Date de mise en ligne: 13/11/07 - Soumis au Comité de Lecture
| Situation
du village de Bulle dans le Bassin du Drugeon (Doubs) |
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Plusieurs espèces de rapaces adaptent leur population à la quantité des proies disponibles. C'est le cas de la Buse pattue (Buteo lagopus), une espèce arctique, qui, lorsque la nourriture (essentiellement les lemmings et les campagnols) est abondante, pond davantage d'ufs.
En hiver également, les Buses pattues stationnent dans les secteurs qui subissent temporairement des "pullulations" de petits rongeurs.
C'est parfois le cas des prairies du Bassin de la rivière Drugeon, dans le Haut-Doubs, non loin de la frontière suisse.
Le 3 novembre 2007, Bernard Flenet a ainsi pu observer et photographier un juvénile de Buse pattue, ainsi que plusieurs autres rapaces, tous très occupés à chasser les nombreux campagnols, et il nous a transmis ses photos.
Cet article sera l'occasion de présenter quelques bons coins pour observer les oiseaux dans le bassin du Drugeon.
Cet article a été soumis à notre Comité de Lecture virtuel.
Pour participer à ce comité, vous pouvez nous contacter.
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Abstract
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The Rough-legged Buzzard (Buteo lagopus) is an artic species which is heavily dependent on abundance of rodents, notably of Lemmings: in poor food years, when the number of rodents is low, the clutch may be two or three chicks, but in "lemming years" it increases, and commonly reaches five or six, with seven reported. In the winter range too, single Rough-legged Buzzards often adopt a definite territory, which they frequent constantly for several weeks. They show a definite preference for marshy and grassy areas near water and tend to concentrate in areas where rodent prey is most abundant, so that the numbers of wintering buzzards may be locally determined by fluctuations in the rodent population.
The Drugeon Basin, in the departement of Doubs (Eastern France, near the swiss border), is one of the best French spots to look for Rough-legged Buzzards in Winter. The meadows, sometimes full of redents, here attract several raptors species such as Common Buzzards, Red Kites, ...
The 3rd of November 2007, Bernard FLENET photographed several species in the area, including a young Rough-legged Buzzard, and we present here his photos. We also introduce you some good spots to birdwatch in the area.
Le Bassin du Drugeon et ses rapaces
Une zone écologique riche
Carte des environs de Bulle, dans le Bassin du Drugeon, et en rouge quelques circuits à faire:
1) Prairies entre Bulle et Pontarlier le long de la D471, en partliculier autour des lieux-dits Montsergnon / Le Paru
2) Le long de la rivière Drugeon, entre Sainte-Colombe, Bannans et La Rivièr-Drugeon
3) Lac de Bouverans ou de l'Entonnoir
4) Petit étang de Frasne
5) Bois de Frasne
6) Forêts de conifères de la Montagne du Laveron
Carte: Ornithomedia.com
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Le Bassin du Drugeon occupe une large cuvette, orientée Sud-ouest/Nord-est qui débouche sur la ville de Pontarlier. De nombreux ruisseaux et sources le parcourent.
Ce site constitue une unité écologique d'une valeur exceptionnelle, aux habitats naturels variés: pelouses sèches, prairies humides, cariçaies et roselières, tourbières, pessières, bétulaies, saulaies, ...
L'ensemble de ces milieux constitue un habitat privilégié pour la faune, et pour les oiseaux en particulier: près de 125 espèces y sont observées régulièrement et 85 plus rarement. Ce site a ainsi été proposé en 1999 comme Zone de Protection Spéciale (ZPS) au titre de la Directive Européenne "Oiseaux".
Des prairies très attractives
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Prairies autour du village de Bulle: elles sont très attractives pour les rapaces
Photo: Ornithomedia.com |
Le village de Bulle est situé à une altitude moyenne de 830 mètres. Tout autour s'étend un plateau découvert aux grandes prairies ou pâtures destinées au bétail dont l'entretien n'est pas intense (contrairement à ce qui se passe du côté suisse). Elles sont donc très favorables aux rapaces, surtout au nord de la route reliant Bulle à Pontarlier. Ils y trouvent des rongeurs tout au long de l'année. Parfois, de véritables explosions des populations de campagnols y sont notées, faisant le bonheur au printemps des nicheurs locaux comme la Buse variable (Buteo buteo), le Milan royal (Milvus milvus), le Busard Saint-Martin (Circus cyaneus) et les Faucons crécerelle (Falco tinnunculus) et hobereau (F. subbuteo).
L'Aigle pomarin (Aquila pomarina) a été noté en 2003.
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Buse pattue (Buteo lagopus) juvénile, Bulle (Doubs), le 3 novembre 2007
Photo: Bernard Flenet |
En hiver, avant les chutes de neige, les Buses variables, les Milans royaux et les Busards Saint-Martin "locaux" sont
rejoints par d'autres individus et par des espèces plus nordiques comme le Hibou des marais (Asio flammeus), le Faucon émerillon (Falco columbarius) et parfois la Buse pattue (Buteo lagopus).
A noter que le Faucon émerillon est rare car les passereaux, qui constituent majoritairement ses proies, sont peu communs à cette altitude.
A titre d'exemple, le 3 novembre 2007, Bernard Flenet
a pu observer et photographier une belle diversité d'espèces, dont un juvénile de Buse pattue. Ce sont les photos de cette journée qui illustrent ce texte.
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Buse pattue (Buteo lagopus) juvénile, Bulle (Doubs), le 3 novembre 2007
Photo: Bernard Flenet |
Les prairies du Bassin du Drugeon sont régulièrement fréquentées en hiver par cette espèce nichant dans la toundra en Scandinavie et en Russie. Au moins un oiseau est vu quasiment chaque année entre novembre et mars, et parfois plusieurs individus peuvent être notés lors d'hivers froids. A titre d'exemple, entre 1988 et 1998, au moins 28 oiseaux ont été observés dans le secteur (source: www.oiseaux-nature.com). Attention, les très nombreuses Buses variables également présentes peuvent prêter à confusion!
Des routes ou des chemins carrossables parcourent tout le secteur propice aux rapaces et à la Buse pattue en particulier.
Les lieux-dits le Paru et Montsergnon (voir notre carte et la carte IGN 1/25000è 3425 OT) très proches de la D 471 se prêtent bien à l'observation en période hivernale (mais attention dès les premières neiges!!!). Il convient de bien rester
sur les chemins pour respecter les oiseaux et les propriétés agricoles.
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Buse pattue (Buteo lagopus) juvénile, Bulle (Doubs), le 3 novembre 2007
Photo: Bernard Flenet |
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Buse variable (Buteo buteo), Bulle (Doubs), le 3 novembre 2007
Photo: Bernard Flenet |
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Milan royal (Milvus milvus), Bulle (Doubs), le 3 novembre 2007
Photo: Bernard Flenet |
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Busard Saint-Martin (Circus cyaenus) mâle, Bulle (Doubs), le 3 novembre 2007
Photo: Bernard Flenet |
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Busard Saint-Martin (Circus cyaenus) mâle, Bulle (Doubs), le 3 novembre 2007
Photo: Bernard Flenet |
Le petit étang et le Bois de Frasne
Il existe bien d'autres bons secteurs pour observer les oiseaux tout au long de l'année non loin du village de Bulle (voir notre carte) comme le petit étang de Frasne. Celui-ci, de faible profondeur, est entouré de prairies pâturées et est bordé d'une végétation aquatique abondante. Au sud-est s'étend la réserve naturelle de Frasne qui protège des tourbières et des forêts de pins à crochets et de bouleaux. Des sentiers permettent de la visiter.
Le petit étang est visible à la sortie du village de Frasne, en bordure de la D49. On peut observer depuis la route D49, puis continuer sur celle-ci jusqu'au bois de Frasne (jusqu'à l'aire de pique-nique): de là, des sentiers balisés permettent de découvrir la tourbière. La zone est intéressante au printemps pour les espèces forestières comme la Bécasse des bois (Scolopax rusticola), la Gélinotte des bois (Bonasa bonasia) et le Bec-croisé des sapins (Loxia curvirostra). Le Sizerin flammé (Carduelis flammea) niche dans les bouleaux bordant la tourbière. La Rousserolle verderolle (Acrocephalus palustris) niche quant à elle dans le marais bordant l'étang.
Aux passages, des limicoles et des canards fréquentent l'étang.
Le lac de Bouverans
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Lac de Bouverans ou de l'Entonnoir: le coteau boisé qui le domine abrite une belle diversité de rapaces forestiers
Photo: Ornithomedia.com |
Le lac de Bouverans ou de l'Entonnoir (voir notre carte en début d'article) est un bel étang bordé de prairies humides où nichent (encore ?) au printemps la Marouette ponctuée (Porzana porzana), le Courlis cendré (Numenius arquata), le Vanneau huppé (Vanellus vanellus) et la Bécassine des marais (Gallinago gallinago).
Le Faucon hobereau est fréquemment vu en chasse dans le coin, et il se reproduit dans les arbres proches tout comme la Grive litorne (Turdus pilaris). Au passage, des canards et des limicoles sont visibles.
La hêtraie sur le coteau qui domine l'étang, de l'autre côté de la route départementale, est très riche en rapaces nicheurs.
D'autres bons coins
Dans les environs, il faut aussi prospecter en hiver l'étang de la Rivière-Drugeon et les sablières: Fuligules milouin (Aythya ferina) et morillon (A. fuligula) et parfois nyroca (Aythya nyroca), Nette rousse (Netta rufina) font partie des espèces régulières.
La Pie-grièche grise (Lanius excubitor) est observable assez régulièrement le long du Drugeon
(secteurs de Bannans, Houtaud, Sainte-Colombe) par exemple (voir notre carte).
A noter aussi la reproduction du Roselin cramoisi (Carpodacus erythrinus) dans la vallée du Drugeon, notamment dans le
secteur de la Rivière-Drugeon; bien que moins régulière qu'il y a une
dizaine d'années,elle reste tout même pratiquement annuelle pour un ou deux
couples.
A noter que le bassin du Drugeon en hiver constitue un site classique pour une espèce originale, le Bouvreuil "trompetteur" (Pyrrhula pyrrhula pyrrhula) venu de Sibérie (lire L'invasion
des bouvreuils trompetteurs).
Les boisements résineux à l'Est de la dépression du Drugeon, comme sur la Montagne du laveron (voir notre carte) sont "jouables" au printemps et en automne (octobre) pour la
Chevêchette d'Europe (Glaucidium passerinum) et la Chouette de Tengmalm (Aegolius funereus).
Encore plus loin...
La réserve naturelle du lac de Rémoray, à la limite avec le département du Doubs, est magnifique, avec un mélange d'oiseaux forestiers (Gélinotte des bois, Grand Tétras, Chouette de Tengmalm, Pic noir) et aquatiques comme la Marouette ponctuée (Porzana porzana) et le Râle des genêts (Crex crex).
En août, on y note le passage régulier de la Cigogne noire (Ciconia nigra) et du Balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus).
Un site web permet de découvrir ce spot: www.maisondelareserve.fr.
Le Mont-d'Or, le plus haut-sommet franc-comtois qui culmine à 1 463 m, est situé non loin du village de Longevilles-Monts-d'Or. Un parking est accessible près du sommet. Un sentier permet d'accéder au Belvédère des chamois, tandis que des routes forestières permettent de visiter les sapinières au pied du mont.
Le Grand Corbeau (Corvus corax), le Tichodrome échelette (Tichodroma muraria), le Faucon pèlerin (Falco peregrinus) nichent sur les falaises près du sommet. La Chouette de Tengmalm, le Cassenoix moucheté (Nucifraga caryocatactes), la Gélinotte des bois, le Grand Tétras fréquentent les sapinières, le Venturon montagnard (Serinus citrinella) et le Merle à plastron (Turdus torquatus) se reproduisent en lisière de celles-ci. Sur les pelouses sommitales, en août-septembre, le Pluvier guignard (Charadrius morinellus) fait parfois une halte.
Le lac de Châlain, dans le Jura, est un spot hivernal régulier pour le Fuligule nyroca.
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