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Questions aux candidats aux Présidentielles
2007 : P. De Villiers |
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Le Président du MPF répond à nos questions
Dans le cadre
des prochaines élections présidentielles françaises de 2007,
Ornithomedia.com a décidé d'envoyer aux différents candidats
une série de questions concernant leur position sur la protection des oiseaux
et de leurs habitats.
Philippe de Villiers, Président du Mouvement pour la France (www.pourlafrance.fr),
est le premier à répondre à nos questions.
Abstract
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Ornithomedia.com
has decided to send to the different candidates for the 2007 French Presidential
elections diffreent questions to know their positions about the protection of
birds and their habitats.
The first to answer to these questions is Philippe
de Villiers, President of the Mouvement pour la France
(www.pourlafrance.fr),
a right-wing party.
L'interview
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Philippe de
Villiers, Président du MPF
Source : MPF |
1- En France, la chasse
est un sujet délicat. Vous êtes favorable au retour aux "dates traditionnelles
d'ouverture de la chasse" : ne pensez-vous pas que cela risque de réouvrir les
éternelles querelles entre (certains) chasseurs et leurs opposants ?
Ne pensez-vous pas que la gestion des populations d'oiseaux est typiquement un
problème européen (migrations), qui doit être géré en dehors du seul cadre national?
Philippe de Villiers: L'argument des migrations n'est pas convaincant :
si les chasseurs d'un pays avaient la mauvaise idée, une année, de tuer tous les
oiseaux migrateurs, ils n'en auraient plus l'année suivante. En réalité, migrations
ou pas, les chasseurs sensés doivent être économes de la nature, et leurs associations
sont parfaitement conscientes, et depuis longtemps, de cette exigence. L'objectif
de préserver la nature et d'arrêter la dégradation de la biodiversité - qui sont
d'ailleurs partagées aussi bien au niveau national qu'au niveau européen - ne
sont pas contradictoires avec l'activité de la chasse, qui permet de gérer la
faune sauvage et notamment le grand gibier : la chasse permet en effet non seulement
de réguler mais aussi, grâce à un réseau d'acteurs locaux responsables, de protéger
et de renouveler les populations, ce qui est conforme à l'intérêt bien compris
des chasseurs. Dans ce contexte, il faut bien reconnaître que les populations
d'animaux sauvages sont mieux gérées de près que de loin, et qu'il n'est pas raisonnable
de vouloir gérer depuis Bruxelles les dates de la chasse pour 27 pays membres.
2- Vous souhaitez également un retour aux "traditions" : n'estimez-vous pas
que certaines pratiques (chasse à l'ortolan, à la tenderie, à la glue, de nuit,
...), valables autrefois dans un environnement moins dégradé, doivent être stoppées
pour limiter les prélèvements ?
Philippe de Villiers : Bien entendu, "gérer la nature" signifie qu'on ne
peut pas tout faire tout le temps. Mais je pense qu'il faut laisser la gestion
des pratiques de chasse au niveau local en oeuvrant en concertation avec les chasseurs
et les fédérations départementales qui sont à même de gérer les espèces, c'est-à-dire
suivre et réglementer les prélèvements effectués.
3- Certaines espèces aquatiques (canards, limicoles, ...) souffrent déjà
de l'assèchement de zones humides (voir le cas du Marais Poitevin qui perd ses
prairies au profit du maïs) : estimez-vous qu'il serait raisonnable de revenir
à une période de chasse plus longue ?
Philippe de Villiers : Ici, vous posez plutôt la question de l'opportunité
des vastes cultures de maïs dans lesquelles les agriculteurs se sont lancés ces
dernières années sous l'impulsion, d'ailleurs, de subventions européennes. Le
gros rapport que l'INRA vient de publier sur le sujet (octobre 2006) conclut que
la monoculture du maïs, sous nos climats, hypothèque la pérennité des ressources
en eau. Belle découverte ! Il y a longtemps que les hommes de terrain le savent,
et il y a longtemps que je le dis en Vendée.
4- Toujours au niveau européen, la France s'est engagée dans le programme Natura
2000 concernant la désignation et la protection de zones naturelles d'intérêt
communautaire : êtes-vous favorable à ce programme, et qu'en est-il au niveau
vendéen (où de nombreux sites sont désignés, comme le marais breton, l'île d'Yeu,
la plaine de Niort, ...) ?
Philippe de Villiers : L'idée de ce programme n'est pas absurde, mais encore
faudrait-il l'appliquer dans la concertation avec les habitants, et sans dogmatisme.
En particulier, il est ridicule de vouloir protéger la nature en expulsant l'homme,
alors que les deux doivent vivre en symbiose, et que l'homme aide la nature lorsqu'il
l'aménage et l'entretient intelligemment. Natura 2000, qui représente 115 000
hectares soit 17 % du territoire vendéen, ne doit pas conduire à la sanctuarisation
des milieux naturels.
5- La France est l'un des rares pays d'Europe où le plomb est encore utilisé pour
la chasse : souhaitez-vous une interdiction rapide et effective de son utilisation
?
Philippe de Villiers : Il est évident que nous devrons, comme nos voisins,
abandonner complètement l'utilisation de la grenaille de plomb, et pas seulement
dans les zones humides comme c'est le cas depuis juin dernier, afin de lutter
efficacement contre la mortalité des espèces par saturnisme. Ces réformes doivent
se réaliser en coopération avec les fédérations de chasseurs afin de leur permettre
de se préparer financièrement.
6- Dans votre programme, vous souhaitez que les "agriculteurs puissent vivre du
fruit de leur travail et non des primes" : souhaitez-vous donc une suppression
de la prime européenne à l'irrigation, qui est la cause de l'assèchement de nombreuses
prairies humides ? Souhaitez-vous en fait la suppression de toutes les primes
agricoles ?
Philippe de Villiers : Il faut savoir si l'on veut une agriculture protégée
par une préférence communautaire - qui seule permettra des règles strictes et
des prix rémunérateurs pour les agriculteurs - ou bien une agriculture immergée
dans un libre-échangisme mondial sans règles, avec des agriculteurs ne survivant
que sous la perfusion permanente des primes de Bruxelles. Mon choix est fait depuis
longtemps. Ce que je dénonce, c'est que l'on a instauré, sous l'impulsion de Bruxelles,
un système ultralibéral et soviétiforme dans lequel l'agriculteur est devenu un
"jardinier fonctionnarisé". La méthode des subventions découplées de la production
est tout à fait néfaste. Elle brise le lien entre le travail et le revenu, entre
l'effort et la récompense. Il est urgent de reconstruire la politique agricole
sur le modèle d'une agriculture durable. Les agriculteurs doivent redevenir des
entrepreneurs vivant des fruits de leur travail et rémunérés sur un marché par
des prix. Les seules primes légitimes dont ils doivent être les bénéficiaires
sont celles qui visent à compenser des handicaps spécifiques ainsi que toutes
les contraintes environnementales, sociales, sanitaires, de qualité et de sécurité
qui pèsent sur eux.
7- De nombreuses espèces autrefois communes (Alouette des champs, Outarde canepetière,
Pies-grièches, ..) disparaissent des campagnes suite à des pratiques agricoles
intensives ou défavorables : quelles mesures prendriez-vous pour endiguer ce déclin
?
Philippe de Villiers : Les agriculteurs sont eux aussi les victimes du
système agricole productiviste qui détruit la nature. J'y insiste : il faut des
règles de culture très strictes et très protectrices de la nature, mais ces règles
ne seront viables que dans une zone européenne protégée par la préférence communautaire.
Dans cette élection présidentielle, de nombreux candidats prétendent vouloir défendre
cette préférence communautaire, mais que font-ils entre deux élections ? Ils laissent
le champ libre à Bruxelles et à l'OMC qui ne rêvent que de libre-échangisme absolu.
Ils ont signé tous les accords désastreux, comme l'Uruguay Round, que je n'ai
cessé de dénoncer, et que j'ai pour ma part refusé de voter. C'est leur politique
que je veux changer.
8- Vous parlez dans votre programme de "mettre en place une politique de
prix rémunérateurs qui prendra en compte les contraintes environnementales, sociales
et sanitaires" : quelles différences avec le système actuel de primes ?
Philippe de Villiers : Tout simplement les prix rémunérateurs dont je parle
ne peuvent exister que dans le cadre d'une préférence communautaire puissante,
alors que le système actuel de primes prétend s'en passer, et s'immerger sans
dommage dans le libre-échangisme mondial. Dans ce contexte, des clivages profonds
et durables entre les pays sont apparus. On a d'un côté ceux qui entendent préserver
une agriculture forte, respectueuse de la nature et de la santé humaine, donc
soumise à des normes exigeantes, et sur laquelle prend appui une filière agroalimentaire
puissante. Pour moi, ce modèle agricole est une question d'identité et de sécurité,
mais également et surtout une question de souveraineté alimentaire.
D'un autre côté, on a de nombreux pays qui partagent une toute autre conception
de l'agriculture, une conception consumériste qui consiste à préférer s'approvisionner
aux prix les plus bas du marché mondial en produits qui ne sont pas soumis aux
règles de protection environnementales, sanitaires, sociales ou simplement de
qualité.
Face à cette dissymétrie des exigences s'imposant aux agriculteurs, il est nécessaire
de protéger notre marché intérieur contre le dumping social et environnemental
du marché mondial. A cette fin, il faut imposer aux produits importés le respect
des normes que nous avons fixées, et que nous fixerons demain, à nos propres producteurs.
Et parallèlement, il faut appliquer la préférence communautaire avec des prix
qui rémunèreront correctement la production en tenant compte des normes de santé,
de sécurité et de qualité que nous appliquons.
Le système de primes actuel, je le répète, est très pervers car il dissocie l'aide
publique de la production : c'est une doctrine de déresponsabilisation dangereuse
et précaire tant nos pays enregistrent aujourd'hui des déficits budgétaires records.
Et en plus, qui, demain, pourra assurer aux agriculteurs qu'ils recevront toujours
leurs primes ? Il faut donc bien mieux les responsabiliser et faire dépendre leurs
revenus de leurs productions.
9- Dans votre programme, il est écrit que vous souhaitez instaurer le principe
"pollueur-payeur" pour les pétroliers : avez-vous la même approche avec une certaine
agriculture responsable d'une grande partie de la pollution des eaux et des sols
?
Philippe de Villiers : Oui, sauf qu'en agriculture les pollutions ne sont
pas accidentelles, mais découlent des méthodes de production actuelles, qui sont
souvent contre-nature. Ce sont ces méthodes qu'il faut changer, ce qui entraînera
forcément un coût que le consommateur devra payer. Mais ce coût ne sera pas nécessairement
très élevé, car dans un produit alimentaire, la matière première représente aujourd'hui
un poids très faible, à côté de la transformation, de l'emballage, du transport
et de la commercialisation.
10- La Vendée possède de superbes côtes parfois menacées par l'urbanisation
: que pensez-vous de la loi littorale ? Devrait-elle être assouplie ?
Philippe de Villiers : La loi littorale joue un rôle crucial pour la protection
de nos côtes. Des milliers de kilomètres de côtes ont, grâce à elle, échappé au
bétonnage que la Vendée a parfois subi dans les années 60 et 70. Je ne vois aucune
raison de l'assouplir.
11- Dans votre programme, vous annoncez vouloir "stopper la réintroduction
d'espèces dangereuses comme l'ours ou le loup" : croyez-vous donc que le loup
a été réintroduit et n'est pas venu naturellement d'Italie ? Et le retour de ces
prédateurs n'est-il pas un point positif pour le développement du tourisme vert,
que vous mettez en avant dans votre programme ?
Philippe de Villiers : Des loups et des ours ont été réintroduits volontairement,
c'est un fait. Je n'ai toujours pas très bien compris ce que cela rapporte, y
compris du point de vue du tourisme. Le jour où des promeneurs se seront fait
déchiqueter par une ourse qui défendra ses petits qu'elle croira menacés, vous
verrez que tout le monde se plaindra à grands cris. Faire de nos territoires des
laboratoires d'expérimentation peut être très dangereux et je me demande quelquefois
si nos dirigeants parisiens ont bien conscience des attentes et des préoccupations
des zones rurales. Nos modes de vie actuels ne permettent plus la présence d'animaux
tels que l'ours ou le loup dans des zones où l'homme est de plus en plus présent.
De plus, il est parfaitement démagogique et illusoire de faire croire que l'introduction
à dose homéopathique de prédateurs va contribuer à l'équilibre écologique. Nos
agriculteurs et nos éleveurs de montagne ont travaillé, depuis bien longtemps,
pour la préservation de la diversité de nos paysages et de leur entretien. Il
faut leur rendre hommage et les encourager à poursuivre leurs efforts par des
aides généreuses plutôt que de leur rendre la vie plus difficile par des opérations
hasardeuses et coûteuses.
12- Vous êtes député de Vendée, un département riche en zones naturelles.
Quels sont les efforts récents ou à venir du conseil général pour la protection
des habitats naturels (marais, étangs, prairies humides, ..) ?
Philippe de Villiers : Nos efforts se déploient dans plusieurs directions.
Il faut tout d'abord mener une action de protection des espaces naturels sensibles.
Le Conseil général de la Vendée a acquis, protégé et ouvert au public plus de
2 100 hectares d'espaces naturels sensibles. Il dispose également de nombreuses
zones de préemption qui lui permettront de protéger demain de nouveaux secteurs
sensibles (16 000 hectares aujourd'hui, 16 200 hectares en 2007).
Enfin, il a créé les Contrats Environnement Littoraux (CEL) et les Contrats Environnement
Ruraux (CER) pour inciter les communes vendéennes à concilier la protection de
l'environnement et le développement urbain, économique et touristique. Le montant
des aides départementales dans le cadre d'un CEL s'élève tout de même à 600 000
euros. Mais il faut également développer une action de sensibilisation du jeune
public à la protection des habitats naturels. C'est à cette fin que des sites
départementaux tels que "La Cité des Oiseaux" aux Landes Génusson et la Réserve
départementale de Nalliers-Mouzeuil ont été ouverts au public afin d'offrir une
découverte exceptionnelle de la faune sauvage et de la flore des marais.
De même, a été créé le "Festival Vendée Nature" qui permet de découvrir les splendeurs
de la nature insolite. Enfin, le Conseil général est à l'origine d'une initiative
originale : l'Ecole Départementale du Patrimoine Historique et Naturel qui, depuis
sa création en 2000, a sensibilisé 40 000 élèves à la richesse et à la fragilité
de notre patrimoine naturel.
13- Que pensez-vous du fameux Protocole de Kyoto, que le gouvernement français
a signé mais qu'il ne respecte pas (les émissions de gaz à effet de serre ont
augmenté au lieu de diminuer) ?
Philippe de Villiers : Le protocole de Kyoto, qui vise à réduire les gaz
à effet de serre, doit être bien entendu respecté. Il faudra déployer davantage
d'efforts, qui seront sans doute coûteux, mais le réchauffement climatique nous
coûterait beaucoup plus cher à tous points de vue. La France n'est pas encore
au bon niveau, mais n'oublions pas, sans vouloir nous chercher des excuses, que
les Etats-Unis et la Chine font preuve d'une très grave insouciance à cet égard.
L'Europe doit être un exemple, et elle doit convaincre ses grands partenaires
de faire comme elle. C'est un enjeu essentiel.
14- Que pensez-vous plus généralement de la politique actuelle du gouvernement
en faveur de la protection de la nature ?
Philippe de Villiers : Je le trouve beaucoup trop faible, comme le montre
l'exemple de la politique agricole dont je viens de vous parler. Bien entendu,
il faut responsabiliser les citoyens et leur faire prendre conscience de l'épuisement
ou de la mise en danger de nos ressources naturelles. Mais les citoyens ne peuvent
pas trouver tout seuls la bonne solution quand tout le système de prix est faussé,
et que les prix indiquent de mauvaises directions. Les prix doivent intégrer tous
les "effets externes", les coûts collectifs non chiffrés de l'activité économique.
C'est au gouvernement d'y veiller.
15- Personnellement, vous êtes vous déjà intéressé ou avez-vous déjà observé
les oiseaux dans la nature ?
Philippe de Villiers : Je suis un homme du bocage, et j'ai bien sûr dans
ma jeunesse beaucoup aimé observer les oiseaux. Plus tard, j'ai personnellement
participé à tous les projets vendéens visant à la protection des espaces naturels
sensibles et à leur valorisation. J'ai suivi toutes les étapes de création des
réserves, me rendant régulièrement sur le terrain avec des professionnels et des
spécialistes de la faune et de la flore pour recueillir toutes leurs préoccupations
et leurs attentes. Ils m'ont fait découvrir, avec passion, des espèces de toutes
sortes et des secrets enfouis au coeur de la nature poitevine. Ils ont approfondi
mon contact avec les splendeurs de notre patrimoine écologique, et c'est avec
un plaisir renouvelé que j'admire les oiseaux que je rencontre au fil de mes promenades.
Merci, Monsieur De Villiers,
d'avoir répondu à nos questions.
Contact
Pour découvrir directement le programme du Mouvement pour la France, vous
pouvez visiter le site web www.pourlafrance.fr.
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conservation
ou par e-mail à david.bismuth@ornithomedia.com.
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