Date de mise en ligne: 28/09/08 - Soumis au Comité de Lecture
| Situation
de l'Ile d'Ouessant |
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Située à
l'extrémité Ouest de la France, dans le Finistère (Bretagne),
l'île d'Ouessant ne mesure que huit kilomètres de long et trois de
large: toutefois, sa position géographique en fait l'un des meilleurs spots
français pour l'observation des migrateurs, et des centaines d'observateurs
y séjournent chaque année, notamment en automne, dans l'espoir d'y
observer des espèces occasionnelles venues de Sibérie ou d'Amérique
du Nord.
Plus de 400 espèces y ont déjà été notées,
dont quelques "vedettes" comme le Pouillot à grands sourcils,
le Gobemouche nain, le Bécasseau tacheté, le Pipit de Richard, le
Roselin cramoisi...
Des "méga-raretés" y dont été vues comme
la Marouette de la Caroline, la Grive dorée ou le Coulicou à bec
jaune.
Cet article a pour objet de vous donner les informations utiles pour vous aider
à organiser votre séjour ornithologique sur l'île.
Cet article
a été soumis à notre Comité de Lecture
virtuel.
Pour participer à ce comité, vous pouvez nous contacter.
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Abstract
| Publicité |
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Ouessant is a flat-topped
island situated at the western tip of France, mesuring only about eight kilometres
long. It is a convenient stopping-off point for migrating birds, and Ouessant
is one of the best French birding hotspots. Around 400 different species have
been spotted here, including many rare birds such as the Yellow-Browed Warbler,
the Red-breasted Flycatcher, the Richard's Pipit or the Pectoral Sandpiper, all
regular, but also "mega-rarities" such as the Yellow-billed Cuckoo or
the Sora.
This article deals with all useful informations
you need to organize your birding holidays on Ouessant.
Ouessant: informations
pratiques
Carte d'Ouessant
Téléchargez notre carte d'Ouessant au format pdf: ouessant_carte.pdf
(poids: 475 ko).
Présentation
Ouessant est située à l'extrémité ouest de la France,
dans le département du Finistère (Bretagne). Les habitats naturels
y sont variés: landes, falaises et ilôts rocheux, pelouses rases,
vallons humides couverts de saules, prairies, plages de sable, grèves de
galets, marais, réservoirs, et villages.
Elle fait partie du Parc Naturel Régional d'Armorique: www.parc-naturel-armorique.fr.
Les oiseaux nicheurs
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Le Macareux
moine (Fratercula arctica) ne niche plus sur Ouessant, mais sur des ilôts
proches
Photo: André Boussard |
L'île d'Ouessant accueille
quelques espèces nicheuses, comme le Crave à bec rouge (Pyrrhocorax
pyrrhocorax) (quelques couples) qui se nourrit sur les pelouses rases, la
Fauvette pitchou (Sylvia undata) qui niche dans la lande à ajoncs,
et plusieurs oiseaux marins: Fulmar boréal (Fulmarus glacialis),
Cormoran huppé (Phalacrocorax aristotelis), les Goélands
marin (Larus marinus), brun (L. fuscus) et argenté (L.
argentatus). Dans les ilôts voisins (Keller, Bannec ou Bannalec), quelques
couples de Macareux moines (Fratercula artica), Océanites tempête
(Hydrobates pelagicus) et Puffins des Anglais (Puffinus puffinus)
se reproduisent.
Tout un cortège de passereaux "classiques" est aussi présent
dans les landes et prairies, et l'Huîtrier-pie (Haematopus ostralegus)
et le Grand Gravelot (Charadrius dubius) sont les deux limicoles locaux.
Les oiseaux migrateurs
Mais la spécificité
d'Ouessant, ce sont ces oiseaux migrateurs: grâce à sa situation
géographique particulière, l'île peut accueillir des espèces
venues d'Amérique du Nord, d'Europe du Nord, de Sibérie et même
du bassin méditerranéen et d'asie centrale. Ce sont les conditions
météorologiques (lire La
météo et les migrations) qui expliquent des arrivées
parfois incroyables.
La migration pré-nuptiale (de mars à mai) est moins attractive que
la migration automnale (de juillet à novembre): mais l'observateur pourra
rechercher des limicoles (chevaliers, barges, bécasseaux) en plumage nuptial,
de nombreux passereaux dont parfois des espèces plutôt méridionales
surprenantes sous le ciel breton, comme l'Alouette calandrelle (Calandrella
brachydactyla).
En mer, il est possible d'observer des Fous de Bassan (Morus bassanus),
des Guillemots de Troïl (Uria aalge), des Petits Pingouins (Alca
torda), des Puffins des Anglais, des Mouettes tridactyles (Rissa tridactyla),
des sternes et des labbes... Mais le passage printanier de ces espèces
reste inférieur à celui d'août-septembre.
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Labbe parasite
(Stercorarius parasiticus)
Photo: Jacques-André Leclercq |
La migration post-nuptiale
est bien plus intense: dès juillet, quelques limicoles et certains passereaux
(pouillots en particulier) arrivent. En août, le nombre et la variété
des passereaux augmentent, et c'est le début de la période optimale
du seawatching: Puffins fuligineux (Puffinus griseus), des Baléares
(P. yelkouan mauretanicus), des Anglais, Océanites tempête,
Fous de Bassan, Sternes pierregarin (Sterna hirundo) et caugek (S. sandvicensis),
des labbes, la Mouette de Sabine (Larus sabinii), le Phalarope à
bec large (Phalaropus lobatus)... Il faut chercher en octobre le Puffin
majeur (Puffinus gravis) et le Puffin semblable (Puffinus assimilis).
En septembre, on peut "tomber" sur un limicole nord-américain
comme le Bécasseau tacheté (Calidris melanotos) ou le Bécasseau
rousset (Tryngites subruficollis), Certaines espèces de passereaux
arrivent (roitelets, bruants).
Le Pluvier guignard (Charadrius morinellus) est régulier en août-septembre
sur les prairies rases.
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Robin à
flancs roux (Tarsiger cyanurus)
Photo: Corentin Kermarrec |
En octobre, le passage des
passereaux (grives, pouillots..) continue. C'est le "vrai" mois des
raretés, comme le Pipit de Richard (Anthus richardi), le Roselin
cramoisi (Carpodacus erythrinus), le Gobemouche nain (Ficedula parva),
le Bruant nain (Emberiza pusilla), l'Etourneau roselin (Sturnus roseus)
et plusieurs pouillots "sibériens", dont le célèbre
Pouillot à grands sourcils (Phylloscopus inornatus). Et d'autres
oiseaux encore plus rares sont possibles, comme la
Rousserolle isabelle (Acrocephalus agricola), le Traquet du désert
(Oenanthe deserti), la Grive dorée (Zoothera dauma), le Robin
à flancs roux (Tarsiger cyanurus) ou la Marouette de la Caroline
(Porzana carolina)! La liste de ces "méga-raretés"
est longue.
En novembre, le gros des migrateurs est déjà passé, mais
il est encore possible de voir quelques Pouillots à grands sourcils et
véloces sibériens (Phylloscopus collybita tristis) (lire
Les
Pouillots véloces tristis, abietinus et fulvescens
et Identifier
les pouillots sibériens). Les tempêtes favorisent l'observation
en mer du Mergule nain (Alle alle).
En hiver
En hiver, l'île est bien plus calme, mais les tempêtes permettent
de voir parfois des océanites assez près des côtes. Les Goélands
bourgmestre (Larus hyperboreus) et à ailes blanches (L. glaucoides)
sont à chercher dans les ports et grèves.
Un stang?
Parmi les noms de spots ornithologiques ouessantins célèbres que
nous évoquons dans la deuxième
partie de cet article revient souvent le nom de "stang": il s'agît
d'un vallon humide abrité où poussent des saules et autres arbustes
et qui constitue un lieu de repos et de nourrissage pour de nombreux passereaux
migrateurs.
Arriver à Ouessant
Il est possible d'atteindre Ouessant par bateau depuis le port du commerce de
Brest (2h15 de traversée en moyenne) ou depuis le port du Conquet (1h15).
La compagnie Penn Ar Bed assure les traversées entre la Bretagne et l'ile
d'Ouessant, l'ile de Molène et l'ile de Sein. Les horaires sont disponibles
sur leur site web: www.pennarbed.com.
Le site web www.ferrylines.com
est aussi utile. Attention, les conditions météorologiques peuvent
perturber les départs!
Au Conquet, vous pouvez laisser votre voiture soit sur le port (attention au mauvais
temps, si vous vous garez en bout de quai) ou en ville, ou encore en "garderie"
au garage Renault.
Vous pouvez aussi prendre l'avion au départ de l'aéroport Brest/Guipavas
(trajet: 15 minutes!) avec la compagnie Finist Air (www.finistair.fr).
Une fois arrivé au port du Stiff sur l'île, il vous faut louer un
vélo, car on ne peut pas circuler en voiture sur Ouessant. Les loueurs
sont bien visibles depuis l'embarcadère. Ils emmèneront vos bagages
soit à votre location soit au centre ornithologique.
La nourriture
Au bourg de Lampaul, près
de l'église, une supérette permet de faire ses courses. Vous pouvez
demandez qu'elles vous soient livrées sur votre lieu de séjour.
L'hébergement
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Vue du C.E.M.O.
Photo: Ornithomedia.com |
Attention, étant
donné l'afflux des observateurs entre septembre et novembre, il vaut mieux
vous y prendre longtemps à l'avance si vous désirez vous y rendre
à cette période, qui est la meilleure d'un point de vue ornithologique.
Sur Ouessant, vous pouvez loger dans un gîte: il en existe plusieurs, et
vous pouvez consulter les sites web suivants:
- l'Office de Tourisme d'Oussant: www.ot-ouessant.fr
- www.a-gites.com
- www.info-chambres.net
De nombreux observateurs chercheront une place au Centre d'étude du Milieu
d'Ouessant (C.E.M.O.) (Le Gouzoul - 29242 Ile d'Ouessant - Tél. 02 98 48
82 65 - Fax : 02 98 48 87 39).
Le Centre d'Etude du Milieu d'Ouessant, équipement du Parc Naturel Régional
d'Armorique, a ouvert ses portes à l'automne 1984. Il propose entre autres
des possibilités d'hébergement, mais les conditions (diminution
du nombre de places, hausse des tarifs, état des équipements collectifs
comme les sanitaires) semblent s'être dégradées au cours des
dernières années.
Le Centre d'Etude du Milieu d'Ouessant, avait initialement pour principal objectif
l'étude de la faune et de la flore, et en particulier le suivi des populations
d'oiseaux nicheurs et des migrations, mais l'intensité de ces activités
ornithologiques a décliné.
Des informations peuvent être obtenues auprès du Parc Naturel Régional
d'Armorique: www.parc-naturel-armorique.fr.
Respectez les oiseaux et les habitants
Attention, lors de vos promenades ornithologiques, respectez bien les
propriétés privées. Respectez aussi les habitats naturels
en évitant les piétinements, et enfin respectez ls oiseaux en évitant
de les déranger: ce sont souvent des migrateurs qui ont besoin de reprendre
des forces et de se reposer.
Ouessant par Andréas
Guyot
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Tempête
près du phare du Creac'h
Photo: Ornithomedia.com |
Andréas Guyot est
un amateur confirmé qui observe les oiseaux sur l'île depuis 1985:
il la connaît donc très bien!
Il nous a communiqué une note pour conseiller un parcours "type"
à l'observateur qui vient pour la première fois sur Ouessant:
"Après votre première nuit, allez dès le matin observer
la migration des oiseaux de mer au point de seawatch, c'est à dire derrière
le phare du Créac'h, au pied du rocher de l'actuelle corne de brume.
Le deuxième soir, après le repas, il faut absolument se rendre de
nuit sous le phare du Créac'h: c'est tout simplement magique. Ouessant
est faite d'embruns, de phares, de côtes de granite, de couchers de soleil,
et du fameux "rayon vert"; lorsque le soleil disparaît dans la
mer, regardez-le légèrement au dessus avec vos jumelles pendant
les cinq dernières secondes; vous aurez alors la chance de voir cet halo
vert. Après l'avoir vu, rendez-vous entre le village de Locqueltas et Pern,
et regardez plein Sud; si le temps est parfaitement clair avant la nuit, on aperçoit
à l'horizon les éclats blancs des deux phares de l'île de
Sein.
Restez aussi un soir au Phare du Stiff, pour voir les phares du continent, et
finissez la soirée dans un bar avec les Ouessantins, c'est assez sympa.
Ouessant, ce n'est pas seulement les oiseaux, c'est aussi un milieu et des gens."
Le blog d'Andréas Guyot:
http://ouessantmapassion.blogspot.com/
Sites web utiles
- Le blog d'Aurélien Audevard: http://audevard.aurelien.free.fr
- www.ouessant.org