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Rencontre
avec le Pluvier guignard sur le Hohneck |
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Date
de mise en ligne : 16/06/10 - Visé par le Comité de
Lecture
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Situation du Hohneck (Vosges) |
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Le
Hohneck fait partie des plus hauts sommets du massif des Vosges,
dans l'Est de la France, avec ses 1 363 mètres d'altitude. Il domine
la ligne de crêtes qui sépare l'Alsace de la Lorraine.
C'est certainement le
sommet des
Hautes-Vosges dont
le caractère "alpin" est le plus affirmé,
avec ses cirques glaciaires et ses fameuses
hautes chaumes battues par les vents et souvent recouvertes par
la neige.
C'est un très bon spot pour découvrir tout un cortège
d'oiseaux montagnards comme le
Pipit spioncelle, le Bruant fou, l'Accenteur alpin, le Monticole
de roche, le Faucon pèlerin, le Grand Corbeau, le Cassenoix moucheté,
le Venturon montagnard ou le Merle à plastron. En hiver, le Bruant
des neiges est parfois vu.
En mai et en août-septembre, un beau limicole fait parfois
une halte migratoire sur les herbes rases, le Pluvier guignard.
Dominique Holtz a pu observer et photographier cet oiseau en
mai 2010, et elle nous décrit sa rencontre.
Cet
article a été soumis à notre
Comité de Lecture virtuel.
Pour participer à ce comité, vous pouvez nous
contacter.
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Abstract
| Publicité |
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The Hohneck peak
is one of the highest summits (1 363 m) of the Vosges range, in
Eastern France. This is certainly the most "alpine" summit
of the Vosges, with its glacial cirques and its meadows (the "Hautes
Chaumes") surrounded by firs and beech forests.
This is a very good spot to watch several mountain birds such as
Rock Pipit, Rock Bunting, Alpine Accento, Red-tailed Rock Thrush,
Peregrine Falcon, Raven, Citril Finch and Ring Ouzel. In winter,
the Snow Buntin of the snows sometimes is seen. In May and in August-September,
a beautiful Wader halts sometimes in the meadows, the Mountain Dotterel.
Dominique Holtz watched and photographed a bird in May 2010.
Rencontre avec le Pluvier guignard sur le Hohneck
Le Hohneck
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Vue
des hautes chaumes au sommet du Hohneck
Photo : Dominique Holtz |
Le Hohneck est
le troisième sommet vosgien (1363 m d'altitude), après le
Grand Ballon et le Storckenkopf.
Il marque la frontière entre la région Alsace à l'Est et la région
Lorraine à l'Ouest.
Ses pentes descendent en douceur sur le versant lorrain, alors que
le versant alsacien est beaucoup plus abrupt. C'est sur ce dernier
versant que l'on trouve les cirques glaciaires rocheux qui donnent
son caractère très alpin au Hohneck, en particulier
ceux de Frankenthal-Missheimle et du Wormspel.
Une hêtraie-sapinière-pessière et une hêtraie
d'altitude s'étendent sur les pentes, tandis qu'au-dessus
de 1200 m domine une végétation rase, les hautes chaumes.
Accès
Carte
du Hohneck : en rouge, un circuit possible pour découvrir
les oiseaux des hautes chaumes et du cirque du Wiormspel.
Le parking de la fontaine de la Duchesse est l'un des bon
spots pour chercher le Bruant des neiges en hiver
Carte : Ornithomedia.com |
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A partir de Gérardmer
ou de Munster, rejoindre le Col de la Schlucht par la D 417. Suivre
ensuite la Route des Crêtes (D 430). Il faut ensuite rejoindre
le sommet du Hohneck où se trouve un parking (de l'hôtel).
Explorez les hautes chaumes en empruntant l'un des nombreux sentiers
qui les parcourent, comme celui qui rejoint le col du Schaeferthal.
Pour découvrir les oiseaux rupestres du cirque du Wormspel,
empruntez le sentier balisé "triangle bleu" qui descend
jusqu’au lac du Schiessrothried. Vous pouvez contourner le lac en
empruntant le sentier du Fond-du-Cirque.
Il faut observer tôt le matin, surtout entre mai et septembre,
pour éviter les nombreux touristes.
Les oiseaux
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Bruant des neiges (Plectrophenax nivalis), Hohneck,
hiver 2008
Photo : Dominique Holtz |
Les hautes chaumes
autour du sommet du Hohneck accueillent un certain nombre d'espèces
typiques. L'Alouette des champs (Alauda arvensis), les Pipits
farlouse (Anthus pratensis) et spioncelle (Anthus spinoletta),
le Traquet motteux (Oenanthe oenanthe) sont des nicheurs
communs.
Le Grand Corbeau (Corvus corax) et le Faucon crécerelle
(Falco tinnunculus) sont souvent vus en vol. Le Martinet
à ventre blanc (Apus melba) est possible (cette espèce
niche dans l'Alsace voisine)..
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Bruant des neiges (Plectrophenax nivalis), Hohneck,
hiver 2008
Photo : Dominique Holtz |
Entre novembre
et janvier, le Bruant des neiges (Plectrophenax nivalis)
est parfois observé près du sommet. Cette espèce
nordique a en effet été notée presque chaque
hiver au début des années 2000 (jusqu'à cinq
oiseaux ensemble). Les sites les plus "réguliers" semblent
être le parking du Hohneck et le parking de la Fontaine de la Duchesse.
Le Hohneck (et d'autres sommets des Vosges) pourrait constituer
l'un des seuls sites connus d'hivernage régulier français
à l'intérieur des terres. Une Alouette haussecol (Eremophila
alpestris) a été vue en novembre 2005 !
En août-septembre et en mai, le Pluvier guignard (Charadrius
morinellus) peut faire une halte. La végétation
rase au sommet du Hohneck est en effet favorable au stationnement
migratoire pré et post-nuptial de ce limicole, et le secteur
fait partie des spots régulièrement prospectés
lors des comptages nationaux (lire La
synthèse 2006 (provisoire) des comptages de Pluviers guignards en
France).
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Le
Monticole de roche (Monticola saxatilis) est un visiteur
estival rare dans le cirque du Wormspel (photo prise en Suisse)
Photo : Joël Bruezière / www.eyesonsky.com |
Les falaises
et éboulis des cirques de Frankenthal et du Wormspel sont
le domaine d'espèces rupestres rares comme le Bruant fou
(Emberiza cia), l’Accenteur alpin (Prunella collaris)
(notamment sur le versant nord du Frankenthal), et le Monticole
de roche (Monticola saxatilis). Pour cette dernière
espèce, le Wormspel semble plus favorable.
Le Pipit spioncelle, le Rougequeue noir (Phoenicurus ochruros),
le Traquet motteux, la Bergeronnette des ruisseaux (Motacilla
cinerea) sont plus communs. Le Faucon pèlerin (Falco peregrinus)
et le Grand Corbeau sont également visibles. Le Tichodrome échelette
(Tichodroma muraria) et l'Hirondelle de rochers (Ptyonoprogne
rupestris) apparaissent occasionellement, le premier en hiver.
Les Chamois (Rupicapra rupicapra) sont assez faciles à
voir, plutôt dans le Frankenthal.
Les zones forestières au pied des cirques ou entre le Col de la
Schlucht et le sommet du Hohneck accueillent des oiseaux classiques
: Merle à plastron (Turdus torquatus) et Venturon montagnard
(Carduelis citrinella) en lisière, Mésanges noire
(Parus ater), huppée (P. cristatus) et boréale (Poecile
montana), Roitelets huppé (Regulus regulus) et à triple
bandeau (Regulus ignicapilla), Cassenoix moucheté (Nucifraga
caryocatactes) (rare), Bec-croisé des sapins (Loxia curvirostra),
Pic noir (Dryocopus martius), Pic épeiche (Dendrocopos
major), Pouillot siffleur (Phylloscopus sibilatrix) (hêtraies)
...
Des milliers de passereaux (pinsons, grives, pipits, ...) passent
au-dessus des cols vosgiens lors de leur migration.
La
rencontre de mai 2010
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Les
hautes chaumes, au sommet du Hohneck (visible au fond), où
le Pluvier guignard fait parfois une halte en migration
Photo : Dominique Holtz |
En mai 2010,
Dominique Holtz a eu la chance d'observer et de photographier un
Pluvier guignard au sommet du Hohneck.
Voici ci-dessous la description de sa rencontre.
Non, cette fois, je n'ai pas eu le plaisir ni la fierté de la découverte...
C'est suite à une indication de Pluvier guignard au Hohneck un soir,
que je décide de tenter ma chance tôt le lendemain, en espérant
qu'il n'ait pas eu la "bonne" idée de repartir dans la nuit noire
vers ses collines écossaises natales où il va nicher! Je suis au
sommet du Hohneck (1360m) à 6 h. Il fait clair, 1°C seulement, avec
en prime une petite bise peu agréable ... Mais, chose rare là-haut,
il n'y a pas de brouillard !
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Pluvier
guignard (Charadrius morinellus) femelle, le Hohneck
(Vosges), mai 2010 (agrandir
la photo)
Photo : Dominique Holtz |
Sur l'herbe encore
jaunie par l'hiver, sont éparpillées quelques petites billes blanches
de grésil tombées dans la nuit. Dès mon arrivée, impatiente et pressée
de trouver "l'oiseau rare", mon regard balaie, d'abord rapidement,
puis avec application, les alentours dégagés dans l'espoir d'y voir
quelque chose bouger. RIEN! Je commence alors à marcher sur l'une
des nombreuses sentes de ce sommet dénudé très fréquenté par les
touristes et les randonneurs.
A chaque pas lent, mon regard scrute l'horizon devant moi, en vain.
Je commence à désespérer lorsque soudain, je sursaute: quelque chose
de noir s'est levé à ma gauche, à 1,50 m à peine. C'est lui! Mon
esprit s'embrouille: " D'où sort-il? Va-t-il s'envoler? Comment
ai-je fait pour ne pas le voir avant? ..." Désolée de l'avoir dérangé,
je m'éloigne en accélérant le pas, mais sans le quitter du regard.
Il n'a fait que quelques pas.
Je suis frappée par ses couleurs vives. Quel bel oiseau! Je décide
de revenir à la voiture chercher ma longue-vue pour le photographier
de loin sans le déranger. A mon retour, j'ai compris pourquoi je
ne l'avais pas repéré de suite. Il était quasi-invisible, blotti
dans un creux entre les épaisses mottes d'herbes, yeux (presque!)
fermés, le bec sous le duvet de l'épaule, les plumes de son dos
liserées de beige se confondant parfaitement avec les herbes ocres.
Ses sourcils blancs ne sont presque pas plus visibles car certaines
herbes "brûlées" par le gel sont aussi blanches. Les plumes de ses
joues et de sa gorge blanches, gonflées par le froid, forment un
bourrelet, comme une écharpe bien chaude autour de son cou.
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Pluvier
guignard (Charadrius morinellus) femelle, le Hohneck
(Vosges), mai 2010 (agrandir
la photo)
Photo : Dominique Holtz |
Je prends quelques
photos avec la longue vue, à bonne distance. J'avance d'un pas ou
deux, plusieurs fois, et reprends des photos. Ne provoquant aucune
réaction de sa part, je finis par m'asseoir à côté de lui et attendre,
pendant une heure, son réveil!
Brusquement, quelque chose l'a fait sursauter. Je me demande quoi,
je n'ai rien vu, et moi, je n'ai pas bougé. Bientôt je comprends
lorsqu'une corneille en vol s'éloigne. Le pluvier s'est d'abord
figé, peut-être prêt à l'envol, mais rassuré, il se tient
à présent debout. Je peux l'admirer à loisir: c'est très certainement
une femelle, car elle est de belle taille, ses couleurs vives très
contrastées, sa plaque ventrale bien noire et étendue sur fond orange,
la bande blanche légèrement surlignée de noir assez bien délimitée
sous la poitrine grise. La tête est noire avec de petits tirets
clairs, l'il et le bec aussi noirs. Elle se tient sur une
patte, qui est jaune verdâtre. Il est 7h30. Elle se décide enfin
à prendre son petit déjeuner! Elle part en trottinant rapidement,
s'arrête brutalement en se penchant en avant pour picorer quelque
chose sur une herbe ou au sol, puis repart en courant. Je l'observe
encore un bon moment et m'en vais, heureuse et songeuse : dommage
que je ne puisse pas la remercier de m'avoir fait confiance...
Chez les guignards, c'est la femelle qui "porte la culotte"
: elle est plus grande, plus colorée et contrastée, c'est elle qui
parade aussi. C'est le mâle qui s'occupe de la couvaison et
des petits, qui sont nidifuges. Et non, je n'ai pas dit que c'était
lui qui pondait aussi les ufs !
Sources
- LPO Alsace (2007). Massif du Hohneck. http://alsace.lpo.fr/index.php/Hohneck
- Hervé Michel . Le massif du Hohneck. http://pagesperso-orange.fr/michelbj/cartes/carte-hohneck.html
- LPO (1989). Où voir les oiseaux en France ? Editions Nathan.
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