Position de Bretagne-Vivante SEPNB
En réaction à la démarche du Collectif pour la Protection de l'Ibis de Bretagne, la principale association bretonne Bretagne-Vivante SEPNB a réagit : Bernard Guillemot, le Président,
a écrit la lettre suivante au Préfet du Morbihan.
La lettre au Préfet
Monsieur le Préfet,
Un petit groupe d'amis des Ibis fait circuler une pétition et le message ci-après sur internet :
"Le Collectif pour la Protection de l'Ibis de Bretagne a été reçu mercredi 28 mars par Monsieur ALAVOINE, Sous-Préfet du Morbihan et Directeur de Cabinet.
De cette fructueuse entrevue ressort des avancées notables quant aux demandes de notre collectif :
- La Préfecture du Morbihan revient sur l'arrêté d'éradication ;
- L'application d'un tel arrêté s'avère extrêmement difficile et n'est pas sans conséquence sur l'environnement et les autres espèces ;
- M. le Sous-Préfet a pris en compte le manque d'étude approfondie pour prendre une décision d'éradication et le nécessaire respect de la Convention de Berne ;
- L'ensemble de nos positions sera transmis au Ministère de l'Environnement.
Grâce à vous, vos soutiens, vos signatures, nous avons été entendus. Cependant, l'éradication a commencé en Loire-Atlantique et plusieurs autres départements (initialement 12) sont susceptibles de prendre des arrêtés similaires.
En effet, le ministère de l'Environnement et du Développement durable a finalement donné son feu vert, sans toutefois être capable d'expliquer cette décision à la presse qui en avait fait la demande.
Le ministère serait-il victime de groupes de pression ?
Ainsi, si chacun d'entre nous fait appel à ses relations pour signer la pétition, nous multiplierons d'autant nos forces afin de mettre un terme à une éradication scientifiquement infondée et contraire au statut d'oiseau protégé de l'ibis sacré. Enfin, nous réclamons une véritable étude scientifique, digne de ce nom. "
Je comprends parfaitement leur émotion et bien qu'il y aura toujours des irréductibles, je crois que leur position résulte d'un manque d'information sur ce sujet.
Tout d'abord je rappelle que la deuxième cause reconnue pour la perte de biodiversité dans le monde, juste après la destruction des milieux, est l'introduction d'espèces invasives.
Cette question mérite donc des mesures rigoureuses.
Je reviens au cas des ibis "échappés de captivité" à partir d'un parc zoologique du Morbihan et qui sont présents à ce jour jusqu'à la Gironde.
Je voudrais faire quelques commentaires par rapport aux affirmations du communiqué du collectif.
- "L'application d'un arrêté d'éradication s'avère extrêmement difficile" :
Ils ont raison, et c'est bien pour cela que les mesures doivent être coordonnées sur tous les départements où l'espèce est présente. Je constate et j'approuve le Préfet de Loire-Atlantique qui a maintenu son arrêté mais je pense que son efficacité sera très fortement compromise si des mesures équivalentes ne sont pas prises dans les départements voisins. Il est aussi essentiel qu'un calendrier rigoureux soit respecté car seule une courte période permet une intervention efficace.
- "… et n'est pas sans conséquence sur l'environnement et les autres espèces" :
Les mesures ont été confiées aux gardes de l'ONCFS qui ont toutes les compétences techniques requises pour éviter les conséquences sur d'autres espèces.
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Ibis sacrés (Threskiornis aethiopicus) juvéniles, Batz-sur-Mer (Loire-Atlantique), septembre 2003
Photo : Alain Fossé / www.digimages.info |
- "M. le Sous-Préfet a pris en compte le manque d'étude approfondie pour prendre une décision d'éradication et le nécessaire respect de la Convention de Berne" :
Le Ministère de l'Environnement et du Développement Durable a pris sa décision après avoir demandé une étude à deux spécialistes reconnus qui ont consulté les scientifiques sur ce sujet. Leur rapport, qui ne prenait pas parti, proposait plusieurs décisions possibles, et leurs conséquences, allant de "ne rien faire" à "l'éradication".
Le Conseil National de Protection de la Nature (CNPN) a proposé à l'unanimité l'éradication des oiseaux tant que celle-ci est encore possible. Et la convention de Berne ne s'applique pas à ma connaissance aux espèces introduites.
De plus en Afrique centrale, d'où elle est originaire, l'espèce n'est nullement menacée.
Je ne ferai aucun commentaire sur l'allusion au fait que le Ministère (MEDD ?) serait victime d'un groupe de pression : s'agirait-il du CNPN ?
Vous trouverez ci-joint le texte de notre Vice-Président Alain Thomas à partir duquel notre Conseil d'administration c'est prononcé pour soutenir la proposition du CNPN d'éradication des oiseaux avant qu'il ne soit trop tard.
Sur ce point je souligne que tous les scientifiques et naturalistes savent que nous avons très peu de temps pour agir.
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Ibis sacrés (Threskiornis aethiopicus) juvéniles, route de bord de mer, au sud de la commune
des Moutiers-en-Retz (Loire-Atlantique), le le 27/02/07
Photo : Régis ORBLIN |
D'ici quelques années si rien n'est entrepris, l'Ibis fera définitivement partie de notre faune comme le ragondin et le rat musqué. Je respecte la sensibilité de ceux qui contestent la nécessité de ces actions qu'ils considèrent comme des actions de destruction sans cause, mais Bretagne Vivante se doit, en regard des enjeux très forts pour la biodiversité, d'assumer ses responsabilités et de ne pas céder à l'émotion. Elle a en toute connaissance de cause choisi de soutenir, sans autre réserve que celle de ne pas porter d'autres atteintes aux autres espèces, la décision du Ministère de l'Environnement et du Développement Durable.
Je vous demande donc, Monsieur le Préfet, d'user de votre autorité pour prendre en accord avec les autres départements concernés, les mesures nécessaires ;
Je vous prie d'agréer, Monsieur le Préfet, à l'expression de ma haute considération.
Bernard Guillemot
Président de Bretagne Vivante SEPNB
PJ : 1
Sites web
Bretagne-Vivante SEPNB :
http://bretagne-vivante.asso.fr
Le site web d'Alain Fossé : www.digimages.info
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