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Observer les oiseaux près de Verdun (Meuse) : forêt de Spincourt et environs

À l'occasion de la commémoration du centième anniversaire de l'Armistice du 11 novembre 1918, découvrez ce secteur d'un grand intérêt ornithologique relativement épargné par les bombardements.

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Observer les oiseaux près de Verdun (Meuse) : forêt de Spincourt et environs

Grues cendrées (Grus grus) dans le marais de Billy-sous-Mangiennes (Meuse).
Photographie : Mylène Tollié

Le département français de la Meuse a particulièrement souffert durant la Première Guerre Mondiale : la bataille de Verdun, qui s'est déroulée du 21 février au 18 décembre 1916, durant laquelle se sont affrontées les armées française et allemande, a été l'une des plus longues et des plus meurtrières, avec plus de 700 000 morts, disparus ou blessés dans les deux camps. Les centaines de milliers d'obus tombés et les kilomètres de tranchées avaient profondément affecté le paysage.
La forêt domaniale de Spincourt, située à environ 15 km au nord-est de Verdun, dans la plaine argileuse de la Woëvre, a été relativement épargnée par les bombardements. Cette partie du massif domanial de Verdun est composée majoritairement de feuillus et est bordée de prairies et d'étangs dont les plus importants sont ceux du Haut Fourneau et d’Amel. Si l'accès au premier est interdit, le second a été classé en réserve naturelle régionale gérée par le Conservatoire d'Espaces Naturels (CEN) de Lorraine, qui agit pour la conservation des habitats, de la faune et de la flore régionales. Cette zone est d'un grand intérêt ornithologique, avec la nidification entre autres du Gobemouche à collier et du Butor étoilé, la halte migratoire régulière de la Cigogne noire et l'hivernage de milliers de Grues cendrées. Raphael Jilet, du CEN de Lorraine, nous présente ce secteur peu connu. Nous remercions les photographes (dont les noms figurent sous les photos) qui nous ont aidés à illustrer cet article.

Abstract

The French department of La Meuse suffered particularly during the First World War: the battle of Verdun, which took place from the 21st of February to the 18th of December 1916 and during which the French and German armies broke up, was one of the longest and deadliest of this conflict, with more than 700,000 dead, missing or wounded people in both camps. Hundreds of thousands of fallen shells and miles of dug trenches deeply changed the landscape.
The Spincourt National Forest, located about 15 km north-east of Verdun, in the Woëvre natural region, was relatively spared by the bombing. This part of the Verdun Forest consists mainly of broadleaved trees and is lined with meadows and ponds, the most important of which are those of Haut Fourneau and Amel. Although access to the first one is forbidden, the second has been classified as a regional nature reserve managed by the Conservatoire d'Espaces Naturels de Lorraine, which acts for the conservation of the regional habitats, flora and fauna. This area is of great ornithological interest, with several interesting breeders such as the Collared Flycatcher and the Eurasian Bittern. The Black Stork is regular during the migrations and thousands of Common Cranes winter there. Raphaêl Jilet, from the Conservatoire d'Espaces Naturels de Lorraine, presents us to this little-known sector. We thank the photographs who helped us illustrate this article.

Une mosaïque de forêts, d'étangs et de prairies

Situation de la forêt domaniale de Spincourt (Meuse)

Situation de la forêt domaniale de Spincourt (Meuse).
Carte : Ornithomedia.com

La forêt domaniale de Spincourt forme, avec les étangs et les prairies humides des environs, un ensemble d'un grand intérêt ornithologique reconnu par la désignation de la Zone de Protection Spéciale (ZPS) des "forêts et zones humides du pays de Spincourt" qui s'étend sur 12 678 hectares, à cheval sur dix communes, dans la plaine humide de la Woëvre.
La forêt domaniale de Spincourt couvre 5 171 hectares et fait partie du vaste massif domanial de Verdun. Elle est très majoritairement composée de feuillus et a été relativement peu touchée par les tirs d’obus durant la Première Guerre Mondiale. Le Chêne pédonculé (Quercus robur) est l'essence dominante, mais on y trouve aussi des beaux peuplements mixtes d'érables, d'aulnes, de frênes, de tilleuls et d'ormes (trois espèces).
La ZPS est parcourue par l’Orne, le Loison et l’Azannes, qui ont parfois favorisé la formation de prairies humides et de marais, comme celui de Billy-sous-Mangienne. De nombreux (plus d'une vingtaine) étangs et  mares accueillent une faune aquatique variée. Les étangs d’Amel, du Haut-Fourneau, de Romagne et de Ractel sont les plus importants et sont parfois bordés de vastes roselières. Malheureusement, plusieurs étangs intéressants sont privés et d'accès interdit comme celui du Haut Fourneau, dont on peut cependant observer les oiseaux depuis la route qui le borde. Les petits étangs forestiers des Crocs et Débat, situés à l'est de Gremilly, appartiennent à l’Office National des Forêts et ne sont pas ouverts au public.

Les actions du CEN de Lorraine

Vue de la réserve naturelle régionale de l'étang d’Amel (Meuse)

Vue de la réserve naturelle régionale de l'étang d’Amel (Meuse) (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Mathieu Guyot

Le Conservatoire d’Espaces Naturels de Lorraine est une association créée en 1984 et reconnue d’utilité publique, qui agit pour la conservation des habitats, de la faune et de la flore de Lorraine. Il gère actuellement 329 sites couvrant 6 433 hectares (tous types d'habitats) en collaboration avec de nombreux intervenants (collectivités, élus, associations, agriculteurs, chasseurs, ornithologues, naturalistes, randonneurs…).
Dans la ZPS des "forêts et zones humides du pays de Spincourt", le CEN de Lorraine assure notamment des comptages des oiseaux des zones humides (étangs, marais et prairies humides), en ciblant particulièrement les espèces inscrites sur l'annexe I de la Directive Oiseaux et sur la Liste Rouge nationale. Ces suivis se font en collaboration avec l’Office National des Forêts, avec la Chambre d'Agriculture de la Meuse (qui met en place des mesures pour favoriser la reproduction des oiseaux de prairie) et avec la Communauté de Communes de Damvillers et de Spincourt, qui assure la maîtrise d’ouvrage du site Natura 2000.
Le CEN de Lorraine est par ailleurs gestionnaire de la Réserve Naturelle Régionale (RNR) de l’étang d’Amel, un site protégé d’importance régionale créé en 2006 (la première RNR de France) par la région Lorraine (aujourd'hui Grand Est). Il est également propriétaire de plusieurs parcelles qui permettent de protéger et de gérer des milieux humides favorables à l’avifaune, comme le marais de Billy-sous-Mangiennes (73 hectares acquis à partir des années 1990).

Accès et circuit de découverte

Carte de la forêt domaniale de Spincourt et proposition de circuit de découverte

Carte de la forêt domaniale de Spincourt (Meuse) et proposition de circuit de découverte (en rouge).
Carte : Ornithomedia d'après Raphaël Jilet

Depuis Verdun, suivre la direction d'Étain par la D 603. Environ 15 km après Verdun, tourner à gauche en direction de Gremilly puis d'Azannes-et-Soumazannes par la D 24. Emprunter ensuite la D 196 puis la D 105 vers Billy-sous-Mangiennes. La D 105 longe le bel étang de Haut Fourneau qui est privé, il faut observer depuis la route.
Un peu avant Billy-sous-Mangiennes, faites un arrêt au niveau de l'observatoire (accessible à tous et ouvert toute l’année) du marais de Billy pour observer les Grues cendrées (en automne et en hiver) et les autres espèces présentes. 
Depuis Billy-sous-Mangiennes, prendre la D 14 jusqu'à Loison et rejoindre le site du Camp Marguerre pour observer les oiseaux forestiers dans les parcelles voisines. Revenir à Loison, rejoindre Senon puis la réserve naturelle régionale de l’étang d’Amel, où ont été installés deux observatoires (dont un accessible aux personnes handicapées) ouverts toute l’année, et où a été créé un sentier de découverte muni de panneaux pédagogiques (voir une carte d'accès).

Sites historiques à visiter et hébergement

Plusieurs sites historiques sont des témoins de la Première Guerre Mondiale, comme l'ancien camp militaire allemand Marguerre dans la forêt de Spincourt, la batterie et le canon lourd de 380 mm "Langer Max" près du village de Duzey, plusieurs cimetières militaires allemands près d'Azannes-et-Soumazannes, de Mangiennes et d'Amel-sur-l'Étang et des panneaux d'information dans différents villages (Mangiennes, Pillon, Spincourt..). Il est aussi conseillé de visiter le village des Vieux Métiers d’Azannes et le musée de la Crèche à Muzeray.
Pour séjourner dans le secteur, Raphaël Jilet conseille particulièrement les gîtes "À la croisée des sentiers" à Amel-sur-l’Étang et "La Ruche" à Senon, ainsi que les chambres d'hôtes "de l'Épicerie" à Mangiennes.
Plus d'informations sur les monuments historiques et sur les possibilités d'hébergement et de restauration du secteur sont disponibles sur les sites web Verdun-Meuse.fr et www.tourisme-meuse.com

Observer les oiseaux forestiers au printemps

Grâce à la diversité des boisements et à la présence de plusieurs zones humides, l'avifaune nicheuse de la forêt domaniale de Spincourt est variée et comprend plusieurs espèces remarquables. Les suivis effectués par l’Office National des Forêt ont montré que le Gobemouche à collier (Ficedula albicollis), un passereau qui ne niche en France que dans le Nord-est (lire Chercher le Gobemouche à collier en Lorraine), était bien présent durant la période de nidification, avec une cinquantaine de couples. Il faut le rechercher dans les parcelles en régénération parsemées de vieux chênes propices à l’installation de son nid, par exemple près du site historique du Camp Marguerre.
Parmi les six espèces de pics nicheuses, le Pic cendré (Picus canus) est très rare, avec deux à trois couples, et les Pics noir (Dryocopus martius) et mar (Dendrocopos medius) sont également peu communs. C'est aussi le cas du Grimpereau des bois (Certhia familiaris), qui est à rechercher par exemple près de l’étang d’Amel. La Mésange boréale (Poecile montanus) (lire Distinguer les Mésanges nonnette et boréale) niche probablement, par exemple près de l'étang d'Amel.
La Bécasse des bois (Scolopax rusticola) se reproduit dans le sous-bois du massif mais elle semble peu commune : toutefois, aucun suivi particulier n’est effectué.
La Bondrée apivore (Pernis apivorus), l'Autour des palombes (Accipiter gentilis) (peu commun), l'Épervier d'Europe (Accipiter gentilis) et la Buse variable (Buteo buteo) construisent chaque printemps leur aire dans la forêt de Spincourt. Si le Milan royal (Milvus milvus) a disparu, le Milan noir (M migrans) est commun, avec notamment une dizaine de couples près de l’étang d’Amel.
La Cigogne noire (Ciconia nigra) est une nicheuse très rare dans la ZPS des "forêts et zones humides du pays de Spincourt" (un couple suivi par l'Office National des Forêts).

Les oiseaux nicheurs de l'étang d'Amel

Busard des roseaux (Circus aeruginosus) mâle

Busard des roseaux (Circus aeruginosus) mâle, étang d'Amel (Meuse).
Photographie : Denis Ambrosie

Plusieurs étangs sont bordés d'une riche végétation aquatique et sont donc favorables à la nidification des oiseaux paludicoles : c'est en particulier le cas de l'étang d'Amel, qui est entouré de l'une des plus vastes roselières de Lorraine qui constitue l'habitat du Blongios nain (Ixobrychus minutus) et surtout du Butor étoilé (Botaurus stellaris), avec de un à quatre chanteurs audibles de mars à juin (nidification probable mais non prouvée). Avec un peu de chance, il est possible de voir ce héron discret quand il est posé en bordure de phragmitaie ou en vol.
Cette espèce est étudiée depuis 2015 dans la réserve naturelle régionale et plus largement dans la plaine humide de la Woëvre (lire La réserve naturelle de Lachaussée, le bastion lorrain du Butor étoilé) : des enregistrements sont régulièrement réalisés pour tenter d'identifier individuellement les mâles et de déterminer la dynamique de l'espèce. Ce suivi est réalisé par le CEN de Lorraine en partenariat avec le Parc Naturel régional de Lorraine, le CPIE de Meuse et Julian Pichenot, un bio-acousticien qui effectue les analyses.  
La roselière accueille également les nidifications certaines ou probables du Busard des roseaux (Circus aeruginosus), du Râle d'eau (Rallus aquaticus), de la Gorgebleue à miroir blanc (Luscinia svecica) des Rousserolles effarvatte (Acrocephalus scirpaceus), turdoïde (A. arundinaceus) et verderolle (A. palustris) (lire Différencier les Rousserolles effarvatte et verderolle), du Phramite des joncs (A. schoenobaenus), des Locustelles luscinioïde (Locustella lusciniodes) et tachetée (L. naevia). Les nidifications du Bihoreau gris (Nycticorax nycticorax) et de la Marouette ponctuée (Porzana porzana) sont possibles, et la Marouette poussin (P. parva) a déjà été entendue.
La reproduction de l'Oie cendrée (Anser anser) est régulière, tout comme celles de la Foulque macroule (Fulica atra), du Canard colvert (Anas platyrhynchos) et de la Gallinule poule-d'eau (Gallinula chloropus).
Le Faucon hobereau (Falco subbuteo) construit son nid dans les arbres non loin de l'étang et il vient y chasser les libellules. Le Martin-pêcheur d'Europe (Alcedo atthis), qui niche à proximité, vient aussi s'y nourrir.
Parmi les batraciens, si le Sonneur à ventre jaune (Bombina variegata) est à rechercher plutôt autour de Verdun, la Rainette arboricole (Rana arborea) est très présente dans les mares et les étangs de la ZPS et peut être entendue en avril et en mai.

Bihoreau gris (Nycticorax nycticorax)

Bihoreau gris (Nycticorax nycticorax), étang d'Amel (Meuse).
Photographie : Raphaël Jilet
Oie cendrée (Anser anser)

Oie cendrée (Anser anser), étang d'Amel (Meuse).
Photographie : Mylène Tollié


Les prairies et les marais au printemps

Tarier des prés (Saxicola rubetra)

Tarier des prés (Saxicola rubetra), marais de Billy-sous-Mangiennes (Meuse).
Photographie : Raphaël Jilet

La forêt domaniale de Spincourt est entourée de quelques petits marais et de prairies humides parfois bordées de haies. La Pie-grièche écorcheur (Lanius collurio) est relativement commune dès le mois de mai dans le bocage, en particulier dans la réserve naturelle de l’étang d’Amel, où de six à huit couples sont présents (près de l'observatoire par exemple). En juin et en juillet, les jeunes sont facilement audibles quand ils quémandent de la nourriture aux parents. La Tourterelle des bois (Streptopelia turtur) est une autre espèce typique des haies.
Le marais de Billy-sous-Mangiennes est un très bon site pour observer plusieurs espèces typiques de la plaine humide de la Woëvre (lire Découvrir les prairies inondables de la vallée de la Nied), comme les Tariers pâtre (Saxicola rubicola) (commun) et des prés (S. rubetra) (nicheur rare mais annuel), le Vanneau huppé (Vanellus vanellus) (nicheur possible) et le Pipit farlouse (Anthus pratensis) (nicheur rare mais annuel).
Le Busard cendré (Circus pygargus) a quasiment disparu de la ZPS des "forêts et des étangs de Spincourt" : un seul couple a été recensé en 2017, près du village de Senon.
Parmi les milliers de Grues cendrées (Grus grus) qui stationnent ou passent l'hiver dans les prairies humides et les cultures du secteur, trois ou quatre couples ont déjà décidé de nicher ou ont tenté de le faire dans la ZPS : il s'agit d'un événement ornithologique remarquable en France, sachant que la population nationale ne compte qu'une demi-douzaine de couples. L'espèce est très sensible aux dérangements.
Deux couples de Cigognes blanches (Ciconia ciconia) construisent leur nid dans les villages de Spincourt et de Mangiennes. Elle était aussi autrefois nicheuse dans la réserve de l’étang d’Amel, mais la Cigogne noire  baguée "CM32-DIVA", qui fait chaque année une halte dans le site protégé (voir plus bas), a provoqué la fuite du couple en 2012 en s’imposant sur le nid qui était occupé !

Observer les oiseaux durant les migrations

Grue cendrée (Grus grus)

Grue cendrée (Grus grus) près de Mangiennes (Meuse) (cliquez sur la photo pour l'agrandir)
Photographie : Jean-François Perrottet

La ZPS des "forêts et zones humides du pays de Spincourt" constitue une halte migratoire de première importance pour la Grue cendrée, avec des dizaines de milliers d'individus comptés chaque année (printemps et automne). La zone est en effet à la fois située sur l'axe principal de migration et au nord de l'aire d’hivernage de l'espèce. Les prairies autour de Mangiennes et de Billy-sous-Mangiennes sont particulièrement favorables.
La Cigogne blanche peut aussi faire une halte en migration, notamment dans les prairies proches de Mangiennes et de Billy-sous-Mangiennes, où des individus bagués en Allemagne sont parfois observés.
Tous les deux ans, l'étang d'Amel est vidé en automne pour la pêche, ce qui entraîne des regroupements importants d'oiseaux piscivores (hérons et cormorans) et de limicoles, ces derniers pouvant ainsi rechercher leur nourriture sur les fonds vaseux découverts. Parmi les échassiers visibles aux passages, citons les Chevaliers aboyeur (Tringa nebularia) (rare), culblanc (T. ochropus) (commun), guignette (Actitis hypoleuca) (commun), arlequin (T. erythropus) (occasionnel), sylvain (T. glareola) (occasionnel) et gambette (T. totanus) (rare), les Bécasseaux variable (Calidris alpina) (rare), minute (C. minuta) (occasionnel) et de Temminck (C. temminckii) (occasionnel), les Courlis cendré (Numenius arquata) (rare) et corlieu (N. phaeopus) (occasionnel), le Combattant varié (Philomachus pugnax) (rare), les Bécassines des marais (Gallinago gallinago) (commune) et sourde (Lymnocryptes minimus) (rare) et le Vanneau huppé (commun).
Le Héron pourpré (Ardea purpurea) est parfois vu en août-septembre. Le Balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus) est annuel à la fin de l'été et au début de l'automne.
La Cigogne noire est régulière en migration au printemps et automne, la réserve naturelle de l’étang d’Amel étant un très bon site pour l'observer. La Cigogne noire "CM32-DIVA", née et baguée poussin au Luxembourg en 2008, et qui hiverne régulièrement (depuis 2010) dans la réserve africaine de Sigean (Aude), stationne régulièrement dans la réserve naturelle régionale de l’étang d’Amel dès le mois de février. Elle a été équipée d'une balise en septembre 2015 par la Ligue pour la Protection des Oiseaux et le programme personnel de baguage Cigogne noire, dans le cadre d’un partenariat scientifique avec la Réserve Africaine de Sigean. La cigogne "CM32-DIVA" est l’un des rares individus hivernant en France. 
Au printemps, les canards de surface dont la Sarcelle d'été (Anas querquedula) (peu commune), la Sterne pierregarin (Sterna hirundo) et la Guifette noire (Chlidonias niger) font des haltes plus ou moins prolongées sur l'étang. Le Balbuzard pêcheur est également parfois observé lors du passage prénuptial.

Grues cendrées (Grus grus)

Grues cendrées (Grus grus), marais de Billy-sous-Mangiennes (Meuse) (cliquez sur la photo pour l'agrandir)
Photographie : Gilles Pierrard
Cigogne noire (Ciconia nigra)

Cigogne noire (Ciconia nigra), étang d'Amel (Meuse).
Photographie : Raphël Jilet


Les oiseaux en hiver

Grues cendrées (Grus grus)

Grues cendrées (Grus grus) dans le marais de Billy-sous-Mangiennes (Meuse) (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Mylène Tollié

La ZPS des "forêts et zones humides du pays de Spincourt" constitue une zone d'hivernage importante pour la Grue cendrée : c'est en particulier le cas du marais de Billy-sous-Mangiennes, qui accueille un dortoir à l’effectif très variable; lorsqu'il est suffisamment humide, quelques centaines, voire quelques milliers d’oiseaux peuvent être observés à la tombée du jour. En février 2018, environ 2 600 grues ont ainsi été comptées, et il n’est pas rare, avec une longue-vue, de repérer un individu bagué originaire d’Europe du Nord. L'observatoire public permet d'admirer les oiseaux se rassemblant avant d’aller dormir.
Des troupes de Vanneaux huppés sont aussi visibles. Ce marais est également utilisé à cette période de l'année comme dortoir par les Busards Saint-Martin (Circus cyaneus) (moins d'une dizaine d’individus).
En hiver, l'étang d'Amel accueille les Canards colverts (Anas platyrhynchos), chipeau (A. strepera), souchet (A. clypeata), siffleur (A. penelope) (commun) et pilet (A. acuta) (rare), la Sarcelle d'hiver (Anas crecca) (jusqu'à 400), les Fuligules milouin (Aythya ferina) et morillon (A. fuligula), l'Oie cendrée, le Cygne tuberculé (Cygnus olor), l'Ouette d’Égypte (Alopochen aegyptiaca) (commune) (lire L'Ouette d'Égypte en Alsace : les raisons d'un succès), la Bernache du Canada (Branta canadensis) (commune), la Foulque macroule et les Grèbes huppé (Podiceps cristatus) et castagneux (Tachybaptus ruficollis).
Les Mouettes rieuses (Chroicocephalus ridibundus) sont communes en hiver, et des Goélands leucophées (Larus michahellis) se mêlent à elles.
D'autres espèces sont plus rares ou occasionnelles sur l'étang d'Amel, leur présence dépend de la rudesse des conditions hivernales : c'est le cas des Cygnes chanteur (Cygnus cygnus) (dernière observation en 2007) et de Bewick (C. bewickii) (occasionnel), des Oies des moissons (Anser fabalis) (occasionnelle) et rieuse (A. albifrons) (rare), du Tadorne de Belon (Tadorna tadorna) (rare), des Harles bièvre (Mergus merganser) (rare) et piette (Mergellus albellus) (rare) et du Grèbe jougris (Podiceps grisegena) (rare).
Des rapaces peuvent être attirés par ces rassemblements d'oiseaux aquatiques, comme le Faucon pèlerin (Falco peregrinus) (rare) et le Pygargue à queue blanche (Haliaeetus albicilla) (rare).
Le Héron cendré (Ardea cinerea) et la Grande Aigrette (Ardea alba) sont communs durant la mauvaise saison, ainsi que le Grand Cormoran (Phalacrocorax carbo). La Bécassine des marais est commune.
Un très grand dortoir d'Étourneaux sansonnets (Sturnus vulgaris) se forme dans les roseaux en hiver, alors que la Panure à moustaches (Panurus biarmicus) et la Rémiz penduline (Remiz pendulinus) sont des visiteurs rares et irréguliers. 

Contact

Conservatoire d'Espaces Naturels (CEN) de Lorraine - Site web : www.cen-lorraine.fr

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Sources

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