Sa biologie
Alimentation
Le Picatharte de Guinée se nourrit principalement d'invertébrés
vivant au sol, surtout des insectes, des vers de terre et des araignées.
Les coléoptères, les termites, les fourmis et les sauterelles sont
les insectes les plus fréquemment capturés, et l'espèce suit fréquemment
les colonnes de fourmis soldats pour s'emparer des animaux qui fuient.
Les oiseaux mangent aussi des vertébrés (grenouilles et lézards),
et ceux-ci constituent la majorité de la biomasse des proies données
aux oisillons.
La nidification
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Picatharte de Guinée (Picathartes gymnocephalus) sur
son nid, Kambui Hills (Sierra Leone), 2009
Photo: Mark
Jandersen / La
galerie de Mike |
La saison
de nidification coïncide généralement avec la saison des pluies:
- en Côte-d'Ivoire: mars, avril et mai
- en Guinée-Conakry: de juillet à janvier
- en Sierra Leone: œufs pondus entre juin et décembre, poussins
entre août et janvier, avec un pic en novembre.
Le Picatharte de Guinée construit un nid de boue en forme de coupe
sur des rochers, des falaises ou des toits de grottes, ou de temps
en temps sur des troncs d'arbre. Les sites de nidification peuvent
comprendre jusqu'à 15 à 20 nids, mais généralement
il n'y en a qu'un ou deux.
Les couples défendent vigoureusement leur nichée, parfois au moyen
de violents combats. Le nid est maçonné et accroché à une paroi
rocheuse. Il abrite de généralement deux œufs, couvés par mâle
et femelle pendant une durée moyenne de 20 jours. Les deux sexes
nourrissent les oisillons, qui quittent le nid après environ 25
jours.
Le succès de la nidification reste faible: une étude menée
dans les années 1990 en Sierra Leone montre que seuls 23
% des œufs donnent naissance à des jeunes qui quittent le nid
(contre 71% au Ghana dans les années 1960), soit une moyenne de
0,44 jeune par couple annuellement. Ceci s'explique, outre les
œufs non fécondés, par les prédations (humaines et autres, dont
les serpents, les rapaces, les écureuils et les singes), les infanticides
et le cannibalisme intraspécifique.
Des observations au cours de la reproduction suggèrent que tous
les nids d'une colonie sont utilisés simultanément par les différents
couples.
Des estimations antérieures de la population de picathartes, reposant
sur le fait qu'un couple utiliserait deux nids dans la colonie,
étaient probablement sous-évaluées. Un comportement de groupe,
rarement observé, avec des salutations mutuelles, est sans doute
associé à la reproduction.
Le choix du rocher de nidification
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Le
choix du rocher de nidification du Picatharte de Guinée (Picathartes
gymnocephalus)
Schéma: Ornithomedia.com |
Il semble
exister des conditions précises dans le choix de la zone rocheuse
où niche l'espèce. Les facteurs importants sont:
- une surface rocheuse suffisante (en hauteur et en largeur);
la hauteur minimum au-dessus du sol à laquelle a été trouvée un
nid est de 1,04 m (sur 79 nids étudiés) et la distance
minimum entre les nids de 1,5 m (34 nids étudiés).
Une hauteur minimum au-dessus du sol est importante pour se protéger
des prédateurs.
- un angle suffisant par rapport à la verticale de la pente du
rocher: une caractéristique importante pour permettre une
bonne évacuation des eaux de ruissellement. Tous les rochers
où des nids avaient été installés avaient une pente d'au moins
10 à 20 degrés ou bien présentaient un surplomb.
En dehors de la période de nidification
On pensait que l'espèce était sédentaire près des sites de nidification
et des dortoirs, mais de nouvelles informations suggèrent de grands
déplacements et un usage régulier d'habitats non forestiers. Il
n'existe pas de mouvements migratoires proprement dits.
Les adultes et les juvéniles peuvent utiliser les nids pour se
reposer ou dormir en dehors de la saison de nidification.
Un oiseau magique
L'espèce a
eu une valeur totémique et symbolique dans une partie de son aire
de répartition. Dans le sud et l'est de la Sierra Leone par exemple,
les formes imposantes et parfois étranges des formations rocheuses
dans lesquelles l'espèce construit son nid étaient censées abriter
les esprits des ancêtres, et les picathartes étaient considérés
comme les gardiens de ces maisons ancestrales. Bien que ces pratiques
soient maintenant en grande partie révolues, il persiste une fascination
résiduelle pour ces oiseaux et les populations locales hésitent
à les déranger ou à détruire leurs sites de nidification. Cela
a aidé à impliquer les habitants dans la protection
des sites à picathartes.
Sources
- Hazell Shokellu Thompson et al (2004). International Action
Plan for White-necked Picathartes. BirdLife International. www.birdlife.org
- Hazell Shokellu Thompson (2004). Behaviour of the White-necked
Picathartes Picathartes gymnocephalus, at nest sites prior
to breeding.Malimbus 26. Pages 24-30. http://malimbus.free.fr/summarie/summ2624.htm
- Hazell Shokellu Thomson (2004). The reproductive biology of
the White-necked Picathartes Picathartes gymnocephalus.
Ibis, volume 146, numéro 4, pages 615-622. http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=16166257
- Frank Lambert (2004). Birding in Sierra Leone: an emerging West
African destination. www.africanbirdclub.org
- Birdlife International (2008). Communities unite to protect
White-necked Picathartes. www.birdlife.org/news/news/2008/04/Picathartes_survey.html
- Josep Del Hoyo, Andrew Elliott, et Jordi Sargata (2007). Handbook
of the Birds of the World, HBW, volume 12, pages 60-69, éd. 2007
- Earthwatch Institute. Conserving the white-necked Picathartes
in Ghana. www.earthwatch.org/europe/expeditions/exped_research_focus/rf-ghanarockfowl.html
- Zoological Museum Amsterdam. Picathartes gymnocephalus.
Bird collection. http://ip30.eti.uva.nl/zma3d/detail.php?id=393&sort=taxon&type=family
Auteur
Robert
Langhendries (janvier 2010). E-mail: r.langhendries@skynet.be
A visiter
- Le blog d'Ornithomedia.com, pour suivre le séjour de
Robert Langhendries et Benoît Forget en Sierra Leone: www.blog-ornithomedia.com
- Sierra
Leone 2009-2010: présentation du pays
- Le site de Gilles Monnoyeur sur le Picatharte du Cameroun: www.picatharte.com
- La galerie de photos de Mark Jandersen: http://picasaweb.google.com/mjandersen43/SierraLeone2009#
- Le site du Gola Forest Programme: www.golarainforest.org
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