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  L'île d'Hoedic

Par Arnaud Le Nevé


Situation de l'île d'Hoedic (Morbihan)
Situation de l'île d'Hoedic (Morbihan)

Après l'île d'Ouessant, de Sein, l'île d'Hoedic, dans le Morbihan, est la moins connue des îles bretonnes pour l'observation des oiseaux rares au printemps et en automne.
Pourtant, des espèces remarquables y ont déjà été vues, comme le Traquet du désert (Oenanthe deserti) ou la Bergeronnette citrine (Motacilla citreola), ou encore la Grive dorée (Zoothera dauma), avec un oiseau découvert et bagué le 27 octobre 2006.
Malgré sa petite taille, elle remplit une fonction de "refuge" en pleine mer (elle est située à près de 15 km de la côte), et ses milieux naturels sont variés, ce qui est favorable au stationnement des migrateurs.
Depuis 2002, deux synthèses annuelles ont été publiées et sont disponibles en format pdf sur simple demande auprès d'Arnaud Le Nevé (arnaud.le-neve@wanadoo.fr), l'auteur de cet article. Une troisième est en préparation. Si vous vous rendez sur Hoëdic et que vous souhaitez communiquer vos observations, vous pouvez les envoyer à cette adresse. Elles seront prises en compte dans les synthèses annuelles, leurs auteurs cités et Arnaud Le Nevé se chargera également de les transmettre au groupe ornithologique breton.
Nous remercions aussi chaleureusement Marc Fasol (marc.fasol@swing.be) qui nous a aidé à illustrer cet article.



Abstract

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http://www.jardin-bio.com

Hoëdic means "duckling" in the Briton language. This small island (about 200 hectares) is situated at 15,5 km off the Southern coast of Brittany (Morbihan), France.
It is a relatively flat island, with a peak reaching 22 meters.
It has different habitats (dunes, beaches, rocky shores, reedbeds, grasslands, and gardens around the village of Hoëdic) sheltering a rich biodiversity with many protected plants, two species of lizards, three of amphibians.
In the 1970s were discovered the first rare birds (Rufous-tailed Scrub-Robin and Egyptian Vulture). But it is only with the installation of two ringing camps (in Spring and Autumn) every year since 1980's that birders have discovered the real potential of "gags factory" of Hoedic, with for example the discovery of a White's Thrush in October 2006 !
Arnaud Le Nevé (arnaud.le-neve@wanadoo.fr), who realizes birding synthesises concerning the island (don't forget to send him your observations !), proposes us a presentation of Hoëdic.
We have also prepared a map of the island to help you discovering this beautiful spot.


L'île d'Hoëdic

Voir notre carte de l'île d'Hoëdic.

Des milieux variés

Côte sud d'Hoëdic
L'estran d'Hoëdic (ici sur la côte sud) est l'un des mieux préservé de Bretagne
Photo : Marc Fasol

Hoëdic, qui signifie "le caneton" en Breton. Elle est assez éloignée du continent puisqu'elle se situe à 15,5 km de la côte la plus proche. Elle est de petite taille (environ 200 hectares) et fait 3 km de long sur 1,5 km de large.
Son relief est relativement bas avec un point culminant qui atteint 22 m. Malgré cela, ses milieux naturels sont variés. Elle bénéficie ainsi de vastes surfaces dunaires, quelques côtes rocheuses escarpées, de nombreuses plages, un vaste estran qui est l'un des plus préservé de Bretagne pour sa faune et sa flore.

Le marais
Vue du marais d'Hoëdic
Photo : Arnaud Le Nevé

Elle a la chance d'abriter quelques zones humides, dont une roselière de 9 ha. Elle abrite également des landes à ajoncs et pruneliers, une prairie pâturée par des chevaux et quelques prairies fauchées périodiquement par la commune. Globalement, l'île bénéficie d'une riche biodiversité avec de nombreuses espèces de plantes protégées au niveau national, deux espèces de lézards (mais il n'y a pas de serpents), trois espèces d'amphibiens…
Hoëdic était surnommée l'île chauve après guerre en raison de l'absence totale d'arbres. Ce n'est plus le cas aujourd'hui, tant les tamaris, peupliers, cyprès et autres espèces d'ornement se sont développés autour de la roselière et dans les jardins du village.
Le village se trouve sur une hauteur au centre de l'île. Il est entouré de jardins, essentiellement en allant vers le sud.

Informations pratiques

Village d'Hoëdic
Vue du village d'Hoëdic depuis le Fort
Photo : Arnaud Le Nevé

Il n'y a de voiture sur Hoëdic et les vélos ne sont pas nécessaires en raison de la petite taille de l'île.
Pour se loger, il existe trois possibilités : l'hôtel, les gîtes communaux (téléphonez à la mairie au 02 97 52 48 88) et le gîte d'étape du Fort ouvert d'avril à octobre inclus (tél. gîte d'étape : 02 97 52 48 82).
Il y a un petit supermarché, une boulangerie, des cabines téléphoniques (mais les portables passent), deux restaurants (en comptant celui de l'hôtel), une crêperie (ouverture saisonnière).
Il y a aussi la possibilité d'acheter du poisson directement aux pêcheurs au port de l'Argol, en général en fin de matinée.
On ne peut pas retirer d'argent liquide sur place.
Il y a également une poste et une école primaire. Enfin le plus important est qu'il y a trois bistrots ...
Bref, une excellent destination alliant détente et ornithologie.

Une longue histoire de suivi ornitho

Pointe ouest
La côte (ici la Pointe ouest de l'île) est favorable au Grand Corbeau (Corvus corax) qui ne niche sur Hoëdic, mais sur Belle-Ile
Photo : Marc Fasol

Les premières informations sur l'avifaune de l'île remontent à 1825, avec la reproduction du Grand Corbeau (Corvus corax) rapportée par Jean-Marie Bachelot de la Pylaie, et qui depuis diparu (Arnaud le Névé).
A la fin du XIXème et au début du XXème du siècle, Louis Bureau, Georges et Rogastien Levesque découvrent l'importance des parages de l'île pour la Mouette de Sabine (Larus sabinii) en halte migratoire post-nuptiale.
En 1927, Edouard Lebeurier y fait une visite d'où il rapporte l'unique cas de reproduction de la Pie-grièche écorcheur (Lanius collurio).
A partir des années 1960, Stanislas Kowalski, accompagné d'autres ornithologues du Muséum d'Histoire Naturel de Nantes, et le groupe Ar Vran fraîchement constitué, visitent l'île presque annuellement.
Dans les années 1970, ces visites s'intensifient quelque peu et les premiers recensements précis sur l'avifaune de l'île sont publiés.
A la fin des années 1970, le baguage débute. C'est aussi dans les années 1970 que les premiers oiseaux rares sont découverts (Agrobate roux, Percnoptère d'Égypte).
Mais ce n'est véritablement qu'au cours des années 1980, à l'initiative d'ornithologues morbihannais, que le suivi ornithologique de l'île prend son essor, grâce à l'installation de camps de baguage en automne et au printemps presque chaque année, mais aussi grâce aux premiers ornithologues à la recherche d'oiseaux rares et au suivi en toute saison pratiqué par des résidents secondaires ornithologues.

Fauvette pitchou (Sylvia undata)
La Fauvette pitchou (Sylvia undata) est résidente dans la lande à ajoncs d'Hoëdic
Photo : Marc Fasol

Ces suivis de long terme fournissent nombre d'informations précieuses sur l'évolution de l'avifaune nicheuse. Ainsi, depuis les années 1960-1970 jusqu'à aujourd'hui, l'île a perdu quasiment toutes ses espèces de milieux ouverts : le Grand Gravelot (Charadrius hiaticula), l'Alouette calandrelle (Calandrella brachydactyla), l'Alouette des champs (Alauda arvensis), la Bergeronnette printanière (Motacilla flava), le Traquet motteux (Oenanthe oenanthe), le Tarier pâtre (Saxila torquata), le Bruant zizi (Emberiza cirlus), le Bruant proyer (Milaria calandra) ... et certaines de zones humides comme le Busard des roseaux (Circus aeruginosus) et la Sarcelle d'été (Anas querquedula)... D'autres ont fait leur apparition : le Pinson des arbres (Fringilla coelebs), le Rougegorge familier (Erithacus rubecula), la Mésange à longue queue (Aegithalos caudatus), avec une reproduction récente, l'Epervier d'Europe (Accipiter nisus).
Certaines espèces d'oiseaux de mer ont également disparu, telles que les Sternes pierregarin (Sterna hirundo) et de Dougall (Sterna dougalli), ainsi que le Macareux moine (Fratercula arctica) qui nichaient sur des rochers alentours. Ainsi, globalement, le peuplement d'oiseaux nicheurs s'est appauvri en quantité (moins d'espèces) et en qualité (disparition des espèces d'intérêt patrimonial et apparition d'espèces banales des parcs et jardins).

Les raretés

Grive dorée (Zoothera dauma)
Une Grive dorée (Zoothera dauma) a été capturée sur l'île d'Hoëdic le 27 octobre 2006
Photo : Jean-Pierre Jordan

Pour l'ornithologue de passage, l'île n'en reste pas moins un haut lieu de suivi de la migration, avec une forte diversité d'espèces et des contrastes saisissants. Il est ainsi possible d'observer dans la même journée d'automne (octobre) des oiseaux pélagiques (océanites et puffins) et des petits passereaux venus de la lointaine Sibérie, comme le Pouillot à grands sourcils (Phylloscopus inornatus) et le Gobemouche nain (Ficedula parva).
A noter la découverte remarquable d'une Grive dorée (Zoothera dauma) découverte et baguée le 27 octobre 2006 (J.-P. Jordan et al).
Un week-end de janvier peut vous réserver (NDLR : avec pas mal de chance quand même !) un Traquet du désert (Oenanthe deserti) à côté d'un Goéland bourgmestre (Larus glaucoides), sur "fond" de Grèbe esclavon (Podiceps auritus), tandis qu'une journée de septembre peut vous réserver des surprises orientales, comme une Buse féroce (Buteo rufinus) ou un Etourneau roselin (Sturnus roseus) ...

Ajoncs
Les migrateurs pourront se réfugier dans les arbres et buissons d'ajoncs autour du village d'Hoëdic
Photo : Arnaud Le Nevé

Le Pouillot siffleur (Phylloscopus sibilatrix) de passage au mois de mai peut se rencontrer dans la végétation du haut de plage, tandis que le Moineau friquet (Passer montanus) et la Mésange huppée (Parus cristatus) n'ont jamais été observés.
Le Bruant jaune (Emberiza citrinella) y est plus rare que le Bruant nain (Emberiza pusilla) !
Il n'y a pas véritablement d'endroits plus favorables pour telle ou telle espèce : l'île est petite, et les oiseaux n'ont en général pas d'autres choix que de fréquenter les quelques habitats qui conviennent le mieux à leurs exigences.
A la fin 2006, 289 espèces différentes ont déjà été observées sur l'île.

Bergeronnette citrine (Motacilla citreola) Bergeronnette citrine (Motacilla citreola), Hoëdic
Photo : Arnaud Le Nevé
Plage d'Hoëdic Une des belles plages sauvages d'Hoëdic
Photo : Marc Fasol
Port d'Hoëdic Vue du port d'Hoëdic : des oiseaux marins peuvent s'y réfugier ...
Photo : Marc Fasol
Aigrettes garzettes (Egretta garzetta)
Aigrettes garzettes (Egretta garzetta), Hoëdic (Morbihan)
Photo : Marc Fasol

Contacts

- Transmettez vos observations à Arnaud Le Nevé (arnaud.le-neve@wanadoo.fr)
- Marc Fasol a séjourné sur l'île durant l'automne 2006 : marc.fasol@swing.be


Réagir à cet article par e-mail à david.bismuth@ornithomedia.com ou sur notre forum Voyages.

    
 




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