|
Des marais d'importance mondiale
Les anciens Jardins de l'Éden
 |
Les marais
irakiens étaient la seule zone du Paléarctique où nichait
(niche ?) l'Anhinga roux (Anhinga rufa chantrei).
Source : www.birdseen.co.uk |
Avant leur destruction presque
totale entre 1991 et 2002, les zones humides irakiennes couvraient une surface
comprise entre 15 000 km2 et 20 000 km2, soient parmi les plus vastes d'Eurasie
occidentale.
Ils étaient constitués d'un complexe de lacs d'eau douce connectés entre eux,
de marais et de plaines inondable inondées par le Tigre et l'Euphrate et leurs
affluents.
Le coeur des marais se situe à la confluence des deux fleuves.
On peut identifier trois grands secteurs : les marais d'Al Hammar au Sud, qui
bordent le Golfe Persique, les marais du centre et les marais d'Al Hawizeh à la
frontière iranienne, qui restent les moins "dégradés".
L'ensemble s'étendait de Bagdad au Nord à Bassora (Basra) au Sud et serait le
lieu des légendaires "Jardins d'Éden". Historiquement ils constituent
le berceau de la civilisation des Sumériens qui ont crée le premier alphabet.
Les habitants actuels des marais, les Ma'dan, sont les descendants directs de
cette civilisation.
L'une des 5 premières zones humides mondiales
Selon Mike Evans, un chercheur de Birdlife qui a visité le Golfe Persique en 1991,
les marais mésopotamiens constituent l'une des cinq premières zones humides mondiales
pour l'hivernage des limicoles et la conservation des migrateurs au printemps
et en automne : Chevalier sylvain, Bargette du Terek, Gravelot de Leschenault,
Petit Gravelot, Grand Gravelot, Pluver argenté, Bécasseau minute, Bécasseau sanderling,
Bécasseau cocorli, falcinelle, Barge à queue noire, Courlis cendré sont quelques-uns
des échassiers présents aux passages avec des nombres conséquents.
11 espèces globalement menacées
Des études ornithologiques ont relevé la présence de 134 espèces d'oiseaux
avec des effectifs significatifs au niveau mondial, dont au moins 11 sont globalement
menacées. C'est particulièrement le cas du Pélican frisé (Pelecanus crispus),
du Cormoran pygmée (Phalacrocorax pygmaeus), de la Sarcelle marbrée (Marmaronetta
angustirostris) - avec probablement la plus importante population nicheuse du
monde - et de la sous-espèce endémique du Grèbe castagneux (Tachybaptus ruficollis
iraquensis).
Le Héron goliath (Ardea goliath), l'Ibis sacré (Threskiornis aethiopicus) et l'Anhinga
roux (Anhinga rufa chantrei), se reproduisent dans les marais en petit nombre.
En 1978, plus de 100 Aigles Impériaux (Aquila heliaca heliaca) ont hiverné dans
les marais et en 1979, une étude a estimé à près de 380 000 oiseaux de 79 espèces
le total des hivernants !
3 espèces endémiques
 |
L'Hypocolius
gris (Hypocolius ampelinus) est l'une des trois espèces endémiques
du Sud irakien.
Source : Paul Burrows | bath.ac.uk |
Ces marais ont été choisis
par BirdLife International parmi 11 zones humides non côtières d'importance internationale
pour les oiseaux endémiques. Ils abritent en effet la totalité des effectifs de
deux espèces uniques, la Rousserolle d'Irak (Acrocephalus griseldis) et le Cratérope
d'Irak (Turdoides altirostris), ainsi que la quasi-totalité de la population de
l'Hypocolius gris (Hypocolius ampelinus) (Maltby, 1994, Scott 1995).
Espèces menacées
directement par la destruction des marais irakiens
Il s'agit de nicheurs ou
d'hivernants.
Erismature à tête blanche (Oxyura leucocephala) - Cratérope
d'Irak (Turdoides altirostris) - Rousserolle d'Irak (Acrocephalus griseldis) -
Hypocolius gris (Hypocolius ampelinus) - Anhinga roux (Anhinga rufa chantrei)
- Pélican frisé (Pelecanus crispus) - Héron goliath (Ardea
goliath) - Aigle imperial (Aquila heliaca) - Aigle crirad (Aquila clanga) - Râle
des genêts (Crex crex) - Sarcelle marbrée (Marmaronetta angustirostris)
- Fuligule nyroca (Aythya nyroca) - Cormoran pygmée (Phalacrocorax pygmaeus)
- Ibis sacré (Threskiornis aethiopicus) - Courlis à bec grêle
(Numenius tenuirostris) - Pygargue à queue blanche (Haliaeetus albicilla)
- Vanneau sociable (Chettusia gregaria).
Les autres animaux
Le secteur abritait aussi de nombreuses espèces de mammifères. Le dernier Lion
d'Asie y a été tué en 1945. Trois espèces globalement menacées sont présentes
: le Loup (Canis lupus), une chauve-souris (Myotis capaccinii) et une sous-espèce
particulière de Loutre asiatique (Lutra perspeicillata).
D'autres grands animaux ont été notés, comme la Hyène rayée, le
Chat des marais, la Gazelle à goitre ou le Porc-épic indien. Tous
étaient déjà devenus rares avant les années 1980 et l'on pense qu'ils maintenant
éteints.
Le Sanglier était autrefois abondant, allant jusqu'à causer des dégats aux cultures
: le problème est aujourd'hui résolu avec sa quasi-disparition.
Les marais abritent également de nombreux reptiles et des poissons endémiques.
|
|
 |