Date de mise en ligne: 23/05/09 - Soumis au Comité de Lecture
| La région d'étude
se situe autour de Baulmes, dans le canton de Vaud |
 |
La Chouette de Tengmalm
(Aegolius funereus) est une petite espèce forestière
vivant dans le Nord-est de l'Europe et dans les massifs montagneux
d'Europe.
Depuis 1988, le GOBE (Groupe Ornithologique de Baulmes et Environs)
étudie la biologie de cette espèce dans le nord
du canton de Vaud (Suisse) et dans le département du Doubs (France).
Le but général du travail est de préciser, par un suivi à long
terme, l’influence des principaux facteurs intervenant dans la
biologie de cette espèce.
Pierre-Alain Ravussin nous a communiqué les résultats
de 2009, qui sont mitigés.
Cet
article a été soumis à notre
Comité de Lecture virtuel.
Pour participer à ce comité, vous pouvez nous
contacter.
|
Abstract
This article deals with the situation of the population of Tengmalm's
Owls (Aegolius funereus) in Spring 2009 in the Baulmes
area, district of Vaud (Switzerland).
Pierre-Alain
Ravussin, a member of the GOBE association
(Groupe Ornithologique de Baulmes et Environs) has sent us the
results of the survey of Spring 2009, and the results
are quite bad: only 5 holes were occupied among the 130 verified
trees between
Vallorbe and the Creux-du-Van.
La situation de la Chouette
de Tengmalm en 2009 dans la région de Baulmes
La Chouette
de Tengmalm (Aegolius funereus)
 |
Chouette
de Tengmalm (Aegolius funereus) femelle
Photo P.-A. Ravussin |
Famille: Strigidés.
Longueur: environ 25 cm. Envergure: 54 cm.
La Chouette de Tengmalm a à peu près la même taille que
la Chevêche d'Athéna (Athene noctua).
Sa tête brune est pointillée de blanc. Ses yeux jaunes sont au
centre de disques faciaux beige clair entourés de brun foncé,
et surmontés de sourcils blancs. Le plumage du dessus est brun
foncé tacheté de blanc; le dessous est blanchâtre tacheté de gris/brun.
Les pattes sont entièrement recouvertes de plumes blanches. Le
juvénile est brun-chocolat uniforme.
Elle se nourrit principalement de petits rongeurs (campagnols,
musaraignes, mulots), et à l'occasion de petits passereaux et
plus rarement d'insectes.
Elle ne chasse que la nuit. Le jour, elle reste cachée dans des
branchages épais ou dans des cavités.
La chouette de Tengmalm habite l'Europe centrale, l'Europe du
Nord et de l'Est. On en trouve en France dans les forêts froides
(surtout de conifères) des massifs montagneux.
Elle niche surtout dans les anciennes loges de pics noirs, parfois
de pics verts, dans les hêtres, mais peut adopter un nichoir placé
à son intention.
La saison de reproduction commence en mars. Vers la mi-avril,
la Chouette de Tengmalm recherche un endroit pour nicher afin
de pondre 4 à 6 ufs qu'elle ne couve que durant 25 à 31
jours. Les jeunes quitteront le nid un mois après l'éclosion et
n'y reviendront plus. Cependant les parents continuent à les nourrir
en leur apportant à manger sur les branches des arbres ou même
suspendus en l'air, en battant rapidement des ailes.
Le GOBE
Le GOBE (Groupe Ornithologique de Baulmes et Environs) est une
association réunissant des passionnés d'ornithologie
et pratiquant leur activité dans le Nord du canton de Vaud
en Suisse Romande. Il est aussi une section de Nos Oiseaux, société
romande pour l'étude et la protection des oiseaux.
Initialement
appelé CERN (Centre d'Etudes sur les Rapaces Nocturnes)
lors de sa fondation en 1985, la dénomination a été
modifiée afin de tenir compte des oiseaux diurnes également
suivis.
Les
principales espèces suivies sont la Chouette de Tengmalm
(Aegolieus funereus), le Gobemouche noir (Ficedula hypoleuca),
l'Effraie des Clochers (Tyto alba), la Chevêchette
d'Europe (Glaucidium passerinum), le Faucon crécerelle
(Falco tinnunculus), le Moineau friquet (Passer montanus)
et l'Hirondelle rustique (Hirundo rustica).
Les
membres du groupe participent et interviennent également
dans des actions plus générales visant à
la conservation des oiseaux sauvages et de la nature en général.
Une année
2009 mitigée
Les chouettes de Tengmalm nichent en faible nombre, pondent
peu et sont très tardives. Les contrôles des nids et des nichoirs
susceptibles d’héberger des nichées de Chouettes de Tengmalm battent
leur plein durant le mois de mai.
Les premiers résultats de la saison 2009 montrent une année très
mitigée pour cette petite chouette de montagne. La Chouette de
Tengmalm est un petit rapace nocturne forestier qui vit dans les
forêts de montagne des Alpes et du Jura. Elle présente des fluctuations
remarquables de ses effectifs nicheurs. Sur les 150 km2 suivis
depuis près de 30 ans par les ornithologues du GOBE, le nombre
de couples nicheurs varie de moins de 10 à plus de 60. L’espèce
niche dans des cavités creusées par le Pic noir (Dryocopus
martius), ainsi que dans des nichoirs artificiels installés
à son intention.
Chanteurs absents
Le repérage des chanteurs (mâles tentant d’attirer une femelle
dans leur cavité) avait déjà fourni des résultats très décevants,
avec une absence quasi totale d’activité vocale. On pouvait donc
prévoir une mauvaise saison. Mais l’hiver rigoureux n’affecte
en principe pas cette espèce bien adaptée à de telles conditions
climatiques et qui profite même de ces situations extrêmes qui
affectent ses concurrents directs comme la Chouette hulotte.
Pas de proies, pas de résultats!
 |
Les
membres du GOBE lors du contrôle d’un nichoir (de g. à dr.
Ludovic Longchamp, Daniel Tolliet , Fabio Clémençon et Guillaume
Reber
Photo P.-A. Ravussin |
Les membres
du GOBE ont contrôlé la totalité des 130 arbres à cavités dans
les secteurs favorables de leur zone de prospection entre Vallorbe
et le Creuxdu- Van. Seuls 5 d’entre eux étaient occupés par la
chouette de Tengmalm. La moitié des 70 nichoirs a aussi pu être
inspectée et là encore l’occupation est dérisoire. Seules 5 nichées
ont été tentées.
Le contrôle de ces nichoirs nous montre que les pontes sont tardives,
peu abondantes (de 2 à 4 oeufs, alors qu’il y en a de 7 à 10 les
bonnes années).
Les nichoirs occupés sont toujours situés en pâturage boisé ou
à proximité des pâtures. En pleine forêt, les nichoirs sont tous
vides. Les proies déterminées dans les nids montrent aussi que
les mulots et les campagnols roussâtres, des espèces forestières
habituellement les plus importantes pour cette espèce, font totalement
défaut. On relève par contre la présence remarquable de campagnols
des champs, une espèce des pâturages, en nombre important. Les
contrôles des prochains jours (NDLR: Pierre-Alain Ravussin nous
a transmis son communiqué le 10 mai) devraient permettre
de confirmer ce fait, mais il semble clair que c’est bien l’absence
des mulots et des campagnols roussâtres en forêt qui est la principale
cause de l’absence des Chouettes de Tengmalm dans le massif du
Jura ce printemps. Des abondances locales de campagnols des champs
ont toutefois permis à quelques couples de s’installer dans des
lieux favorables.
Et en
France?
En réaction à ce communiqué, des observateurs
français ont transmis quelques informations qui vont dans
le même sens:
- dans les Vosges, très peu de chanteurs et/ou de couples nicheurs
ont été recensés; la situation est un peu
meilleure pour la Chevêchette d'Europe (deux nidifications en
cours) (Source: Yves Muller)
- dans le Haut-Doubs et dans le Haut-Jura, très peu de chanteurs
de Chouettes de Tengmalm ont été détectés,
ainsi que moins de Chevêchettes d'Europe que l'année dernière
(Source: Dominique Michelat).
Sites web utiles
- GOBE Groupe ornithologique de Baulmes et environs: www.chouette-gobe.ch
- Nos Oiseaux / Société romande pour l’étude et la protection
des oiseaux: www.nosoiseaux.ch
Réagissez
à cet article sur notre forum Voyages
par e-mail (david.bismuth@ornithomedia.com).
Vous pouvez soutenir
Ornithomedia.com