Date de mise en ligne : 19/05/10 - Visé par le Comité
de Lecture
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Situation du Salvador |
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Le Salvador
est le plus petit pays d'Amérique centrale. Il est situé
entre le Guatemala et le Honduras, sur la côte Pacifique.
Il compte environ 7 millions d'habitants sur une superficie de
21 041 km². Sa densité de population est la plus élevée
du continent américain.
Le pays est celui qui a perdu le plus de forêts après
Haïti : 85% de sa couverture boisée a disparu depuis
les années 1960. Il a en outre connu une guerre civile
de 1980 à 1992.
Malgré cela, il subsiste encore des habitats naturels variés
(mangroves et zones humides, forêts humides de plaine et
de montagne, forêts sèches) attractifs, et grâce
à sa position géographique, sur le trajet de migration
de nombreux migrateurs néo-tropicaux, près de 546
espèces ont déjà été observées.
En outre, une prise de conscience récente des autorité
a conduit à la création en 1997 d'un Ministère de
l'Environnement et des Ressources naturelles (MARN) et à
l'établissement d'un réseau de zones protégées.
Romain Martin, qui a séjourné un an au Salvador
où il a participé à plusieurs programmes
de conservation, nous a informé du lancement en 2008 d'une
revue semestrielle très intéressante intitulée Aratinga,
à l'initiative d'un groupe d'ornithologues, les Compañeros
en Vuelo/Partners in Flight (PIF).
Nous vous proposons une traduction de certains articles du premier
numéro qui illustrent bien la diversité des activités
ornithologiques menées dans tout le pays. Nous évoquons
également des articles publiés ultérieurement.
Cet
article a été soumis à notre
Comité de Lecture virtuel.
Pour participer à ce comité, vous pouvez nous
contacter.
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Abstract
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El Salvador
is the smallest Central American country, situated on the Pacific
coast. It has the highest population density and the smallest amount
of primary forest remaining (about 2%) in all of Latin America.
Much of the country is intensely farmed, even on its steepest slopes.
Despite of this, 546 bird species has already been watched here,
thanks to a wide range of habitats and the geographical position
of the country.
Recent conservation efforts provide hope for the future of the country's
biological diversity. In 1997, the government established the Ministry
of the Environment and Natural Resources (MARN), and a number of
non-governmental organizations (including SalvaNATURA) are doing
an important work to protect birds and habitats.
Some birders (the Compañeros en Vuelo/Partners in Flight (PIF))
launched in 2008 a very interesting journal called Aratinga (more
informations on the website www.pifcostarica.org).
We propose you a translation of several articles from the first
Issue of this journal that illustrate well the numerous ornithological
activities and studies in this country where there's still much
to be done.
Introduction et Epervier à poitrine blanche
Introduction
Carte
du Salvador, principales zones boisées (vert) et situation
des secteurs cités dans les articles traduits : 1) Parque
Nacional Montecristo, 2) Complejo San Diego et la Barra, 3)
Complejo Los Volcanes, 4) Complejo El Imposible, 5) Complejo
Barra de Santiago, 6) Complejo Taquillo, 7) Laguna de Chanmico,
8) Complejo Nancuchiname, 9) Conchagua
Carte : Ornithomedia.com |
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Le Salvador
est le plus petit pays d'Amérique centrale, et le seul à ne pas
avoir de façade maritime sur la mer des Caraïbes.
Il est bordé au sud par l'océan Pacifique, à l'ouest par le Guatemala,
au nord et à l'est par le Honduras.
Au sud-est du pays se trouve le golfe de Fonseca qui le sépare
du Nicaragua.
On peut découper le territoire en quatre grandes parties (du nord
au sud) :
- la Sierra Madre, une chaîne de montagne longeant la frontière
du Honduras, où est situé le point culminant du
pays (El Pital à 2 730 m)
- la Meseta central, un large plateau qui accueille une grande
partie de la population et les plus grandes villes du pays
- une chaîne volcanique de 20 volcans, dont le plus haut, le Santa
Ana (ou Ilamatepec), culmine à 2 381 m
- une plaine côtière.
Le Salvador possède trois grands lacs naturels (lacs Ilopango
et de Coatepeque situés dans des cratères, et le
lac de Güija à la frontière avec le Guatemala).
Le lac Cerron Grande est un lac artificiel formé après la construction
d'un barrage sur le fleuve Lempa.
Malgré la forte déforestation qu'a subi (et que
continue de subir) le pays, il subsiste encore une grande variété
d'habitats naturels : forêts tropicales de plaine et de
collines, forêts montagnardes (nébuleuses), forêts
sèches sur la côte du Pacifique et dans certaines
vallées, mangroves, lagunes et marais. Plus de 85% du couvert
forestier a disparu depuis les années 1960.
546
espèces d'oiseaux recensées
En 1997 a
été créé le Ministerio de Medio Ambiente
y Recursos Naturales (MARN) , qui a instauré un réseau
de zones protégées dans un certain nombre de secteurs
remarquables.
c'est le cas notamment du Parque Nacional El Imposible, créé
en 1989, situé dans le département d'Ahuachapán.
Il protège 4000 ha de forêts sèches tropicales,
un habitat très menacé au niveau mondial. Plus de
285 espèces d'oiseaux y ont été notées,
dont des espèces menacées comme le Grand Hocco (Crax
rubra) ou le Vautour pape (Sarcoramphus papa).
Dans le nord, le Parque Nacional Montecristo protège des
forêts de montagne où près de 275 espèces
d'oiseaux ont été observées.
Sur la côte, le Complejo Barra de Santiago preserve l'une
des plus belles mangroves du pays.
Plusieurs zones humides sont essentielles pour les oiseaux aquatiques
tropicaux et migrateurs, comme les lagunes El Jocota et Nancuchiname.
La liste des sites remarquables pour l'observation des oiseaux
au Salvador est dispersée sur différents sites web.
Le Ministerio de Medio Ambiente y Recursos Naturales (MARN) propose
une carte
interactive des zones protégées du pays.
A découvrir aussi les liens suivants :
- www.elsalvador.com
- www.wildlifeextra.com/go/birds/extra-bwelsalv.html#cr
- www.nhm.ku.edu/komar/wheretofindbirds.html
Au total, près de 546 espèces d'oiseaux ont été enregistrées
dans le pays, dont 85 accidentelles (moins de six données). Sur
les 461 espèces régulières, 318 sont sédentaires.
L'Epervier
à poitrine blanche, un rapace peu connu
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Epervier à poitrine blanche (Accipiter chionogaster)
Photo : Jorge Jiménez / Aratinga |
Dans le numéro
1 de la revue Aratinga a été publié un article
sur l'Épervier à poitrine blanche (Accipiter chionogaster),
l'un des rapaces les moins connus d'Amérique centrale.
Entre avril 2001 et juin 2008, Tom Jenner, de l'International
School of Ulaan Baatar (Mongolie) a étudié cet épervier sur le
Cerro El Pericón dans le département de Morazán, au nord du Salvador,
et dans le Parque Nacional Celaque au Honduras. Les résultats
avaient été transmis au journal Ornitología Neotropical (www.neotropicalornithology.org).
L'American Ornithologists' Union (AOU) classait encore récemment
ce rapace comme sous-espèce de l'Épervier brun (Accipiter
striatus) en se basant sur des travaux de Storer (1952). Mais
de nombreux auteurs réfutent les conclusions de Storer car il
existe des différences fondamentales entre les deux oiseaux
(lire la fiche sur cette espèce sur le site www.globalraptors.org).
L'Épervier à poitrine blanche a une distribution très limitée
: hautes terres du sud-est du Mexique (Chiapas et Est de l'état
d'Oaxaca), sud du Guatemala, nord du Salvador, Honduras et ouest
du Nicaragua.
Au Salvador, l'espèce a été observée dans plusieurs forêts de
pins dans les montagnes frontalières avec le Honduras : Parque
National Montecristo (département de Santa Anna), Cerros El Pital
et La Montañona (département de Chalatenango), environs de Perquín
(département de Morazán). Mais elle n'est pas connue dans les
bois de pins des cordillères centrales.
Cet épervier est principalement sédentaire et, en dehors de son
aire, une seule donnée a été enregistrée au Costa Rica et au nord
du Guatemala.
Il n'existe pas d'enregistrements dans la base de données de l'association
SalvaNATURA (www.salvanatura.org)
en dehors de sa zone de nidification connue, ce qui suggère que
ce rapace n'effectue pas de grands mouvements. La distribution
de cette espèce est intimement liée aux forêts de Pinus oocarpa.
Il est d'ailleurs intéressant de noter qu'on ne l'observe pas
dans des bois de pins des basses terres, comme ceux de Pinus
caribea sur la côte caraïbe du Honduras et du Nicaragua.
Comme d'autres éperviers, il se nourrit principalement d'oiseaux,
le Pigeon à queue barrée (Patagioenas fasciata)
étant la plus grande proie connue. Cependant, Tom Jenner a aussi
noté des captures de petits lézards, d'une sauterelle verte
et d'une chauve-souris.
Un recensement détaillé des nids dans le Cerro El
Pericón a été mené au cours de la saison de reproduction 2008
avec l'aide de Carlos Funes, d'Oscar Bolaños, de José Serafín
Gómez et de Guillermo Funes. Sept nids (sans compter les nids
rebâtis) ont été trouvés sur 1,37 km² dans un bois de pins, ce
qui donne une densité de 5,1 nids / km². En moyenne, ils étaient
séparés de 580 m (les nids les plus proches étaient distants de
seulement 260 m). Cette densité est plus grande que celle d'espèces
apparentées.
Son cycle de nidification est long. Les couples se forment en
octobre et construisent leur nid au début du mois de décembre.
Au cours des vols nuptiaux, les oiseaux montrent leur ventre blanc
immaculé.
Ils édifient lentement leur nid et pondent les ufs
en mars. Les poussins quittent le nid autour du mois de juin et
les jeunes quittent le territoire des parents en juillet. La mue
principale a lieu à la fin du cycle de nidification.
Généralement les bois de pins de la région sont coupés sélectivement
et l'aire de distribution de cette espèce recouvre des zones aux
sols pauvres peu utiles pour l'agriculture, et elle peut nicher
près des habitations. Elle ne semble donc pas menacée.