Date de mise en ligne: 24/08/09 - Visé par le Comité
de Lecture
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Situation de la région du Dohar (Tunisie) |
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Les alouettes
vivant dans les milieux désertiques, comme l'Alouette de
Clotbey, font partie des espèces les plus recherchées
par les observateurs se rendant en Afrique du Nord ou au Moyen-Orient.
Mais leur rencontre est souvent aléatoire car ce sont des
oiseaux nomades, imprévisibles, apparaissant en groupes parfois
très confiants (comme beaucoup d'espèces désertiques)
une année dans un secteur, puis disparaissant plusieurs saisons
de suite.
Hichem
Azafzaf, Claudia Feltrup-Azafzaf, Habib Dlensi et Noufel Hamouda
relatent dans la revue Aves Ichnusae l'observation le 13 mars 2005
de plus de 100 Alouettes de Clotbey et de plus de 480 Alouettes
bilophes dans la région du Dahar au sud de la Tunisie: c'était
la plus forte concentration jamais notée pour ces deux espèces
dans le pays.
Cet
article a été soumis à notre
Comité de Lecture virtuel.
Pour participer à ce comité, vous pouvez nous
contacter.
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Abstract
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Desert-dwelling species such
as the Thik-billed Lark never settle in one place, their nomadic
movements depending on food supply and rainfall. Both migratory
and nomadic lark species tend to gather in flocks, and several species
can join together in large flocks.
This was the case the 13th of March 2005 in the Dahar region in
South Tunisia: more than 100 individuals of Thick-billed Larks and
more than 480 individuals of Temminck’s Horned Larks were observed;
this was the highest concentration ever recorded for Tunisia. In
the past, records of these two species rarely exceeded groups of
about ten birds.
Reference: Azafzaf H. and al. (2005). Concentration of Thick-billed
Larks and Temminck’s horned Larks in Tunisia. Aves Ichnusae 7. Pages:
54-59.
Le nomadisme des alouettes dans le désert
Des oiseaux charismatiques
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L'Alouette
de Clotbey (Ramphocoris clotbey) est typiquement une
espèce nomade des déserts d'Afrique du Nord
et du Moyen-Orient
Photo: Szabo Kokai |
Les alouettes
vivant dans les milieux désertiques sont souvent très
recherchées par les ornithologues, du fait de leur mimétisme
qui les rendent difficiles à repérer, de leurs chants
souvent magnifiques (quand on a la chance de repérer un
mâle au printemps) accompagnant des parades nuptiales acrobatiques,
et de leurs déplacements imprévisibles.
En effet ces espèces ne sont généralement
pas confinées à un endroit donné et
effectuent des déplacements en fonction des ressources
alimentaires et des précipitations. Elles ont tendance,
en dehors de la période de nidification, à se rassembler
en groupes, parfois importants, parfois constitués de plusieurs
espèces ou uniquement de mâles ou de femelles. On
peut reconnaître de loin ces groupes au vol ondulant des
oiseaux qui les composent.
Mais ces alouettes passent aussi beaucoup de temps au sol, pouvant
courir si rapidement qu'elles n'ont pas souvent besoin de voler:
elles sont alors invisibles. Pour éviter le sol brûlant,
elles se perchent fréquemment sur des buissons ou des rochers,
et recherchent l'ombre aux heures les plus chaudes.
Le nomadisme
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Après
les pluies du printemps, le désert peut "reverdir",
comme ici dans le secteur de Nizzana dans le Negev (Israël)
Photo: Ornithomedia.com |
Le nomadisme,
qui se caractérise par des mouvements irréguliers
dont les destinations diffèrent d'une année à
l'autre, constituent une forme de migration: il s'agit d'une adaptation,
dans le cas des espèces des milieux désertiques
et semi-désertiques, à un environnement globalement
hostile et pauvre en nourriture: les oiseaux recherchent les secteurs
devenant plus accueillants à un moment donné.
En fonction des conditions naturelles, les espèces nomades
peuvent retourner plusieurs années de suite dans les mêmes
régions, pas forcément au cours des mêmes
périodes de l'année, et plusieurs saisons peuvent
s'écouler entre deux apparitions.
Les espèces nomades se caractérisent par des augmentations
spectaculaires du nombre d'oiseaux apparaissant soudainement dans
des secteurs où les pluies viennent de tomber ou quand
des sécheresses inhabituellement rudes les chassent de
régions devenues encore plus inhospitalières.
Il faut noter que certaines espèces peuvent être
nomades dans certaines régions et sédentaires dans
d'autres.
Les alouettes dans le désert sont surtout granivores, et
leur abondance dans un secteur donné est donc liée
à la croissance des plantes, qui dépend des pluies.
Parfois certaines espèces doivent même anticiper
ces précipitations, comme la Moinelette à dos gris (Eremopterix
verticalis) dans le désert du Karoo en Afrique du Sud:
les graines y ont une durée de vie courte et cette espèce
doit rechercher les dernières graines produites plutôt
que celles déjà présentes au sol.
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Certaines
années, l'Alouette de Dunn (Eremalauda dunni)
se reproduit dans ce secteur de désert (au "km
33") dans la vallée de l'Arava en Israël
Photo: Ornithomedia.com |
Les précipitations,
même erratiques, stimulent le comportement reproducteur
des alouettes nomades. Généralement, leur période
de reproduction s'étale de mars à juillet, mais
elle peut dépendre du début de la saison des pluies.
Dans le Sahara, les espèces d'alouettes ont un comportement
que l'on peut qualifier de nomade: Moinelette à front blanc
(Eremopterix nigriceps), Ammomane élégante
(Ammomanes cincturus), Ammomane à queue rouge (Ammomanes
phoenicurus), Ammomande du désert (Ammomandes deserti),
Sirli du désert (Alaemon alaudipes), Alouette de
Clotbey (Ramphocoris clotbey), Alouette calandre (Melanocorypha
calandra), Alouette pispolette (Calandrella rufescens)
et Alouette de Dunn (Eremalauda dunni).
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L'Alouette
bilophe (Eremophila bilopha) peut avoir localement
un comportement nomade
Photo: Szabo Kokai |
En Arabie
Saoudite et aux Emirats Arabes Unis, des mouvements nomadiques
ont été notés pour l'Alouette chanteuse (Mirafra
cantillans), la Moinelette à front blanc, l'Ammomane
élégante, l'Ammomane à queue rouge, l'Ammomane du
désert, le Sirli du désert, l'Alouette de Clotbey
et à certains mois de l'année le Cochevis huppé
(Galerida cristata) et l'Alouette bilophe (Eremophila
bilopha) (constaté dans la région protégée
de l'Harrat al-Harrah pour ces deux espèces).