Un spot qui va monter, monter ...
| Situation du Domaine Régional du Grand-Voyeux (77) |
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Les gravières installées dans les vallées alluviales des grandes rivières comme l'Oise, la Seine ou la Marne, sont souvent responsables d'une dégradation des milieux naturels originaux (prairies humides inondables, ripisylves, ...). Mais parfois, il est possible de réhabiliter ces zones anthropisées, en favorisant le retour des espèces animales et végétales.
C'est le cas de l'expérience menée dans L'Espace Naturel Régional du Grand-Voyeux qui se trouve en Seine-et-Marne, dans un méandre de la Marne, sur la commune de Congis-sur-Thérouanne.
Ce secteur a été exploité en carrière de sable et de graviers dès 1973.
Progressivement, la nature a recolonisé l'espace libéré par l'abandon de l'activité, et en 1995, lors d'une enquête publique relative à l'extension des carrières, un habitant de Congis-sur-Thérouanne a déposé un projet d'aménagement et de réhabilitation de cette zone humide de 242 hectares, pour préserver la flore, et notamment les roselières, et la faune (oiseaux, mammifères, batraciens, insectes) avec une attention particulière pour les oiseaux migrateurs et sédentaires.
Et le résultat est remarquable, avec par exemple l'installation du Blongios nain et de la Gorgebleue à miroir comme nicheurs.'espace est suivi par l'association de Aven du Grand-Voyeux (site web: http://grand-voyeux.fr/), qui y organise des visites guidées, l'accès étant réglementé.
Après une présentation du site et de ses richesses ornithologiques, nous vous proposons dans cet article une interview des personnes impliquées dans la réhabilitation et le suivi.
Abstract
The sandpits installed along the rivers are often responsible for the destruction of natural habitats such as flooded grasslands and riparian forests. But sometimes, the nature can be restaured, at least partially. This is the case of the Espace Naturel Régional du Grand-Voyeux, Seine-et-Marne, east of Paris, along the Marne River, near Congis-sur-Thérouanne.
Exploited in 1973, it has progressively been abandonned, allowing the nature to come back. In 1995, a project of rehabilitation has been launched. ten years later; the results are incredible, with for example the installation of the Little Bittern and the Bluethroat as breeders.
The association Aven du Grand-Voyeux (website: http://grand-voyeux.fr/) manages and follows the site, and proposes birding tours (as the access is limited to the Public).
After a presentation of the area and the birds that can be watched during the year, we propose you an interview of the concerned people by the rehabilitation and by the study of birds.
Présentation du Domaine Régional du Grand-Voyeux
Introduction
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Le site du Grand-Voyeux quand il était en activité
Source : Aven du Grand-Voyeux |
Ancienne terre agricole (l'une des parcelles s'appelle "Les Pâtis", ce qui témoigne de l'existence ancienne de prés et de pâtures).
L'Espace naturel Régional du Grand-Voyeux a été exploité en carrière dès 1973: le sous-sol, composé d'alluvions, contient une grande quantité de sable et de gravier.
Progressivement, les secteurs exploités par les carriers sont abandonnés, et la nature recolonise l'espace ainsi libéré. Le creusement des carrières a créé des étangs, accentuant ainsi la vocation de zone humide de ce secteur de la vallée de la Marne.
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Une grande roselière s'est développée sur le site du Grand-Voyeux
Source : Aven du Grand-Voyeux |
En 1995, lors d'une enquête publique relative à l'extension des carrières, un habitant de Congis-sur-Thérouanne a déposé un projet d'aménagement et de réhabilitation de cette zone humide de 242 hectares, pour préserver la flore, et notamment les roselières, et la faune (oiseaux, mammifères, batraciens, insectes) avec une attention particulière pour les oiseaux migrateurs et sédentaires.
L'Espace naturel régional du Grand-Voyeux n'est pas accessible au public car l'exploitation des carrières n'est pas terminée (fin de la concession courant 2004). Mais l'objectif est d'ouvrir un grand chemin de découverte en libre accès en 2005.
Cependant, des visites guidées sont dès à présent organisées sur rendez-vous.
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Deux observatoires ont été installés au Grand-Voyeux
Source : Aven du Grand-Voyeux |
Elles sont assurées par l'AVEN du Grand-Voyeux (grandvoyeux.free.fr) qui, par convention, a la responsabilité d'organiser ces sorties.
Deux observatoires ont déjà été construits et permettent aux visiteurs "de voir sans être vus" le ballet des oiseaux sur et au-dessus des étangs, dans de très bonnes conditions.
Un partenariat entre associations, collectivités locales et institutions scientifiques
Accepté par le commissaire enquêteur, le projet l'est ensuite par la municipalité de Congis-sur-Thérouanne et, rapidement, il est soutenu par le Conseil régional d'Ile-de-France, le Conseil général de Seine-et-Marne et la Communauté de communes des Pays de l'Ourcq.
De leur côté, les sociétés de granulats présentes sur le site, Capoulade et Morillon-Corvol, acceptent ce projet.
L'association pour la valorisation des espaces nature (AVEN) du Grand-Voyeux est créée en 1996 et se charge de faire connaître la potentialité de ces milieux et la richesse avifaunistique.
Puis, en 1999, l'Agence des espaces verts de la Région Ile-de-France devient le maître d'ouvrage du projet et dirige les opérations d'acquisitions foncières et d'aménagement du site.
Toutes les structures déjà citées deviennent les partenaires du projet et participent aux différents financements avec l'Agence de l'Eau Seine-Normandie.
D'autres partenaires, comme la DIREN, le Muséum d'histoire naturelle ou le Centre Ornithologique de la région Ile-de-France contribuent à la réussite du projet, par l'apport de leurs connaissances scientifiques.
Des étangs alimentés par les eaux souterraines
Le sous-sol du Grand-Voyeux est composé d'alluvions, c'est-à-dire essentiellement de sable et de gravier.
Les alluvions sont perméables, elles permettent donc la circulation de l'eau de la nappe souterraine de la Marne (nappe alluviale).
Il existe aussi une nappe perchée (plateau du multien) qui alimente les plans d'eau les plus éloignés de la rivière.
Ces alimentations en eaux souterraines sont capitales pour l'intérêt des milieux humides reconstitués.
Une situation favorable
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Le site du Grand-Voyeux est situé sur une voie de migration importante, le long de la Marne, et parfois des migrateurs inattendus pour la région parisienne peuvent y être observés, comme ce Tournepierre à collier (Arenaria interpres)
Photo : Aven du Grand-Voyeux |
La vallée de la Marne constitue une voie de migration suivie par les oiseaux venus de l'est et du nord de l'Europe ou, au printemps, d'Afrique. C'est une des raisons qui explique l'extraordinaire diversité de l'avifaune observée sur le site.
Parmi les oiseaux de passage, certains trouveront le site à leur goût et tenteront de s'y reproduire.
Ces déplacements favorisent l'accroissement de la diversité biologique : les oiseaux transportent parfois sur leurs pattes des oeufs et des graines qu'ils déposent sur le site.
Accès
Carte des environs du Domaine Régional du Grand-Voyeux, en Seine-et-Marne, dans une boucle de la Marne
Carte : Ornithomedia.com |
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Depuis Paris, prendre l'autoroute A4 à Porte de Bercy, direction Metz, Nancy. Sortie à Meaux (ou prendre la RN3 à Pantin direction Meaux).
A Meaux, prendre la direction de Soissons (D405).
A Varreddes, prendre la direction Congis-sur-Thérouanne.
A Congis, prendre la direction Isles-les-Meldeuses.
A la sortie de Congis (300 m plus loin), prendre à droite le chemin en gravillons.
L'entrée de l'Espace Naturel Régional est fermée par une grille.
Rendez-vous place de la Mairie à Congis.
Tous les contacts sont disponibles sur le site de l'association : grandvoyeux.free.fr.
La végétation
La flore actuellement présente au Grand-Voyeux s'est installée spontanément, sur les sols bouleversés par le travail du carrier. Une mosaïque de milieux constitués d'une végétation diversifiée
s'est mise en place :
- Les anciens bassins de décantation abandonnés depuis plusieurs années, offrent un sol meuble, constitué de particules très fines d'argile ou de limon. Les grands hélophytes, comme le roseau Phragmites australis, forment des peuplements denses : c'est la grande roselière. Année après année, les tiges et feuilles mortes des roseaux s'accumulent et tendent à assécher la roselière: les saules s'installent alors, préfigurant une évolution vers des milieux forestiers.
- Les sols abandonnés récemment, sur des surfaces plates, proches de la surface de l'eau et noyés une partie de l'année (les grèves) présentent une végétation dite pionnière assez originale : les Bidens, une plante dont les fleurs ressemblent aux marguerites, mais sans les (faux) "pétales" blancs, sont caractéristiques de ces formations végétales. On trouve également des plantes originales comme l'Eleocharis aiguille Eleocharis acicularis, une espèce rare qui forme une sorte de gazon très fin, et le Souchet brun Cyperus fuscus cousin des papyrus. En l'absence d'intervention humaine, cette végétation pionnière sera progressivement remplacée par les roseaux et les saules.
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Utriculaire (Utricularia vulgaris)
Photo : Aven du Grand-Voyeux |
- Sous la surface de l'eau, une végétation spécifique s'est installée : ce sont les herbiers aquatiques, où vivent de très nombreux petits animaux (insectes, comme les larves de libellules et autres dytiques, escargots d'eau comme les Limnées, larves d'amphibiens comme les têtards...). On y trouve des plantes comme les Myriophylles et les Renoncules aquatiques, et, plus originale, l'Utriculaire Utricularia vulgaris qui s'est beaucoup développée ces dernières années et dont la particularité est d'être carnivore (elle se nourrit de très petits organismes comme les daphnies).
- Les sols plus hauts, jamais noyés ou seulement très ponctuellement en hiver, sont d'abord colonisés par une végétation discontinue, avant d'évoluer vers des milieux comme des prairies ou des friches. En l'absence d'intervention humaine, ces prairies ou friches évolueront à leur tour vers la forêt de feuillus.
- Les boisements aux alentours au nord du site et le long de la Marne sont assez diversifiés : chênaie-charmaie, saules et aulnes lorsque les sols sont plus humides, fruticées à aubépines et prunelliers, peupleraie artificielle.