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Les marais Hawizeh: quelques KBA
Voir
notre carte
avec la situation des KBA des marais irakiens.
Présentation
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L'Anhinga
d'Afrique (Anhinga rufa melangaster) est encore présent
dans les marais Hawizeh
Source: Nature Iraq |
Les marais Hawizeh
ont été regroupés par Evans (1994) sous le code IBA 36 avec le nom
d'Haur Al Hawizeh. Ces marais s'étendent également en Iran (où ils
sont appelés Hor Al Azim).
Evans a délimité cette zone humide à l'ouest par le Tigre. Elle
couvre 220000 hectares entre Amarah et Bassorah. Bien jamais totalement
drainés, ces marais ont été partiellement asséchées par les régimes
passés (E'jayrda a toutefois complètement disparu) et ont été dégradés
lors de la guerre contre l'Iran (1980-1988), au cours de laquelle
se sont déroulés des combats majeurs avec souvent l'utlisation d'armes
chimiques.
Evans a fait une longue description de ces marais alimentés par
le Tigre et la rivière Karkheh: il y énumère de nombreuses espèces
globalement et régionalement menacées qui utilisent le site comme
l'Oie naine (Anser erythropus) et l'Anhinga d'Afrique (Anhinga
rufa melanogaster).
Il a aussi évoqué la présence d'espèces dont l'aire de répartition
est limitée comme l'Hypocolius gris (Hypocolius ampelinus)
et la Rousserolle d'Irak (Acrocephalus griseldis). Les mammifères
menacés et/ou endémiques présents dans ces marais comprennent le
Loup (Canis lupus), la sous-espèce endémique maxwelli
de la Loutre indienne (Lutra perspicillata) et la Gerbille
(Gerbillus mesopotamiae).
Bien qu'Evans (1994) distingue l'Umm An Nia'j Marsh (site 032) des
marais Hawizeh (site 036), le projet KBA considère une seule zone
découpée en sites du nord (HZ1, HZ2 et HZ3) et du sud (HZ4, HZ5,
HZ6, et HZ7). L'ensemble de la zone a été visitée durant l'hiver
et l'été 2008.
Lors de la visite de la zone en mai 2008, plus de 1300 Cormorans
pygmées ont été observés en vol vers le sud-est des marais
Hawizeh (passant peut-être la frontière iranienne), où existe
peut-être une très grande colonie dans les roselières denses interdites
d'accès le long de la frontière.
21 Anhingas d'Afrique ont été vus dans différents secteurs des marais
Hawizeh, la plupart étant des juvéniles. L'Ibis sacré (Threskiornis
aethiopicus) est aussi présent, et le Héron goliath (Ardea
goliath), non observé lors des visites, a été reporté. Le Cratérope
d'Irak y est nicheur.
Le Potamot perfolié (Potamogeton perfoliatus), assez rare
en Irak, est répandu dans les marais du sud.
La zone a été designée (avec les marais d'Hawizeh nord) par le gouvernement
irakien comme devant être protégée par la Conevntion de Ramsar et
un plan de gestion a été imaginé. Le retour de l'eau après
2003 a permis de faire revivre certains secteurs, mais il y reste
des digues et de vastes ections ont été converties
en cultures; d'ailleurs, l'arrivée d'engrais en été favorise l'eutrophisation
des marais.
Il est important de protéger cette zone qui a constitué un
refuge pour les oiseaux durant les travaux de drainage des années
1990. Elle constitue une référence de la biodiversité des
marais irakiens. Ses eaux provienent de la rivière iranienne Al-Karkha,
et le marais s'éend d'ailleurs dans ce pays, d'où la nécessite d'une
coopération internationale. Des programmes de conservation devraient
être implémentés.
Umm An Ni'aaj (KBA HZ1), Udhaim (KBA HZ2) et Al Sewaalif (KBA
HZ3)
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Vue du site Umm An Ni'aaj (KBA HZ1)
Source: Nature Iraq |
C'est un ensemble décrit
par Evans comme une vaste zone humide (15 000 ha) située
à 20 km au sud-est d'Amarah, composé de de roselières,
de lacs et de rivières.
C'est aujourd'hui un marais d'eau saumâtre en été et d'eau douce
en hiver. Il est situé dans une partie des marais Hawizeh affectée
par le programme de drainage de Saddam Hussein dans les années
1990, mais il n'a ajamais été totalement asséché et pourrait
donc constituer un corridor biologique pour les zones en eau remises
depuis 2003.
Umm An Ni'aaj est un grand lac qui s'étend au nord des
marais Hawizeh dont les eaux viennent du Tigre, et à la
profondeur qui varie de 2 à 3,5 m. La diversité botanique y est
importante, avec notamment des radeaux de roseaux (appelés
localement "Tahala").
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Vue du site Udhaim (KBA HZ2)
Source: Nature Iraq |
Udhaim est
alimenté par le Tigre et la rivière Karkheh et s'étend jusqu'en
Iran. Evans y a listé plusieurs espèces menacées nicheuses ou
de passage, dont l'Oie naine, l'Anhinga d'Afrique, l'Hypocolius
gris et la Rousserolle d'Irak. Aujourd'hui, c'est un lac ouvert
bordé au nord de roselières.
Sewaalif est un cours d'eau reliant les marais Al Udhaim et Soudah.
Sa végétation aquatique est riche, et il bordé de roselières avec
des radeaux de végétation.
Lors de la visite de l'ensemble par l'équipe en février 2008,
les espèces les plus remarquables observées ont été
le Francolin noir (Francolinus francolinus), l'Oie cendrée
(Anser anser), le Tadorne casarca (Tadorna ferruginea)
(300), le Canard siffleur (Anas penelope) (420), la Sarcelle
marbrée (Marmaronetta angustirostris), le Fuligule nyroca
(Aythya nyroca), plusieurs espèces d'Ardéidés,
le Flamant rose (Phoenicopterus ruber), le Cormoran pygmée
(Phalacrocorax pygmaeus) (700), l'Anhiga d'Afrique, et
la Foulque macroule (Fulica atra) (700). Parmi les rapaces,
la Buse féroce (Buteo rufinus) et l'Aigle criard (Aquila
clanga) ont été vus.
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Moineau de la Mer Morte (Passer moabiticus) sur son
nid
Source: Nature Iraq |
En mai et
en juin 2008, 180 Grèbes castagneux (Tachybaptus ruficollis)
formant de grands groupes ont été vus sur l'Um An Ni'aaj, où
il y avait aussi de des rassemblements d'Ibis falcinelle (Plegadis
falcinellus) (70). Plus de 800 Cormorans pygmées ont été comptés.
Des sternes et des guifettes ont été notées, dont 16 Guifettes
leucoptères (Chlidonias leucopterus).
Des
nids de Moineaux de la Mer Morte (Passer moabiticus) ont
été repérés sur les bords des marais.
Des groupes de Grèbes castagneux ont été vus, composés surtout
d'immatures.
Majnoon
(HZ8)
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Vue du site de Majnoon (KBA HZ8): au premier plan, des buffles
Source: Nature Iraq |
Ce site est
situé dans la partie la plus au sud des marais Hawizeh. C'est
un vaste marais encore divisé par des digues, chaque zone comprenant
de vastes étendues d'eau avec des massifs de roseaux et de typha.
Lors de la visite de l'équipe du 28/05/2008, les surfaces
de roselières s'étaient accrues depuis la visite de l'hiver 2008.
Le niveau s'est élevé, permettant la croissance des roseaux.
Espèces les plus remaquables vues le 8/2/2008 : Francolin noir,
Oie cendrée, Tadorne casarca, canards de surface dont Sarcelle
marbrée et Fuligule nyroca Grèbes castagneux et huppé (Podiceps
cristatus), Ibis falcinelle, Spatule blanche (Platalea
leucorodia), neuf espèces d'Ardéidés, Cormoran pygmée, Grand
Cormoran (Phalacrocorax carbo), Anhinga d'Afrique, rapaces
dont Aigle criard, Marouette poussin (Porzana parva), Foulques
macroules (700), plusieurs espèces de limicoles, Laridés
dont les Goélands ichthyaète (Larus ichthyaetus) et d'Aménie
(Larus armenicus), Sternes caspienne (Sterna caspia)
et hansel (S. niloticus), Guifette moustac (Chlidonias
hybridus), Martin-chasseur de Smyrne (Halcyon smyrnensis),
Alcyon pie (Ceryle rudis), Bulbul à joues blanches (Pycnonotus
leucogenys), Cratérope d'Irak (Turdoides altirostris),
Cratérope de l'Inde (Turdoides caudata), Moineau de la
Mer Morte.
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