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Observer les oiseaux près de La Tranche-sur-Mer (Vendée)

Plusieurs sites ornithologiques proches de cette station balnéaire du littoral atlantique méritent une visite, surtout durant les migrations et en hiver.

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Observer les oiseaux près de La Tranche-sur-Mer (Vendée)

Vue de la station d'épuration de la Tranche-sur-Mer (Vendée).
Photographie : Franck Grolier

Les 250 kilomètres de côtes du département de la Vendée sont composés de plages, de dunes, de falaises, de vasières, de platiers rocheux, de prairies humides, de marais, de salines, de lagunes, de stations balnéaires et de ports de pêche. Ce littoral varié est apprécié aussi bien par les touristes que par les observateurs. La commune de La Tranche-sur-Mer, située à mi-chemin entre Les Sables-d'Olonne et la baie de l'Aiguillon, constitue un bon "résumé" de cette diversité : du nord au sud, il est possible de visiter la plage de la Terrière, la pointe du Grouin du Cou, le plan d'eau de loisirs du Maupas et la réserve naturelle nationale de la casse (ou lagune) de la Belle Henriette (en grande partie située sur la commune voisine de La Faute-sur-Mer), autant de sites intéressants pour l'observation des oiseaux. Au nord de la ville, les bassins de la station d'épuration sont également attractifs pour les migrateurs.
Grâce à Maxime Pirio, nous vous présentons les bons sites pour observer les oiseaux dans les environs de La Tranche-sur-Mer. Nous remercions les photographes qui nous ont aidés à illustrer cet article.

Abstract

The 250 km of the coastline of the Vendée French department are varied: beaches, dunes, cliffs, mudflats, wet meadows, salt marshes and lagoons, but also seaside resorts and fishing ports. They form a pleasant countryside visited by both tourists and birders. The commune of La Tranche-sur-Mer, located halfway between Les Sables-d'Olonne and the bay of l'Aiguillon, is a good summary of this diversity: from north to south it is possible to visit the beach of La Terriere, the headland of Le Grouin du Cou, the lake of Maupas and La Belle Henriette national nature reserve (or lagoon) (also on the commune of La Faute-sur-Mer). To the north of the city, the sewage ponds are also attractive for migrants. Thanks to Maxime Pirio, we present you the good spots to birdwatch near La Tranche-sur-Mer.

Situation de La Tranche-sur-Mer (Vendée)

Situation de La Tranche-sur-Mer (Vendée).
Carte : Ornithomedia.com

Présentation et accès

La Tranche-sur-Mer est une station balnéaire située au sud du département de la Vendée, en face de l'île de Ré. Très fréquentée en été par de nombreux touristes, cette commune redevient une destination ornithologique intéressante le reste de l'année grâce à la diversité de ses habitats : plages de sable, platier rocheux découvert à marée basse, dunes, forêt de pins et de chênes, bassins de lagunage, marais arrière-littoraux (faisant partie du marais Poitevin), plan d'eau et lagune naturelle. De nombreux hôtels, campings et restaurants faciliteront votre séjour.
Pour atteindre la Tranche-sur-Mer depuis Nantes, suivre l'A 83 vers Niort, prendre la sortie numéro 7 "La Rochelle, Sainte-Hermine, Luçon", rejoindre Luçon, prendre la D 746 vers La Faute-sur-Mer puis la D 46 vers La Tranche-sur-Mer. Depuis le centre-ville, on peut visiter plusieurs sites intéressants pour l'observation des oiseaux (voir notre carte) :

  • le lac de loisirs du Maupas près de la capitainerie, dans le quartier de Maupas
  • la pointe du Grouin du Cou près du phare du Grouin du Cou, à l'ouest de la ville
  • la plage de la Terrière accessible depuis le hameau de La Terrière, au nord-ouest de la ville (suivre la D 105 en direction de Longeville-sur-Mer)
  • la station d'épuration située près du lieu-dit "le Clos Robert" sur la route d'Angles (D 747), à proximité de l'aérodrome
  • la réserve naturelle de la casse (ou lagune) de la Belle Henriette qui peut être visitée en prenant la D 2046 en direction de La Faute-sur-Mer. Plusieurs sentiers la traversent.

La plage de la Terrière

Emplacements des bons sites d'observation près de La Tranche-sur-Mer (Vendée)

Emplacements des bons sites d'observation près de La Tranche-sur-Mer (Vendée). Les campings sont indiqués (cliquez sur la carte pour l'agrandir)
Carte : Ornithomedia.com

Cette longue plage surveillée est prisée des surfeurs et des baigneurs. Sa largeur peut atteindre 1 800 mètres. Elle est bordée par un massif dunaire et la forêt domaniale de Longeville.
Elle est réputée parmi les ornithologues car l'on peut observer en mer entre octobre et mars de grands rassemblements de Macreuses noires (Melanitta nigra) comptant plusieurs milliers d'individus (de 2 000 à 17 000, jusqu'à 25 200 oiseaux en février 1984). Il n'est pas toujours facile d'estimer les effectifs quand la mer est agitée car les groupes peuvent être masqués par les vagues. Elles se nourrissent de mollusques (moules, coques et mactres) le matin et en début d'après-midi et se reposent et se toilettent au nord-ouest de la plage en fin de journée et la nuit. Les plus fortes concentrations se forment au sud de la plage, vers la pointe du Grouin du Cou. Quelques dizaines de Macreuses brunes (Melanitta fusca) se joignent à elles entre novembre et février.
C'est l'un des meilleurs sites de France pour avoir une chance d'observer la Macreuse à front blanc (Melanitta perspicillatta) (plusieurs données), voire la Macreuse à bec jaune (Melanitta americana), encore plus rare toutefois (un mâle possible découvert le 5 janvier 2017).
Plusieurs espèces de canards de surface et plongeurs, dont le Harle huppé (Mergus serrator) et l'Eider à duvet (Somateria mollissima), voire parfois la Harelde boréale (Clangula hyemalis) (deux à six vues ensemble entre le 15/11/1993 et le 04/04/1994), sont visibles depuis la plage de La Terrière entre octobre et mars.
Le secteur est d'intérêt régional pour l'hivernage des plongeons qui stationnent surtout entre les plages de la Terrière et des conches, un secteur moins exposé aux vagues. Le Plongeon catmarin (Gavia stellata) est l'espèce la plus "nombreuse". Des grèbes, principalement des Grèbes huppés (Podiceps cristatus), hivernent aussi en mer, tout comme les Grands Cormorans (Phalacrocorax carbo).
Un important dortoir de mouettes et de goélands (21 000 oiseaux comptés en 1996 !) se forme en mer durant la mauvaise saison : des Mouettes mélanocéphales (Ichthyaetus melanocephalus) et pygmées (Hydrocoloeus minutus) (regroupées souvent à 300 mètres de la côte) se joignent alors aux nombreuses Mouettes rieuses (Chroicocephalus ridibundus). Des sternes pêchent parmi ces laridés : soyez attentif car outre les Sternes pierregarin (Sterna hirundo), arctique (S. paradisae) et caugek (Thalasseus sandvicensis), la Sterne de Dougall (Sterna dougallii) a déjà été signalée (un jeune le 15/09/1993).

Vue de la plage de La Terrière (Vendée)

Vue de la plage de La Terrière (Vendée).
Photographie : Franck Grolier

Après les tempêtes d'automne et d'hiver, des alcidés (vivants ou morts), y compris parfois le Mergule nain (Alle alle), peuvent être trouvés sur le sable. Signalons l'observation en janvier 1993 d'une frégate non identifiée (Fregatus sp.).
En hiver et durant les migrations, des groupes de Bécasseaux sanderlings (Calidris alba), variables (C. alpina), de Grands Gravelots (Charadrius hiaticula) et de Pluviers argentés (Pluvialis squatarola) se nourrissent sur le littoral et forment des petits reposoirs à marée haute, quand ils ne sont pas dérangés.
La période allant d'août à octobre est également intéressante : les sternes pêchent près de la côte et les labbes sont de passage, le Labbe parasite (Stercorarius parasiticus) étant le plus régulier. Les Fous de Bassan (Morus bassanus) migrent plutôt en octobre.  Des passereaux migrateurs peuvent alors longer la côte, mais leur passage est plus visible au niveau de la pointe de l'Aiguillon (lire Suivre la migration des oiseaux depuis la pointe de l'Aiguillon).
Le Héron cendré (Ardea cinerea), peut-être aussi le Héron gardeboeufs (Bubulcus ibis), l'Engoulevent d'Europe (Caprimulgus europaeus) et le Milan noir (Milvus migrans) nichent dans la forêt domaniale de Longeville. Le Petit-duc scops (Otus scops) se reproduit probablement depuis 2015 dans la commune voisine de la Faute-sur-Mer : pourrait-il un jour s'installer dans les zones boisées de la Tranche-sur-Mer ? Enfin, bien qu'elle n'ait jamais été prouvée, la reproduction du Guêpier d'Europe (Merops apiaster) est suspectée certaines années dans les dunes littorales.

La pointe du Grouin du Cou

Grand Gravelot (Charadrius hiaticula)

Le Grand Gravelot (Charadrius hiaticula) fréquente à marée basse le platier rocheux en face de la pointe du Grouin du Cou (photo prise dans le Morbihan).
Photographie : Marc Le Moal

La pointe du Grouin du Cou est située au sud de la plage de Terrière. Elle est facile à repérer grâce au phare du même nom bâti en 1866 (détruit pendant la Seconde Guerre Mondiale et reconstruit en 1950) pour tenter de mettre fin aux nombreux naufrages causés par les fonds calcaires présents à cet endroit. Le grand plateau rocheux, recouvert par endroit de bancs de sable, et découvert à marée basse, est très fréquenté par les amateurs de crabes, crevettes et coquillages : ces affleurements calcaires accueillent en effet de nombreux invertébrés qui attirent à leur tour en hiver jusqu'à 200 Bernaches cravants (Branta bernicla) visibles à marée basse et parfois peu farouches. La sous-espèce du Pacifique (B. b. nigricans) (lire Identifier et chercher la Bernache cravant du Pacifique en hiver en France) a déjà été observée à plusieurs reprises, dont une le 9 janvier 2017.
Les Macreuses noires stationnent à marée haute devant la pointe entre novembre et janvier, à l'aplomb des enrochements. Quelques Eiders à duvet, des Harles huppés, des Grèbes huppés et des plongeons (trois espèces) sont également présents entre octobre et mars.
La pointe du Grouin du Cou est intéressante pour l'observation des limicoles en hiver et durant les passages. L'Huîtrier pie (Haematopus ostralegus) (provenant sûrement de la pointe d'Arçay ou de la baie de l'Aiguillon), le Tournepierre à collier (Arenaria interpres), le Grand Gravelot et les Bécasseaux variable et sanderling (des groupes de 100 à 150 oiseaux se forment parfois) sont réguliers durant la mauvaise saison. À marée haute, de petits reposoirs regroupant des Grands Gravelots, des Bécasseaux sanderlings, variables et parfois des Pluviers argentés peuvent être notés sur les rochers émergés. La migration prénuptiale débute dès la mi-février pour les premiers Gravelots à collier interrompu (Charadrius alexandrinus).
De nombreux Goélands bruns (Larus fuscus), argentés (Larus argentatus) et cendrés (L. canus) et quelques Goélands marins (L. marinus) sont présents à marée basse et un dortoir important se forme au large de la plage du Rocher. Le Goéland pontique (Larus cachinnans) a déjà été noté. Les forts coups de vent entre novembre et mars peuvent parfois pousser sur la côte la Mouette de Sabine (Xema sabini), les Goélands bourgmestre (L. hyperboreus), à ailes blanches (L. glaucoides) et à bec cerclé (L. delawarensis) ou l'Océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoa).
Entre juillet et octobre, observez le passage des oiseaux marins : Fou de Bassan, Pingouin torda (Alca torda), Labbe parasite, Grand Labbe (Stercorarius skua), Sternes pierregarin, arctique et caugek... Une Sterne bridée (Sterna fuscata) / fuligineuse (S. anaetheius) a même été notée en septembre 2005.
Les secteurs dunaires de la pointe Grouin du Cou, bien que de taille réduite, ont un vrai intérêt floristique avec la présence entre autres du Silène de Porto (Silene portensis), de l'Aceras homme-pendu (Orchis anthropophora) et de la Cephalanthère à fleurs pendantes (Cephalanthera longifolia). On y trouve aussi les Oedipodes soufré (Oadaleus decorus) et aigue-marine (Sphingonotus caerulans), deux orthoptères des milieux secs et sableux, et surtout le Pipit rousseline (Anthus campestris) et le Cochevis huppé (Galerida cristata), qui s'y reproduisent peut-être.

Le plan d'eau du Maupas

Vue du plan d'eau du Maupas (Vendée)

Vue du plan d'eau du Maupas (Vendée) (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Franck Grolier

Ce plan d'eau de six hectares proche du centre-ville est utilisé pour les sports nautiques (optimiste, planche à voile) : il  n'est donc pas très intéressant pour l'observation lors des belles journées printanières ou en été. Le Gravelot à collier interrompu (Charadrius alexandrinus) niche toutefois encore le long du littoral, mais sa reproduction échoue fréquemment à cause de la pression touristique dès le mois d'avril. Le Cochevis huppé se reproduit aussi dans la base de loisirs.
Le reste de l'année, plusieurs espèces de canards, notamment les Fuligules morillon (Aythya fuligula) et milouin (A. ferina) peuvent stationner sur le lac, mais jamais en nombre important.
Lors de conditions météorologiques particulières (hiver froid, tempêtes), des oiseaux moins communs sont parfois notés : la Harelde boréale, le Garrot à œil d'or (Bucephala clangula), les Harles huppé et piette (Mergellus albellus) (plus rare) ont par exemple déjà été observés. Quelques Mouettes pygmées sont parfois présentes en hiver.

La station d'épuration de La Tranche-sur-Mer

La station d'épuration des eaux usées de La Tranche-sur-Mer a été réalisée en 1978 puis agrandie en 1992. Elle fonctionne par lagunage aéré, comme celle de Rochefort en Charente-maritime (lire Observer les oiseaux des lagunages et des marais proches de Rochefort) : les eaux circulent dans cinq bassins qui communiquent les uns avec les autres. Au bout de ce circuit, elles passent par un bâtiment de "déphosphatation", après quoi, elles sont rejetées dans les marais environnants.

Vue de la station d'épuration de la Tranche-sur-Mer (Vendée)

Vue de la station d'épuration de la Tranche-sur-Mer (Vendée) (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Franck Grolier

Ce site est intéressant grâce à ses différents habitats (roselières, lagunes, marais, buissons et arbustes). Les prairies rases de l'aérodrome voisin complètent cet ensemble. Cette diversité est favorable au stationnement d'espèces variées lors des migrations prénuptiale et postnuptiale : Canards souchet (Anas clypeata), chipeau (A. strepera) et colvert (A. platyrhynchos), Guifettes noire (Chlidonias niger) (près de 30 comptées ensemble un jour de septembre) et moustac (C. hybridus), passereaux paludicoles (phragmites, rousserolles...) et "terrestres" (pipits, bergeronnettes, traquets, tariers...)...
Des espèces peu communes ou rares ont déjà été notées comme le Fuligule à bec cerclé (Aythya collaris) (quatre ensemble en mars 2017 !), le Canard noir (Anas rubripres), les Sternes hansel (Gelochelidon nilotica) et arctique (surtout au printemps), la Guifette leucoptère (Chlidonias leucopterus) (printemps et automne), la Mouette pygmée (entre 1 000 et 2 000 oiseaux ont stationné entre le 21/03 et le 01/04/1993 après un fort coup de vent), la Pie-grièche à tête rousse (Lanius senator) (dans les marais voisins), le Bruant ortolan (Emberiza hortulana), la Bergeronnette citrine (Motacilla citreola) ou le Traquet oreillard (Oenanthe hispanica) (plutôt en automne).
Après les tempêtes, des oiseaux marins se réfugient parfois sur les bassins : par exemple, après le passage du cyclone "Floyd" venant des Antilles en septembre 1993, deux Phalaropes à bec large (Phalaropus fulicarius) avaient stationné quelques jours.
En hiver, le Grèbe à cou noir (Podiceps nigricollis) est rare, et le Pipit de Richard (Anthus richardi) (lire Le Pipit de Richard, un grand pipit à découvrir) a été observé lors d'un hiver sur les prairies de l'aérodrome. Notons la présence d'un groupe de 22 Bernaches nonnettes (Branta leucopsis) en janvier 2017.

Plateforme pour Cigogne blanche (Ciconia ciconia)

Plateforme pour Cigogne blanche (Ciconia ciconia) la station d'épuration de la Tranche-sur-Mer (Vendée).
Photographie : Franck Grolier

Le Coucou geai (Clamator glandarius) a niché avec succès en 2014 à proximité du camping juste au nord de station d'épuration. Les marais du secteur accueillent au printemps la nidification de la Cigogne blanche (Ciconia ciconia), du Canard souchet, du Tadorne de Belon (Tadorna tadorna), du Vanneau huppé (Vanellus vanellus), du Chevalier gambette (Tringa totanus), de l'Échasse blanche (Himantopus himantopus), de la Bergeronnette printanière (Motacilla flava), de la Cisticole des joncs (Cisticola juncidis), de la Rousserolle effarvatte (Acrocephalus scirpaceus) et du Bruant des roseaux (Emberiza schoeniclus).
La Fauvette grisette (Sylvia communis), l'Hypolaïs polyglotte (Hippolais polyglotta) et la Pie-grièche écorcheur (Lanius collurio) recherchent les haies pour construire leur nid.

La réserve naturelle de la casse de la Belle Henriette

La réserve naturelle de la casse (ou lagune) de la Belle Henriette a été créée en 2011. Elle s’étend sur 337 hectares sur les communes de la Tranche-sur-mer et de la Faute-sur-mer. Depuis l’automne 2012, l’État a confié sa gestion à la Ligue pour la Protection des Oiseaux (gestionnaire principal), à l’Agence des Aires Marines Protégées (cogestionnaire) et à la Fédération départementale des chasseurs de Vendée (partenaire de la gestion sur les volets cynégétique et sensibilisation). Elle est accessible aux visiteurs grâce à des sentiers aménagés et balisés. 
Cette réserve protège l'une des dernières lagunes naturelles du littoral atlantique français, des dunes, une plage de 4,5 km de long et une bande maritime de 300 mètres de large. Les tempêtes hivernales récentes, et notamment "Xynthia" en février 2010, ont profondément modifié l'écosystème : la mer ayant en effet envahi la lagune à plusieurs reprises et rendu l'eau nettement saumâtre.

Vue de la réserve naturelle de la casse de la Belle Henriette

Vue de la réserve naturelle de la casse de la Belle Henriette (Vendée).
Photographie : Éduarel / Wikimedia Commons

360 espèces végétales ont été recensées dans la réserve dont 32 ont une valeur patrimoniale et dix sont protégées au niveau régional et national comme l'Œillet de France (Dianthus hyssopifolius gallicus), l'Odontite de Jaubert (Odontites jaubertianus) et la Renouée maritime (Polygonum maritimum).
Quinze espèces de mammifères dont la Loutre d’Europe (Lutra lutra) et le Campagnol amphibie (Arvicola sapidus), quinze espèces d’insectes remarquables dont le Leste à grands stigmas (Lestes macrostigmas) et le Cuivré des marais (Lycaena dispar) et dix espèces d’amphibiens et reptiles, dont le menacé Pélobate cultripède (Pelobates cultripes), sont aussi présentes.
Plus de 230 espèces d’oiseaux ont été observées dont une quarantaine niche régulièrement. Durant la période de reproduction, les roselières et les jonchaies accueillent (ou accueillaient, car la tempête Xynthia de 2005 a réduit la superficie des roselières) notamment le Busard des roseaux (Circus aeruginosus), le Râle d'eau (Rallus aquaticus), les Rousserolles effarvatte et turdoide (A. arundinaceus), la Cisticole des joncs et la Gorgebleue à miroir (Luscunia svecica namnetum). Des chanteurs de Locustelles luscinioïdes (Locustella luscinioides) sont parfois entendus au printemps, mais la nidification de cette espèce n'a pas été prouvée a priori.
Le Pipit rousseline niche dans les dunes et quelques couples de Gravelots à collier interrompu s'installent dans la partie haute de la plage : toutefois, la nidification de ce limicole est très perturbée par les activités touristiques (piétinement des œufs et dérangement des adultes).
La lagune constitue un secteur d'alimentation important pour plusieurs espèces nichant dans le marais Poitevin voisin : des rassemblements de plus de 300 Aigrettes garzettes (Egretta garzetta) y ont déjà été observés, et les rapaces nicheurs des environs, comme le Busard cendré (Circus pygargus), le Faucon hobereau (Falco subbuteo) et le Milan noir, viennent chasser en été.

Marouette ponctuée (Porzana porzana)

La Marouette ponctuée (Porzana porzana) est quasiment régulière lors du passage postnuptial dans la réserve de la casse de la Belle Henriette (Vendée) (photo prise dans la Somme).
Photographie : Pascale Bécue

Durant les migrations, de nombreux limicoles, essentiellement les Bécasseaux sanderling, variable et minute (Calidris minuta), le Tournepierre à collier, les Courlis cendré (Numenius arquata) et corlieu (N. phaeopus), les Chevaliers gambette, aboyeur (Tringa nebularia) et arlequin (T. erythropus), les Barges rousse (Limosa lapponica) et à queue noire (L. limosa), viennent se nourrir et se reposer sur la lagune à marée haute.
Le Crabier chevelu (Ardeola ralloides) est parfois observé en mai, peut-être en provenance du lac de Grand-Lieu en Loire-Atlantique (lire Observer les oiseaux du lac de Grand-Lieu).
La Marouette ponctuée (Porzana porzana), la Sterne caspienne (Hydroprogne caspia) (lire La Sterne caspienne, une géante à chercher en août-septembre), le Balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus), le Héron pourpré (Ardea purpurea) et la Spatule blanche (Platalea leucorodia) sont à rechercher en août-septembre, et le rare et discret Phragmite aquatique (Acrocephalus paludicola) est certainement régulier à cette période. De nombreux passereaux migrateurs font d'ailleurs une halte en automne dans les roselières. En octobre-novembre, les Cygnes tuberculés (Cygnus olor) se rassemblent sur le plan d'eau.
Lors des tempêtes d'automne et d'hiver, des oiseaux marins s'abritent sur la lagune comme la Mouette pygmée (qui hiverne au large) et le Phalarope à bec large.
La lagune de la Belle Henriette réserve chaque année des surprises, et la liste des raretés signalées est impressionnante : elle comprend entre autres la Marouette de Baillon (Porzana pusilla), le Grèbe à bec bigarré (Podilymbus podiceps), le Bécasseau rousset (Tryngites subruficollis), le Bécasseau de Bonaparte (Calidris fuscicollis), le Chevalier stagnatile (Tringa stagnatilis), le Goéland à bec cerclé et la Bergeronnette citrine.
En hiver, la réserve est l'unique site de stationnement annuel dans le marais Poitevin de la Rémiz penduline (Remiz pendulinus) et de la Panure à moustaches (Panurus biarmicus). Le Butor étoilé (Botaurus stellaris) est possible à cette saison.

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