Date de mise en ligne: 13/09/08 - Soumis au Comité de Lecture
Collinson et Melling (2008) ont publié un article dans le volume 101 de
la revue British Birds à propos des critères didentification du
Pouillot ibérique (Phylloscopus ibericus): Jose Luis Copete a rédigé
une note en juillet 2008 pour la même revue pour en discuter certains aspects:
nous vous en proposons une version française.
Cet article
a été soumis à notre Comité de Lecture
virtuel.
Pour participer à ce comité, vous pouvez nous contacter.
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Abstract
Collinson and Melling
(2008) discussed the potential pitfalls of identifying vagrant Iberian Chiffchaff
Phylloscopus ibericus (Brit. Birds 101: 174-188). Some of their statements
prompt a correction and a discussion. Jose Luis Copete published in July 2008
for British Birds (issue 101) a note "Distribution and identification of
Iberian Chiffchaff", and we propose you a French version of it.
Distribution et identification du Pouillot ibérique
Une
carte de répartition plus précise
Figure 1- Distribution du Pouillot ibérique Phylloscopus ibericus
(l'orange sombre montre l'aire de nidification quittée en hiver, l'orange
pâle présente les zones traversées lors des migrations)
Carte: Lars Svensson |
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L'aire de répartition
du Pouillot ibérique présentée par Collinson et Melling (2008)
dans leur article publié dans le numéro 101 de la revue British
Birds est inexacte: l'espèce n'est en effet pas répandue dans toute
la péninsule ibérique, mais elle est largement confinée à
l'extrémité ouest des Pyrénées et à l'ouest
de la péninsule. En dehors de ces bastions, seules quelques données
isolées sont notées.
José Luis propose une carte plus précise (figure 1) réalisée
par Lars Svensson pour une édition révisée à venir
du Collins Bird Guide; elle est basée sur des informations fournies par
José et par les travaux de terrain d'observateurs espagnols et portugais.
Collinson et Melling ont cité Marti et del Moral (2003) comme source pour
leur carte; ils ont montré les aires de répartition des Pouillots
véloce (P. collybita) et ibérique sur la même carte
(ce qui était lié à la difficulté de différencier
les deux espèces il y a quelques années). Toutefois, le texte de
l'atlas de Marti et del Moral montre clairement la présence exclusive de
collybita en Catalogne, Valencia, Murcia, Albacete et la plupart de Soria,
ainsi que dans les Pyrénées dans la province d'Huesca.
La sous-espèce biscayensis non valable?
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Pouillot
ibérique (Phylloscopus ibericus)
Photo: R. Altenburg / www.xs4all.nl |
Un autre point à
discuter est la validité de la sous-espèce biscayensis, décrite
par Salomon et al (2003).
La description type mentionne la distribution allopatrique d'une population nordique
(biscayensis) et d'une méridionale (ibericus), l'existence
de différences dans la sélection de leur habitat, et des différences
statistiques pour certains éléments morphologiques (dont la longueur
de l'aile, du tarse et du bec). Toutefois, Elias (2004) attire l'attention sur
l'existence d'une distribution continue et non pas allopatrique d'ibericus
dans l'ouest de la péninsule ibérique, basée sur différentes
sources et sur une bonne connaissance de terrain (l'aire de nidification continue
est appuyée par la carte de Collinson et Melling et par la figure 1).
Les préférences supposées d'habitat pourraient simplement
être liées aux habitats disponibles dans les régions du nord
et du sud de la péninsule. En fait, les ripisylves, l'un des habitats préférés
du Pouillot ibérique, sont occupées de façon continue du
nord au sud (Elias 2004, obs. pers.).
En outre, Salomon et al (2003) ont trouvé une différence moyenne
de la longueur de l'aile de seulement 1,28 mm entre les mâles de biscayensis
et d'ibericus, une trop faible différence pour servir de base à
l'établissement d'un nouveau taxon et qui pourrait seulement refléter
une différence de longueur de migration vers les quartiers d'hiver africains
entre les oiseaux du nord de la péninsule et ceux du sud. Des différences
clinales similaires existent d'ailleurs sûrement au sein de nombreux taxa.
En outre, Lars Svenssson (comm. pers.) a analysé ses propres mesures d'individus
Ibericus dont la provenance était connue et il a noté que
les longueurs des ailes, des tarses et du bec variaient de la même façon
géographiquement, étant un peu plus élevées au nord
qu'au sud. Ceci contraste avec les données présentées par
Salomon et al (2003) qui trouvèrent en moyenne un tarse et un bec plus
courts pour les mâles dans le Nord, mais avec des ailes plus longues.
L'échantillon de Svensson est limité (n= 49), mais il présente
une interprétation différente de cette variation. Jusqu'à
ce que d'autres différences tangibles soient présentées,
il semble raisonnable de considérer P. ibericus comme monotypique.
Différences de longueur de bec?
Collinson et melling ont avancé que les Pouillots ibérique et véloce
ont virtuellement la même longueur de bec, ou qu'en tout état de
cause le Pouillot ibérique a un bec plus court que le Pouillot véloce
(en se basant sur des mesures biométriques non précisées).
Selon Svensson (comm. pers.), le bec du Pouillot ibérique est plus long
en moyenne, bien que la différence soit très faible (1,7% plus long:
ibericus 10,4-13,3 mm, soit une moyenne de 12, pour n=49; collybita
10,4-12,7, pour une moyenne de 11,8 et n=122).
Le dimorphisme sexuel, un élément à prendre en compte
Collinson et Melling ont décrit les variations abordées plus haut
et postulé que les Pouillots ibériques du sud de la péninsule
ibérique pourraient être plus difficiles à identifier du Pouillot
véloce en se basant sur la morphologie que ceux du nord. Jose Luis a déjà
fait remarqué que les variations géographiques de la taille étaient
marginales, et que les données biométriques existantes ne plaident
pas en faveur de l'existence d'un taxon séparé. Toutefois, le dimorphisme
sexuel est un problème plus sérieux, les femelles étant plus
proches entre les deux espèces que les mâles (les femelles de deux
espèces ayant des ailes plus courtes et plus arrondies et étant
moins distinctes).
La MCV
Jose Luis Copete conseille aux bagueurs qui ont attrapé un possible Pouillot
ibérique en Grand-Bretagne (NDLR: ou ailleurs en dehors de l'aire de répartition
de l'espèce) de se référer à la formule discriminante
mise au point par Svensson (2001) appelée "multiple character value"
ou "MCV". Au cours d'un symposium à Riello, Léon (Espagne)
en mai 2007, consacré uniquement à l'identification du Pouillot
ibérique et à des sujets connexes, il a été admis
que cette formule était la plus efficace. Combinée avec des critères
de coloration de certaines parties du plumage (couvertures auriculaires, nuque,
poitrine et manteau), elle a été testée sur le terrain par
Onrubia et Arroyo (2003) sur un large échantillon d'oiseaux bagués
(plus de 400) dans le nord et le sud de l'Espagne. Plus de 80% des oiseaux ont
pu être identifiés en utilisant la formule et les caractères
du plumage.
La plupart des bagueurs avec une expérience de l'espèce dans la
péninsule ibérique ont admis que cette MCV est une méthode
utile pour identifier la majorité des Pouillots ibériques.
La mue
Le stade de la mue devrait être aussi pris en compte. Monteagudo et al.
(2003) a trouvé que tous les oiseaux d'un échantillon de 12 oiseaux
de seconde année calendaire présentaient une mue partielle primaire,
toutes ou la plupart des plumes P1 à P6 (comptées de l'extérieur
vers l'intérieur) étant renouvelées lors d'une importante
mue hivernale post-juvénile. Ils ont confirmé l'âge de ces
oiseaux comme étant des individus de 1ère année après
avoir recapturé plusieurs oiseaux bagués localement l'année
précédente.
La mue des primaires externes du pouillot véloce en hiver/printemps est
très rare. Sur plusieurs milliers d'oiseaux contrôlés au printemps
en Espagne, très peu de cas d'oiseaux avec des primaires remplacées
ont été notés (moins de 1%, Gargallo et Clarabuch 1995; obs.
pers.). Il pourrait donc être utile d'étudier le stade de la mue
d'un possible pouillot ibérique et de regarder les deux générations
de primaires: c'est plus facile au début du printemps (mars-avril), et
cela devient moins évident avec l'usure des plumes vers la mi-mai.
Le chant
Le chant du Pouillot ibérique est un élément important pour
le distinguer du Pouillot véloce: vous pouvez l'écouter sur les
liens suivants:
- http://northbirdspain.blogspot.com/2006/04/song-of-chiffchaff.html
- http://www.rarebirdspain.net/arbsi026.htm
- http://www.xs4all.nl/~daarruud/ibtjif2.html
A visiter
Le site web de R. Altenburg: www.xs4all.nl
Contact
Pour obtenir la bibliographie
complète de l'article, vous pouvez vous référer à
la note complète de José Luis Copete "Distribution and identification
of Iberian Chiffchaff publiée en juillet 2008 dans la revue British Birds
numéro 101 (378-382)
Contact: jlcopete@telefonica.net
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