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Le courant de Mimizan (Landes), un bon site pour le Goéland pontique

Sophie Damian nous présente cette zone humide côtière très intéressante, en particulier pour observer les laridés en automne et en hiver.

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Le courant de Mimizan (Landes), un bon site pour le Goéland pontique

Reposoir de laridés (goélands) à l'embouchure du courant de Mimizan (Landes) le 29/12/2018.
Photographie : Sophie Damian

La Côte d'Argent est le nom donné au littoral baigné par l'océan Atlantique s'étendant entre les estuaires de la Gironde et de l'Adour, dans les départements de la Gironde et des Landes. Cette côte rectiligne est bordée de hautes dunes, d'étangs arrière-littoraux et d'une vaste forêt de Pins maritimes. Certains étangs sont reliés à l'océan par de petits fleuves : les courants d'Huchet (le déversoir de l'étang de Léon), de Soustons (déversoir de l'étang de Soustons) et de Mimizan (déversoir de l'étang d'Aureilhan). Le courant de Contis ne joue plus un rôle d'exutoire depuis l’assèchement de l'étang de Lit-et-Mixe au cours de la seconde moitié du XIXe siècle.
Le courant de Mimizan serpente sur une distance d'environ 7 km à travers la forêt landaise, les dunes, les roselières et les prés salés, puis se jette dans l'Atlantique. Son cours était autrefois très changeant, mais il a été endigué au XIXe siècle, permettant le développement de la station balnéaire de Mimizan-Plage. Malgré l'urbanisation et la fréquentation touristique, cette zone humide est intéressante pour l'observation des oiseaux, surtout durant les migrations et en hiver. C'est en particulier un lieu de repos apprécié des goélands, dont le Goéland pontique (Larus cachinnans), qui est régulier.
Sophie Damian, qui visite ce site depuis plusieurs années, nous le présente et nous donne des conseils pour découvrir son avifaune.

Abstract

The Côte d'Argent is the name given to the coastline bathed by the Atlantic Ocean extending between the estuaries of the Gironde and Adour, in the French departments of Gironde and Landes. This straight coast is lined with high dunes, back-shore ponds and a vast pine forest. Some of these ponds are connected to the ocean by small rivers (called "courants", that means currents): the currents of  Huchet (the spill of the pond of Léon), Soustons (the outlet of the pond of Soustons) and Mimizan (the spill of the pond of Aureilhan). The courant (current) of Contis is no longer an outlet since the draining of the pond of Lit-et-Mixe during the second half of the nineteenth century. The courant de Mimizan is about 7 km long. It flows through a pine forest, dunes, reedbeds and salt meadows, then flows into the Atlantic. Its course was once very changeable, but it was dammed in the nineteenth century, allowing the development of the seaside resort of Mimizan-Plage. Despite urbanization and tourism, this wetland is interesting for birdwatching, especially during migrations and in winter. In particular, it is a popular resting place for gulls, including the Caspian Gull (Larus cachinnans), which is regular.
Sophie Damian, who is visiting this site for several years, presents it to us and gives us advice to discover its avifauna.

Présentation du courant de Mimizan

Situation de Mimizan-Plage (Landes)

Situation de Mimizan-Plage (Landes).
Carte : Ornithomedia.com

Le courant de Mimizan relie l'étang arrière-dunaire d'Aureilhan à l’océan Atlantique, parcourant près de 7 km. Il prend naissance au niveau de la passerelle de Gombaut, à hauteur de l'étang d'Aureilhan, puis il est enjambé successivement par les ponts de Vigon, Rouge, des Trounques et de la plage. L’effet de la marée se fait ressentir dans sa partie aval, sur plus de 4,5 km, jusqu'aux abords de la papeterie de Gascogne. Dans le dernier méandre s'étendent des prés-salés (une formation végétale rare sur la côte landaise, qui a fait l'objet d'un inventaire pour Zone Naturelle d'Intérêt Écologique Faunistique et Floristique en 1990) sur environ un hectare, et des roselières sur près de deux hectares. Des bancs de sable se forment à marée basse au niveau de l'embouchure et le long de la plage.

Accès

Depuis Bordeaux ou Arcachon (Gironde) au nord ou Anglet (Pyrénées-Atlantiques) au sud, prendre l'autoroute A63 et sortir au niveau de Labouheyre, puis rejoindre Mimizan et Mimizan-Plage. Il est conseillé de se garer le long de l'avenue du Courant, derrière le pont de l'embouchure (aire de stationnement), puis de se promener le long de la rive sud du courant jusqu'au pont des Trounques, et de revenir vers le point de départ en longeant la rive nord (on peut également effectuer le trajet dans l'autre sens).

Carte du courant de Mimizan (Landes)

Carte du courant de Mimizan (Landes). En rouge, trajet proposé et emplacements des reposoirs de laridés (points).
Carte : Ornithomedia.com d'après Sophie Damian

En automne et en hiver, les reposoirs de laridés peuvent se former à différents endroits en fonction des dérangements. Afin de limiter les risques d'envols, il vaut mieux observer les oiseaux depuis le sentier ou le haut de digue et ne pas chercher à trop s’approcher. Ils sont assez farouches, et le simple fait parfois de poser le trépied à moins de 150 mètres du groupe peut les faire fuir (ce qui est rare mais frustrant). 

Hébergement et restauration

Les visiteurs pressés peuvent se restaurer à l’Aloha Burger King, un restaurant rapide bon et pratique situé à Mimizan-Plage, au niveau du pont de l’embouchure. Pour ceux qui préfèrent prendre leur temps, le restaurant Ô courant propose une cuisine de qualité avec une vue sur l’embouchure. Au cœur de la station balnéaire, il est possible de trouver pas mal d’autres restaurants pour tous les goûts, de la cuisine traditionnelle aux plats japonais.
Il y a une importante offre d'hôtels, de gîtes, de locations et de campings dans le secteur.

Les oiseaux nicheurs

Peu d'oiseaux nichent sur le site à cause des dérangements humains et canins, mais aussi de la faible superficie des habitats favorables à la nidification des oiseaux (roselières et prés-salés). En dehors du Canard colvert (Anas platyrhynchos), du Martin-pêcheur d'Europe (Alcedo atthis) et des Bergeronnettes grise (Motacilla alba) et des ruisseaux (M. cinerea), quelques couples de Rousserolles effarvattes (Acrocephalus scirpaceus) arrivent à se reproduire dans la phragmitaie.
Plusieurs passereaux (mésanges, pouillots, pics...) et le Milan noir (Milvus migrans) se reproduisent dans la ripisylve qui borde le courant en amont. Le Rougequeue noir (Phoenicurus ochruros), l'Hirondelle rustique (Hirundo rustica) et la Tourterelle turque (Streptopelia decaocto) se reproduisent dans la station balnéaire.
Le Gravelot à collier interrompu (Charadrius alexandrinus) essaie parfois de nicher sur la plage, mais les échecs sont fréquents.

Vue du courant de Mimizan (Landes)

Vue du courant de Mimizan (Landes) depuis son embouchure le 29/12/2018 (cliquez sur la photo pour l'agrandir)
Photographie : Sophie Damian

Vue de la roselière dans le dernier méandre du courant de Mimizan (Landes)

Vue de la roselière dans le dernier méandre du courant de Mimizan (Landes) le 29/12/2018 (cliquez sur la photo pour l'agrandir)
Photographie : Sophie Damian


Durant les migrations

Bécasseau semipalmé (Calidris pusilla)

Bécasseau semipalmé (Calidris pusilla) (à droite), courant de Mimizan (Landes), le 15/09/2013 (cliquez sur la photo pour l'agrandir)
Photographie : Sophie Damian

Durant les migrations (principalement en automne), des limicoles peuvent stationner avec des effectifs variables (mais souvent réduits) au niveau de l’embouchure et le long des berges du courant. La Barge rousse (Limosa lapponica), l'Avocette élégante (Recurvirostra avosetta), les Bécasseaux variable (Calidris alpina) et maubèche (C. canutus), le Vanneau huppé (Vanellus vanellus), l'Huîtrier pie (Haematopus ostralegus), les Courlis cendré (Numenius arquata) et corlieu (N. phaeopus) et plusieurs espèces de chevaliers ont déjà été notés. Des surprises sont toujours possibles, comme ce Bécasseau semipalmé (Calidris pusilla) découvert en septembre 2013.
Dès le mois de septembre, des groupes de laridés, composés de différentes espèces de mouettes et de goélands, se rassemblent à marée basse dans le courant de Mimizan pour se nettoyer dans l’eau douce, se reposer sur les bancs de sable ou s’abriter lors des coups de vent, ce qui permet de bien les observer et de lire d'éventuelles bagues couleurs.
Lors d'une séance d'observation automnale en mer, on peut espérer voir le Grand Labbe (Stercorarius skua) et les Labbes parasite (S. parasiticus) et pomarin (S. pomarinus), mais aussi la Mouette pygmée (Hydrocoloeus minutus), le Puffin des Baléares (Puffinus mauretanicus), et plus rarement les Puffins fuligineux (Ardenna grisea), des Anglais (Puffinus puffinus) et boréaux (Calonectris borealis).
Les observations de Plongeons catmarin (Gavia stellata), arctique (G. arctica) et imbrin (G. immer) se font aussi essentiellement lors des séances d'observation en mer.
Des groupes de migrateurs passent un peu à l'arrière du littoral et survolent le courant : c'est le cas des fringilles, de l'Alouette des champs (Alauda arvensis) et de divers rapaces comme le Balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus), le Milan royal (Milvus milvus), l'Épervier d'Europe (Accipiter nisus) ou les Faucons pèlerin (Falco perergrinus), crécerelle (F. tinnunculus) et émerillon (F. columbarius). Des espèces occasionnelles peuvent faire un arrêt comme un Crabier chevelu (Ardeola ralloides) observé en novembre 2016.
Des passereaux, comme les fauvettes paludicoles, les hirondelles ou le Bruant des roseaux (Emberiza schoeniculus), stationnent régulièrement dans la roselière du dernier méandre.

Labbe parasite (Stercorarius parasiticus)

Labbe parasite (Stercorarius parasiticus), courant de Mimizan (Landes), le 05/02/2017 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Sophie Damian
Crabier chevelu (Ardeola ralloides)

Crabier chevelu (Ardeola ralloides), courant de Mimizan (Landes), le 16/11/2016 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Sophie Damian


Les oiseaux en hiver

Phalaropes à bec large (Phalaropus fulicarius)

Phalaropes à bec large (Phalaropus fulicarius), Mimizan-Plage (Landes), le 15/09/2013 (cliquez sur la photo pour l'agrandir)
Photographie : Sophie Damian

Des limicoles sont visibles en hiver dans la partie maritime du courant de Mimizan : c'est le cas en particulier du Bécasseau variable, qui est souvent visible en petits groupes. Il est fréquemment accompagné par le Grand Gravelot (Charadrius hiaticula), le Chevalier guignette (Actitis hypoleucos) et le Pluvier argenté (Pluvialis squatarola), et parfois par le Bécasseau sanderling (C. alba), le Gravelot à collier interrompu et la Bécassine des marais (Gallinago gallinago).
Le Phalarope à bec large (Phalaropus fulicarius) est à rechercher après les tempêtes hivernales. Après le passage d'une dépression, on peut également observer des Mouettes tridactyles (Rissa tridactyla) (lire Tempête du 24/01/2009 : des Mouettes tridactyles loin à l'intérieur des terres) et des alcidés, principalement le Guillemot de Troïl (Uria aalge), le Macareux moine (Fratercula tridactyla) et le Pingouin torda (Alca torda), que l'on peut observer en mer, sur la plage (lors d'échouages) et parfois sur le courant même. Ce fut notamment le cas lors de l’hiver 2013-2014 (lire Important échouage de Macareux moines le long du littoral atlantique français). 
L'Océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoa) est parfois visible le long de la plage (plus rarement dans le courant). L'Océanite tempête (Hydrobates pelagicus) est plus rare.
Le Grèbe castagneux (Tachybaptus ruficollis) est un hivernant annuel au niveau de l’embouchure. Quelques Macreuses noires (Melanitta nigra) visitent régulièrement le courant durant la mauvaise saison : de deux à quatre oiseaux ont été régulièrement vus entre la fin octobre et le début du mois de décembre 2018. Le Garrot à œil d’or (Bucephala clangula) peut faire exceptionnellement une apparition, comme ce fut le cas lors de la vague de froid de 2012.
Les roselières, les arbres et les arbustes le long des rives méritent d'être inspectés entre novembre et mars, pour trouver d'éventuels passereaux intéressants : un Pouillot de Sibérie (Phylloscopus tristis) a été par exemple observé en janvier 2014, 
L'embouchure du courant de Mimizan est particulièrement intéressante en hiver pour ses rassemblements de mouettes et de goélands.

Océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoa)

Océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoa), courant de Mimizan, le 05/11/2013 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Sophie Damian
Macreuses noires (Melanitta nigra) et Grèbe castagneux (Tachybaptus ruficollis)

Macreuses noires (Melanitta nigra) et Grèbe castagneux (Tachybaptus ruficollis), courant de Mimizan (Landes), le 08/11/2018 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Sophie Damian


Les reposoirs automnaux et hivernaux de laridés

Reposoir des laridés

Reposoir de laridés, courant de Mimizan (Landes), le 04/03/2018 (cliquez sur la photo pour l'agrandir)
Photographie : Sophie Damian

Comme évoqué précédemment, des laridés se rassemblent entre septembre et mars dans la partie maritime du courant de Mimizan pour se reposer et nettoyer leur plumage, même si les dérangements sont fréquents. Les reposoirs sont principalement situés au niveau du pont de Mimizan-plage, situé à 350 mètres en amont de l’embouchure, et dans le coude que fait le courant 1,5 km en amont de l'estuaire. Ils se posent sur la plage et sur les bancs de sable découverts par la marée descendante. Ils peuvent se déplacer à l'intérieur du courant, se regrouper sur la plage ou même en mer en fonction des dérangements, de l’orientation du vent et des bancs découverts selon le coefficient de marée.
Lors du passage post-nuptial (automne), les groupes de goélands sont généralement de petite taille, et ce n’est qu’à partir de la mi-novembre qu'ils deviennent plus importants (plus de 100 oiseaux), avec un fort renouvellement au cours de la journée à cause des perturbations et de l’activité des oiseaux : par exemple, les Mouettes mélanocéphales (Ichthyaetus melanocephalusarrivent plutôt en fin de journée. La plupart des oiseaux quittent le courant durant la demi-heure précédant le coucher du soleil pour aller ensuite dormir sur l'océan.
Les périodes les plus favorables pour venir observer les laridés sont les jours où souffle le vent d’ouest (même modéré) et après le passage d'une dépression. Dans ce dernier cas, ils viennent se mettre à l'abri, et parfois 500, voire plus de 1 000 individus, sont alors visibles. Les effectifs restent généralement conséquents (200 à 400) jusqu'à la fin du mois de mars.
Les espèces les plus nombreuses sont le Goéland brun (Larus fuscus) et les Mouettes rieuse (Chroicocephalus ridibunduset mélanocéphale. Les Goélands leucophée (L. michahellis), marin (L. marinus), argenté (L. argentatus), pontique (L. cachinnans), cendré (L. canus) sont réguliers.
Le Goéland cantabrique (L. michahellis lusitanius) est noté chaque année, plutôt quand souffle le vent du sud : leurs bagues rouge et blanc facilitent leur repérage (lire Goéland cantabrique : présentation, identification et observation en France).
D'autres espèces de laridés plus rares peuvent être observées dans ces dortoirs en hiver : Goélands bourgmestre (Larus hyperboreus) (en 2009, 2013, 2016 et 2018 au moins), à ailes blanches (L. glaucoides) (2018), argenté nordique (L. argentatus argentatus) (en 2018), de la Baltique (L. fuscus fuscus) (un individu bagué de premier hiver observé le 02/01/2018) et à bec cerclé (L. delawarensis) (en 2017).

Laridés sous la tempête

Laridés sous la tempête, courant de Mimizan (Landes), le 05/02/2017 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Sophie Damian
Goéland bourgmestre (Larus hyperboreus)

Goéland bourgmestre (Larus hyperboreus) de premier hiver, courant de Mimizan (Landes), le 06/03/2016 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Sophie Damian
Goéland cantabrique (Larus michahellis lusitanius)

Goéland cantabrique (Larus michahellis lusitanius) de première année bagué, courant de Mimizan (Landes), le 27/10/2018 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Sophie Damian
Goéland à ailes blanches (Larus glaucoides)

Goéland à ailes blanches (Larus glaucoides) de première année, courant de Mimizan (Landes), le 19/01/2018 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Sophie Damian


Le courant de Mimizan, un bon site pour le Goéland pontique en hiver

Goéland pontique (Larus cachinnans) adulte

Goéland pontique (Larus cachinnans) adulte typique, courant de Mimizan (Landes), le 11/02/2017. Outre les critères classiques (tête blanche, petits yeux noirs, bec long et fin, long cou, pattes fines et pâles, arrière du corps allongé et grand miroir blanc sur pointe de la primaire P10), on voit par transparence la marge blanche entre le gris des rémiges primaires et la zone noire (cliquez sur la photo pour l'agrandir)
Photographie : Sophie Damian

Le Goéland pontique est une espèce nichant principalement de la mer Noire à l'Asie centrale. Depuis quelques années, des colonies se sont installées également en Allemagne, en Pologne (lire L'origine des Goélands pontiques qui nichent en Pologne) et dans les pays voisins. Une grande partie de ces oiseaux hivernent de la mer Noire à la mer Rouge et au golfe Persique, mais un nombre croissant séjourne en Europe centrale et de l'Ouest (lire Observer le Goéland pontique dans le Nord-Pas-de-Calais). Le Goéland pontique ressemble étroitement au Goéland leucophée (lire Identification du Goéland pontique), et donc ses effectifs sont certainement sous-estimés.
Sophie Damian visite le courant de Mimizan depuis la fin de 2013 pour y recenser les espèces et lire les bagues Darvic posées sur les oiseaux. Sa première observation d'un Goéland pontique sur le site remonte à février 2014 : un immature pâle et semblant avoir "des échasses" avait alors retenu son attention, et les photos prises avaient permis de valider sa donnée.
En 2016, Sophie a acquis une longue-vue, ce qui lui a permis d'améliorer sa qualité d'observation : elle a alors constaté qu'un nombre important de Goélands pontiques visitaient les côtes landaises. Rien qu'en janvier 2016, elle avait déjà identifié 13 individus sur le courant de Mimizan en six visites. En près de six ans, elle a compté près de 200 individus le long des côtes basco-landaises.
Le Goéland pontique est régulier sur le courant de Mimizan : entre septembre 2016 et mars 2017, elle a observé 55 oiseaux en 88 visites, puis 103 l’hiver suivant en 97 visites, soit plus d’un individu par séance en moyenne. Les données se concentrent en janvier et en février, avec deux records de 10 et de 11 individus les 9 et 11 février 2018 (parmi respectivement 600 et 300 laridés).
Grâce à la prise de photos, il est possible de vérifier que le renouvellement des individus est très important d’un jour à l’autre, car les laridés (à l'exception des Mouettes rieuses) stationnent rarement sur un point précis : ils évoluent plutôt dans une zone géographique donnée, comme la côte basco-landaise, voire le golfe de Gascogne. Par exemple, un Goéland pontique observé un jour à Mimizan a été vu le lendemain à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), puis était de retour sur le courant une dizaine de jours plus tard. Par ailleurs, un Goéland brun qui hivernait sur le courant de Mimizan avait été observé à 40 km de là la veille.
Si l'on détecte autant de Goélands pontiques à Mimizan, cela suppose certainement qu'il y en a d'autres ailleurs sur les côtes d’Aquitaine. Cette forte augmentation de la population hivernante est récente et est liée à l’explosion des populations nicheuses polonaises et allemandes. Et pour compliquer le tout, de nombreux cas d’hybridation ont été signalés, notamment le Goéland argenté dans les zones récemment colonisées.

Goéland pontique (Larus cachinnans) de premier hiver

Goéland pontique (Larus cachinnans) de premier hiver, courant de Mimizan (Landes), le 11/02/2017. Notez le ventre et la tête blancs, le bec bicolore (novembre), fin et long, le petit œil noir et l'aspect tricolore des ailes (gris, brun et noir) (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Sophie Damian
Goéland pontique (Larus cachinnans) de deuxième hiver

Goéland pontique (Larus cachinnans) de deuxième hiver, courant de Mimizan (Landes), le 24/01/2018. Notez l'aspect élégant, la tête très blanche et ronde, le bec fin et allongé, et la présence d’un miroir blanc sur la rémige primaire P10 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Sophie Damian
Goéland pontique (Larus cachinnans) de troisième hiver

Goéland pontique (Larus cachinnans) de troisième hiver, courant de Mimizan (Landes), le 05/11/2017. Notez le plumage se rapprochant de celui de l’adulte, avec un très grand miroir sur la rémige primaire P10 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Sophie Damian
Goéland pontique (Larus cachinnans) adulte

Goéland pontique (Larus cachinnans) adulte, courant de Mimizan (Landes), le 22/02/2018. Notez l'effet de "store vénitien" sur l'aile (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Sophie Damian


D'autres sites intéressants pour observer les oiseaux

Héronnière du lac d’Aureilhan

Vue de la héronnière du lac d’Aureilhan, Mimizan (Landes), le 12/01/2019 (cliquez sur la photo pour l'agrandir)
Photographie : Sophie Damian

En dehors du courant de Mimizan, d'autres sites méritent d'être visités. C'est le cas du lac d’Aureilhan, situé à environ 2 km au nord-est, à l'est du village de Mimizan. Sur ce plan d'eau, l'île de la "promenade fleurie", aménagée en jardin d’ornement, accueille régulièrement le Butor étoilé (Botaurus stellaris) en hiver. À proximité, une deuxième île (inaccessible), accueille une héronnière au printemps, où se reproduisent au moins cinq espèces d’ardéidés Hérons cendré (Ardea cinerea) et garde-bœufs (Bubulcus ibis), Grande Aigrette (Ardea alba), Aigrette garzette (Egretta garzetta) et Bihoreau gris (Nycticorax nyctocorax).
La Réserve biologique dirigée de la Mailloueyre, située le long de la côte, à moins de 500 mètres au sud de Mimizan, protège deux étangs (issus de l’ancien cours du courant de Mimizan) s'étendant juste en arrière du cordon dunaire. Elle est intéressante autant pour sa flore que pour son avifaune (plus de 80 espèces recensées), notamment durant la migration. Le flux migratoire est souvent clairement visible et parfois impressionnant (surtout le matin) lors du passage postnuptial. Le Faucon d'Éléonore (Falco eleonorae) a déjà été noté (lire Des Faucons d'Éléonore sur le littoral atlantique français en août 2012). La Gorgebleue à miroir (Luscinia svecica) niche près des mares et étangs, et le Cochevis huppé (Galerida cristata), le Pipit rousseline (Anthus campestris) et la Fauvette pitchou (Sylvia undata) (dans la végétation basse) se reproduisent dans les dunes. L'Oedicnème criard (Burhinus oedicnemus) est parfois visible en hiver.
Au nord du lac d’Aureilhan, le vaste étang de Biscarosse ou de Parentis est un site de nidification du Héron pourpré (Ardea purpurea). La rive sud du lac, entre Port Maguide et Ispe, est intéressante en hiver pour rechercher les plongeons, les grèbes et parfois les goélands.
Le Blongios nain (Ixobrychus minutus) se reproduit dans les roselières qui bordent certains courants landais, comme celui d'Huchet, qui relie l'étang de Léon et l'océan Atlantique, mais il est en déclin. Le Milan noir (Milvus migrans), le Circaète Jean-le-Blanc (Circaetus gallicus), et le Faucon hobereau (Falco subbuteo) sont bien présents dans les Landes de Gascogne.
Tout le long du littoral landais, les points d'accès à la mer et le haut des dunes constituent de bons sites d'observation pour le suivi de la migration (lire Le marais de Moïsan et sa station de baguageet du passage des oiseaux marins (puffins, alcidés, plongeons, fous…). Des groupes de cétacés sont parfois visibles. Pour observer les oiseaux marins, il est préférable de choisir la marée haute. Malheureusement, il n’y a pas de zone abritée qui permettrait de faire de bonnes observations lors des coups de vent.
Il y a plusieurs bons sites ornithologiques autour du golfe d'Arcachon (Gironde) : la réserve naturelle du banc d'Arguin (lire Observer les oiseaux dans la réserve naturelle nationale du Banc d'Arguin), la réserve ornithologique du Teich (lire Observer les oiseaux dans la réserve ornithologique du Teich) et le domaine de Certes-Graveyron (lire Observer les oiseaux dans le domaine de Certes). En hiver, le Goéland à bec cerclé est régulier sur le littoral (plages, ports et jetées) des communes d'Arcachon et de La Teste-de-Buch (lire Comment identifier et où chercher le Goéland à bec cerclé en France ?).
Au sud-est du golfe d'Arcachon, le camp militaire de Captieux constitue une zone de halte migratoire et d'hivernage pour des milliers de Grues cendrées (Grus grus). C'est aussi le cas plus au sud de l'espace naturel d'Arjuzanx (lire Observer les Grues cendrées dans la réserve nationale de chasse d'Arjuzanx).
L'Élanion blanc (Elanus careulus) niche de façon dispersée dans les landes de Gascogne, et il est plus facile de l'observer entre Dax et Mont-de-Marsan, en particulier dans les barthes de l'Adour (lire Observer les oiseaux dans la basse vallée de l'Adour). Non loin de là, la réserve naturelle du Marais d'Orx à Labenne est d'une grande richesse ornithologique toute l'année.

À lire aussi sur Ornithomedia.com

À lire sur le web

Le site web collaboratif Faune-aquitaine : www.faune-aquitaine.org

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Sources

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