Date de mise en ligne : 25/03/08 - Soumis au Comité de Lecture
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Situation de la Camargue gardoise |
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La Camargue gardoise
fluvio-lacustre est une vaste (près de 3 000 ha) étendue de marais
(roselières, tamarisières, jonçaies) ponctuée de grands
étangs (du Charnier, du Grey et du Scamandre) située à l'ouest
de du delta du Rhône, majoritairement dans la commune de Vauvert.
Peu connue, cette zone est pourtant d'une grande richesse ornithologique, et d'ailleurs,
une réserve naturelle régionale et un centre dits du Scamandre y
ont été établis.
S'agissant de la plus grande roselière de France, il est normal que des
oiseaux typiques y nichent comme le Butor étoilé, le Héron
pourpré, le Blongios nain, la Panure à moustaches, ... mais c'est
surtout la Talève sultane, une espèce qui s'est installée
récemment et très localisée en France, qui constitue la note
la plus originale de cette avifaune.
Les fourrés de tamaris accueillent de belles colonies mixtes d'Ardéidés,
auxquels s'est joint depuis peu un nicheur prestigieux, l'Ibis falcinelle.
Dans cet article, nous vous proposons une présentation des meilleurs spots
pour chercher notamment la Talève sultane et l'Ibis falcinelle. La réserve
régionale du Scamandre, pourvue de sentiers de découverte, ne sera
pas abordée en détail (lire la
réserve du Scamandre et ses Ibis falcinelles).
Nous remercions Aymeric Le Calvez pour nous avoir transmis plusieurs photos prises
dans le secteur.
Abstract
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The Camargue gardoise, at the
western edge of the "true" Camargue, is a large (3 000 hectares) marshy
area with large ponds (Charnier, Grey and Scamandre). Poorly known by birders,
this well-conserved area is a very rich birding area, and, a regional natural
reserve and a discovery center (of Scamandre) have been established.
With the largest reedbeds of France, the Camargue gardoise is the home of typical
species inhabiting this habitat, such as the Great Bittern, the Purple Heron,
the Little Bittern, the Bearded Tit, .. and the Purple Swamphen, a new breeder.
The tamarisk held several mixed colonies of Herons, joined since a few years by
more than a dozen of pairs of Glossy Ibis.
In this article, we introduce you some of the best spots to look for Purple Swamphen
and Glossy Ibis (among others).
We thank Aymeric Le Calvez for his photos.
Rechercher la Talève sultane et l'Ibis falcinelle en Camargue gardoise
Accès
Carte de la
Camargue gardoise fluvio-lacustre, et meilleurs spots pour chercher la Talève
sultane:
1- Pont de Franquevaux, 2- départementale D 779 entre les étangs
du Charnier et de Grey, 3- Pont des Tourradons et 4- Centre et Réserve
du Scamandre
Carte : Ornithomedia.com |
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Depuis Nîmes au Nord,
prendre la direction de Vauvert, puis celle de Gallician. De ce village, rejoindre
Franquevaux puis le Pont de Franquevaux, qui permet d'avoir une bonne vue sur
les roselières.
Rejoindre Gallician, et prendre la D 779 vers le Mas des Iscales: cette petite
route constitue aussi un bon point d'observation sur les roselières.
Pour rejoindre l'autre spot connu pour la Talève sultane, à savoir
le Pont des Tourardons, il faut rejoindre Gallician, passer par le Mas Teissier
puis prendre la D 381.
Le centre d'accueil de la réserve régionale du Scamandre se situe non loin après
le croisement de la D 779 et de la D 179, sur la D 179 en allant vers La Fosse.
La réserve est ouverte au public du mercredi au samedi de 9h00 à 18h00. L’accès
aux sentiers est gratuit mais réglementé (nécessité de passer par l’accueil).
Des visites guidées sont possibles après réservation pour les groupes et le samedi
matin à 10h00 pour les particuliers.
La Talève sultane
(Porphyrio Porphyrio)
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Talève
sultane (Porphyrio porphyrio) adulte, Pont des Tourradons (Gard)
Photo: Vincent Palomares |
Longueur : 45 - 50 cm.
Envergure : 90 - 100 cm.
Ressemble à une Gallinule poule-d'eau, mais beaucoup plus grande, avec
chez l'adulte un plumage bleu violet (sous-espèce nominale). Les sous-caudales
sont blanc pur.
Le bec est fort, triangulaire, rouge vif, et se prolonge jusqu'au sommet de la
tête par une plaque frontale de la même couleur. Les pattes sont longues
et rouge vif, avec des doigts très longs aux griffes effilées, notamment
celle du doigt postérieur. Les deux sexes sont semblables.
Les juvéniles ont un plumage gris ardoisé bleuté mat.
Voix:
Cris variés, avec notamment au moment de l'envol un son qui rappelle le
bruit d'une petite trompette. Ils sontsouvent lancés depuis un endroit
caché, et très souvent de nuit. Autres bruits: forts caquètements
et gloussements, "tchouk ! tchouk !" doux.
Ces cris sont parfois émis en coeur par plusieurs talèves, augmentant
en intensité au fur et à mesure que l'excitation monte.
La Talève sultane vole relativement bien, avec les pattes pendantes, ce
qui permet de l'identifier facilement.
La Talève sultane
dans le secteur
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Talèves
sultanes (Porphyrio porphyrio), entre les étangs du Scamandre et
du Charnier (Gard), le 21/09/2007
Photo: Aymeric Le Calvez |
La Talève sultane
est une espèce nicheuse récente en France: les couples qui se sont
installés sur le littoral méditerranéen, dans la région
Languedoc-Roussillon, proviennent de Catalogne, où elle a été
réintroduite dans les années 1990, notamment dans la réserve
naturelle des Aiguamolls de l'Emporda. Quelques couples ont d'abord colonisé
le sud de l'étang du Canet, dans les Pyrénées-Orientales
(lire Observer
la Talève sultane sur l'étang de Canet). Elle s'y reproduit
des 1996. Ce n'est qu'à partir de 2006 que l'on constate sa nidification
dans le Gard et dans l'Hérault (Chantelat J.-C., 2006).
On peut désormais l'observer dans les roselières de la Camargue
gardoise, entre le Pont du Franquevaux au Nord, Scamandre au Sud et le Pont des
Tourradons à l'ouest. Sur son site web (http://jptrouillas.free.fr/),
Jean-Paul Trouillas nous informe qu'il a pu observer entre quinze et vingt individus
sur un secteur restreint entre les étangs de Scamandre et du Charnier.
Il précise en outre qu'il a observé plusieurs (10) juvéniles
en 2007.
La Talève sultane se nourrit en marchant dans les vasières bordant
les roselières, mais également en s'agrippant aux roseaux. La nourriture
(racines, tiges) est saisie avec une patte. Elle
apprécie les marais à massettes (Typha), laîches (Scirpus
sp.), joncs (Juncus sp.) et roseaux (Phragmites sp.), avec des
alternances d'inondations et de sécheresse.
L'espèce préfère les zones peu profondes.
Les meilleurs spots sont ceux qui permettent d 'avoir une vue dégagée
sur les bordures de roselières: le Pont de Franquevaux, la département
D 779 entre les étangs du Charnier et de Grey, le Pont des Tourardons et
les sentiers de la réserve du Scamandre sont reconnus. Le Courregeau, au
sud de l'étang du Charnier est aussi souvent cité.
Deux périodes sont recommandées: février et mars, quand les
oiseaux sont particulièrement actifs et bruyants, et la fin de l'été
(août-septembre), quand les parents sont accompagnés des petits.
Il est conseillé d'observer en fin de journée.
Chercher l'Ibis falcinelle
(Plegadis falcinellus)
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Ibis falcinelle
(Plegadis falcinellus), Camargue gardoise
Photo: Aymeric Le Calvez |
Outre la Talève
sultane, l'Ibis falcinelle est l'autre nicheur de Camargue gardoise original pour
la France.
L'espèce a niché en 2006 dans la réserve du Scamandre, avec
pas moins de 14 couples qui ont produit 45 jeunes à l’envol. Et l'année
2007 a encore été meilleure (lire la
réserve du Scamandre et ses Ibis falcinelles).
Cette réserve est donc sans conteste le meilleur spot, notamment entre
avril et juin, pour observer l'Ibis falcinelle, un belvédère permettant
d'avoir une très bonne vue sur la colonie, sans la déranger.
Les Ibis falcinelles se dispersent bien entendu dans les marais environnants,
surtout à partir du mois d'octobre: les bons spots pour l'ibis sont les
mêmes que ceux pour la Talève sultane.
Les autres nicheurs
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Rousserole
turdoïde (Acrocephalus arundinaceus), Camargue gardoise
Photo: Aymeric Le Calvez |
Les vastes roselières
du secteur sont aussi le domaine d'espèces typiques et elles accueillent
des populations importantes de Butors étoilés (Botaurus stellaris),
de Hérons pourprés (Ardea purpurea), de Blongios nains (Ixobrychus
minutus), de Panures à moustaches (Panurus biarmicus), de Luscinioles
à moustaches (Acrocephalus melanopogon) et de Rousserolles turdoïdes
(Acrocephalus arundinaceus).
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Bihoreau gris
(Nycticorax nycticorax), Camargue gardoise
Photo: Aymeric Le Calvez |
Il existe aussi dans le
secteur plusieurs grandes colonies mixtes de Hérons gardebœufs (Bubulcus ibis),
d'Aigrettes garzettes (Egretta garzetta), de Bihoreaux gris (Nycticorax
nycticorax), de Hérons cendrés (Ardea cinerea) et de Crabiers chevelus
(Ardeola ralloides).
Une visite de la réserve du Scamandre vous permettra de chercher dans les
meilleures conditions la plupart de ces espèces.
A noter que 16 couples de Glaréoles à collier (Glareola pratincola)
ont niché dans cette réserve en 2006.
Migrateurs et hivernants
Outre les nicheurs, les marais de la Camargue gardoise reçoivent la visite
de nombreux hivernants (canards notamment) et migrateurs.
Par exemple, la réserve du Scamandre est un site d'hivernage régulier
de l'Aigle botté (Aquila pennata). La départementale D 779
est un bon spot pour chercher en hiver la Lusciniole à moustaches. La Grande
Aigrette (Egretta alba) est commune de novembre à février.
En mai, la Guifette leucoptère (Chlidonias leucopterus) est de passage
régulier sur les étangs du Charnier et du Scamandre. Le Pont des
Tourradons est l'un des spots classiques à cette période pour cette
belle espèce.
La Grue cendrée (Grus grus) fait des haltes relativement régulières
en groupes parfois importants, notamment au sud de l'étang du Charnier.
Sites web
- Réserve régionale du Scamandre - www.camarguegardoise.com.
- Oiseaux de Provence: oiseauxprovence.free.fr
- Le site de Jean-Pierre Trouillas: http://jptrouillas.free.fr
- Le Comité d'Homologation du Languedoc-Roussillon: http://chr.lr.free.fr/
- Nature du Gard: http://www.naturedugard.org
- Gard Nature: http://gard-nature.com
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