Dans la saligue du Gave de Pau
Introduction
 |
Le
budléia, arbuste aux inflorescences violettes d'origine asiatique, comme
le Léiothrix jaune, est bien présent dans la saligue (forêt
riveraine humide) bordant le Gave de Pau
Source : Blog
de BU23 |
La partie de la saligue
du gave de Pau étudiée s'étend sur une longueur de 2 km et
une largeur oscillant entre 50 et 3000 m, espace boueux, herbeux par endroits,
troué de chaînes de petites mares alimentées par les six ou
sept écoulements d'eau venant du coteau voisin, végétation
arborée et arbustive (saules, aulnes, frênes, chênes,
)
alternant avec des plantes hautes (budléias) et des ronciers par îlots.
Un chemin sur les berges du Gave le traverse, et c'est en parcourant ce chemin
qu'ont été effectuées écoutes et observations.
Les léiothrix, descendus du coteau s'y installent dès le prinT.
(2002, 2003, 2004 : arrivées dans la première semaine d'avril) pour
la quitter à la fin de l'été ou à la mi-automne (2001;
début septembre 2002-mi-novembre 2002; fin octobre 2004-début novembre
2004).
Dénombrement
Carte
2- Carte de la portion de saligue suivie en 2004
- Zone 1-1b : la zone la plus vaste comportant un chapelet de mares, un long roncier
bordant la route et à l'écart du chemin piétonnier, une dizaine
d'îlots de ronces; évaluation : 8-12 couples.
- Zone 2 : ne paraît pas avoir été pendant trois ans un lieu
propice à la nidification, juste avant une zone de passage liée
au nourrissage prioritairement des oiseaux de la zone 1.
- Zones 3 et 3b : zone étroite, avec un gros roncier allongé, une
mare très longue jamais asséchée. Le terrain de chasse des
occupants de ce lieu empiète sur les zones 2 et 4. Evaluation : 6 à
8 couples.
- Zone 4 : de même que la zone 2, celle-ci ne comporte pas de point d'eau
important. Elle offre aussi peu d'abris propices à établir des nids.
Il semble que cette zone soit surtout le territoire où se rendent les oiseaux
pour s'approvisionner en fruits, vers et insectes les oiseaux des zones 3 et 5.
- Zone 5 : zone étroite, avec beaucoup d'eau et un gros roncier allongé.
Evaluation : 4 à 6 couples.
- Zones 6 et 6b : zone importante sur le plan de la superfici, mais à la
végétation un peu clairsemée. Zone peu occupée en
2006 (2-3 couples) mais plus habitée en 2004 (6-8 couples). Evaluation
: 2 à 8 couples.
Carte : Ornithomedia.com d'après JP Basly |
 |
Notre premier objectif fut
d'effectuer le dénombrement des oiseaux présent sur le site. Et
pour ce faire, il nous a paru intéressant de déterminer les zones
de la saligue occupées par les léiothrix, six grandes zones délimitées
sur la carte 2.
Nous avons ensuite pris en compte les éléments suivants :
- les espaces propices (conjuguant la présence d'eau et de ronciers)
- l'observation de leurs mouvances entre ces espaces
- leurs productions sonores (chants et cris)
- le repérage des groupes et bandes reconstituées après la
période de reproduction
La prospection régulière durant cette période telle qu'elle
apparaît sur le tableau suivant nous a permis de faire unes estimation de
leur implantation dans ce secteur particulier. Il s'agît bien entendu d'une
évaluation, car seule une recherche systématique des nids aurait
pu nous donner précisément le nombre de couples reproducteurs occupant
la saligue (cette tâche est difficilement réalisable en raison de
l'aspect furtif de cet oiseau et de la végétation extrêmement
dense). Ceci nous a conduit à une validation sur l'ensemble de la saligue
de 20 à 34 couples de léiothrix (moyenne : 27 couples). La comparaison
de ces chiffres avec ceux des années 2002 et 2003 nous permet de constater
que les données sont sensiblement équivalentes autant que nous ayons
pu en juger ; une cinquantaine d'oiseaux au prinT., entre cinquante et deux
cents oiseaux en octobre (nous considérons que seule une nichée
a été menée à son terme, aucun élément
nous incite à penser qu'il y en ait eu davantage).
Si l'on ramène cette présence à des valeurs chiffrées
de type " rapport nombre de couples/superficie nécessaire et suffisante
à leur survie " afin de mieux évaluer leur implantation sur
un espace neutre q'ils occupent six à huit mois de l'année avant
de le quitter, nous obtenons les résultats suivants (non exhaustifs bien
entendu) : 27 couples/ 300 000 m², soit un couple pour 11 000 m² (un
hectare environ).
Relevé 2003
des zones d'émissions sonores et leur type
En 2004, le relevé
fut réalisé sur d'autres critères et fut moins régulier.
Mais globalement, il semble que la population de léiothrix résidents
ait été, à peu de choses près, équivalente.
- Zones : nombre de groupements d'émissions sonores sur le parcours de
2 km.
- M : nombre de chants de léiothrix mâles
- F : nombre de chants de léiothrix femelles
- A : nombre de cris d'alerte menace (crépitements) et saccades de fuite
- O : nombre de " gloussements "
- Avril (6 pointages), mai (10 pointages), juin (1 pointage), juillet (4 pointages),
août (9 pointages). Mois de juin, juillet-août extrêmement secs
et chauds, caniculaires (températures en août supérieures
à 35 degrés).
Abréviations : T.B.T.
: très beau temps, B.T. : beau temps, Z. : zones.
| Matinée |
Mi-journée |
Fin
d'après-midi ou soirée |
| Date |
Mét. |
Nombres
de : |
Date |
Mét. |
Nombres
de : |
Date |
Mé. |
Nombres
de : |
| Z. |
M |
F |
A |
G |
Z. |
M |
F |
A |
G |
Z. |
M |
F |
A |
G |
| 27/04
(9-10 h) |
Beau
T. |
15 |
13 |
1 |
1 |
5 |
24/04
(12-13 h) |
B.
T. |
5 |
5 |
1 |
1 |
4 |
27/04
(20-21 h) |
B.
T. |
3 |
3 |
0 |
2 |
1 |
| 01/05
(10-11 h) |
Gris
lourd |
10 |
15 |
3 |
5 |
5 |
25/04
(14-15 h) |
B.
T. |
4 |
4 |
0 |
2 |
2 |
29/04
(17-18 h) |
T.
B. T. |
8 |
7 |
0 |
8 |
3 |
| 10/05
(8-9 h) |
Gris
+ frais |
10 |
14 |
2 |
8 |
3 |
28/04
(12-13 h) |
T.
lourd |
8 |
6 |
2 |
4 |
1 |
04/05
(18-19 h) |
B.
T. lourd |
1 |
3 |
1 |
1 |
0 |
| 19/05
(10-11 h) |
T.
B. T. |
9 |
8 |
1 |
3 |
1 |
14/05
(15-16 h) |
B.
T. voilé |
6 |
7 |
1 |
5 |
2 |
12/05
(17-18 h) |
B.
T. lourd |
5 |
3 |
0 |
5 |
1 |
| 30/05
(9-10 h) |
B.
T. |
5 |
5 |
1 |
2 |
0 |
22/05
(14-15 h) |
T.
B. T. |
8 |
11 |
2 |
3 |
3 |
13/05
(16-17 h) |
B.
T. |
6 |
4 |
0 |
1 |
3 |
| 01/06
(9-10 h) |
B.
T. lourd |
10 |
7 |
1 |
4 |
0 |
10/08
(11-12 h) |
T.
B. T. |
11 |
10 |
6 |
7 |
3 |
15/05
(19-20 h) |
B.
T. |
5 |
4 |
0 |
7 |
0 |
| 29/07
(10-11 h) |
T.
B.
T. |
10 |
8 |
2 |
2 |
2 |
11/08
(14-15 h) |
T.
B. T. |
10 |
4 |
2 |
7 |
5 |
20/07
(17-18 h) |
T.
B. T. |
5 |
4 |
1 |
2 |
1 |
| 03/08 (10-11
h) |
T.
B. T. |
10 |
10 |
7 |
3 |
0 |
16/08 (14-15
h) |
Gris, lourd |
7 |
7 |
2 |
4 |
4 |
21/07 (17-18
h) |
Gris, lourd |
7 |
5 |
2 |
1 |
2 |
| 14/08
(9-10 h) |
Très
beau T. |
10 |
9 |
0 |
5 |
3 |
20/08
(14-15 h) |
Gris,
lourd |
7 |
5 |
3 |
4 |
3 |
27/07
(17-18 h) |
T.
B. T. |
6 |
9 |
1 |
5 |
0 |
| 17/08 (10-11
h) |
Gris lourd |
10 |
10 |
6 |
7 |
7 |
26/08 (15-16
h) |
T. B. T. |
6 |
5 |
1 |
2 |
3 |
25/08 (16-17
h) |
T. B. T. |
4 |
5 |
1 |
2 |
1 |
Couple et groupe dans
une zone (6 et 6b) suivie en 2004
Dans cette zone, nous avons
estimé la présence des léiothrix à 6 ou 8 couples,
ce qui, d'après les observations que nous avons pu faire sur leur grégarisme
hors période de reproduction, pourrait correspondre à l'éclatement
d'une bande de rossignols (12 à 16 oiseaux) ou de deux groupes familiaux
(6 à 8 oiseaux), structures de rassemblement les plus courantes observées.
Sachant que les couples s'isolent au printemps pur nidifier mais conservent cependant
une certaine proximité que cette zone ne présente que six à
huit ronciers susceptibles de les accueillir., l'observation et l'écoute
sur le terrain nous a permis de supposer qu'il s'agissait plutôt de deux
groupes composés chacun donc de 3 à 4 couples ;
Il est à noter que le territoire de prospection nourricière des
groupes est ce secteur 6 et 6b, les oiseaux qu'on voit sortir à la lisière
de cet espace retournant systématiquement vers celui-ci (du moins c'est
ce que nous avons constaté en plusieurs occasions). De même, les
oiseaux du secteur voisin (zone 5) ne s'aventurent pas sur la zone 6 et 6b, préférant
la zone 4 contiguë qui ne semble pas contenir de couples reproducteurs.
Toutes ces observations appliquées aux autres zones de la saligue semblent
confirmer les éléments suivants :
- Distance séparant deux nids d'un même groupe " familial "
: 10 à 30 m
- Distance séparant deux groupes " familiaux " : 100 à
200 m
- - les nids sont situés près d'une source de nourriture abondante
et de points d'eau (économie d'énergie oblige), et de ce fait, les
déplacements du couple nourricier sont limités à la proximité
du lieu de nidification (rayon d'une centaine de mètres).
Groupes et bandes
Après la reproduction,
les groupes parfois se rassemblent et forment des bandes plus ou moins importantes
:
- Le 18/07, entre vingt et trente individus dans la zone 6 s'agitant fébrilement
dans les branches au sommet des arbres, se laissant facilement approcher (à
noter qu'ils sont capables d'attraper des insectes au vol, de réaliser
un vol bref sur place, de se déplacer sur une branche tête en bas).
- Le 26/07, une trentaine d'oiseaux dans des arbustes de la zone 2, quelques-uns
se baignant dans les mares.
- Le 6/11 dans la zone 1, au bord du gave, une cinquantaine d'oiseaux entre arbres
et ronciers qui vont par petits groupes traverser la rivière et se faire
écho d'une rive à 'l'autre (si les mois de juillet et d'août
sont les meilleurs mois pour les observer, les mois d'octobre et novembre semblent
être ceux où ils effectuent de longues errances et où on peut
les rencontrer dans des endroits inhabituels).
Qu'il s'agisse d'une
bande ou d'un groupe, le déplacement des individus d'un endroit à
un autre s'effectue à la queue leu leu, toujours par un vol très
bas, rasant même le sol ou la végétation. Cette manière
de faire, passent quasiment inaperçus, comme fondus dans les teintes de
la nature. Mais qui commande ce mouvement du groupe de treize oiseaux, justement
celui qui avait été élu territoire dans le parc d'une villa
de Billère ?
Le groupe avait pris possession des feuillages de deux lauriers situés
côte à côte. Un mâle (reconnaissableà son chant)
est isolé à une vingtaine de mètres sur un noisetier. Depuis
l'un des lauriers, une femelle lui répond de temps à autre. Au bout
e cinq minutes, le même s'envole, traverse la route d'un vol bas et va se
poser, une centaine de mètres plus loin, dans des bambous délimitant
un jardin, lieu où il reprend son chant. La femelle répond à
nouveau, quitte le laurier et va se poser sur le noisetier où se trouvait
le mâle peu avant, bientôt rejointe par les autres oiseaux du groupe.
Enfin, elle s'envole et retrouve le mâle dans les bambous. Dans les trente
secondes qui suivent tous les autres léiothrix, un par un, suivent le même
chemin.
Il semblerait donc que la mouvance d'un groupe ou d'une bande soit déterminée
par la décision d'un meneur, dans ce cas présent un mâle.
Le braconnage
Nous restons vigilants par
rapport à cette menace et réitérons notre avis de "dénonciation"
de braconnage avéré, enjoignant tout témoin de poseur de
pièges ou filets de nous en faire part.
Etude de la LPO
L'espèce est inscrite en catégorie C par le Comité de l'Avifaune
Française (CAF).
La Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) mène une enquête nationale
sur les espèces d'oiseaux « envahissantes » en France, afin
de savoir si elles posent ou peuvent potentiellement poser un problème
à l'avifaune autochtone, comme c'est le cas de l'Ibis sacré (Threskiornis
aethiopica) ou l'Erismature rousse (Oxyura jamaicensis). Le Léiothrix jaune
fait partie des espèces suivies.
Plus d'informations sur cette étude sur : www.lpo.fr/enquetes/envahissantes.shtml.
Le GEOB et la revue
Marie-Blanque
 |
| Le
logo du G.E.O.B. (Groupe d'Etudes Ornithologiques Béarnaises) |
Le G.E.O.B. (Groupe d'Etudes
Ornithologiques Béarnaises) :
- étudie l'avifaune béarnaise, anime, expose, publie
- participe au réseau "Grues France", au plan de restauration
national du Vautour percnoptère, à l'atlas des osieaux nicheurs
d'Aquitaine
Adresse du siège social : Maison de la Nature et de l'Environnement - domaine
de Sers - 64000 PAU. Tél : 06.87.42.93.72 - E-mail : Michel.Chalvet@justice.fr
Adhésion : 46 euros, et 20 euros pour les étudiants, rmistes, chômeurs,
emploi jeunes, Smic.
Le GEOB publie la revue la Marie-Blanque, vendue 5 euros + frais de port.
A découvrir
Le blog de Serge Raoult sur les oiseaux du Béarn, et notamment sur le Percnopète
d'Egypte : blog.ifrance.com/gypaete64/2
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Voyage / Observations ou par e-mail à david.bismuth@ornithomedia.com.