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Le nectar des puyas, une source de nourriture pour
les colibris d'altitude au Pérou |
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Date: 17/02/08 - Soumis au Comité de Lecture
| Situation
des deux peuplements de puyas étudiés |
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Dans la majorité
des biotopes tropicaux, les oiseaux jouent un rôle important dans la pollinisation,
agissant comme des disséminateurs des graines ou du pollen.
De nombreuses recherches sur la pollinisation par les oiseaux ont été
menées dans les forêts d'Amérique tropicale, mais de nombreuses
questions demeurent sur ce phénomène en haute altitude.
Ainsi, au-dessus de 3000 m, dans les secteurs rocheux et les prairies proches
du département péruvien d'Ancash, Letty Salinas, César Arana
et Mery Suni ont noté une pauvreté relative en plantes ornithophiles
(= qui utilisent les oiseaux pour leur pollinisation). Néanmoins, les trois
chercheurs ont découvert de petits peuplements de Puyas (Puyas sp.),
de grandes plantes ornithophiles qui constituent conséquence une importante
ressource alimentaire pour les colibris d'altitude.
Cette étude a été publiée en août 2007 dans
la Revista Peruviana Biologica (14(1): 129- 134).
Abstract
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In the high Andean region of
Ancash (Peru), the greatest diversity of flowers ornithophilous is in shrublands,
in contrast to rocky areas and grasslands, in those that we find stands of bromelias
of the genera Puya whose nectar could constitute an important resource for high
Andean hummingbirds in these habitat types.
To document this hypothesis, during 2004-2005, in 264 hours of observation, were
evaluated the hummingbirds of two stands of Puya above the 3000 m of altitude.
The first stand was of Puya raimondii in a grassland of the Huascarán
National Park (9º39' S-77º13' W), the second was of Puya rauhii in
rocky areas of the Conchucos Valley (8º10' S-77º52' W). The frequency
of visit of hummingbirds to the inflorescences of Puya was evaluated from 10 fixed
points of observation, also captures with mist nets allowed to identify the pollen
of their bill and front.
In P. raimondii four species of Trochilidae were identified feeding of
their nectar (Oreotrochilus stolzmanni, Patagonia gigas, Aglaeactis cupripennis
and Metallura phoebe), being O. stolzmanni the frequently sighted
species (60%). 80% of the obtained samples of pollen of these hummingbirds corresponded
P. raimondii.
In the rodal of Puya rauhii was identified ten species of Trochilidae (Colibri
coruscans, Oreotrochilus stolzmanni, Patagonia gigas, Aglaeactis cupripennis,
Coeligena iris, Chalcostigma stanleyi, Lesbia nuna, Myrtis fanny, Metallura phoebe
and M. tyrianthina), being the species with more sightings M. phoebe (26%),
C. coruscans (21%) and P. gigas (17%). 31% of the obtained samples
of pollen of these hummingbirds corresponded to Puya. The high Andean species
of Puya provide an important nutritious resource for hummingbirds, especially
for those of high altitudes where the diversity of plants diminishes.
This study has been published
in August 2007 in the Revista Peruviana Biologica (14(1): 129- 134).
Introduction, matériel et méthode
Les auteurs
- Letty Salinas fait partie du Departamento de Ornitología, Museo de Historia
Natural e Instituto de Investigación de Ciencias Biológicas Antonio
Raimondi, Facultad de Ciencias Biológicas, Universidad Nacional Mayor de
San Marcos, Lima (Pérou).
- César Arana fait partie du Departamento de Ecología, Museo de
Historia
Natural e Instituto de Investigación de Ciencias Biológicas Antonio
Raimondi, Facultad de Ciencias Biológicas, Universidad Nacional Mayor de
San Marcos, Lima (Pérou).
- Mery Suni fait partie du Laboratorio de Fisiología Vegetal, Instituto
de Investigación de Ciencias Biológicas, , Universidad Nacional
Mayor de San Marcos, Lima (Pérou).
Introduction
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Colibri
de Stolzmann (Oreotrochilus stolzmanni) mâle: c'est le colibri qui
se nourrit le plus volontiers du nectar des fleurs de Puya raimondii
Source: Revista Peruviania Biologica |
Dans la majorité des
biomes tropicaux, les oiseaux jouent un rôle important dans la pollinisation
des plantes, agissant comme des disséminateurs de leurs graines ou du pollen
(Snow, 1981).
Les études sur les interactions entre les fleurs ornithophiles et leurs
pollinisateurs ont permis d'élucider leurs schémas évolutifs
et écologiques (Wolf et al, 1976; Grant, 1994). Les fleurs ornithophiles
présentent différentes caractéristiques pour attirer les
oiseaux nectarivores: des couleurs rouge, jaune ou orange, de grandes quantités
de nectar, l'absence d'odeur, un tube corollaire et des renforcements qui protègent
la corolle des becs (Faegri & Van der Pijl, 1980).
Plusieurs recherches sur la pollinisation par les oiseaux ont été
menées dans les forêts néotropicales (Feinsinger, 1987; Snow
& Snow, 1980; Stiles, 1981), mais de nombreuses questions demeurent sur le
phénomène en haute altitude.
Dans la haute région andine en général et dans le département
d'Ancash en particulier, les trois chercheurs qui ont réalisé cette
étude ont noté que la plus grande diversité en plantes ornithophiles
était visible dans les formations buissonneuses d'altitude moyenne: cette
richesse contraste avec la pauvreté des secteurs rocheux et les prairies
environnantes, où aucune fleur de ce type n'est commune. Les Poacées
et les Asteracées qui dominent en quantité et en diversité
dans les Hautes-Andes (Smith, 1988; Young & Gray, 1994; Young et al, 1997;
Weberbauer, 1945) ont des fleurs qui s'auto-fécondent ou qui utilisent
d'autres agents pollinisateurs comme le vent ou les insectes. Néanmoins,
dans ces environnement, les biologistes ont trouvé de petits peuplements
de puyas dont les fleurs présentent des caractéristiques ornithophiles.
En conséquence, ces fleurs constituent une importante ressource alimentaire
pour les colibris (famille des Trochilidés) en altitude, la principale
famille nectarivore néotropicale (Schuchmann, 1999).
Zones d'étude
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Inflorescence
et fleur de Puya raimondii dans le Parque Nacional Huascarán (Pérou)
Source: Revista Peruviania Biologica |
Le premier site d'étude
est un peuplement de Puya raimondii (la plus grande Broméliacée)
situé dans une zone buissonneuse du parc national Huascarán (9º39'
S-77º13' W); il a été étudié en octobre 2004
(pendant 110 heures d'observation).
Le second site est un peuplement de Puya rauhii situé dans une
zone rocheuse de la Callejón de Conchucos. Il a été étudié
en août 2004 et en avril 2005 (pour un total de 154 heures d'observation).
Le peuplement ("rodal" en Espagnol) de Puya raimondii du parc
national Huascarán est l'un des plus vastes du pays, s'étendant
autour de 4200 m d'altitude dans le secteur de Carpa del Parque.
Puya raimondii est une espèce qui atteint 2,5 m de haut pour sa partie
végétative, tandis que son inflorescence atteint de 5,5 à
7,5 m de haut. Elle est composé de milliers de fleurs jaune pâle
qui mesurent au maximum 6,1 cm de long et qui contiennent un nectar lilas-rouge,
tandis que les étamines sont brun sombre. La floraison n'a pas lieu simultanément
pour toutes les fleurs de l'inflorescence: elle débute à la base
et progresse vers le sommet, un processus s'étalant parfois sur plusieurs
semaines. La plante meurt une fois que les fruits se sont formés. Sa durée
de vie peut atteindre plus de 40 ans (Rivera, 1985).
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Inflorescence
et fleur de Puya rauhii, Callejón de Conchucos (Pérou)
Source: Revista Peruviania Biologica |
Le peuplement étudié
de Puya rauhii est situé dans les environs de la ville de Pampas
(Callejón de Conchucos), à environ 3600 m d'altitude, sur le versant
rocheux d'une colline, près d'un maquis dense.
P. rauhii est une plante qui atteint entre 1.5 et 2 m, et dont linflorescence
de plus d'un mètre peut comprendre 120 fleurs. Celles-ci sont jaune-verdâtre
et mesurent jusqu'à 4 cm de long, avec un nectar transparent.
Comme P. raimondii, cette plante ne connaît pas de floraison simultanée
et produit des fleurs périodiquement le long de son axe floral.
Points d'observations
Dix points fixes d'observation ont été mis en place dans chaque
peuplement étudié pour déterminer la fréquence des
visites des colibris.
En outre, des captures d'oiseaux par filets ont été réalisées,
et des prélèvements de pollen effectués avant de relâcher
les oiseaux.
Pour obtenir les échantillons, un morceau d'adhésif transparent
a été appliqué sur le bec, le front et/ou la gorge des colibris,
et les grains ont été placés sur des lamelles. Les échantillons
ont été comparés à ceux de plantes en fleurs de la
région d'étude qui comprenaient surtout des représentantes
des familles suivantes: Asteracées, Lamiacées, Loasacées,
Gentianacées, Alstroemeriacées et Passifloracées.
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| Suite
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Introduction,
matériel et méthode
Résultats
Discussion
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