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Observer les oiseaux au cap Béar (Pyrénées-Orientales), ancien domaine du Traquet rieur

Jacques Dalmau et André Labetaa nous présentent ce site côtier intéressant tout au long de l'année, y compris en hiver.

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Observer les oiseaux au cap Béar (Pyrénées-Orientales), ancien domaine du Traquet rieur

Vue du cap Béar (Pyrénées-Orientales).
Photographie : Jacques Dalmau

Le massif montagneux des Albères constitue la partie la plus orientale de la chaîne pyrénéenne : il s'étend de part et d'autre de la frontière franco-espagnole et est bordé par la mer Méditerranée, formant une côte rocheuse où alternent criques et caps. La mosaïque des vignobles en terrasses, de garrigue et de maquis et de petits ports de pêche, éclairée par un soleil généreux, a inspiré de nombreux peintres : la partie française de ce littoral, située dans le département des Pyrénées-Orientales, est d'ailleurs appelée la "côte Vermeille". Les fonds marins, qui sont d'une grande richesse et qui attirent les amateurs de plongée, sont protégés par le parc naturel marin du golfe du Lion et la réserve naturelle de Cerbère-Banyuls.
Les falaises et la végétation côtière sont intéressantes pour l'observation des oiseaux, par exemple au niveau du cap Béar, près de Port-Vendres. Si le Traquet rieur a disparu depuis plus de 20 ans, ce site mérite toujours une visite, en particulier au printemps et en hiver. Jacques Dalmau et André Labetaa, créateurs du site web Ornitho-66 consacré aux oiseaux des Pyrénées-Orientales, nous présentent ce secteur.

Abstract

The mountain range of the Albères is the easternmost part of the Pyrenean chain: it extends on both sides of the Franco-Spanish border and is bordered by the Mediterranean Sea, forming a rocky coast where coves and capes alternate. The mosaic of vineyards, scrubland and maquis and small fishing ports, and the sunny weather, inspired many painters: the French side of this coastline, located in the department of Pyrénées-Orientales, is also called "Vermeille coast". The seabed, which is very rich and attracts divers, is protected by the marine park of the Gulf of Lion and the nature reserve of Cerbère-Banyuls. Cliffs and coastal vegetation are also interesting for birdwatching: this is the case of the cap Béar, near Port-Vendres.
If the Black Wheatear has disappeared for more than 20 years, this site still deserves a visit, in particular in spring or in winter. Jacques Dalmau and André Labetaa, creators of the Ornitho-66 website, present us to this spot.

Le cap Béar, un bout des Albères

Situation du cap Béar (Pyrénées-Orientales)

Situation du cap Béar (Pyrénées-Orientales).
Carte : Ornithomedia.com

Le massif des Albères correspond au dernier "sursaut" oriental de la chaîne des Pyrénées : il plonge dans la Méditerranée en dessinant une côte rocheuse découpée qui s'étend de part et d'autre de la frontière franco-espagnole et est appelée respectivement "côte Vermeille" et "Costa Brava". Le paysage côtier est composé de falaises de schiste, de pelouses rases, de vignobles en terrasses, de maquis, de bosquets et de taillis de Chênes liège (Quercus suber), pubescent (Q. pubescens) et vert (Q. ilex).
Le cap Béar est une avancée rocheuse de 150 hectares s'étendant entre Port-Vendres et Banyuls-sur-Mer. Dans un secteur qui connaît une forte pression touristique, il a échappé à l'urbanisation grâce à son classement en Zone Naturelle d'Intérêt Écologique Faunistique et Floristique et à son acquisition partielle par le Conservatoire du Littoral (1,35 hectare acheté au niveau de la pointe). De nombreux sentiers le sillonnent, et on y trouve plusieurs bâtiments : un phare, un sémaphore et le Fort Béar. La fréquentation importante occasionne toutefois une certaine dégradation du site (piétinement, déchets) et parfois un dérangement de la faune.
Il est composé d'un plateau culminant à 200 mètres d'altitude couvert de pelouses rases, de friches, de maquis, de quelques parcelles cultivées et de bosquets. D'anciennes terrasses recolonisées par la végétation sont encore visibles.
Le littoral est ponctué par les anses Christina, d'Aspulgas et de Sainte-Catherine et par les plages Balanti et Bernardi et bordé par de nombreux écueils et îlots sous-marins qui accueillent une riche faune aquatique.
La flore des falaises est bien adaptée au milieu rocheux et à la salinité de l'air et comprend plusieurs espèces localisées dans la région et/ou endémiques de Catalogne et du Roussillon, comme la sous-espèce ruscinonensis de l'Armérie du Roussillon (Armeria ruscinonensis), la Doradille marine (Asplenium marinum), le Polycarpon de Catalogne (Polycarpon polycarpoides catalaunicum), la Carotte d'Espagne (Daucus carota hispanicus), l'Œillet de Catalogne (Dianthus pyrenaicus attenuatus), la Passerine hérissée (Thymelaea hirsuta) ou le Gaillet nain (Galium minutulum).
La flore des pelouses sèches et du maquis comprend des espèces végétales xérophiles et thermophiles rares comme l'Ophrys tenthrède (Ophrys tenthredinifera), l'Andropogon à deux épis (Andropogon distachyos) ou l'Ail petit Moly (Allium chamaemoly).
Deux reptiles patrimoniaux sont présents, le Psammodrome algire (Psammodromus algirus) et le Lézard ocellé (Timon lepidus), ainsi qu'un insecte remarquable, le Fourmigril provençal (Myrmecophilus myrmecophilus).

Vue du cap et du phare Béar (Pyrénées-Orientales)

Vue du cap et du phare Béar (Pyrénées-Orientales) (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Jacques Dalmau
Ancien bunker

Ancien bunker en contrebas du phare Béar, un bon point d'observation des oiseaux marins (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Jacques Dalmau


Accès et circuit de découverte

Carte du cap Béar (Pyrénées-Orientales)

Carte du cap Béar (Pyrénées-Orientales) : en bleu, accès en voiture et en rouge, proposition de promenade à pied (sentier littoral).
Carte : Ornithomedia

Depuis Perpignan, suivre la D 914 vers Argelès-sur-Mer et Port-Vendres, puis prendre la D 86b, une petite route côtière sinueuse qui part du port et rejoint le phare (4,2 km). Observer ensuite les oiseaux en suivant à pied le sentier littoral qui rejoint la plage de Bernardi (4,8 km aller-retour, 90 mètres de dénivelé), à éviter toutefois les jours de tempête.
Pour observer les oiseaux marins, l'ancien blockhaus datant de la Seconde Guerre mondiale et situé en contrebas du phare vers la pointe constitue un bon poste abrité.

Hébergement et patrimoine

Les possibilités d'hébergement et de restauration sont nombreuses, notamment à Port-Vendres, Collioure, Banyuls et Argelès-sur-Mer.
Outre le phare Béar, plusieurs monuments sont à visiter à Port-Vendres, comme le Fort Fanal érigé par Vauban au XVIIe siècle, la redoute Béar du XVIIIe et reconstruite à l’entrée du chenal, la maison de Jules Pams, un homme politique du XIXe siècle célèbre dans le Roussillon, ou la chapelle romane du hameau voisin de Cosprons.

Des oiseaux nicheurs méditerranéens typiques

106 espèces d'oiseaux ont été observées en 2018, dont 18 nicheuses certaines ou probables. Le Monticole bleu (Monticola solitarius) est assez facile à observer, par exemple sur les falaises en contrebas et à droite du phare (attention aux enfants). Cet habitat est également le domaine du Goéland leucophée (Larus michahellis), de l'Hirondelle de rochers (Ptyonoprogne rupestris), du Martinet pâle (Apus pallidus) et du Rougequeue noir (Phoenicurus ochruros).

Cochevis de Thékla (Galerida theklae)

Cochevis de Thékla (Galerida theklae), cap Béar (Pyrénées-Orientales), septembre 2018 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : André Labetaa

Le Cochevis de Thékla (Galerida theklae) est à repérer dans les rocailles en contrebas du phare, mais attention, le Cochevis huppé (Galeria cristata) se reproduit aussi sur le site (lire Identifier les Cochevis huppé et de Thékla en photos).
Le Traquet rieur (Oenanthe leucura), que le musicien Olivier Messiaen avait célébré dans le septième livre de son "Catalogue d'oiseaux" (voir une vidéo de la pianiste Laura Farré Rozada) composé en 1958 et consacré en partie aux oiseaux au cap Béar, a disparu en 1996, sans que l'on en connaisse les raisons précises : il niche toutefois encore de l'autre côté de la frontière espagnole, dans le parc naturel du cap Creus, où il est également en régression... Le Traquet oreillard (O. hispanica) se reproduit encore toutefois probablement dans les anfractuosités des murets, des bâtiments et des rochers.
La Fauvette mélanocéphale (Sylvia melanocephala) se reproduit régulièrement dans les buissons un peu à l'arrière du littoral, tandis que la Fauvette pitchou (S. undata) est plus rare (nidification probable en 2017). La Fauvette à lunettes (S. conspicillata) nichait autrefois sur le cap, dans la végétation basse.
La Fauvettes orphée (S. hortensis) a probablement niché en 2015 et en 2017 dans les quelques bosquets et grands arbustes. La Perdrix rouge (Alectoris rufa) s'envolera peut-être à votre passage.
Le Faucon crécerelle (Falco tinnunculus) niche à proximité du cap et le survole fréquemment, tandis que le Faucon pèlerin (F. peregrinus) a disparu en tant que nicheur, mais il pourrait peut-être recoloniser les falaises dans le futur, tout comme le Grand Corbeau (Corvus corax). Le Circaète Jean-le-Blanc (Circaetus gallicus), qui niche dans le massif des Albères, peut faire une incursion au-dessus du cap.

Monticole bleu (Monticola solitarius)

Monticole bleu (Monticola solitarius), cap Béar (Pyrénées-Orientales).
Photographie : Jacques Dalmau
Hirondelle de rochers (Ptyonoprogne rupestris)

Hirondelle de rochers (Ptyonoprogne rupestris), cap Béar (Pyrénées-Orientales).
Photographie : Jacques Dalmau


Durant les migrations

Spatules blanches (Platalea leucorodia)

Spatules blanches (Platalea leucorodia), cap Béar (Pyrénées-Orientales), octobre 2018 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : André Labetaa

Comme c'est souvent le cas des promontoires côtiers, le cap Béar constitue un point intéressant pour l'observation des oiseaux migrateurs au printemps et en automne.
Au printemps (avril-juin), en particulier les jours où souffle la Tramontane, les passages peuvent être importants et variés : 50 espèces ont été notées au mois de mai 2018 et 19 au mois de juin de la même année. Toutefois, les buissons et les arbres étant très rares sur le cap lui-même, les passereaux (pouillots, hypolaïs, gobemouches, pies-grièches...) ne peuvent guère stationner : pour les rechercher, il faut se promener un peu plus à l'intérieur des terres. Les Martinets noir (Apus apus) et à ventre blanc (Tachymarptis melba), l'Hirondelle rustique (Hirundo rustica) et le Guêpier d'Europe (Merops apiaster) survolent le cap en avril-mai.
Une séance d'observation en mer pourra être intéressante durant la migration prénuptiale : le Cormoran huppé de Méditerranée (Phalacrocorax aristotelis desmarestii), le Fou de bassan (Morus bassanus), les Puffins des Baléares (Puffinus mauretanicus) et yelkouan (P. yelkouan) (parfois plusieurs centaines d'oiseaux), le Grand Labbe (Stercorarius skua) ou le Goéland d'Audouin (Ichthyaetus audouinii) (sept observations en avril et en mai 20178) (lire Identifier et chercher le Goéland d'Audouin au printemps en France), qui se reproduit en Catalogne espagnole, font partie des espèces marines pouvant être notées depuis le blockhaus en contrebas du phare.
Le Faucon d'Éléonore (Falco eleonorae) est un migrateur rare et tardif : un oiseau a été noté en juin 2018.
Le passage postnuptial est également observable depuis le cap : le Puffin de Scopoli (Calonectris diomedea) a par exemple été vu en octobre 2017, et un vol de 18 Spatules blanches (Platalea leucorodia) a été noté longeant la côte en octobre 2018.
Outre les oiseaux pélagiques, une séance de guet à la mer peut permettre de repérer des cétacés et même des bancs de thons.

Puffin des Baléares (Puffinus mauretanicus)

Puffin des Baléares (Puffinus mauretanicus), croisière en mer au départ de Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales), avril 2014.
Photographie : André Labetaa
Goéland d'Audouin (Ichthyaetus audouinii)

Goéland d'Audouin (Ichthyaetus audouinii), croisière en mer au départ de Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales), avril 2014.
Photographie : André Labetaa

Grand Labbe (Stercorarius skua)

Grand Labbe (Stercorarius skua), croisière en mer au départ de Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales), avril 2014.
Photographie : André Labetaa
Grands Dauphins (Tursiops truncatus)

Grands Dauphins (Tursiops truncatus), croisière en mer au départ de Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales), avril 2014.
Photographie : André Labetaa


L'hiver, une saison également intéressante

L'hiver n'est pas une saison vide d'un point de vue ornithologique, bien au contraire : outre les espèces sédentaires comme le Monticole bleu, on pourra observer en mer une intéressante variété d'oiseaux marins, qui se rapprochent de la côte quand le temps est agité. Entre janvier et mars, il faut scruter la Méditerranée pour observer le Fou de Bassan, les Mouettes rieuse (Chroicocephalus ridibundus), mélanocéphale (Ichthyaetus melanocephalus), pygmée (Hydrocoloeus minutus) et tridactyle (Rissa tridactyla), le Pingouin torda (Alca torda), la Sterne caugek (Thalassseus sandvicensis), les Puffins yelkouan et des Baléares, et parfois les Plongeons arctique (Gavia arctica) et même imbrin (G. immer) (plus rare). Toutefois, le littoral sablonneux et les lagunes s'étendant plus au nord sont quand même plus favorables au stationnement hivernal des canards marins (harles, macreuses...) et des plongeons.  
Le Faucon pèlerin est régulier en automne et en hiver (dix observations de septembre à janvier 2017). Le Tichodrome échelette (Tichodroma muraria) descend parfois sur le littoral durant la mauvaise saison (une observation en 2013), et l'Accenteur alpin (Prunella collaris) a déjà été noté près de la tour Madeloc, six kilomètres à l'intérieur des terres.

Mouette tridactyle (Rissa tridactyla)

Mouette tridactyle (Rissa tridactyla), croisière en mer au départ de Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales), avril 2014.
Photographie : André Labetaa
Pingouin torda (Alca torda)

Pingouin torda (Alca torda), croisière en mer au départ de Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales), avril 2014.
Photographie : André Labetaa


Autres sites côtiers intéressants à proximité

Le littoral du Roussillon compte d'autres sites intéressants à visiter pour observer les oiseaux, comme la réserve naturelle du Mas Larrieu, entre Argelès et Saint-Cyprien, située à 22 km au nord du cap Béar ou le vaste étang de Canet ou de Saint-Nazaire, situé à 32 km plus au nord (lire Observer les oiseaux de l'étang de Canet ou de Saint-Nazaire). D'autres informations sur les oiseaux des Pyrénées-Orientales, sont disponibles sur le site web Ornitho-66.com.
Si vous aimez la plongée, la réserve naturelle marine de Cerbère-Banyuls est incontournable.
De l'autre côté de la frontière franco-espagnole, les parcs naturels du Cap de Creus et des Aiguamolls de l'Empordà (lire Observer les oiseaux dans le parc naturel des Aiguamolls de l'Empordà) sont d'un grand intérêt ornithologique.

Auteurs

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Sources

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