Les risques au Maroc
Lahcen Chillasse (chillasse@yahoo.fr), du Groupe de Recherche pour la Protection des Oiseaux au Maroc (GREPOM), a réagi à notre article sur la réintroduction de l'Ibis chauve en Andalousie en nous envoyant la précision ci-dessous :
Le lâcher d'Ibis chauves en Andalousie peut poser des problèmes pour les populations naturelles vivant au Maroc, et plusieurs d'entre eux ont d'ores et déjà atteints ce pays.
Depuis des années (1996), les biologistes marocains ont constaté à plusieurs reprises la présence d'ibis "espagnols" sur le territoire marocain. Dernièrement (2006), deux individus bagués équipés d'un émetteur ont été signalés dans la région du Moyen-Atlas (Lac Afennourir); leur identité a été confirmée par les biologistes espagnols.
Il existe des risques de contamination génétique, voire de stérilité, lors de la rencontre d'oiseaux issus de tels élevages avec une population naturelle menacée.
Vous pouvez réagir à cette remarque sur nos forums ou bien directement à Lahcen Chillasse (chillasse@yahoo.fr).
Lahcen Chillasse nous a en outre joint les photos ci-dessous d'un individu orignaire d'Andalousie et retrouvé récemment (2006) dans le Moyen-Atlas.
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Ibis chauve (Geronticus eremita) issu du Proyecto Eremita, Moyen-Atlas, Maroc, 2006
Photo : Lahcen Chillasse |
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Ibis chauve (Geronticus eremita) issu du Proyecto Eremita, Moyen-Atlas, Maroc, 2006
Photo : Lahcen Chillasse |
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Habitat du Moyen-Atlas marocain fréquenté par un Ibis chauve (Geronticus eremita) issu du Proyecto Eremita, 2006
Photo : Lahcen Chillasse |
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Ibis chauve (Geronticus eremita) issu du Proyecto Eremita se nourrissant à proximité d'un groupe de cigognes blanches (Ciconia ciconia), Moyen-Atlas marocain, 2006
Photo : Lahcen Chillasse |
La réponse
des responsables du projet Eremita
Suite à la réaction de Lachen Chillasse sur les risques du projet
Eremita sur la population marocaine d'Ibis chauves, Yves Borremans, webmaster du
forum www.hispanaves.superforos.com,
a mené l'enquête en Espagne et obtenu des informations d'un responsable
du projet. La version originale se trouve sur www.hispanaves.superforos.com,
dans la section Noticias y Debate.
"Je suis surpris de
l'article de Lahcen Chilasse publié sur Ornithomedia. Les reponsables du
Projet Eremita ont eu divers contact avec lui depuis la présence d'un de
nos ibis en août 2005 dans le Moyen Atlas. Dans l'attente d'éclaircissements
de la part de Lachen Chilasse, nous pouvons déjà préciser
que :
1. Il n'existe pas en Espagne des populations d'Ibis chauves en dehors de notre
projet. Les seules populations sauvages existantes sont celles des Ibis Falcinelle.
(Plegadis falcinellus). La date des premiers exemplaires d'Ibis chauve libérés
remonte à 2004 et nous n'avons eu échos jusqu'à présent
que de la présence d'un de nos exemplaires au Maroc.
Nous ignorons à quoi se réfère Lachen Chilasse quand il signale
que "Depuis des années (1996), les biologistes marocains ont constaté
à plusieurs reprises la présence d'ibis "espagnols" sur
le territoire marocain". Nous attendons avec impatience les données
de ses affirmations.
2. Durant les différents contacts avec Lachen Chillase, il ne nous a jamais
mentionné la présence de deux de nos oiseaux au Maroc. Il nous a
toujours dit qu'il avait observé un exemplaire non revu par la suite et
d'un autre exemplaire quelques jours plus tard (possiblement le même) a
quelques 15 kilomètres de la première observation dans la localité
de Ain Lehu.
3 . Les risques potentiels de contamination génétique, voire de
stérilité sont pures spéculations peu réalistes pour
les raisons suivantes :
- L'origine génétique des ibis libérés est parfaitement
connue et leur reproduction est contrôlée pour éviter des
contaminations génétique et les risques de consanguinités.
- Malgré que des études n'ont pas trouvés d'évidences
significatives de différences génétiques parmi les différentes
populations d'ibis chauves de la planète, TOUS nos exemplaires proviennent
d'exemplaires pris, en son temps, de colonies marocaines comptant ainsi cinq lignes
génétiques différentes des sept connues et contrôlées
dans la population mondial en captivité
- Il est très improbable qu'un de nos Ibis atteigne l'unique population
marocaine. L'ibis observé était encore à plus de 350 km de
la population sauvage et devrait encore traverser l'Atlas et une grande zone désertique
pour y arriver. Et s'il y arrivait il devrait de plus survivre 3 ans pour sa maturité
sexuelle et puis se reproduire
Honnêtement, si ce cas se réaliserait, je pense que nous ne serions
pas devant un problème, mais devant une bonne nouvelle car, en plus de
démontrer son bon état de santé et sa capacité à
survivre en conditions extrêmes, il apporterait du sang neuf à la
petite population sauvage existante contribuant à réduire les risques
d'érosions génétique et prouverait ainsi l'intérêt
d'expériences comme la nôtre pour tester des méthodes et renforcer
des populations sauvages
Contact :
José Manuel López Vázquez.
E-mail : proyectoeremita@andaluciajunta.es
Director Facultativo Proyecto Eremita.
Consejería de Medio Ambiente de la Junta de Andalucía.
La réponse de Lahcen Chillasse
Voici la réponse que nous a transmis L. Chillasse aux objections de José Manuel López Vázquez :
"Concernant le premier point, le premier spécimen d'Ibis chauve espagnol réintroduit a été observé en 1996 à Afennourir (Dakki 1996, document publié par les Zico Maroc).
En février 2006, un autre individu a été observé dans
la
même région, près de Timahdit; un ibis a aussi été vu ultérieurement à Timahdit par Mr.
Riguibi, un ornithologue d'El Jadida.
Soit un total de quatre individus
observés à des dates différentes.
Les risques que j'ai évoqué constituent des hypothèses envisageables
et possibles, dans la mesure où des oiseaux élevés en captivité, aux moeurs différentes de celles de la dernière
population
naturelle du Maroc, continuent d'arriver. Ce genre "d'élevage" nécessite une surveillance écologique sur les
deux rives de la Méditerranée (en Espagne et au Maroc), afin de contribuer à la conservation de la population sauvage d'origine et pour donner toutes ses
chances
à la population d'origine captive d'acquérir tous les réflexes
naturels utiles à sa survie. Ce même souci reste valable pour les autres espèces
(Foulque caronculée et Talève sultane) dont des individus ont aussi
été prélevés au Maroc pour alimenter des programmes d'élevages et des réintroductions parfois
irréfléchies."
Réagissez à cet article sur nos forums
ou par e-mail à david.bismuth@ornithomedia.com.