La Madone de Fenestre et le Col de la Bonette
Les environs de la Madone de Fenestre
Carte du secteur de la Madone de Fenestre, avec en rouge les sentiers à emprunter:
1) la sapinière du Vallon de la Madone de Fenestre, 2) les environs immédiats de la Madone, 3) le Cirque de la Madone, 4) le Pas des Ladres
Carte: Ornithomedia.com |
 |
La période recommandée pour cette promenade sont les mois de juin-juillet (avant le 15 de préférence).
Le sanctuaire de la Madone de Fenestre compte parmi les sites de départ incontournables des Alpes-Maritimes pour les randonneurs durant les week-ends de printemps; en effet, la route d'accès (D 94) déneigée assez haut à partir d'avril permet en effet une approche commode du cirque de la Madone.
Depuis Saint-Martin-Vésubie, il faut prendre la D94 sur 13 km qui longe le vallon de la Madone de Fenestre jusqu'au refuge du même nom, où il y a un parking (1 903 m d'altitude).
 |
Vue du cirque rocheux de la Madone de la Fenestre
Photo: Ornithomedia.com |
Depuis le parking, il faut ensuite emprunter le sentier qui monte en lacets sur les flancs de l'Agnellière, traverser le torrent issu du col de Fenestre et du Pas des Ladres, prendre la bifurcation qui mène au Pas des Ladres, continuer l'ascension plein Nord par un sentier en lacets qui passe à proximité de blockhaus où s'abritent volontiers les jeunes bouquetins, atteindre ensuite le col de Fenestre, et continuer jusqu'au petit lac de Fenestre (2 266 m), où des hardes de chamois se désaltèrent parfois. Descendre ensuite par le tracé assez rapide et très sinueux du GR 52 qui ramène à la Madone de Fenestre.
Le secteur de la Madone permet d'observer une panoplie assez complète d'espèces alpines.
Avant d'arriver à la Madone, la belle sapinière est le domaine du Cassenoix moucheté (Nucifraga caryocatactes), qui y est assez facile d'observation.
Sur les versants rocailleux ensoleillés avec éboulis qui dominent le refuge de la Madone, la Perdrix bartavelle (Alectroris graeca) est bien présente, mais il faut de la chance et de la patience pour la voir. A proximité de la Madone également, les blocs rocheux dispersés dans la prairie alpine sont fréquentés par le Monticole de roche, et le coin est un bon spot pour l'espèce. Le Rougequeue noir (Phoenicurus ochruros) et le Traquet motteux (Oenanthe oenanthe) sont faciles à voir.
Le Cassenoix moucheté peut être observé se nourrissant sur les quelques pins accrochés au sommet du versant dominant le refuge/
Le Venturon montagnard (Serinus citrinella) est commun autour du refuge, souvent perché sur les petits mélèzes.
 |
Les pierriers du Pas des Ladres sont le domaine du Lagopède alpin
Photo: Ornithomedia.com |
Levez les yeux, et scrutez les arêtes: à tout moment, un Aigle royal peut être noté, plus rarement un Gypaète barbu. Le Faucon crécerelle (Falco tinnunculus) niche dans les falaises, à proximité du Grand Corbeau (Corvus corax). Des groupes de Chocards à bec jaune survolent fréquemment tout le secteur.
En grimpant vers le Pas des Ladres puis le col de Fenestre, l'Accenteur alpin (Prunella collaris) devient commun. La Niverolle alpine (Montifringilla nivalis) serait aussi présente, mais nous ne l'avons pas observé. Ce passereau est aussi à rechercher du côté du Lac de Fenestre.
Le Lagopède alpin (Lagopus mutus) est un autre habitant discret des pierriers du Pas des Ladres et du col de la Fenestre, notamment dans les secteurs à l'ombre où subsistent des névés.
Les environs du Col de la Bonette
Carte des environs du Col de la Bonette, avec en rouge les sentiers à emprunter:
1) replat dans les prairies le long de la route, site de nourrissage de la Niverolle alpine, 2) bâtiments proches de la caserne de restefond, où niche la Niverolle alpine, 3) parking constituant un bon spot d'observation des environs 4) et 5) vallons favorables à la Perdrix bartavelle et au Tétras-lyre, 6) prairies favorables à l'Aigle royal (terrain de chasse)
Carte: Ornithomedia.com |
 |
La promenade est à faire en juin-juillet.
Le col de la Bonette est un col de montagne reliant la vallée de l'Ubaye au Mercantour, situé à 2 715 mètres d'altitude. La route (D 64) qui y accède est qualifiée (à tord, le record étant détenu par une route andalouse) de "plus haute route d'Europe". Elle est fermée en hiver.
Depuis Saint-Étienne-de-Tinée, prendre la D2205 jusqu'au Pra, puis au Col de la Bonette. Au cours de l'ascension, s'arrêter le long de la route et observer dans les prairies d'altitude. Scanner également les arêtes rocheuses pour voir un éventuel Aigle royal.
 |
Niverolle alpine (Montifringilla nivalis) nicheuse, caserne de Restefond, juillet 2007
Photo: Thomas Krumenacker |
Peu après avoir passé le col de la Bonette, en direction de Jausiers, s'arrêter à un parking (avec un panneau d'information du parc national du Mercantour) peu après près de la caserne de Restefond. Observer dans le secteur, la Niverolle alpine nichant dans tous les bâtiments. Le parking constitue un bon point d'observation du vaste panorama environnant.
Nous avons choisi de visiter le col de la Bonette car il s'agît d'un spot connu et facile pour découvrir la Niverolle alpine, et nous n'avons pas été déçus. Lors de notre visite (fin juillet), l'espèce élevait ses jeunes dans les bâtiments proches de l'ancienne caserne de Restefond (et dans la caserne elle-même), leurs nids étant installés dans les anfractuosités des murs, ou sous les toits (ne pas s'approcher trop près pour ne pas perturber l'élevage des jeunes).
 |
La Niverolle alpine (Montifringilla nivalis) niche dans les bâtiments autour de la caserne de Restefond
Photo: Ornithomedia.com |
Les trilles des parents se relayant à l'approche des nids, proches de celles d'un Moineau domestique, et les piaillements des petits aidaient à repérer l'espèce. Les parents cherchaient de la nourriture, constituée notamment d'Orthoptères (criquets) capturés dans les prairies alentours, fréquentées aussi par le Traquet motteux (Oenanthe oenanthe) et le Pipit spioncelle (Anthus spinoletta).
Il est aussi possible de repérer la niverolle en vol sur les bords de la route entre le Col de la Bonette et le Camp des Fourches.
Les nombreux sifflements de marmottes nous incitaient à scruter le ciel à la recherche d'un Aigle royal (Aquila chrysaetos), ou espérer le passage d'un Gypaète barbu (Gypaetus barbatus) longeant les falaises, car le secteur est très favorable. Si vous ne parvenez pas à admirer ces deux rapaces, vous verrez sûrement les Corvidés du coin, le Grand Corbeau (Corvus corax) et le Chocard à bec jaune (Pyrrhocorax graculus).
Le Vallon de Sestrière
 |
Les versants ensoleillés qui dominent le vallon de Sestrière sont le domaine de la Perdrix bartavelle
Photo: Ornithomedia.com |
Après avoir exploré les environs du col, redescendez en direction de Saint-Etienne-de-Tinée. 4 km avant ce village, tournez à droite en direction de Saint-Dalmas-le-Selvage, puis suivre la route du col de la Moutière remontant le vallon de Sestrière, un très beau secteur sauvage et peu fréquenté.
Laissez votre véhicule au niveau du refuge de Sestrière, et empruntez l'un des sentiers de randonnée remontant les vallons adjacents au vallon de Sestrière.
Par exemple, depuis le refuge, il est possible de se diriger vers la Crête de Pra Gazé par le vallon de Gialorgues. Depuis le sommet, rejoindre le Vallon de la Tour que l'on suit en rive droite pour atteindre la piste de Sestrière en dessous du refuge. Depuis le refuge, on peut aussi suivre le GR5 vers la Cime de la Blanche.
Attention, il vous faudra au moins une journée pour effectuer tranquillement ces randonnées en essayant de partir le plus tôt possible pour arriver sur les secteurs favorables aux deux espèces-phares du secteur, la Perdrix bartavelle (Alectoris graeca) et le Tétras-lyre (Tetrao tetrix). La première est à rechercher en juin-début juillet sur les versants rocailleux et ensoleillés des vallons, tandis que la seconde espèce, beaucoup plus rare (et sensible aux dérangements), fréquente la limite supérieure de la forêt de mélèzes, là où les arbres sont plus petits et dispersés. La fin de l'hiver (mars) est recommandée pour le tétras, mais il y a alors de la neige, et l'accès n'est guère aisé…
En revenant vers le refuge de Sestrière, vous pouvez reprendre votre véhicule en direction du col de la Moutière. Au-dessus des prairies alpines et des zones rocailleuses, cherchez l'Aigle royal, et peut-être aussi la Perdrix bartavelle.
Sites web à visiter
- Parc national du Mercantour
- 23 rue d'Italie
- BP1316
- 06006 Nice cedex 01
- Tel : 04 93 16 78 88
- E-mail: mercantour@wanadoo.fr
- Sites web: www.mercantour.eu et http://atlas.parcsnationaux.org/mercantour.
- Infos sur le Gypaète barbu: www.gypaete-barbu.com
et http://gypaete.lpo.fr.
- Le site web de photos de Thomas Krumenacker
www.pbase.com/tkrumenacker.
-
Le site web perso de Pascal Misiek, avec de nombreuses infos sur les oiseaux des Alpes-Maritimes:
http://miska06.free.fr.
Chercher le Loup!
Nathan Ranc, jeune naturaliste, qui connaît bien le Mercantour, cherche des participants pour pratiquer des affûts (matin et soir) au Loup d'Europe, durant l'automne 2007 (Toussaint) ou durant l'été 2008.
Si vous êtes intéressé, vous pouvez le contacter par e-mail: nathan16.ranc@hotmail.fr.
Réagissez à cet article sur notre forum
Voyage / Observations ou par e-mail à david.bismuth@ornithomedia.com.