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Un évènement exceptionnel
| Situation du
Manas National Park, où a été redécouvert en juin
2006 le Perdicule du Manipur |
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Décidemment, l'Inde
est à l'honneur dans le monde de l'ornithologie : après q'un Garrulaxe
(Liocichla sp.) non encore décrit pour la science ait été
photographié pour la première fois en avril 2006 dans l'état
de l'Arunachal Pradesh (Inde) (lire Un
nouveau Garrulaxe photographié pour la première fois!), un ornithologue
confirmé, Anwaruddin Choudhury, a annoncé avoir redécouvert,
75 ans après la dernière donnée confirmée, un Perdicule
de Manipur (Perdicula manipurensis) dans le parc national de Manas situé
dans l'état de l'Assam.
Le mystérieux
et rarissime petit oiseau, proche de nos cailles, a été vu posé
et en vol lors d'une visite d'une équipe de l'Embankment & Drainage
Department devant réaliser des travaux dans la zone.
Abstract
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The 5th of June 2006, Mr Choudhury,
an Indian wildlife enthusiast claimed to have sighted a nearly extinct bird, Manipur
Bush-quail - the first sighting in 75 years - at a wildlife sanctuary in Assam.
Choudhury, the district magistrate of Baska in western Assam and an avid bird
watcher and wildlife expert, said he spotted the Manipur Bush-quail at the 500
sq km Manas National Park earlier this month while on an official visit.
The Manipur Bush-quail, one of the world's most endangered birds listed in the
Red Data Book of the International Union for Conservation of Nature (IUCN), was
sighted last around 1932 by an Indian Civil Service officer and ornithologist
J.C. Higgins in Manipur. "It was like a flash when the bird appeared in front
of our jeep and soon vanished inside the thick undergrowth,' Choudhury said.
The Manipur Bush-quail,
measuring about 25 cm, was first discovered by Allan Octavian Hume, a Scottish
civil servant, in 1880 in the hills of Manipur.
According to the IUCN,
the Manipur Bush-quail is endemic to northern West Bengal, Assam, Nagaland, Manipur
and Meghalaya. Its range previously extended to Bangladesh.
The Manipur Bush-quail
inhabits damp grassland, particularly tall grass, and sometimes bogs and swamps,
and even the foothills. According to records, it was generally sighted in small
groups of four to 12, and was shy, reluctant to fly and extremely difficult to
observe, although coveys were occasionally seen feeding in the open on recently
burnt ground.
La redécouverte du Perdicule de Manipur
Les circonstances de la découverte
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Un
Perdicule de Manipur (Perdicula manipurensis) a été revu dans une
prairie du parc national de Manas
Photo : Sumit K. Sen / www.kolkatabirds.com |
Le 6 juin 2006 juin, l'Embankment
& Drainage Department devait entreprendre des travaux d'ingénierie
dans et autour du Parc National de Manas, dans l'état indien de l'Assam.
L'équipe était accompagnée d'un ornithologue réputé,
le Député régional et Magistrat Anwaruddin Choudhury, venu
inspecter les travaux. Comme l'accès au parc est notoirement difficile
durant la saison des moussons, cette inspection a constitué pour lui une
opportunité de pénétrer dans le secteur à cette saison.
Voici ce que rapporte Mr Choudhury : "nous conduisions très lentement,
étant donné que la route était quasiment invisible, entièrement
envahie par de hautes herbes. A 14h30, une caille s'est envolé devant notre
véhicule et s'est posée à environ 15 mètres de nous,
dans l'herbe, au milieu de la route. Je connais bien les cailles, turnix et râles
de l'Assam, mais la taille supérieure de cet oiseau et sa couleur plutôt
gris sombre m'ont étonné. Il s'est envolé et a volé
sur 15 mètres, confirmant mon identification : un Perdicule de Manipu!
Il a atterri sur une petite zone dégagée, et il s'y est arrêté
trois à quatre secondes, me permettant de le voir de côté
et de relever le contraste entre le gris et le beige. Je n'ai pas pu étudier
le pattern de la tête pour déterminer son sexe.
J'ai été très excité par mon observation, mais également
déçu de ne pas avoir pu le photographier tant qu'il était
immobile; malheureusement, il a rapidement disparu dans des herbes de plus de
trois mètres de haut".
En dépit de recherches le long de la piste dans l'après-midi, aucun
autre perdicule n'a été vu, et des visites dans le secteur ne seront
pas possibles pendant quatre mois en raison de la mousson. Mr Choudhury retournera
donc dans la zone en octobre. Etant donné le bon état de conservation
de la zone et l'absence de menaces de chasse, il est confiant sur la survie d'une
population dans le parc.
Une espèce que
l'on croyait disparue
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Perdicules
de Manipur (Perdicula manipurensis) : A- Mâle, B- Femelle
Dessin : Ornithomedia.com |
L'espèce a été
décrite pour la première fois en 1880 par l'écossais Allan
Octavian Hume.
Le dernier perdicule vu l'a été à Mornoi, Goalpara, où
des individus ont été capturés pour alimenter diverses collections
entre 1905 et 1907.
La dernière donnée confirmée date "d'avant 1932 "
dans la Vallée de Manipur, selon l'ornithologue J.-C. Higgins, bien que
des observations non confirmées aient été rapportées
en 1998 et 2004.
L'espèce mesurait 25 cm de long, et était probablement sédentaire.
Elle habitait les prairies humides où poussent de hautes herbes, et parfois
aussi dans les marais, du niveau de la mer jusqu'à 1 000 m d'altitude.
Elle se nourrissait de graines.
L'historique des données indique que le perdicule était généralement
observé en petits groupes de 4 à 12 individus, et qu'il était
timide, volait peu et était extrêmement difficile à observer,
bien que des groupes ont été vus de temps en temps s'alimentant
au sol dans des zones récemment brûlées.
Les quelques observations disponibles indiquent qu'il nichait entre janvier et
mai.
L'espèce était autrefois répandu dans l'est de l'Inde (états
du Bengale occidental, de l'Assam, du Nagaland, de Manipur et de Meghalaya) et
sur le territoire actuel du Bangladesh.
Un évènement exceptionnel
Pour les spécialistes, cette observation est l'évènement
ornithologique indien majeur de ces dernières années. Pour Ed Parnell,
de BirdLife International, "cette nouvelle est excellente, et elle redonne
de l'espoir pour l'Ophrysie de l'Himalaya, qui n'a pas été vue depuis
1876".
La menace majeure qui pèse sur l'espèce est le drainage et la destruction
de son habitat de prairie. Beaucoup de secteurs favorables ont été
détruits ou fragmentés du fait de la croissance démographique
humaine de la région. Le Parc National de Manas et la réserve forestière
adjacente conservent les vestiges de l'habitat de l'espèce les mieux conservés
de l'Assam.
Le parc national de Manas
Cette zone protégée de 39 200 ha a été créée
en 1928, d'abord en tant que réserve forestière. Elle a été
transformée ensuite en "réserve pour tigres" en 1973.
Le parc est situé sur les conterforts de l'Himalaya boutanais. Il est recouvert
de forêts sur 2840 km² accueillant des mammifères menacés,
dont le Panda rouge.
Le long de la rivière Manas s'étendent des ripisylves, des prairies
couvertes de hautes herbes et des zones humides, domaines entre autres de l'Eléphant
indien, du Gaur et du Rhinocéros unicorne.
l'aéroport de Guwahati est situé à 70 km, et la station de
chemin de fer Barpeta Road est à 40 km.
Sites web
-
www.indianwildlifeportal.com/national-parks/manas-national-park.html
-
www.kolkatabirds.com/manas/manas.htm
Sources
Birdlife International,
BBC, www.newkerala.com,
indiaenews.com,
www.kolkatabirds.com
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