsi-tsi-tsi-tsip" en partant vers le Nord. Nous aurions aimé mieux le voir... Les heures suivantes, nous avons essayé de le retrouver dans des secteurs où il aurait pu se poser, mais sans succès.
Un autre groupe nous a appris qu'ils avaient observé un Pipit de la Petchora à Ham : nous nous y sommes rendus et l'oiseau s'était posé près du pont mais il était invisible : nous avons décidé d'inspecter le massif d'iris et nous l'avons retrouvé à l'est du pont. Il lançait des “tsip” depuis la végétation. Frenchy a roulé vers Ristie pour récupérer P. Eele et lui montrer l'oiseau.
Après quelques averses et l'arrivée de l'obscurité, nous sommes partis et nous avons décidé de revenir le lendemain matin pour essayer de prendre des photos. Isobel nous a servi un bon repas pour fêter cette journée.

Le 01/10/2009

Observateurs dans le hameau de Ham

Observateurs dans le hameau de Ham à la recherche d'un Pipit d'Amérique (Anthus rubescens), île de Foula, le 30/09/2009.
Photographie : Hanna et Janne Aalto

C'était notre dernier jour complet sur Foula. Comme prévu, nous sommes allés à Ham, et nous avons de nouveau inspecté l'ouest puis l'est du pont, nous avons retrouvé le Pipit de la Petchora sur la route et nous l'avons photographié. Neil nous a annoncé qu'il avait trouvé le Pipit d'Amérique à l'ouest du pont : nous avons essayé avec Garry de faire de bonnes photos, mais il était posé trop loin dans le pré et nous l'avons juste entendu et aperçu en vol.
Garry nous a ensuite conduits à Harrier, où nous avons inspecté chaque secteur avec P. Eele, et nous avons retrouvé le Sizerin blanchâtre que nous avions déjà vu tôt le matin avec Andrew. Nous marchions vers Harrier quand nous avons appris que Frenchy avait retrouvé le Pipit d'Amérique alors qu’il se nourrissait près de l'élevage de poneys. Nous étions sûrs qu’il ne resterait pas longtemps sur place, et nous avons soigneusement parcouru tous les secteurs le long du chemin entre Ham et le site. L'oiseau était toujours là et nous avons essayé pendant une heure de faire de bonnes photos, mais il était trop éloigné. Finalement nous avons abandonné et avons décidé de marcher vers le sud. Dans le Hametoon Burn, nous avons retrouvé Frenchy et nous avons bien parcouru le secteur.
Nous avons entamé notre chemin de retour quand nous avons revu le Pipit d'Amérique. Nous sommes rentrés dans la prairie, nous avons réussi à nous approcher et faire de bonnes photos. Nous sommes revenus vers Ristie en marchant le long de la côte.
Dans le port de Ham, Hanna et moi avons repéré un oiseau rondouillard brun rougeâtre avec une grosse tête, de grands yeux et une poitrine faiblement tachetée : une grive américaine du genre catharus. J'ai demandé à Hanna de prendre rapidement des photos. L'oiseau était à seulement 10 ou 15 mètres et nous avons pu l'identifier : une Grive fauve ! L'oiseau s’est posé derrière l’un des bateaux et nous l'avons retrouvé.
J'ai appelé Frenchy pour lui annoncer la nouvelle, puis plusieurs observateurs nous ont rejoints sur place. J'ai vérifié si l'oiseau était toujours sous le bateau, mais il avait disparu. Nous l'avons cherché dans le port, puis nous l'avons retrouvé derrière l'un des bâtiments. Il était méfiant, s'est envolé puis s'est posé à 150 mètres du port, derrière une clôture, et 30 secondes plus tard, il avait disparu derrière une falaise. Geoff est parti avertir les autres membres du groupe de la découverte, et il est rapidement revenu avec P. Eele, Garry et Gav, mais la grive n'avait toujours pas été relocalisée. Nous ne disposions plus que d'une heure avant le coucher du soleil, et nous avons donc décider d'inspecter différents endroits au nord de l'île, le long de la côte. J'avais du mal à réaliser que j'avais découvert l'oiseau le plus rare de ma vie, et la huitième donnée de cette espèce pour la Grande-Bretagne. J'ai téléphoné à mes amis en Finlande pour leur apprendre la nouvelle.
En revenant à Ristie par la côte, nous avons observé deux Étourneaux sansonnets et 20 Bruants des neiges. Seule la moitié du groupe avait vu la grive et certains participants étaient donc déçus. Nous avons décidé que le lendemain matin, tout serait mis en œuvre pour que l’oiseau soit retrouvé. Nous avons appris qu'un groupe d'ornithologues venus des Shetland devaient arriver le lendemain à 8 h 30 pour également chercher la grive. Nous avons brûlé toutes les ordures et écrasé toutes les canettes pour les emporter. Nous avons nettoyé la maison, en partie dans le noir à cause d'une coupure d'électricité, puis nous nous sommes couchés à 22 heures.

Grive fauve (Catharus fuscescens)

Grive fauve (Catharus fuscescens), port de Ham, île de Foula, le 02/10/2009.
Photographie : Hanna et Janne Aalto
Grive fauve (Catharus fuscescens)

Grive fauve (Catharus fuscescens), port de Ham, île de Foula, le 01/10/2009.
Photographie : Hanna et Janne Aalto


Le 02/10/2009

Observateurs à la recherche de la Grive fauve (Catharus fuscescens)

Observateurs à la recherche de la Grive fauve (Catharus fuscescens), port de Ham, île de Foula, le 02/10/2009.
Photographie : Hanna et Janne Aalto

Le 2 octobre, nous nous sommes réveillés à 7 heures, mais tous les autres occupants du B&B étaient déjà dehors pour chercher la grive. Nous avons fini le ménage et nous sommes sortis. Nous avons marché jusqu'à Harrier où nous avons vu une Grive mauvis et un Rougegorge familier, puis nous avons appris que la grive avait été retrouvée sur un portail à Ham et bien vue le long de la route près de l'ancienne cabine téléphonique. Hanna marchait vers Ristie quand nous avons croisé Isobel qui allait accueillir un nouveau groupe d'observateurs au port. Nous sommes donc partis avec elle vers Ham, où nous avons vu Garry, Gav et P. Eele qui étaient ravis. Il y avait beaucoup de monde sur place, mais l'oiseau restait confiant et facile à observer. A un moment, il était même visible non loin du Pipit de la Petchora ! Les nouveaux arrivants sur l'île étaient déjà en train d'observer et d'essayer de photographier l'oiseau, mais certains se sont approchés de trop près et l'ont fait s'envoler. Nous leur avons conseillé d'attendre qu'il se rapproche. A un moment donné, il a plongé dans un fossé car il avait trouvé un gros vers, qu'il a eu du mal à avaler. Après le passage d'une voiture, il est entré dans une maison abandonnée Le Pipit de la Petchora étant assez régulier sur les îles Shetland, il a intéressé assez peu les nouveaux arrivés, ce qui n'est pas le cas du Pipit d'Amérique, et beaucoup d’entre eux sont partis le chercher.
Nous nous sommes pour notre part dirigés vers l'aérodrome. Frenchy nous y a rejoints avec nos bagages dans la voiture. Nous avons appris que le Pipit d'Amérique avait été retrouvé : les nouveaux arrivés allaient donc pouvoir observer en une heure les deux espèces que nous avons attendues deux semaines...
L'avion est arrivé un peu en retard et était plein d'observateurs, dont mon ami Pierre-André Crochet qui séjournait dans les Shetland depuis déjà une semaine. Nous avons demandé si le capitaine pouvait voler autour de l'île afin de nous montrer les falaises de l'ouest, mais il nous a dit qu'il était déjà en retard et qu'il y avait un avion plein d'observateurs attendant juste après nous. Nous avons pris les dernières photos de l'île, mais l'avion a soudainement viré vers l'ouest et a commencé à longer la côte ouest : le capitaine avait finalement décidé de nous offrir ce cadeau. La vue était spectaculaire et les falaises à couper le souffle.
Nous avons atterri sur l'aéroport de Tingwall dans les Shetland et durant 20 minutes, nous avons envoyé plusieurs SMS. Nous nous sommes rendus à Lerwick où avons logé dans une bonne auberge de jeunesse. Garry, Gav et P. Eele ont décidé d'aller manger, tandis que Frenchy et moi sommes allés faire un peu d'observation.

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Commentaires postés :

keskonboi

Wouah, un article en français sur Foula ! Et généreux en témoignages et en infos.
Merci et bravo pour cette initiative réussie. C'est très bien écrit/traduit et présenté.
Foula me fait rêver autant que Fair Isle. D'autant qu'il y a à peine une décennie on ne trouvait les infos de raretés trouvées sur l'île que longtemps après, voir attendre le rapport BBRC...
Merci beaucoup.

Pascal Misiek

20/10/2018

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