Date de mise en ligne: 29/04/09 - Soumis au Comité de Lecture
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Situation de la réserve naturelle de Moëze-Oléron (Charente-Maritime) |
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La Réserve Naturelle de
Moëze-Oléron, en Charente-Maritime, est gérée par
la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO). Elle est située
entre Rochefort et Marennes, face à l'île d'Oléron. Elle couvre
6700 ha, dont 5000 de vasières rythmées par les marées.
Occupant une position stratégique sur la grande voie de migration
atlantique, entre le Paléarctique nord et l'Afrique de l'Ouest,
c'est un site d'importance internationale pour l'hivernage et la
migration de nombreux oiseaux.
298 espèces d'oiseaux ont été observées sur la réserve, dont 74
nicheurs (53 régulières). Les espèces les plus répandues sont les
oiseaux d'eau hivernants ou migrateurs. En 2007, 28 000 Anatidés
et 60 000 limicoles on été comptés en hivernage.
Bien que s'étendant jusqu'à la côte orientale
de l'île d'Oléron, nous n'aborderons dans cet article
que la visite de la partie continentale.
Cet
article a été soumis à notre
Comité de Lecture virtuel.
Pour participer à ce comité, vous pouvez nous
contacter.
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Abstract
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The Natural Reserve of Moëze-Oléron,
on the Western Atlantic French coast, is managed by the Ligue
pour la Protection des Oiseaux (LPO). It is situated between
Rochefort and Marennes, facing the island of Oléron. It covers 6700
hectares, including 5000 ha of mudflats. The small terrestrial part
of 220 ha protects a reclaimed marsh and grassland, with ditches
and areas of reed.
Occupying a strategic position on the Atlantic Flyway, between the
Nortthern Palearctic and Western Africa, it is internationally important
for wintering and migrating birds. 298 species have been seen so
far, including 74 breeders. During the Winter 2007, 28 000 Ducks
and Geese and 60 000 Waders have been counted...
Présentation et accès
Présentation
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Vue
de la partie terrestre de la Réserve Naturelle de Moëze-Oléron
(Charente-Maritime)
Source: www.natvert.fr |
La Réserve Naturelle de
Moëze-Oléron couvre 6 714 ha (dont 6 500 de zone maritime) entre
le marais de Brouage et l'île d'Oléron.
La partie continentale de 220 ha appartenant pour majorité au
Conservatoire du Littorale a été classée en Réserve Naturelle
en 1985, alors que la partie maritime (DPM) ne l'a été qu'en 1993.
La Ligue pour la Protection des Oiseaux en est le gestionnaire.
La commune et l'association de chasse (ACCA) de Saint-Froult en
gèrent aussi une partie.
Des actions de gestion sont menées pour améliorer
les capacités d'accueil des oiseaux... et des hommes: restauration
et aménagement des réseaux hydrauliques, création d'équipements
d'accueil, entretien des milieux, activités pastorales, ... Des
études sont aussi menées (lire Le
baguage couleurs des limicoles).
La partie terrestre offre une mosaïque d'habitats caractéristiques
des marais littoraux atlantiques: anciens marais salants, prairies
humides saumâtres, fossés et lagunes.
La partie maritime, soumise aux marées et aux courants marins,
est constituée d'une mosaïque de prés salés, de dunes,
de flèches sableuses, de lisières arbustives, de digues, de marais
ostréicoles et d'une immense vasière.
La végétation
La végétation en
avant des digues est représentée par des espèces
classiques des slikkes (vase nue) et des schorres (prés-salés)
atlantiques, avec de vastes peuplements de spartines, salicornes,
obiones et de soude.
A l'arrière des digues, le long d'anciennes salines, se développe
une flore caractéristique des prairies sub-halophiles centre-atlantiques,
avec son cortège de plantes spécifiques (Laîche divisée, Trèfle
de Micheli, Trèfle maritime, Jonc de Gérard...).
Encore plus loin de la mer s'étend un ensemble de prairies
parcourues par des bassins et des fossés d'eau douce.
Accès
à la partie continentale
Carte de la zone continentale de la Réserve Naturelle de Moëze-Oléron.
En rouge, les sentiers de découverte, à partir
du parking de la Ferme de Plaisance (1). A partir de là,
vous pouvez rejoindre vers le nord les Sables de Plaisance
(2). Vers l'ouest, vous pouvez emprunter le "Sentier
des polders" (3). Vers le sud, vous pouvez emprunter
le chemin communal des Tannes (4)
Carte: Ornithomedia.com |
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Depuis La Rochelle, sur
la D733 entre La Rochelle et Rochefort, prendre la sortie "Rochefort-île d'Oléron"
puis suivre "île d'Oléron" jusqu'au viaduc sur la Charente. Juste après avoir
franchit le viaduc, prendre la sortie "Soubise"; A la sortie de Soubise, prendre
la direction de "Moëze" au niveau d'une "patte d'oie". Traversez
Moëze et environ un km après la sortie du village, tournez à droite au niveau
d'un silo à grains. A l'intersection suivante, suivre le "Sentier des polders"
jusqu'à la ferme de Plaisance.
Il est aussi possible d'observer depuis la petite route des Tannes, et depuis
la plateforme et la palissade installées.
Il est aussi possible d'observer les oiseaux le long de la côte orientale
de l'île d'Oléron (sujet non abordé dans cet article).
Accueil et sentiers de découverte
La ferme de Plaisance est le point d'accueil et d'information de la réserve:
on y trouve une exposition, des vidéos et une boutique. Elle est ouverte en été
de 10h à 18h et de 15h à 18h30. La réserve propose aussi un programme d'animations
varié et des visites guidées.
Des sentiers de découverte ont été aménagés:
- le "sentier des Polders" est en accès libre à partir de la Ferme de Plaisance.
Sur ce circuit de 1,4 km, ouvert toute l'année, un observatoire avec une
longue-vue est disponible tous les jours de 12h à 18h du 1er septembre au 31 janvier
et de 8H30 à 18H30 du 1er février au 31 août
- une petite route relie la ferme de Plaisance à la côte de Montportail, au nord
des Sables de Plaisance (3 km aller-retour)
- d'autres points d'observation ont été aménagés le long du chemin
communal des Tannes (2,4 km aller/retour), en accès libre toute l'année. Ce chemin
communal est situé à un km sur la droite après le village de Moëze (suivre
la signalétique de la réserve). Il est accessible en voiture ou à pied toute l'année.
Je vous communique une petite information qui sera fort utile pour les ornithologues
en vacances qui souhaiteraient venir à la Réserve de moëze..
Le sentier des polders fermé jusqu'en 2010
Le Sentier des Polders est fermé pour travaux jusqu'en février 2010
dans le
cadre de la création d'un centre d'interprétation et de l'aménagement
du sentier pour en faciliter l'accessibilité aux personnes handicapées.
En hiver
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Barges
à queue noire (Limosa limosa)
Photo: Patricia David |
Sur la partie
terrestre de la réserve, il est possible d'observer régulièrement
en hiver les espèces suivantes: Héron gardeboeufs (Bubulcus
ibis), Aigrette garzette (Egretta garzetta), Oies cendrée
(Anser anser) et rieuse (Anser albifrons), Tadorne
de Belon (Tadorna tadorna), Busards des roseaux (Circus
aeruginosus) et Saint-Martin (C. cyaneus), Faucons
émerillon (Falco columbarius) et pèlerin (F.
peregrinus), Hibou des marais (Asio flammeus) (irrégulier),
Vanneau huppé (Vanellus vanellus), Pluvier doré (Pluvialis
apricaria) et Combattant varié (Philomacus pugnax),
Bécasseau minute (Calidris minuta), Bécassines des marais
(Gallinago gallinago) et sourde (Lymnocriptes minimus)
(plus rare), et des milliers de limicoles (chevaliers, barges,
bécasseaux) côtiers à marée haute (Bécasseau variable,
Barge à queue noire, Courlis cendré, Chevalier arlequin), Fauvette
pitchou (Sylvia undata) (rare), Martin-pêcheur d'Europe
(Alcedo atthis), ...
Sur la partie maritime hivernent des Grands Cormorans (Phalacrocorax
carbo), des Aigrettes garzettes et des milliers de limicoles
(notamment Bécasseau variable, Courlis cendré, Huîtriers-pie,
Barges rousse, Bécasseau maubèche et Avocette élégante). Le Busard
des roseaux et le Faucon pélerin chassent sur ces grandes zones
découvertes.
Parmi les Anatidés, la Bernache cravant (Branta bernicla)
et le Tadorne de Belon représentent à eux seuls près de 50% des
effectifs qui hivernent sur la réserve: Canard colvert (Anas
platyrhynchos), Sarcelle d'hiver (Anas crecca), Canards
siffleur (Anas penelope), pilet (A. acuta), souchet
(A. clypeata) et (Anas strepera) fréquentent la
lagune et les dépressions inondables, les Oies cendrées les prairies
humides.
En période de reproduction
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La
Gorgebleue à miroir (Luscinia svecica) niche en bordure
du pré salé, avec le Bruant des roseaux et la Bergeronnette
printanière
Photo: Jean Mérot |
Sur la partie
continentale (près, levées, fossés, bosquets)
nichent un certain nombre d'espèces intéressantes:
Cigogne blanche (Ciconia ciconia) (trois couples sur des
plateformes aménagées), Tadorne de Belon, Petit
Gravelot (Charadrius dubius), Chevêche d'Athéna (Athene
nocta), Hibou moyen-duc (Asio otus), Huppe fasciée
(Upupa epops), Pipit rousseline (Anthus campestris),
Bergeronnette printanière (Motacilla flava), Gorgebleue
à miroir (Luscinia svecica), Cisticole des joncs (Cisticola
juncidis), Bruant proyer (Milaria calandra), Rousserolle
effervatte (Acrocephalus scirpaceus), Pie-grièche écorcheur
(Lanius collurio), Bruant des roseaux (Emberiza schoeniclus)...
Les colonies d'Echasses blanches (Himantopus himantopus),
d'Avocettes élégantes (Recurvirostra avosetta), les Vanneaux
huppés et les Chevaliers gambettes Tringa totanus) animent
le site de leurs parades et défenses de territoire.
Milan noir (Milvus migrans), Circaète Jean-le-Blanc
(Circaetus gallicus), Busards des roseaux et cendré (Circus
pygargus), Faucons hobereau (Falco subbuteo) et crécerelle
(Falco tinnunculus) sont des hôtes réguliers.
Au
passage de printemps
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Des
dizaines de Spatules blanches (Platalea leucorodia)
font une halte dans la réserve au printemps
Photo: Tristan Guillosson |
Entre mars
et mai, la réserve constitue une halte migratoire importante
pour plusieurs espèces: des centaines (en moyenne, 500
individus en cumulé au printemps et 500 à l'automne) de Spatules
blanches (Platalea leucorodia) retournant dans leurs colonies
néerlandaises, des milliers d'Oies cendrées (en février)
et de canards (Canards pilet et souchet, Sarcelles d'été), des
milliers de limicoles en plumage nuptial (avril et mai) dont le
Bécasseau maubèche (Calidris canus), le Courlis corlieu
(Numenius phaeopus), la Barge à queue noire (Limosa
limosa), six espèces régulières de chevaliers,
et des passereaux (martinets, hirondelles, pipits, traquets, Merle
à plastron).
La Guifette noire (Chlidonias niger) et la Mouette pygmée
(Larus minutus) fréquentent la lagune en mai, accompagnées
parfois au printemps et à l'automne par la Guifette leucoptère
(Chlidonias leucopterus) plus rare. Les Sternes caugek
(Sterna sandvicensis) et pierregarin (S. hirundo)
se rassemblent en migration sur les pertuis et les cordons dunaires
de la partie oléronnaise.
Au passage automnal
Entre août et octobre passent une grande variété
d'espèces: Spatule blanche, Cigogne noire, Oie cendrée,
Canards pilet et souchet, rapaces dont le Balbuzard pêcheur (Pandion
haliaetus), Grue cendrée (Grus grus) (rare), jusqu'à
30 espèces de limicoles dont le Pluvier guignard (Charadrius
morinellus), les Bécasseaux de Temminck (Calidris temminckii)
et cocorli (C. ferruginea), la Bécassine sourde, le Courlis
corlieu et le Chevalier stagnatile (Tringa stagnatilis).
Le Héron pourpré (Ardea purpurea) et le Bihoreau
gris (Nycticorax nycticorax) sont réguliers, et ce dernier
est plutôt visible au niveau des sablières (parking au sud est
de la ferme de plaisance), un site très bon par ailleurs pour
les Cistudes.
Des passereaux terrestres font aussi à cette période
une halte dans les prés et les fourrés, comme le
Torcol fourmilier (Jynx torquilla), des pipits, des traquets
et tariers, des rougequeues, des gobemouches, des fringilles...
A chaque circuit ses oiseaux
- Petite route entre le parking de Plaisance et les Sables de
Plaisance: au printemps c'est un lieu idéal pour observer les
passereaux en migration active (hirondelles et fringilles), et
d'autres en halte comme les Tariers des prés, Traquets motteux
et Bergeronnettes printanières, et le Pipit rousseline nicheur.
- Le sentier des polders permet de découvrir le marais
salé avec un observatoire ouvert sur la réserve naturelle (ardéidés,
limicoles, canards, oies, limicoles en migration et nicheurs)
- Le chemin communal des Tannes est idéal pour découvrir
les espèces fréquentant les prairies (Héron gardeboeufs,
Oies cendrée et rieuse, busards, faucons pèlerin, Pluvier doré,
Barge à queue noire...), les anciennes salines (canards et bécasseaux),
et les cultures voisines (pipits, alouettes, bergeronnettes, Pluvier
guignard, bergeronnettes...).
C'est depuis la route des Tannes qu'est souvent vu les espèces
un peu inhabituelles comme avec ces dernières années: Oie à bec
court (Anser brachyrhynchus), Bécassin à long bec (Limnodormus
scolopaceus), Phalarope de Wilson (Phalaropus tricolor),
Sarcelle à ailes vertes (Anas carolinensis), Bécasseau
de Bonaparte (Calidris fuscicollis)... Les oies fréquentent
notamment les prairies de la réserve et les cultures de blé au
sud de la ferme de la Choisière ou celles au sud des anciennes
sablières avant d'arriver à la réserve.
Les raretés
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Un
Phalarope de Wilson (Phalaropus tricolor) a fréquenté
d'octobre 2006 à janvier 2007 les prairies humides
face à la plateforme de la ferme des Tannes
Photo: Julien Gonin |
Outre les
espèces régulières, plusieurs raretés
ont déjà été notées dans la
réserve, comme l'Aigrette des récifs (Egretta gularis),
Bernache à coux roux (Branta ruficollis), Oies à bec court
(Anser brachyrhynchus) et naine (A. erythropus),
Canard d'Amérique (Anas americana), Sarcelle à
ailes vertes (Anas carolinensis), Aigles de Bonelli (Aquila
fasciata) et criard (A. clanga), Bécassin à long bec (Limnodromus
scolopaceus), Phalarope de Wilson (Phalaropus tricolor),
Gravelot mongol (Charadrius mongolus) (septembre 2005),
Pluvier fauve (Pluvialis fulva) (juillet 2005 et 2006),
Vanneau sociable (Vanellus gregarius), Hirondelle rousseline
(Hirundo daurica), Hypolaïs pâle (Hippolais pallida),
Fauvette épervière (Sylvia nisoria), Pouillot à grands
sourcils (Phylloscopus inornatus)…
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Bécasseau
de Bonaparte (Calidris fuscicollis), Réserve Naturelle
de Moëze-Oléron, le 05/08/2008
Photo: Julien Gonin |
Le
Pipit de Richard
Depuis quelques années, le Pipit de Richard (Anthus richardi)
(de un à neuf oiseaux) fréquente les prairies humides face
à la maison de la réserve d'octobre à décembre et mue avant de
repartir hiverner plus au sud. Il est impératif de ne pas s'aventurer
dans les prairies, les oiseaux s'observent très bien depuis la
route qui relie la ferme de Plaisance au parking des sables de
Plaisance.
Autres animaux
Outre les
oiseaux, la réserve compte 23 espèces de poissons d'eau douce,
7 espèces d'amphibiens, (Rainette méridionale, Pélobate cultripède,
Triton marbré…) ainsi que sept espèces de reptiles dont la Cistude
d'Europe, la Couleuvre verte et jaune et la Couleuvre vipérine.
26 espèces de mammifères s'y reproduisent. La Loutre d'Europe,
le Campagnol amphibie, la Musaraigne aquatique et le Grand Dauphin
en sont les espèces les plus remarquables.
Information et réservation
Réserve Naturelle de Moëze-Oléron / LPO - Plaisance 17780 - Saint-Froult
- Tel/fax : 05 46 83 17 07 - E-mail: rn.moeze@lpo.fr.
Sources
- www.reserves-naturelles.org
- charente-maritime.lpo.fr
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