Date de mise en ligne: 16/11/09 - Visé par le Comité
de Lecture
Le
Gypaète barbu (Gypaetus barbatus) est un superbe vautour
qui a disparu des Alpes au 19ème siècle à cause de
la chasse et des empoisonnements. Grâce à un vaste
programme de réintroduction qui débuta en 1986 en Autriche, l'espèce
se reproduit désormais à nouveau dans l'arc alpin.
Une prospection d’ampleur internationale a été
organisée le 17 octobre 2009 depuis le Mercantour en France jusqu’aux
Alpes orientales autrichiennes. L'association ASTERS, responsable
du suivi en Haute-Savoie, a organisé cette prospection sur
le département. Elle nous a transmis le bilan de cette journée
en Haute-Savoie, mais aussi dans d'autres points de l'arc alpin
français.
Cet
article a été soumis à notre
Comité de Lecture virtuel.
Pour participer à ce comité, vous pouvez nous
contacter.
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Abstract
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Bearded Vultures
once were found in almost all mountain ranges of southern Europe
and in the Alps. The payment of rewards for shooting and capturing,
the use of poisoned baits and the shooting for zoological collections
led to the extermination of the species in the Alps during the 19th
Century. With the aid of the Frankfurt Zoological Society, WWF and
IUCN this group founded in 1978 at Morges (CH) the "International
Project for the Reintroduction of the Beared Vulture into the Alps".
Only captive bred young were used. The first birds were released
in 1986 in Austria. In France, the Bargy (Haute-Savoie) was the
first area where some birds were introduced in 1987.
The 17th of October 2009, an international survey has been organized
in the Alps, from France to Austria: the French association ASTERS
gives us the results for Haute-Savoie and for different areas in
the French Alps.
Présentation du Gypaète barbu et le principe
de la prospection
Le Gypaète barbu (Gypaetus barbatus)
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Gypaète
barbu (Gypaetus barbatus) adulte
Source: ASTERS |
Longueur :
100 - 115 cm.
Envergure : 266 - 282 cm.
Très grand rapace aux ailes longues, étroites, pointues,
avec une longue queue en losange.
L'adulte a le dessus gris plomb avec des traits rachiaux pâles,
le dessous plus ou moins roussâtre ou crème, la tête
est claire (visible de loin) avec une bande oculaire noire et
une touffe de plumes noires spécialisées (vibrisses)
de chaque côté du bec. Le dessous du corps peut être
teinté d'ocre suite à des bains dans des eaux ferrugineuses.
Le dessous des ailes est gris, avec les couvertures sous-alaires
petites et moyennes noires.
L'immature est brun foncé et noirâtre avec des taches
plus claires. Le plumage adulte est acquis au bout de 5 ans.
Les pattes sont emplumées jusqu'aux doigts.
Voix :
Cris de parade fins et aigus.
Habitat :
Zones montagneuses.
Contexte
La méconnaissance
profonde du Gypaète barbu et de son mode de vie ainsi qu'un attachement
excessif aux mythes et fables a conduit à sa disparition dans
les Alpes au début du 20ème siècle. Un vaste programme de réintroduction
s’est mis en place depuis une vingtaine d’années sur tout l’arc
alpin. L’année 1997 offre une grande récompense, avec la première
reproduction en nature.
Deux noyaux de la population forment aujourd’hui la population,
l’un dans les Alpes nord occidentales (Savoie, Haute-Savoie, Valais)
et l'autre dans les Alpes centrales (Engadin, Stelvio). Une quinzaine
de couples se reproduisent et la population est formée d’environ
130 individus dans les Alpes.
Le suivi des gypaètes s'organise à l'échelle de l'arc alpin dans
le cadre de l'IBM (International Bearded Vulture Monitoring) et
est coordonné en Haute-Savoie par l'association ASTERS. Actuellement,
seuls les gypaètes nés en captivité et destinés au renforcement
de la population par la réintroduction sont bagués et certaines
de leurs plumes des ailes ou de la queue sont décolorées. Ces
marques permettent de les identifier jusqu'à l'âge de 2 à 3 ans,
l'âge des premières mues.
Objectif de la prospection
Cette prospection a pour but de:
- contrôler la présence des couples connus sur le département
et localiser leur aire de reproduction
- repérer de nouveaux couples en installation
- compter le nombre d’individus minimum sur l’arc alpin, et connaître
la répartition par classe d’âge.
Pourquoi organiser une prospection en octobre et quoi observer?
C'est en automne que vous pourrez observer les parades nuptiales
qui se caractérisent par des jeux aériens de type vol synchrone,
offrande, courbette… C'est à cette époque également que le site
est choisi et que le nid est construit dans une cavité ou grotte,
toujours dans une falaise. On peut ainsi observer des transports
de branche ou de laine, que ce soit dans le bec ou les serres.
Les accouplements interviennent environ deux mois avant la ponte.
L'observation d'accouplements s'effectue en général au début de
journée ou en fin d'après-midi sur un promontoire rocheux,
avec l'aire en vue.
Toute observation est intéressante à répertorier, et il faut faire
attention à la couleur de la tête, les contrastes de couleur corps/ailes
et la présence de mues ou de marques, de bagues. Dans tous les
cas, les photos, même de mauvaises qualités, sont intéressantes.
Un guide d’identification du Gypaète barbu, une fiche et une carte
d’observation vous ont été transmis pour cette journée.