Date de mise en ligne: 22/09/09 - Visé par le Comité
de Lecture
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Situation du Col de la Colombière, dans le massif du Bargy
(Haute-Savoie) |
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Le Gypaète barbu
(Gypaetus barbatus) est un superbe vautour qui a disparu
des Alpes au 19ème siècle à cause de la chasse et
des empoisonnements. Grâce à un vaste programme de
réintroduction qui débuta en 1986 en Autriche, l'espèce se
reproduit désormais à nouveau dans l'arc alpin.
En France, c'est le massif du Bargy, en Haute-Savoie, qui servit
en premier de site de lâcher en 1987. Depuis, des lâchers ont lieu
chaque année (hormis en 1995 et 1997) dans le secteur, et l'espèce
y niche désormais.
Ce massif est composé d'immenses falaises calcaires qui offrent
de nombreux sites de nidification, et la nourriture y est importante
grâce aux populations d'ongulés sauvages (bouquetins et chamois)
et aux troupeaux de moutons et de chèvres.
Le massif du Bargy constitue aujourd'hui certainement le meilleur
spot des Alpes françaises pour découvrir le Gypaète
barbu, avec le Col de la Colombière et la commune du Morsullaz
comme bons points d'observation.
Cet
article a été soumis à notre
Comité de Lecture virtuel.
Pour participer à ce comité, vous pouvez nous
contacter.
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Abstract
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Bearded Vultures
once were found in almost all mountain ranges of southern Europe
and in the Alps. The payment of rewards for shooting and capturing,
the use of poisoned baits and the shooting for zoological collections
led to the extermination of the species in the Alps during the 19th
Century. With the aid of the Frankfurt Zoological Society, WWF and
IUCN this group founded in 1978 at Morges (CH) the "International
Project for the Reintroduction of the Beared Vulture into the Alps".
Only captive bred young were used. The first birds were released
in 1986 in Austria. In France, the Bargy (Haute-Savoie) was the
first area where some birds were introduced in 1987. Since then,
others have been regularly released, and the species now breeds
regularly here. The Bargy is probably the best spot in the French
Alps to watch the Bearded Vulture, with two good watching points:
the Col de la Colombière and Morsullaz.
Observer le Gypaète barbu dans le Bargy
Le Gypaète barbu (Gypaetus barbatus)
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Gypaète
barbu (Gypaetus barbatus) juvénile
Photo: Thomas
Krumenacker |
Longueur :
100 - 115 cm.
Envergure : 266 - 282 cm.
Très grand rapace aux ailes longues, étroites, pointues,
avec une longue queue en losange.
L'adulte a le dessus gris plomb avec des traits rachiaux pâles,
le dessous plus ou moins roussâtre ou crème, la tête
est claire (visible de loin) avec une bande oculaire noire et
une touffe de plumes noires spécialisées (vibrisses)
de chaque côté du bec. Le dessous du corps peut être
teinté d'ocre suite à des bains dans des eaux ferrugineuses.
Le dessous des ailes est gris, avec les couvertures sous-alaires
petites et moyennes noires.
L'immature est brun foncé et noirâtre avec des taches
plus claires. Le plumage adulte est acquis au bout de 5 ans.
Les pattes sont emplumées jusqu'aux doigts.
Voix :
Cris de parade fins et aigus.
Habitat :
Zones montagneuses.
Histoire
de la réintroduction dans le massif du Bargy
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Falaise
dominant Morsullaz, massif du Bargy (Haute-Savoie): le Gypaète
barbu y a niché en 2009
Photo: Ornithomedia.com |
Le massif
du Bargy (Haute-Savoie) est situé au nord-ouest des Alpes, au
nord d'Anneçy. Il comprend de grandes falaises calcaires
qui offrent de nombreux sites de nidification pour les rapaces.
La nourriture y est très importante, avec de belles populations
d'ongulés sauvages (bouquetins et chamois) et des troupeaux de
moutons et de chèvres.
En 1973, c'est ici que l'on expérimenta un premier lâcher de gypaètes
adultes qui avaient été capturés en Afghanistan, mais il échoua.
Le grand programme actuel de réintroduction dans l'arc alpin,
qui débuta en 1986 en Autriche, choisit encore ce massif comme
site de lâcher: en 1987, les deux premiers oiseaux y furent réintroduits.
Depuis, des lâchers ont lieu chaque année (hormis en 1995 et 1997).
En 2005, un total de 39 gypaètes a déjà été réintroduit.
C'est dans la vallée du Reposoir que le premier couple des Alpes
a élevé un petit en 1997. Ce couple a donné naissance en tout
à 10 poussins. En 2009, il a produit son 10ème poussin,
qui a été nommé "Biolan". Il s'est envolé
le 20 juillet.
Etant donné le succès de l'opération, la
réintroduction a été définitivement arrêtée en Haute-Savoie, mais
les oiseaux continuent à être suivis par l'association
ASTERS. Trois couples nichent actuellement dans le département
(Bargy, Aravis nord, Arve-Giffre).
Accès aux points d'observation
Carte
du Bargy et bons spots d'observation pour le Gypaète
barbu : 1) le Col de la Colombière, 2) le parking et
la petite route face à la falaise dominant Morsullaz
Carte: Ornithomedia.com |
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Depuis Genève,
prendre l'autoroute A411 / E712 ("Autoroute Blanche"..
Prendre la sortie en direction de d'Annecy-Chamonix, puis l'autoroute
A40/E25. Sortir en direction de Bonneville, puis prendre la D1205
vers Cluses. Prendre la direction de La Clusaz (D4) jusqu'au Col
de la Colombière: garez-vous au niveau du parking et observez
vers la falaise qui domine le restaurant de la Colombière.
La butte à droite de la route (en allant vers Aufferan,
en face du restaurant) est un bon point d'observation.
Rejoignez ensuite Morsullaz, une petite station de ski située
de l'autre côté du Bargy. Prendre la D4 vers Scionzier,
puis rejoindre Mont-Saxonnex. Dans ce village, prendre la petite
route (après la poste) qui monte vers Morsullaz. Arrêtez-vous
au niveau d'un parking avec un panneau d'information sur la géologie
du massif Bargy, et observez sur toute la longueur de l'immense
falaise. Vous pouvez aussi reprendre votre véhicule et
continuer quelques km en direction du hameau des Frachets (s'arrêter
avant, à l'endroit qui vous semble le plus adéquat)
pour avoir une vue plus en hauteur.
Eléments utiles pour chercher le gypaète dans
le Bargy
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Le
Col de la Colombière depuis la butte (alpage d'Aufferan)
en face du restaurant de la Colombière (situé
en contrebas): un bon point d'observation pour tenter de voir
le Gypaète barbu
Photo: Ornithomedia.com |
Les meilleurs
moments pour voir le Gypaète barbu dans le massif du Bargy
sont le printemps (de la mi-mai jusqu'à la fin juin) et l'automne
(septembre-octobre).
En automne, vous pourrez observer les parades nuptiales qui se
caractérisent par des jeux aériens de type vol synchrone, offrande,
courbette… C'est à cette époque également que le site est choisi
et que le nid est construit dans une cavité ou grotte, toujours
dans une falaise. Vous pourrez ainsi observer des transports de
branche ou de laine, que ce soit dans le bec ou les serres. Les
accouplements interviennent environ 2 mois avant la ponte. L'observation
d'accouplement s'effectue en général au début du jour ou en fin
d'après midi sur un promontoire rocheux et se font en vision de
l'aire
L'oiseau est plutôt vu en vol, longeant
les falaises. La couleur beige-orange de la tête de l'adulte
peut aider à repérer l'oiseau sur le fond gris de
la roche.
Le Col de la Colombière est un bon point d'observation
facile d'accès: lors de notre séjour du 14 au 17
septembre 2009, nous avons interviewé les salariés
du restaurant de la Colombière qui nous ont précisé
que le gypaète passait régulièrement au dessus
de la route, parfois à basse altitude, et plutôt
au printemps (juin).
Mais ne l'ayant pas vu, nous décidons de partir de l'autre
côté du massif du Bargy, au niveau de la petite station
de Morsullaz: un couple a niché en 2009 dans la grande
falaise qui la domine.
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Falaise
dominant Morsullaz, Massif du Bargy (Haute-Savoie), depuis
le parking: nous y avons très bien vu un Gypaète
barbu adulte les 14 et 15 septembre 2009
Photo: Ornithomedia.com |
Le 14 septembre
2009, le temps était variable, avec de la brume au sommet
de la falaise: vers 14 heures, nous nous sommes garés le
long de la petite route qui part vers le hameau des Frachets,
à 3 km environ de Morsullaz, et nous avons scanné
l'immense falaise: après environ 30 minutes, nous avons
repéré un point orange: c'était un adulte
posé en train de manger quelque chose! 15 minutes plus
tard, il s'est envolé et s'est posé près
d'une source qui dévalait la pente, sûrement pour
y boire. Il a ensuite longé la falaise et est parti: un
beau spectacle! Vers 17h, nous nous sommes garés au niveau
du parking au pied de la falaise et avons vu l'oiseau planant
vers le sommet et disparaissant dans la brume...
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Gypaète
barbu (Gypaetus barbatus) adulte
Photo: Thomas
Krumenacker |
Le lendemain,
vers 13 heures, nous sommes retournés au même endroit
et avons vu un adulte (le même?) posé sur un petit
promontoire, mangeant également quelque chose: après
quelques temps, il s'est envolé et s'est aussi posé
très longuement le long d'une petite cascade descendant
du sommet de la falaise... Nous avons également vu un Aigle
royal (Aquila chrysaetos) adulte chassant au pied de la
falaise, au niveau des prairies.
Lors de notre court séjour, le Cassenoix moucheté
(Nucifraga caryocatactes) et le Bec-croisé des sapins
(Loxia curvirostra) ont été vus et entendus
dans les conifères au pied de la falaise et dans les alpages
alentours. Le Grand Corbeau (Corvus corax) était
commun, et nous avons notamment vu une dizaine d'entre eux mangeant
une brebis récemment morte au début du col de la
Colombière, en venant du Grand-Bornand. Des grands groupes
de Chocards à bec jaune (Pyrrhocorax graculus) ont été
admirés au col de la Colombière.
Avec une longue-vue, nous avons vu des groupes de Bouquetins des
Alpes (Capra ibex) (réintroduits) femelles et jeunes
au-dessus des falaises, dans les pierriers et les zones à
graminées, et nous avons entendu constamment les sifflements
des Marmottes des Alpes (Marmota marmota).
Autres espèces visibles
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Les
falaises, pierriers et alpages du Massif du Bargy (Haute-Savoie)
sont le domaine de plusieurs espèces d'altitude
Photo: Ornithomedia.com |
Le Massif
du Bargy est un bon secteur pour observer les oiseaux de haute
montagne: au printemps, en empruntant les sentiers qui partent
du Col de la Colombière, il est possible d'observer des
espèces typiques: Merle à plastron (Turdus torquatus)
et Venturon montagnard (Carduelis citrinella) en bordure
des bois de conifères, Pic noir (Dryopcopus martius),
Bec-croisé des sapins, Cassenoix moucheté, Mésange
noire (Parus ater) et huppée (Parus cristatus) dans
les sapins et les pins, Tétras-lyre (Tetrao tetrix) dans
certains secteurs (par exemple au-dessus de l'alpage d'Aufferand),
Perdrix bartavelle (Alectoris graeca) (rare) et Monticole
de roche (Monticola saxatilis) sur les pentes ensoleillées
(pierriers) (par exemple celles dominant le lac de Peyre), Accenteur
alpin (Prunella collaris), Niverolle alpine (Montifringilla
nivalis) dans les névés (par exemple près
du lac de Peyre), Lagopède alpin (Lagopus mutus)
dans les pierriers (par exemple derrière le col de Montarquis
et vers la crête de Balafrasse), Tichodrome échelette (Tichodroma
muraria) sur les falaises (par exemple sur la paroi de la
Pointe du Midi), Chocard à bec jaune et Grand Corbeau un
peu partout, et Aigle royal en patrouille...
En été, des groupes de Vautours fauves (Gyps fulvus) estivants
sont fréquemment observés au dessus du Col de la Colombière,
et des Vautours moines (Aegypius monachus) les accompagnent
parfois. Des Circaètes Jean-le-Blanc (Circaetus gallicus)
chassent les reptiles en été autour du col.
Pendant la migration d'automne, une partie des oiseaux transitant
par le Col de Bretolet passent par la Colombière ou le long des
crêtes.
A lire
aussi
- Ethologie
: attaque d'un Aigle royal par un Gypaète barbu dans les
Alpes
- Trois
bons spots dans le Mercantour (où le
Gypaète barbu a aussi été réintroduit)
Prospection internationale du Gypaète barbu le 10 octobre
2009
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Gypaète
barbu (Gypaetus barbatus) juvénile
Photo: ASTERS |
Une prospection
Gypaète barbu d’ampleur internationale est organisée le samedi
10 octobre depuis le Mercantour jusqu’aux Alpes orientales autric
hiennes. Asters, responsable du suivi en Haute-Savoie, est en
charge d’organiser cette prospection sur le département et vous
propose d’y participer. Deux noyaux de la population forment aujourd’hui
la population, l’un dans les Alpes nord occidentales (Savoie,
Haute-Savoie, Valais) et les Alpes centrales (Engadin, Stelvio).
Une quinzaine de couples se reproduisent et la population est
formée d’environ 130 individus dans les Alpes. Le suivi des gypaètes
s'organise à l'échelle de l'arc alpin dans le cadre de l'IBM (International
Bearded Vulture Monitoring) et est coordonné en Haute-Savoie par
ASTERS.
Toutes les informations sont disponibles dans un document
téléchargeable au format pdf.
Transmettre vos observations de gypaètes à
l'ASTERS
Vous pouvez transmettre vos observations de Gypaètes barbus
en Haute-Savoie à l'association ASTERS en leur envoyant
une fiche
téléchargeable au format pdf par e-mail (asters@asters.asso.fr)
ou par courrier:
Asters Conservatoire des espaces naturels de Haute-Savoie - 84
route du Viéran, PAE de Pré-Mairy - 74370 Pringy
Tél. 04 50 66 47 51
Le site de l'association ASTERS: www.asters.asso.fr
Sources
- http://gypaete.lpo.fr
- http://www.carnivores-rapaces.org/Vautours/Gypaete/alpes/bargy.htm
- le blog de Lutz Lücker: http://louiscrex.skyrock.com
A visiter
- La galerie de photos de Thomas Krumenacker: http://www.pbase.com/tkrumenacker
- Le site de la LPO Haute-Savoie: haute-savoie.lpo.fr/
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